Fin du jeu (#7) !



[Bravo à Alex, qui a, le premier, trouvé l’auteur]
Eh oui, ce n’était pas Ségolène Royal… mais le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin ! Et ce n’était pas une proposition pour 2007, c’est écrit noir sur blanc dans ce document
relatif à la politique de Pôles de Compétitivité du CIADT (comité Interministériel d’Aménagement et de Développement des Territoires), Matignon, 14 septembre 2004, p. 6 …

Donc, quand Ségolène Royal annonce qu’elle veut :

"Conditionner les aides publiques aux entreprises à l’engagement de ne pas licencier quand l’entreprise dégage des profits substantiels et obtenir le remboursement en cas de délocalisation." (proposition 14, p. 7 dans ce document),


… elle ne fait que reprendre une proposition… de l’UMP. Et encore, elle est un peu "petits bras", puisqu’elle ajoute la condition de "profits substantiels"!

Bon, a minima, on peut dire que c’est une proposition …picto-charentaise, non?

Qui a dit (#7) ?

Allez, soyez joueur, ne regardez pas sur Google, et trouvez moi l’auteur de cette proposition :

"L’attribution de l’ensemble des appuis financiers et des aides publiques sera conditionnée à l’engagement des bénéficiaires de ne pas délocaliser les activités ainsi accompagnées."


Qui a dit (#6) ?



Un petit jeu pour se détendre. Qui a dit :

Nous souhaitons tous voter pour le meilleur homme, mais il n’est jamais candidat.
Ce qui n’est pas sans me rappeler cette autre phrase, dont vous pouvez aussi chercher l’auteur (mon presque voisin de bureau –oui, oui, celui avec la barbe et les lunettes– n’a évidemment pas le droit de jouer pour la deuxième citation) :

La politique est atroce car tous ceux qui la trouvent atroce n’en font pas.


Elles ne sont pas de circonstance, ces petites phrases?

Recherche Google interdite dans les deux cas, bien sûr. Comme d’habitude : un pot de rillettes à gagner (d’où la photo, qui n’a rien à voir avec les auteurs à trouver, je précise).

Qui a dit (#5) ? fin du jeu



Et oui, l’auteur de ces propos est
Alain Minc.
Bravo à Nico (qui n’a pas triché j’espère?!), premier à avoir donné la bonne réponse (sans citer le nom, mais la preuve apportée était suffisante). Les propos repris sont tirés d’une interview dans les Echos datée du 8 janvier 2007, p. 16. Je les ai trouvés plutôt surprenants dans sa bouche, d’où le petit jeu proposé. Mais bon, d’un autre côté, les propos d’Alain Minc ne sont souvent que surprenants, si vous voyez ce que je veux dire… Dans la même interview, par exemple, il réussit l’exploit de nous dire qu’en 2002 il avait voté Bayrou, que si DSK s’était présenté, il aurait voté pour lui en 2007, et que finalement, il va opter pour … Nicolas Sarkozy. Et pourquoi Sarkozy plutôt que Bayrou? Parce que ce dernier est devenu trop …populiste (oui, oui, Bayrou, pas Sarkozy)!

Qui a dit (#5) ?

Qui a dit…

Une partie de nos problèmes macroéconomiques découle de [la faiblesse des syndicats] : la répartition de la valeur ajoutée dans les entreprises pourrait être plus favorable aux salariés, mais comme il n’y a plus de dialectique sociale, il ne reste plus que l’arme de la grève. Chaque grève salariale dans le privé devrait être saluée comme une bonne nouvelle. Malheureusement, il y en a très peu…
[plus loin]
Quand le prix de revient usine comporte 15% de coût du travail, qu’on ne me dise pas qu’on ne peut pas accorder 4% d’augmentation salariale au lieu de 2%! Les patrons ont été tellement formés à la désinflation compétitive que l’idée d’augmenter les salaires leur paraît aujourd’hui obscène.


… ce qui n’est pas totalement sans lien avec les billets précédents

Qui a dit (#4) ?

Qui a dit …

j’aimerais qu’on soit moins naïf et qu’on accepte de pratiquer en France et en Europe ce que les Américains font très bien : ils ne taxent pas de la même façon les produits qu’ils fabriquent et ceux qu’ils importent.

Qui a dit (#3) ? Fin du Jeu !



Bon, le jeu s’est terminé très vite, puisque je crois qu’en moins de 10 minutes, Camille a donné la bonne réponse : Jack Lang. Je soupçonne Camille d’être soit abonné(e) au Nouvel Obs, soit d’écrire les discours de Jack soit, pire, de les apprendre par coeur…

Car, en effet, ces propos sont tirés d’une interview mémorable pour le Nouvel Observateur (semaine du 17-23 août, p. 32-33), celle-là même dans laquelle il explique avoir été applaudi par 50 000 personnes aux Vieilles Charrues par des gens criant "Jack Président!". Ce n’est plus Jack Lang, c’est Jeanne d’Arc (cf. ici pour quelques précisions…).

