Part 4 : Interface Radioélectrique 5G – Trames, numérologies et allocation de ressources

Extrait du livre : NG-RAN et 5G-NR : L’accès radio 5G et l’interface radioélectrique – sortie prévue juillet 2021

Suite de l’article précédent

4) L’allocation de ressource SLIV : Le canal PDSCH

L’information de contrôle DCI format 1_0 et 1_1 porte 4 bits d’allocation dans le domaine temporel (‘time domain resource assignment’).

A partir des 4 bits, le mobile est configuré par les valeurs suivantes :

  • un décalage en slot K entre l’information DCI et la position du slot contenant le canal de trafic descendant PDSCH ;
  • l’association du signal de référence DMRS avec le canal PDSCH (‘PDSCH mapping type’). Il existe deux types d’allocation nommée TypeA et Type B ;
  • la valeur SLIV indiquant le nombre de symboles S séparant le début du slot contenant le canal PDSCH et le premier symbole du canal PDCH et indiquant la longueur L du canal PDSCH.

 

La valeur SLIV (Start Length Indicator Value) comprise entre 0 et 127 permet de récupérer le symbole de début du canal PDSCH et L est la longueur du canal PDSCH.

SLIV est calculé par la formule suivante :

  • Si la longueur L est inférieure ou égale à 8 alors SLIV=14*(L-1)+S
  • Sinon SLIV=14*(14-L+1)+(14-1-S)

A partir de la valeur SLIV, le terminal en déduit la valeur de S et de L.

Les valeurs de L et de S sont comprises entre 1 et 14 selon la table suivante :

Pour la Release 15 :

Pour la Release 16, des valeurs supplémentaires sont possibles pour la correspondance de Type B.

Cette évolution permet de mieux exploiter le spectre pour la technique DSS que nous verrons dans un prochain article.

Pour résumer, l’allocation de ressource permet de définir la valeur de la variable k0 qui indique le décalage en slots entre la réception du canal de contrôle DCI et la valeur SLIV permet de définir sur quel symbole démarre le canal PDSCH au niveau du slot (valeur S) ainsi que la longueur du canal L.

Le signal de référence est transmis sur le symbole 2 ou 3 pour le type A ou en début du canal PDSCH pour le type B.

La valeur SLIV détermine de manière unique les valeurs L et S comme le montre le tableau suivant :

Pour des raisons de présentations, sur le premier tableau les valeurs de L sont en colonne alors que pour le deuxième tableau, les valeurs de L possibles sont en ligne.

Pour la R.16, la condition L+S est inférieure ou égale à 14 supprime toute ambiguïté :

A titre d’exemple, L=12 et S=2 donne la valeur 53, laquelle est obtenue pour S=11 et L=4. Mais ce couple (11,4) ne respecte pas la condition S+L inférieur ou égal à 14.

 

Références

[0] Extrait du livre : NG-RAN et 5G-NR : L’accès radio 5G et l’interface radioélectrique

[1] http://howltestuffworks.blogspot.com/2019/12/5g-nr-pdsch-resource-allocation-in-time.html

[2] https://www.linkedin.com/pulse/5g-nr-k0k1-k2-time-domain-dl-ul-resource-allocation-naveen-chelikani/

[3] TS 38.213

Part 3 : Interface Radioélectrique 5G – Trames, numérologies et allocation de ressources

Extrait du livre : NG-RAN et 5G-NR : L’accès radio 5G et l’interface radioélectrique – sortie prévue juillet 2021

Suite de l’article précédent.

3) Le signal de référence DM-RS : DM-RS mapping Type A/B

Le signal de trafic descendant PDSCH est accompagné d’un signal de référence DM-RS (Demodulation Reference Signal) afin d’être correctement décodé au niveau du mobile. Il s’agit d’une différence avec l’interface 4G qui utilisait le signal de référence CRS pour les modes de transmissions TM1 à TM4 pour décoder le canal PDSCH.

Le signal DM-RS est donc associé au canal PDSCH et il subit le même précodage que les données PDSCH afin d’aider le récepteur à démoduler le signal sans avoir besoin de connaitre la matrice de précodage utilisée pour les données.

Le nombre de symboles DM-RS et le mappage sur les éléments de ressource RE sont configurés de manière statique par les paramètres RRC ou de manière dynamique par les informations de contrôle DCI. Le signal physique de référence DM-RS est présent sur chaque RB du slot ou le canal PDSCH est alloué.

Dans le domaine temporel, deux types de mappage sont définis :

  • DM-RS Mapping Type A est basé sur l’intervalle de temps du slot. Les symboles OFDM portant les signaux DM-RS sont fixés par rapport au début du slot et sont situés à la position 2 ou 3 du slot;
  • DM-RS Mapping Type B pour lequel le signal DM-RS est aligné temporellement avec le canal PDSCH.

Le Type A permet au mobile de recevoir les informations de contrôle sur le premier symbole, puis le signal de référence DM-RS associé au canal PDSCH sur le symbole 2 ou le symbole 3, le slot étant entièrement utilisé pour transmettre des données vers le terminal.

Le Type B est utilisé pour le cas où les données PDSCH sont transmises sur quelques symboles (mini slot sur 2,4 ou 7 symboles). Cette configuration correspond aux communications à faible latence.

Figure 7: Les types de mappages DM-RS port d’antenne 0

 

Le signal DM-RS est transmis sur un symbole (Single Symbol) ou sur deux symboles consécutifs (Double Symbol) par slot selon le paramètre maxlength transmis par la signalisation RRC.

Au minimum, un symbole DM-RS par UE est transmis par slot, mais selon la configuration RRC, des symboles DM-RS supplémentaires par slot peuvent être ajoutés (dmrs-AdditionalPosition) dans le domaine temporel.

Ainsi, lorsque le terminal se déplace à vitesse élevée, afin de prendre en compte la variation temporelle du canal de propagation, il est possible de rajouter jusqu’à trois signaux DM-RS supplémentaires par slot.

Les éléments de ressource RE réservés pour le signal DM-RS permettent de transmettre le signal de référence sur plusieurs port d’antennes simultanément.

Figure 8 : Le mappage DM-RS additionnel port d’antenne 0

 

Part 2 : Interface Radioélectrique 5G – Trames, numérologies et allocation de ressources

Extrait du livre : NG-RAN et 5G-NR : L’accès radio 5G et l’interface radioélectrique – sortie prévue juillet 2021

Suite de l’article précédent

2) Les informations de contrôles DCI et les paramètres k0,k1 et k2

Nous allons nous intéresser dans cet article uniquement à l’allocation de ressource lorsque le mobile est à l’état connecté.

