Venez découvrir le Dictionnaire pittoresque d’histoire naturelle et des phénomènes de la nature

Pendant tout le mois de novembre, le Hall de la BU Lettres accueillera le Dictionnaire pittoresque d’histoire naturelle et des phénomènes de la nature, rédigé par une société de naturalistes, sous la direction de Félix-Édouard Guérin-Méneville (Paris : au Bureau de souscription : Cosson‎, 1833-1839). Les planches seront tournées deux fois par semaine.

 

Félix-Édouard Guérin-Méneville (1799-1874) et la vulgarisation scientifique

Surtout célèbre pour son Iconographie du Règne animal de G. Cuvier, l’entomologiste Félix-Édouard Guérin-Méneville collabora à l’Encyclopédie méthodique et au Dictionnaire classique d’histoire naturelle. Ce dernier fut qualifié de « scientifique et technique » par le directeur de la publication, Bory de Saint-Vincent, dans le rapport verbal qu’il dressa au nom de l’Académie des Sciences au sujet du Dictionnaire pittoresque, un rapport élogieux inséré au tome premier de l’exemplaire du Fonds ancien.

L’introduction du Dictionnaire pittoresque affichait au contraire l’intention de « faire participer les masses aux belles découvertes que les savans ont faites dans les sciences naturelles », discipline en vogue auprès du grand public depuis le siècle précédent. Une dimension relativement restreinte, 9 tomes, fut donc choisie et rejetée une présentation « abstraite, hérissée de mots techniques et barbares ». Les complexes questions de classification devaient céder la place à des considérations plus pratiques. Dès le titre étaient annoncés « des détails sur l’emploi des productions des trois règnes dans les usages de la vie, les arts et métiers et les manufactures ». L’identité des contributeurs était indiquée au moyen d’initiales suivant chaque article.

Ce dictionnaire était proposé par souscription. Les lecteurs s’engageaient à l’acquérir, à un prix préférentiel, avant sa publication, constituant une avance de trésorerie pour l’imprimeur-libraire. Il leur fut confié sous forme de 720 livraisons, échelonnées de 1833 à 1839. Entre 1844 et 1846, il fit l’objet d’une édition revue et corrigée, sous le titre de Nouveau dictionnaire classique d’histoire naturelle, par un certain « M. B. S. ancien professeur », en 47 volumes, plus petits.

Les planches et le pittoresque

Au XIXe siècle fleurirent les ouvrages, notamment de voyage, arborant au titre le terme « pittoresque », tandis que se multipliaient les techniques de gravure. Pour réaliser les 720 planches de ce dictionnaire fut employée la gravure sur acier. Ce métal, gravé en creux, comme le cuivre, permettait, du fait de sa plus grande solidité, des tirages plus élevés. Le procédé, d’origine anglaise, fut utilisé à partir de 1810. Le Dictionnaire pittoresque était disponible en deux versions, avec « figures noires » ou « coloriées avec le plus grand soin », à la main, comme l’exemplaire du Fonds ancien. Seules quelques illustrations, d’anatomie surtout, furent imprimées en couleur, tout en brun ou brun-rouge généralement.

La composition s’efforçait de figurer le maximum de mots en une ou deux scènes, exceptionnellement trois. Sur la planche 263, reproduite ci-dessus, le jaguar, américain, cohabitait de ce fait avec un jaco, aujourd’hui plus connu sous le nom de perroquet gris du Gabon, de taille disproportionnée, nécessité pour bien l’apprécier. Les poissons ou autres créatures aquatiques étaient communément installés sur la rive et lorsqu’ils étaient totalement ou partiellement immergés, l’eau n’altérait point la vue. Constructions humaines, personnages n’étaient pas inhabituels dans le décor. Ainsi derrière un babiroussa, sanglier indonésien, représenté sur pieds, un autre était-il ligoté sur un tronc, entouré de deux occidentaux et un autochtone en grande discussion. Scènes touchantes (animaux portant leurs petits, tel le koala parmi les fleurs) ou sanglantes se rencontraient aussi, la palme du macabre revenant peut-être au corbeau : ossements à l’avant, par côté dépouille d’un animal aux entrailles en train d’être arrachées, au fond nuée de volatiles autour d’un gibet, avec pendu.

Sur Félix-Édouard Guérin de Méneville

Dictionnaire de biographie française / sous la dir. de M. Prevost, Roman d’Amat, H. Tribout de Morembert. Tome seizième, Gilbert-Guéroult, col. 1511.- Paris : Letouzey et Ané, 1985. Ouvrage de référence encore en cours de publication (lettre L).

Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours / sous la dir. de Ferdinand Hœfer. Tome vingt-deuxième, col. 436-437.- Paris : Firmin Didot frères, fils et cie, 1858. Quoique plus ancien, ce dictionnaire demeure toujours très utile et accorde la part belle aux Français.

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