« Tout gouvernement, comme tout stratège, a deux manières d’aborder l’action.
L’action ouverte connue par tout le monde et que tout le monde peut apprécier.
L’action secrète faite d’action clandestine.
Tout stratège comme tout gouvernement se doit de pratiquer les deux méthodes,
mais la deuxième voie est plus sûre et est indispensable à tout ce qui est décisif. »
Sun Tzu
L’information vient de faire la une du quotidien Le Monde : Les services secrets américains et britanniques ont volé les clés de chiffrement de Gemalto, le leader mondial de cartes SIM. L’affaire a été révélée par le site The Intercept à partir des documents fournis par Edward Snowden. De quoi s’agit-il ? L’entreprise française de carte à puce côtée au CAC 40 (juridiquement de droit néerlandais !) fabrique les fameuses cartes SIM qui se trouvent dans tous les téléphones portables, permettant à l’opérateur de faire le lien entre un appareil, un numéro et toutes les données échangées (appel, SMS). La sécurité et la possibilité d’authentifier l’identité des téléphones passent par des clés de chiffrement propres à chaque carte et liés à d’autres clés détenues par l’opérateur lui-même. Cette combinaison étant très difficile à casser sans la clé, cette dernière est donc vitale pour tout service de renseignement qui intercepte des communications mais se trouve dans l’impossibilité (ou du moins la difficulté) d’en extraire le contenu facilement (il faut alors casser le code, ce qui demande d’importantes ressources informatiques). C’est pourquoi la NSA américaine et le GCHQ britannique auraient piraté Gemalto pour dérober un nombre considérable de clés de chiffrement. Outre les aspects politiques, le modus operandi est intéressant et démontre toute la pertinence des mises en garde proférées quotidiennement par les experts de la DGSI ou de la Gendarmerie Nationale : après avoir identifié les employés de Gemalto au moyens d’outils de surveillance spécifiques mais aussi des réseaux sociaux (informations dites ouvertes), la NSA et le GCHQ auraient piraté leurs boites mails et comptes Facebook afin de trouver des traces d’envois de clés de chiffrement. Le réseau interne et d’entreprise autait même pu être pénétré !
Mais, de même que Prism n’était que la suite logique d’Echelon, l’affaire Gemalto, n’est que la suite logique de l’affaire Gemplus, l’ancien nom de la société française devenue leader mondial mondial de la carte à puce avant sa fusion avec Axalto. Car il y a plus de 10 ans, l’énigme Gemplus avait révélé au grand jour une bataille secrète qui avait opposé la France aux Etats-Unis.
Alors, voici un petit rappel des faits…