Dans cet état, la station de base alloue les ressources radioélectriques pour le lien descendant et le lien montant via les informations de contrôles DCI format 1_0 et DCI format 1_1 (Downlink Control Information).

Le message DCI pour le format 1_0 et 1_1 porte 4 bits d’allocation permettant d’informer le mobile de la réception de données dans le domaine temporel (‘time domain resource assignment’).

Les 4 bits font référence à une ligne d’un tableau de 16 valeurs. Chaque ligne donne 3 informations :

  • un décalage en slot K entre l’information DCI et la position du slot contenant le canal de trafic descendant PDSCH ;
  • la valeur SLIV indiquant le nombre de symboles S séparant le début du slot contenant le canal PDSCH et le premier symbole du canal PDCH et indiquant la longueur L du canal PDSCH ;
  • l’association du signal de référence DMRS avec le canal PDSCH (‘PDSCH mapping type’). Il existe deux types d’allocation nommée TypeA et Type B.

Figure 4 : L’allocation de ressource par rapport au signal de contrôle DCI [1]

Le paramètre K1 permet d’indiquer le décalage en nombre de slots entre le slot du canal PDSCH et le slot d’acquittement sur le lien montant.

 

Figure 5 : L’allocation des ressources pour l’acquittement de la part du mobile du message reçu en provenance de la station de base [2]

La valeur K1 est transmise dans le champ PDSCH-to-HARQ-timing-Indicator fourni par le message DCI sur 3 bits. Les 3 bits donnent la position de la valeur K1contenu dans le vecteur dl-DataToUL-ACK.

A titre d’exemple, si la valeur DCI=010, et le vecteur dl-DataToUL-ACK est le suivant

dl-DataToUL-ACK {  8,  6,  4,  12 }

Dans ce cas, la valeur K1= 4 (010 est la 3ème position). Se référer à la table 9.2.3-1 « Mapping of PDSCH-to-HARQ_feedback timing indicator field values to numbers of slots » [3]

Le vecteur dl-DataToUL-ACK est contenu dans l’élément d’information de configuration du PUCCH (PUCCH Config IE). Cette valeur est transmise lors du message SIB1 dans le champ tdd-UL-DL-ConfigurationCommon ou lors d’un message de configuration RRC dans le champ tdd-UL-DL-ConfigurationDedicated.

Enfin, la valeur K2 correspond au décalage en nombre de slots entre la réception de l’information DCI et l’allocation des ressources dans le domaine temporel pour le canal de trafic montant PUSCH.

Figure 6 : L’allocation des ressources pour le lien montant (PUSCH) [2]

[0] Extrait du livre : NG-RAN et 5G-NR : L’accès radio 5G et l’interface radioélectrique

[1] http://howltestuffworks.blogspot.com/2019/12/5g-nr-pdsch-resource-allocation-in-time.html

[2] https://www.linkedin.com/pulse/5g-nr-k0k1-k2-time-domain-dl-ul-resource-allocation-naveen-chelikani/

Part 1 : Interface Radioélectrique 5G – Trames, numérologies et allocation de ressources

Extrait du livre : NG-RAN et 5G-NR : L’accès radio 5G et l’interface radioélectrique – sortie prévue juillet 2021

A l’instar de la 4G, l’interface radioélectrique 5G-NR utilise la modulation OFDM puisque celle-ci se révèle être la plus efficace dans le cas des transmissions multi-trajets (propagation en champs libre).

La modulation OFDM est une modulation multi-porteuses orthogonales, elle transmet un bloc de données binaires sur un grand nombre de porteuses en même temps. On définit ainsi le domaine fréquentiel de la transmission 5G par la largeur de sa bande de fréquence, c’est-à-dire par le nombre de sous-porteuses utilisées multiplié par l’espacement entre sous-porteuses.

L’orthogonalité se traduit par la durée de la transmission d’un symbole qui est inversement proportionnelle à l’espacement entre sous-porteuses. Ainsi, si les sous-porteuses sont espacées de 15 kHz, la durée de la transmission d’un symbole est de 66,67 µs (1/15 kHz).

Figure 1 : La transmission OFDM

Le bloc de données à transmettre est une suite binaire. La modulation OFDM permet de faire une modulation M-QAM sur chacune des porteuses.

A titre d’exemple, pour une modulation 64-QAM, 6 bits sont modulés par sous-porteuse. Les 6 bits forment un symbole.

Une station de base 5G peut moduler au plus 3300 sous-porteuses. Si les sous-porteuses sont espacées de 30 kHz alors la largeur de bande 5G est de 99 MHz et la durée d’un symbole est de 33,33 µs.

Ainsi, si la station de base transmet le bloc de données sur 3300 sous-porteuses simultanément, alors dans le cas d’une modulation 64-QAM, la station de base gNB pourrait potentiellement transmettre 3300*6 = 19 800 bits pendant la durée d’un symbole de 33,33 µs.

Si le bloc de données à transmettre est supérieur à 19 800 bits, alors la station de base va émettre les bits restants sur le(s) symbole(s) suivant(s) (33,33 µs suivante).

La modulation OFDM est donc une modulation qui exploite le domaine fréquentiel (nombre de sous-porteuses) et le domaine temporelle (durée d’un symbole).

Pour la 5G, on définit :

  • dans le domaine fréquentiel, un bloc de ressource RB (Resource Bloc) qui correspond à 12 sous-porteuses contiguës ;
  • dans le domaine temporel, un slot correspond à 14 symboles consécutifs.

Afin d’organiser la transmission de données, et synchroniser les récepteurs, les transmissions en liaison descendante et montante sont organisées en trames d’une durée de 10 ms, chacune est découpée en dix sous-trames de 1 ms. Chaque trame est divisée en deux demi-trames de taille égale à cinq sous-trames :

  • la demi-trame 0 est composée des sous-trames 0 à 4 ;
  • la demi-trame 1 est composée des sous-trames 5 à 9.

Pour l’interface LTE, la sous-trame est composée de deux intervalles de temps (slot). Attention, la notion de slot en 4G est différente de la notion de slot en 5G : un slot LTE correspond à 7 symboles OFDM consécutifs (trame normale) de durée 0,5 ms. La valeur de l’intervalle de temps de transmission 4G-TTI (Transmission Time Interval) correspond à la durée de la sous-trame et a une valeur fixe égale à 1 ms car l’espacement entre sous-porteuse est de 15 kHz.