Retour sur ses propos : sur la fuite des jeunes hors de l’Hexagone, j’en avais déjà parlé , pour relativiser (euphémisme) ce genre de thèse.Sur l’impossibilité de créer son entreprise, je signale à Jack un document de l’Insee qui montre que la création d’entreprises ne se porte pas si mal que ça en France. Sur l’administration tatillonne et les banques imbéciles, là, je suis dépassé par la hauteur du propos et ne trouve rien à rétorquer. Il faudrait dire à Jack que ce n’est pas parce que son slogan est "inventons demain" (cf.son blog) qu’il est nécessaire qu’il "réinvente hier"…

Qui a dit (#3) ?

Petit jeu concours, sans aucun lot, juste le plaisir de trouver l’auteur, voire de commenter la citation…

Il faut libérer un pays qui étouffe. Ce qui menace la France (…) : des centaines de milliers de jeunes Français partent à Londres, à New York, ou rêvent de partir, parce que notre pays est fermé! Parce qu’il est impossible de créer son entreprise! Parce qu’une administration tatillonne, des banques imbéciles tuent l’initiative et le rêve!


Je trouve ça tellement vrai…

L’Appeau



Si Bill était du Nil…


Bon, c’est un peu tordu, mais c’est pour dire que je plie bagage un petit bout de la semaine, avec, pour mes fidèles lecteurs, deux enigmes : i) c’est quoi ce titre et cette phrase bizarre? ii) c’est pris d’où cette photo?
Comme pour le premier jeu concours, un pot de rillette à gagner (toujours non remis au lauréat, mais ca ne saurait tarder…)

Qui a dit (#2)? Fin du jeu !

Il fallait donc trouver les auteurs des 2 citations et s’interroger sur leur actualité.  Sur le premier point, pas de souci, sur le deuxième, ca a été moins convaincant!

Auteurs des citations :
1. "Les hommes d’autrefois étaient beaux et grands. Ce sont maintenant des enfants et des nains"
Cette citation est de Guy de Provins, elle date du XIII siècle, et est considéré comme une des premières formules de déclinologue (dont Baverez serait sans doute le dernier avatar). [Bravo à Econoclaste -Google pour cette première réponse!]. Mais attention, cette citation a été reprise récemment par Dominique de Villepin dans un article du Monde de 2003, pour critiquer la thèse du déclin [Bravo à Protéos – Google pour ce complément!]

2. "Nous sommes des nains juchés sur les épaules de géants"
Citation que je pensais de Newton [Bravo à Econoclaste – Sans Google cette fois!], mais qui serait en fait antérieure, originellement énoncée par Bertrand de Charte au XII siècle, si l’on en croît l’excellent commentaire de L’Homme de Picardie.

Interprétations :
Même s’il est question à chaque fois de nains, d’une part, et de grands ou de géants, d’autre part, les deux formules n’ont rien à voir. La première relève de la déclinologie, elle loue la splendeur du passé (les hommes étaient beaux et grands)  et se désespère du présent (ce sont maintenant des enfants et des nains). La deuxième (si l’on s’en réfère à la reprise de Newton+ cf. le commentaire de L’homme de Picardie) insiste sur le caractère cumulatif du développement des connaissances. Il ne s’agit pas de dire "qu’avant c’était mieux",  mais  d’insister sur le fait que les connaissances nouvelles  se nourrissent  de la somme des connaissances accumulées dans l’histoire de l’humanité (on n’a pas à redémontrer chaque génération le théorème de Pythagore).  Thèse plus optimiste que la première, on en conviendra.

Actualisation :
Là où je voulais en venir, surtout, c’est à l’interprétation que l’on peut faire de ces citations dans le contexte politique français actuel. Pour cela, il faut savoir deux choses, mais je pense que tout le monde est au courant :
i) beaucoup disent/pensent que Dominique de Villepin est "grand et beau"
ii) il paraîtrait qu’il se réfère à Sarkozy en le traitant de "nabot" (cf. France Olivier Giesbert)

A partir de là, première citation : Autrefois Villepin était au pouvoir, les hommes étaient grands et beaux, maintenant ce sont des jeunes (étudiants et lycéens of course) et des nains (Nicolas…). Ce serait Dominique se désespérant de la  Grandeur passée mais de la Décadence actuelle de notre doux pays…

Sauf que Dominique de Villepin a justement critiqué cette vision de déclinologue, dans l’article du Monde… D’où la deuxième citation : Nicolas juché sur les épaules de notre géant de service (Dominique), qui par ses manoeuvres stratégiques le fait profiter en quelque sorte d’un ascenceur social. En clair, on ne décline pas, on cumule.

Mais parfois, n’en déplaise à Newton, les processus cumulatifs conduisent à des résultats — comment dirais-je? — sous-optimaux…