Pour l’interface NR, le slot est composé de 14 symboles OFDM consécutifs (trame normale).  La valeur de l’intervalle de temps de transmission 5G-TTI correspond à la durée d’un slot. La valeur 5G-TTI dépend de l’espacement entre les sous-porteuses (tableau 1).

Tableau 1 : La structure de la trame temporelle

L’espacement entre sous-porteuses SCS (SubCarrier Spacing) est défini par la formulation suivante :

SCS=2µ*15 kHz, avec µ la numérologie.

Si µ=0, l’espacement est de 15 kHz, si µ=1 l’espacement est de 30 kHz, … Dans la suite, on parlera de numérologie.

1) La grille de ressources

 

Figure 2 : La grille de ressources

Un élément de ressource RE (Resource Element) constitue la plus petite unité pouvant être attribuée à un signal de référence (figure 1). L’élément de ressource RE correspond à un symbole OFDM dans le domaine temporel, et à une sous-porteuse dans le domaine fréquentiel. Il est ainsi repéré par la paire (k,l), k représentant l’indice de la sous-porteuse et l, l’indice du symbole OFDM dans le domaine temporel par rapport à un point de référence relatif.

Le bloc de ressource RB (Resource Block) correspond à une allocation de N=12 sous-porteuses contiguës (figure 1). A la différence de la 4G, le bloc de ressource RB 5G correspond à une allocation fréquentielle.

La grille de ressources est une allocation de ressources tempo-fréquentielles correspondant aux ressources d’un port d’antenne. Elle est constituée d’un ensemble de symboles par sous-trame (cf. tableau 2) dans l’espace temporel et d’un ensemble de sous-porteuses contiguës dans le domaine fréquentiel. La grille de ressources est composée d’au plus 3300 sous-porteuses et elle est transmise sur chaque sens de transmission et sur chaque port d’antenne.

Table 2 : Numérologie et nombre de symboles par sous-trame

Pour mieux comprendre la table 2, nous allons présenter la numérologie dans le domaine temporel sur la figure 3.

Figure 3 : La trame temporelle 5G-NR

Une trame 5G est définie par une durée de 10 ms. La trame 5G est découpée en 10 sous-trames d’une ms. Chaque sous-trame est composé de slots. Le nombre de slot par sous-trame dépend de l’espacement entre sous-porteuses (table 2 : numérologie).

 

[0] Extrait du livre : NG-RAN et 5G-NR : L’accès radio 5G et l’interface radioélectrique

L’actuelle réforme du DUT menace l’avenir des IUT !

Depuis le début du blog (2011 sur over-blog et 2013 sur le site hébergé par l’Université de Poitiers), chaque article présentait une caractéristique des réseaux de mobile 4G/5G.

Je fais une entorse à ce règlement pour mettre en avant une pétition sur l’évolution programmée des DUT vers les BUT et les conséquences de cette réforme.

À partir de septembre 2021, les Diplômes Universitaires de Technologie (DUT) évoluent vers des Bachelors Universitaires de Technologie (BUT) élevant le diplôme au grade de licence (bac+3). Il est important de préciser tout d’abord que notre collectif n’est pas opposé au BUT mais plutôt aux conditions de mise en place de celui-ci.

Suite de la pétition :
https://www.mesopinions.com/petition/autres/actuelle-reforme-dut-menace-avenir-iut/131203

Merci

Architecture SBA du réseau 5G : Microservices et SOA

L’objectif de cet article est de comprendre l’évolution du cœur de réseau mobile entre l’architecture 4G monolithique et l’architecture 5G basée sur les services.

La nouvelle architecture 5G a été pensée pour pouvoir ajouter des briques logicielles innovantes et une mise sur marché rapide de ces nouvelles fonctionnalités. Ainsi, à l’instar des solutions proposées par Amazon ou Windows Azur, le réseau 5G s’appuie sur les solutions Cloud et la méthodologie DevOps.

Au cours de cet article, nous allons décrire le cœur de réseau 4G, puis les architectures SOA (Service Oriented Architecture) et microservice pour décrire et comprendre l’architecture SBA (Services Based Architecture) du réseau 5G.

Je remercie Mickael BARON [2] d’avoir pris le temps de relire l’article, le corriger et d’avoir contribué aux améliorations de cet article.

  1. L’architecture du réseau 4G

Le cœur de réseau de mobiles 4G (cf. figure 1) est construit à partir des entités fonctionnelles suivantes :

  • l’entité MME (Mobility Management Entity) a pour rôle de gérer :
    • l’attachement des mobile ;
    • le suivi de la mobilité ;
    • l’établissement de sessions IP prenant en compte la politique de taxation de l’usager ;
    • l’établissement d’un appel voix.
  • l’entité SGW (Serving Gateway) est le point d’ancrage des flux de sessions IP. Le SGW gère l’établissement d’un bearer (un bearer est un tunnel IP de bout en bout associée à une qualité de service QoS). Le bearer s’établit du mobile jusqu’à l’entité PGW. Le SGW mesure le trafic consommé par utilisateur et, en cas de demande judiciaire, dérive le trafic (cas d’interception légale).
  • l’entité PGW (PDN Gateway) est la passerelle de routage entre le réseau opérateur et un réseau IP (PDN : Packet Data Network). L’entité PGW réalise l’inspection de trafic, met en place les bearer avec le SGW, est en charge de fournir une adresse IP au mobile pour chaque bearer, mesure le trafic consommé et, en cas de demande, dérive le trafic dans le cas d’interception légale.
  • l’entité PCRF (Policy Charging Rule Function) gère la mise en œuvre de la QoS pour les bearer dédiés et la gestion dynamique de la facturation.

Figure 1 : Le réseau 4G, les bases de données et l’échange d’information

Chaque entité fonctionnelle contient un ensemble de lignes de codes pour pouvoir apporter les fonctionnalités attendues. On parle de bloc monolithique : le langage de programmation choisi pour chaque entité fonctionnelle dépend de l’équipementier. La mise à jour d’une entité nécessite la recompilation de l’ensemble du programme (toutes les lignes de code), ce qui met à jour toutes les fonctions. L’équipementier doit s’assurer que la modification d’une fonction n’ait aucun impact sur le reste du programme.

Chaque entité fonctionnelle contient une base de données importante (une table avec des millions d’entrées). A titre d’exemple, la figure 1 représente en couleur bleue une partie du contexte sauvegardé dans la base de données des entités pour un mobile. Les entités fonctionnelles partagent leurs données aux autres entités dans des appels à fonction. La technologie utilisée pour la base de données est propre à l’équipementier (mariadb, PostgreSQL, …). Ainsi, deux entités MME provenant de deux équipementiers différents (Nokia/Ericsson par exemple) peuvent utiliser des bases de données différentes et un langage de programmation différent. Mais les échanges entre entités sont normalisés.

Enfin, une ou plusieurs entités fonctionnelles peuvent être intégrées dans une seule entité matérielle. A titre d’exemple, le SGW et le PGW peuvent former l’entité S/PGW. L’entité matérielle est dite monolithe.

Définition : en génie logiciel, un modèle monolithique fait référence à une seule unité indivisible.

Par dérivation, le concept de logiciel monolithique réside dans la combinaison de différents composants d’une application en un seul programme sur une seule plateforme. Habituellement, une application monolithique se compose d’une base de données, d’une interface utilisateur côté client et d’une application côté serveur. Toutes les parties du logiciel sont unifiées et toutes ses fonctions sont gérées en un seul endroit.

Comme le montre la figure 1, dans l’architecture 4G, les entités sont connectées les unes aux autres, par une connexion point à point. Cette connexion est nécessaire afin d’échanger des données.

L’architecture 4G est une architecture composée d’entité monolithe modulaire autonome : chaque entité est responsable d’un ensemble de fonctions et fournit aux autres entités les données nécessaires à l’exécution d’un service.

Par exemple :

  • l’identification, l’authentification et les droits d’accès du mobile sont gérées par l’entité HSS : l’entité MME interroge l’entité HSS pour pouvoir identifier le mobile en lui transmettant l’identité IMSI du mobile. Le HSS transmet à l’entité MME les données d’authentification. L’entité MME va ensuite réaliser la procédure d’authentification avec le mobile ;
  • lorsque le mobile est en mode connecté, l’entité MME connait l’identité de la station de base (eCGI) sur laquelle le mobile échange des données. L’entité MME peut donc demander à l’entité SGW de mettre en place, pour ce mobile, un nouveau bearer (dédié) vers la station de base.

Les spécifications 3GPP standardisent les interfaces entre chaque entité fonctionnelle en définissant :

  • les applications au niveau des interfaces (par exemple GTP-C, S1-AP, DIAMETER) ;
  • les messages échangés entre chaque interface (cf. figure 1).

Dans le cas de l’architecture 4G, une fonction (une portion du code) est sollicitée par une autre entité : à titre d’exemple la fonction PCEF intégrée au niveau de l’entité PGW applique les règles fixées par l’entité PCRF. L’entité PCRF transmet une requête DIAMETER à l’entité PGW sur l’interface Gx. Chaque entité gérant des millions d’utilisateurs, il est nécessaire d’identifier le mobile concerné. Ainsi, chaque entité source soumet à l’entité cible les informations nécessaires (l’identité GUTI ou IMSI, le numéro de tunnel TEID, …comme le montre la figure 1). Les informations à transmettre sont normalisées.

Cette architecture monolithe modulaire facilite l’ajout de nouvelles entités fonctionnelle. Toutefois, puisque les entités communiquent les unes avec les autres selon les spécifications 3GPP, il est nécessaire de respecter les spécifications sur les interfaces. Malgré les efforts de spécifications, l’interprétation de la norme peut être perçue différemment par chaque équipementier.

Ainsi, lorsque l’opérateur ajoute une nouvelle entité, cela nécessite du temps pour vérifier l’intégration de cette nouvelle entité avec les autres entités existantes provenant de constructeurs différents.

En général, une fois la normalisation d’un réseau mobile gelé, l’architecture du réseau de mobiles n’évolue pas.  C’est le cas pour la 2G, puis la 3G. Cela aurait dû être le cas pour la 4G, mais l’arrivée de l’IoT a nécessité une évolution de l’architecture du réseau 4G par l’ajout d’une nouvelle entité. Ainsi, initialement la 3GPP a proposé l’ajout d’une entité MTC-IWF pour les cas d’usage du MTC (Machine Type Communication) et a spécifié l’interface DIAMETER entre l’entité fonctionnelle MTC-IWF et les autres entités.

Toutefois, prenant compte qu’il est plus simple de faire évoluer l’architecture du réseau 4G par l’ajout d’une fonction qui expose des services [1], la spécification 3GPP a proposé l’ajout d’une nouvelle entité matérielle. Ainsi, l’entité fonctionnelle MTC-IWF a été abandonnée au profit de la fonction SCEF : Service Capacité Exposure Function.

Pour résumer, chaque entité fonctionnelle de l’architecture 4G est connectée point à point avec les autres entités par une interface normalisée.

A travers cet interface, les entités offrent des services à une autre entité : le service est une action exécutée par un « fournisseur » (ou « producteur ») à l’intention d’un « client » (ou « consommateur »).

A l’instar du rôle des entités de la 4G, l’architecture SOA (Service Oriented Architecture) s’appuie sur deux éléments principaux : un fournisseur de services et un consommateur de services. Ces deux rôles peuvent être joués par un agent logiciel.

La différence importante entre une architecture 4G et l’architecture SOA concerne la mise en relation des fonctions. Nous allons maintenant nous intéresser aux architectures SOA et microservices facilitant le développement logiciel de nouvelles fonctions.

2. Evolution du réseau de mobile vers l’architecture SOA et l’architecture microservices

II-a) L’architecture SOA

Définition : une architecture orientée services (SOA) est une architecture logicielle qui fait référence à une application composée d’agents logiciels discrets et faiblement couplés qui exécutent une fonction requise. Le concept de SOA est le suivant : une application peut être conçue et construite de manière à ce que ses modules soient intégrés de manière transparente et puissent être facilement réutilisés.

Dans une architecture SOA, les fonctions sont connectées les unes aux autres par un médiateur nommé bus d’intégration ESB.

Le bus d’intégration ESB est un logiciel (middleware) facilitant l’échange de données entre différentes fonctions logicielles (application).

Le logiciel ESB est le point de connectivité pour toutes les applications, et il garantit la sécurisation des échanges.

Le logiciel ESB enregistre les services que fournit chaque application (appelée capacité de service) dans un registre. Les applications publient une ou plusieurs de leurs capacités via le bus ESB et les consommateurs peuvent interagir avec ces applications sans même savoir ce qu’est une application

Le bus ESB centralise les informations et répartit le travail entre les applications. Le bus ESB agit comme un pont de données entre les applications. Le routage des données et la répartition de charge sont assurées par l’application BPM (Business Process Management).

Le bus d’intégration ESB permet de fusionner (interconnecter) diverses applications, anciennes comme récentes, pouvant fonctionner sur des systèmes d’exploitation différents et pouvant utiliser des protocoles différents [2]. Le bus d’intégration s’appuie sur des connecteurs sur lesquelles sont connectées les applications. Les connecteurs garantissent l’interopérabilité entre les applications.

Chaque application fournit et consomme des services : les applications exposent des services à travers des interfaces de programmation d’application API (Application Programming Interface). La gestion des API est fondamentale, elle permet aux développeurs d’utiliser des services back-end pour la supervision et permet de garantir l’agilité du réseau (Agilité [3] : Capacité de changer les choses rapidement).

L’architecture SOA permet donc de réduire le temps de déploiement de nouveaux services.

II-b) L’architecture microservices

L’architecture en microservices consiste à concevoir un ensemble de services autonomes qui communiquent entre eux via une API. Les microservices communiquent via des protocoles HTTP (REST), ou via AMQP (Advanced Message Queuing Protocol) en asynchrone chaque fois que cela est possible, surtout pendant la propagation de mises à jour avec des événements d’intégration. Cette communication se produit par le biais d’un bus d’événements pour propager les mises à jour sur les microservices ou pour s’intégrer à des applications externes.

Un microservice [2] doit réaliser une seule fonctionnalité de l’application globale. En général, chaque microservice est déployé en tant que conteneur indépendant, ou dans une machine virtuelle.

Le concept de conteneur est le plus généralement adopté car il consomme peu de ressource (l’application n’a pas besoin d’un système d’exploitation complet) et il améliore la sécurité, puisque la containerisation permet d’exécuter un programme de manière isolée du noyau d’un système d’exploitation (kernel).

Cette architecture apporte :

  • de la souplesse puisqu’il est possible de développer ou modifier un microservice sans affecter les autres sous-systèmes : chaque microservice étant déployé indépendamment grâce aux solutions de virtualisation et de conteneur, une nouvelle évolution d’un seul service peut rapidement être testée et re-déployée ;
  • de l’élasticité puisqu’il est possible de dimensionner dynamiquement le réseau en fonction du nombre de sollicitation (montée en charge = scalabilité). En cas de trafic croissant, il suffit de multiplier le nombre d’instances d’un microservice.

Chaque microservice dispose si possible de sa propre base de données, ce qui le découple entièrement des autres microservices. Quand elle est nécessaire, la cohérence entre les bases de données des différents microservices est obtenue à travers l’utilisation d’événements d’intégration au niveau de l’application (via un bus d’événements logiques)

A l’instar d’un bus d’intégration, l’architecture microservice utilise un bus d’évènement et un logiciel d’équilibrage de charge (load balancer) afin de mettre en relation des services.

Un bus d’événements est un logiciel (middleware) qui permet une communication de type publication/abonnement entre les microservices, sans nécessiter que les composants soient explicitement informés de la présence des uns des autres.

Figure 2 : Bus d’évènement

Lorsque le microservice publie un évènement, il ne sait pas que cet évènement sera diffusé vers les microservices B et C. Il ne connait pas les abonnés, ceux-ci se sont enregistrés auprès du bus d’évènement MOM (Message Oriented Middleware comme par exemple RabbitMQ).

Si le microservice est stateless, une même requête produit toujours la même réponse. Ainsi, le bus d’évènement met en relation les deux services qui doivent communiquer directement l’un à l’autre. Lorsque plusieurs instances sont activées, l’équilibrage de charge définit quelles instances doivent être sollicitées. L’architecture microservice est donc bien adapté pour dimensionner le système en fonction de la charge.

En contrepartie, cette architecture peut entraîner des soucis de performance puisque chaque microservice peut faire appel à plusieurs microservices. Ainsi, le temps de réponse du plan de contrôle (ce qui revient à la latence) est accru pour chaque dépendance supplémentaire entre microservices.

II-c) Microservices : les bonnes pratiques du SOA

L’architecture SOA est composée d’applications logicielles réutilisables. Les services sont exposés via des API. L’interface, c’est-à-dire le couplage entre applications est faible ce qui permet d’appeler ces services avec peu de connaissance sur la manière dont les services sont implémentés. Cela permet de réutiliser rapidement des services.

A l’instar du SOA, l’architecture microservice est conçu sur un ensemble de fonctions faiblement couplés.

3. Architecture des réseaux de mobile 5G

III-1) Architecture SBA

Les fonctions du cœur de réseau 5G sont très proches des fonctionnalités du cœur de réseau 4G. L’évolution Next-Gen (NG Core) consiste à séparer le plan de contrôle du plan de trafic. Concernant le trafic, pour le réseau 5G comme pour le réseau 4G, les données IP sont encapsulées par le protocole GTP-U à travers un tunnel. Le protocole GTP-U est utilisé entre la station de base gNB et les fonctions UPF (User Plane Function).

L’architecture du plan de contrôle du réseau de mobiles 5G est une architecture hybride entre des applications Cloud Native, et la virtualisation.

Sur la figure 3, on présente à gauche l’architecture monolithique traditionnelle, et deux solutions complémentaires : la virtualisation des fonctions réseaux (NFV : Network Function Virtualization) et la méthodologie Cloud Native.

Figure 3 : L’architecture monolithique, l’architecture de virtualisation VNF et l’architecture Cloud CNF

Une application Cloud Native (CNA) est développée sous forme de microservices faiblement couplés. Chaque microservice est conditionné dans un conteneur. Un orchestrateur central planifie les conteneurs pour gérer efficacement les ressources du serveur et réduire coûts opérationnels. Les CNA nécessitent également un environnement DevOps.

DevOps fait référence à une méthodologie qui prend en compte le développement logiciel avec les contraintes d’administration des infrastructures informatiques. La partie développement (Dev) intègre le développement logiciel, l’automatisation et le suivi du projet informatique et la partie opérationnelle (ops) intègre l’exploitation, la maintenance et la supervision de l’infrastructure informatique. L’équipe opérationnelle (ops) gère la stabilité du système et le contrôle de la qualité des services, et l’équipe développement (Dev) cherche à améliorer les services à moindre coût en ajoutant de nouvelles fonctionnalités. L’équipe ops doit donc constamment valider les évolutions proposées par l’équipe dev.

La méthodologie DevOps permet d’obtenir les avantages suivant pour les applications Cloud Native :

  • une évolutivité facilitée par une architecture modulaires (microservice) ;
  • la réduction du CAPEX et de l’OPEX par mutualisation des applications (hébergement sur des machines virtuelles ou conteneurs) ;
  • l’automatisation des fonctions applicatives.

La solution alternative NFV (Network Function Virtualization) a été initialement proposée et adaptée au cœur de réseau 5G par le groupe de travail de l’ETSI. L’architecture NFV décrit les interactions entre l’infrastructure matérielle (NFVI), la gestion des machine virtuelles (VNFM : Virtual Network Function Manager) et l’automatisation des VM sur les infrastructures matérielles.

La spécification NFV a permis de définir un environnement stable pour la mise en place automatisée de machines virtuelles et de conteneurs, chaque VM ou conteneur exécutant une fonction du réseau 5G (NFV : Network Function Virtualized).

L’architecture SBA du cœur du réseau de contrôle 5G est une solution hybride SOA/microservices.

Figure 4: L’architecture SBA du réseau 5G [9]

La mise en place des fonctions réseaux, la supervision (monitoring) nécessite un orchestrateur afin d’automatiser le déploiement des services (établissement ou relâchement d’un service ou d’un microservice). Une plateforme de service permet de fournir un environnement temps-réel qui utilise une pile de protocoles open-source pour le déploiement de fonction réseaux NF.

La plateforme de service permet l’intégration et le déploiement de nouvelles fonctions sur un réseau en production :

  • CI : l’intégration continue de nouvelles fonctionnalités (CI – Continuous Integration) ;
  • CD : le déploiement continue ou la distribution continue permettant d’automatiser l’ajout d’un nouveau code dans une bibliothèque de code partagé et dans un environnement de production (CD – Continuous delivery/continuous deployment), et résoudre ainsi la difficulté connue sous le nom « integration hell», ou l’enfer de l’intégration.

L’approche CI/CD permet de créer de créer plusieurs versions d’une application, chaque version étant gérées par un serveur de distribution (un serveur référentiel comme github) et de développer l’environnement client afin de tester rapidement la nouvelle version.

Une fois testée en laboratoire, il est assez rapide de rajouter une nouvelle fonction réseau NF (avec la nouvelle version) tout en conservant en parallèle l’ancienne version de la fonction. Le client peut ainsi tester sur son environnement réel la nouvelle version et la conserver en production.

Figure 5 : L’approche CI/CD [9]

L’environnement complet est représenté sur la figure 6 suivante

Figure 6 : L’environnement de production du cœur de réseau 5G [8]

L’approche CI/CD est parfaitement adaptée pour la mise en place du découpage de réseau (Network Slicing) puisqu’elle permet de déployer des nouvelles fonctionnalités rapidement en fonction des spécificités de chaque service.

Figure 7 : L’architecture SBA [10]

MOLI : Management and Orchestration Layer Interface

SOBI : Southbound Interface (SoBI)

III-2) Les fonctions réseau NF (Network Function)

Les fonctions réseau NF se compose d’opérations basées sur un modèle de demande-réponse ou sur un modèle de souscription/notification.

Le protocole HTTP2 est un protocole commun à l’ensemble des fonctions du réseau (NF) remplaçant ainsi les protocoles DIAMETER, GTP-C du réseau de mobiles 4G. Les fonctions réseaux NF communiquent à travers l’interface SBI grâce à un système d’API, principalement le JSON.

Figure 8 : L’interface SBI entre deux fonctions NF

Dans l’architecture SOA, un bus d’intégration permet la communication entre chaque fonction NF. Lorsqu’une fonction NF démarre, elle interroge dans un premier temps un catalogue de fonction pour découvrir les fonctions existantes et communiquer avec elles. Nous avons vu précédemment que le bus ESB enregistre les services que fournit chaque application (appelée capacité de service) dans un registre.

Dans l’architecture réseau 5G, le catalogue de fonction se nomme NRF (Network Repository function). Il offre un service de découverte des fonctions du réseau de mobile et un service d’enregistrement (service registration management et service discovery mechanisms).

La fonction NRF:

  • implémente une fonction d’authentification via une règle de sécurité d’accès sur chaque requête de services reçue
  • délivre un certificat à la fonction NF qui l’interroge. La fonction NF initiatrice d’une requête pourra ainsi prouver son authenticité à la fonction NF cible (qui rend le service).

Figure 9 : L’interface SBI et la communication JSON

Dans le cas de l’architecture SOA, les événements d’intégration sont utilisés pour synchroniser l’état du domaine sur plusieurs fonctions (microservices ou systèmes externes). Cette fonctionnalité est effectuée en publiant des événements d’intégration.

La fonction NF peut se décomposer en plusieurs microservices, notamment un agent_NRF permettant à la fonction NF de se déclarer auprès du NRF. Ainsi, en cas d’évolution de la fonction du NF, l’agent_NRF peut mettre à jour les fonctionnalités au niveau du NRF.

Lorsqu’un événement est publié sur plusieurs microservices récepteurs (sur tous les microservices abonnés à l’événement d’intégration), le gestionnaire d’événements de chaque microservice récepteur gère l’événement.

Figure 10 : Le NF découpé en microservice (Source China Telecom [11])

Dans l’architecture microservices, chaque microservice dispose de sa propre base de données. Pour l’architecture SBA du réseau 5G, la fonction réseau NF (microservice) dispose soit de sa propre base de données UDSF (Unstructured Data Storage Function) soit partage la base de données UDSF avec plusieurs NF.

Comme en 4G, la base de données UDSF contient le contexte de chaque mobile UE (User Equipment).

Figure 11 : La base de données

   4. Conclusion

Si le cœur de réseau 5G présente beaucoup d’analogie fonctionnelle avec le cœur de réseau 4G, l’évolution majeure consiste en un découpage de fonction réseau NF dans un environnement agile permettant de déployer et adapter dynamiquement le cœur de réseau en fonction de la charge et d’apporter rapidement de nouvelles fonctionnalités.

La méthodologie DevOps et l’approche CD/CI permet la mise à jour de certains microservices tout en conservant des microservices de versions plus anciennes pour assurer la stabilité avec des terminaux non compatibles avec cette mise à jour.

Ainsi en maintenant des microservices en fonction (version 1.0) tout en proposant des microservices dans une nouvelle version (version 1.1) cela permet à certains téléphones de profiter des dernières évolutions sans impacter certains terminaux mobiles qui peuvent continuer à fonctionner sur les anciennes versions.

Figure 12 : Le cœur de réseau 5G [7]

L’architecture SBA permet donc une meilleure adaptation aux évolutions de service (Network Slicing).

Figure 13 : Comparaison de l’architecture monolithique et SBA (HPE [12])

La figure 14 fait une synthèse des améliorations ainsi apportées par l’architecture SBA

Figure 14 : Comparaison des architectures [4]

 

Références :

[1] Andrea Zerial

https://www.organisation-performante.com/le-monolithe-dans-l-it-pour-en-comprendre-l-origine/

https://www.organisation-performante.com/les-evolutions-du-si-2-soa-et-le-monolithe-seffrita/

[2] Mickael BARON :  https://mickael-baron.fr/soa/introduction-microservices

[3] Thimothée Barray : https://slides.com/tyx/sflive2020-bb8c28

[4] Michael Sukachev : https://fr.slideshare.net/MichaelSukachev/soa-vs-microservices-vs-sba

[5] Jonathan Huteau, Jérôme Cognet,

https://blog.link-value.fr/architectures-de-projet-b42dc5213857

[6] https://www.ibm.com/cloud/blog/soa-vs-microservices

[7] https://docs.microsoft.com/fr-fr/dotnet/architecture/microservices/multi-container-microservice-net-applications/integration-event-based-microservice-communications

[8] https://images.samsung.com/is/content/samsung/p5/global/business/networks/insights/white-paper/cloud-native-5g-core/Cloud-Native-5G-Core-Samsung-5G-Core-Volume-2.pdf

[9] https://www.redhat.com/fr/topics/devops/what-is-ci-cd

[10] https://5g-monarch.eu/wp-content/uploads/2019/05/5G-MoNArch_761445_D2.3_Final_overall_architecture_v1.0.pdf

[11] https://www.3g4g.co.uk/5G/5Gtech_6004_2017_11_Service-Based-Architecture-for-5G-Core-Networks_HR_Huawei.pdf

[12] http://www.hpe.com/info/5g

 

 

Cours Master – Chap 3 (Part 2)

L’agrégation de porteuses sur les bandes licenciées et non licenciées

3.3. Configuration : Scénarios d’Agrégations (Déploiement)

3.3.1 : Agrégation de porteuses en FDD

Afin de s’adapter aux bandes de fréquences acquises par l’opérateur, les porteuses agrégées peuvent avoir des largeurs de bande différentes. Ainsi, l’agrégation de porteuses peut s’effectuer sur :

  • Des porteuses contiguës dans une bande : Classe A
  • Des porteuses non contiguës dans une bande : Classe B
  • Des porteuses sur des bandes différentes : Classe C

 

 

Figure 3.3. Différentes classes pour le CA

 

La spécification R.10 propose 6 classes différentes pour l’agrégation de porteuses, mais seules 3 d’entre elles (Classe A, Classe B et Classe C) sont définies. Chaque classe indique le nombre de CC dans la classe (CC est soit la PCC et/ou la/les SCC) et le nombre maximum de PRB gérés par l’UE dans cette classe.

Le tableau 3.2 résume les 6 configurations possibles :

Table 3.2. Configuration des UE pour l’agrégation de porteuses

A partir de cette table, lors de la procédure d’attachement l’UE informe le MME des bandes de fréquences et de la classe qu’il supporte pour le CA. Les bandes de fréquences sont numérotées selon le tableau 3.3 (liste non exhaustive) :

Table 3.3. Canaux de fréquences (extrait TS36.101 – Table 5.5.1)

Si l’UE supporte le CA intra-bande contigüe, il indique les porteuses supportées en ajoutant le lettre C, comme par exemple : CA_1C, CA_7C.

Si l’UE supporte le CA inter-bande sur 2 porteuses, il indique les porteuses supportées en ajoutant la lettre A comme par exemple : CA_1A_5A.

Si l’UE supporte le CA intra-bande non contigüe sur 2 porteuses, il indique les porteuses supportées en ajoutant la lettre A comme par exemple CA_1A_1A.

Les combinaisons possibles sont définies dans la 3GPP TS36.101 pour 2 bandes en classe A (R.10 et R.11), trois bandes en classe A et/ou classe C (R.12), 4 et 5 bandes (R.13). La liste des possibilités d’agrégation sur deux porteuses augmentent de la R.10 à la R.13.

Cela nécessite donc de nouvelles catégories de terminaux. La table 3.4 complète ainsi la table 3.1, en ne prenant en compte que le nombre de CC. D’autres paramètres tels que le nombre d’antennes pour le MIMO et la modulation sont à prendre en compte pour expliquer les débits annoncés.

Table 3.4. Nouvelles catégories de terminaux définies par la R.10

 

3.3.2 : Agrégation de porteuses en FDD-TDD

La spécification R.12 exploite les méthodes de multiplexage en fréquentielle et en temporelle. Ainsi, la PCell peut fonctionner en FDD avec l’UE et la SCell en TDD. Cela permet d’offrir la possibilité d’exploiter la bande des 3.5 GHz en TDD avec les autres bandes de l’opérateur. La 3GPP préconise l’utilisation des bandes en TDD sur une fréquence plus élevée que les porteuses en FDD

Cours 3 – Niveau Master – Chap 2 (Part 1)

L’agrégation de porteuses sur les bandes licenciées et non licenciées

3.1. Principe d’agrégation de porteuses pour le LTE-Advanced

En théorie de l’information, le débit maximum de transmission à travers un canal de communication dépend de la bande de fréquence B utilisée et du rapport signal sur bruit (SNR : Signal Noise Ratio). Le théorème de Shannon-Hartley donne une limite maximale C pour bruit gaussien :

C=B.log2(1+SNR)

(la démonstration mathématique à partir de la théorie du signal se trouve facilement sur Internet)

La bande de fréquence B utilisée par le LTE est au plus égale à 20 MHz. L’agrégation de porteuses (Carrier Aggregation ou CA) permet d’atteindre des débits de transmission beaucoup plus rapides en augmentant la bande de fréquence.

L’agrégation de porteuse est une fonctionnalité qui est apparue avec le LTE-Advanced (LTE-A R.10), pour le mode duplex FDD ou TDD (Frequency Division Duplex, Time Division Duplex).

Avant la R.10, les terminaux de catégorie 1 à 5 étaient mono-porteuse sur une bande comprise entre 1.4 MHz et 20 MHz. Les premiers tests d’agrégation de porteuses ont été réalisés sur des terminaux de catégorie 4 et sur deux bandes de 10 MHz. Les terminaux de catégorie 6 sont disponibles depuis 2014, et permettent d’atteindre des débits de 300 Mbps (en DownLink DL) en supportant deux bandes de 20 MHz. Les terminaux de catégories 9 disponibles à la vente depuis 2015 supportent 3 bandes de 20 MHz, ce qui permet d’atteindre un débit de 450 Mbps. Les terminaux de catégories 4, 6 et 9 possèdent 2 antennes et supportent la modulation 64 QAM sur le lien descendant. Pour ces terminaux, une bande de 20 MHz correspond à un débit de 150 Mbps. En pratique, pour un opérateur qui disposerait un total de 45 MHz sur 3 bandes différentes pourrait proposer un débit maximal descendant de 337.5 Mbps avec ces catégories de terminaux.

On peut ainsi définir une première classification des catégories de terminaux en vente en 2017 en fonction du nombre de canaux de fréquences supportés :

Tableau 2.1. Catégories de terminaux définies dans la R.10 et R.11

Le LTE-Advanced étend l’agrégation de porteuses à 5 canaux, portant à 100 MHz la bande maximum. L’UE de catégorie 8 (également défini dans la R.10) supportera cette fonctionnalité.

Dans les R.10 et R.11, le nombre de porteuses pour le lien montant est inférieur ou égal au nombre de porteuses pour le lien descendant.

Dans la R.12, les UE peuvent réaliser de l’agrégation de porteuses en mode TDD et conjointement en mode FDD. La R.12 propose 80 combinaisons de deux porteuses et quelques combinaisons de trois porteuses.

La R.13 ajoute de nouvelles combinaisons de porteuses pour 2, 3, 4 et 5 porteuses et étend la combinaison avec les bandes WiFi. La R.13 a normalisé 492 combinaisons de porteuses pour l’agrégation de deux bandes, 248 combinaisons sur 3 bandes, 56 combinaisons pour 4 bandes et 2 combinaisons pour 5 bandes.

3.2. Mécanisme d’agrégation de porteuses

Le principe consiste à augmenter la bande utilisée par le mobile pour accroitre son débit, on nomme Component Carrier (CC) chaque bande agrégée. L’UE est connecté avec un seul eNb, l’eNb dispose de plusieurs bandes de fréquences contiguës ou disjointes.

Après avoir décrit les fonctionnalités de l’Agrégation de porteuses, nous allons maintenant étudier son mécanisme.

En mode de veille, l’UE écoute les informations émises par l’eNb (canal balise, paging) sur la bande de fréquence spécifique à la cellule. Si l’UE doit émettre ou recevoir des données, il doit passer en mode connecté (RRC Connected). L’UE pouvant exploiter plusieurs bandes de fréquences, on différencie la PCC (Primary Component Carrier) correspondant à la bande sur laquelle l’UE échange la signalisation NAS et les données avec l’eNb (PCell : Primary Cell) et le(s) SCC (Secondary Component Carrier) les bandes sur lesquelles l’UE échangent les données avec les autres cellules (SCell : Secondary Cell). Les paramètres de la cellule primaire et des cellules secondaires sont configurés au niveau RRC. Ainsi, la PCC est modifiée uniquement par une procédure de Handover et les SCC peuvent être dynamiquement activées et désactivées par des nouvelles requêtes RRC. Dans le cadre du CA, l’UE ne dispose que d’une seule connexion RRC avec l’eNb.

Figure 3.1. Impact de l’agrégation de porteuses sur l’interface radio

Toutes les SCC sont considérées comme des ressources de transmission additionnelles. Les couches Physique et la couche MAC sont les deux couches impactées par la CA (Figure 2.1), avec de nouvelles requêtes RRC :

  • La couche Physique réalise la transmission d’un bloc de transport (TB), la retransmission rapide des paquets erronés via le mécanisme HARQ est réalisée sur chaque CC.
  • L’allocation de ressources est réalisée sur le canal PDCCH. Dans le cas de l’agrégation de porteuses, soit le PDCCH de chaque cellule assigne les ressources pour sa cellule (self scheduling), soit un seul PDCCH assigne les ressources pour toutes les cellules (PCell et SCell). Ce scénario se nomme Cross Carrier Scheduling.

Figure 3.2. Séquencement avec et sans cross scheduling

La couche MAC multiplexe les données issues de la couche PDCP et RLC sur les différentes porteuses.

La signalisation relative à l’agrégation de porteuses est donc transparente pour le protocole de convergence des paquets de données (PDCP) et pour la couche de contrôle des liaisons radio (RLC).

L’UE doit en retour émettre un acquittement pour chaque HARQ. Dans la R.10, le lien étant asymétrique, l’UE doit pouvoir, sur le canal montant, transmettre les acquittements (ACK/NACK) de chaque HARQ ainsi que des mesures du lien radio (CQI, PMI, RI). Le PUCCH de format 3 permet de compiler les informations.

Concernant le lien montant, l’UE doit émettre ses données avec un temps d’avance (TA Timing Advanced) afin de compenser la durée du trajet de l’onde Radio et assurer ainsi une synchronisation avec la trame en réception de l’eNb. Lorsque l’UE réalise de l’agrégation de porteuse, les antennes de réception (RRH) peuvent être déportées (se référer au chapitre 1), et le temps de trajet n’est donc pas identique sur chacune des porteuses. Si la R.10 ne gère le TA que pour la Pcell, la R.11 permet d’appliquer des TA différents selon la bande de fréquence.

Cours 2 – Niveau Master (Chap 1 – Part 3)

Les Modes de transmission

2.3 LTE et MIMO

2.3.1 Chaîne de transmission dans le sens descendant.

La couche physique du LTE se décompose en sous-bloc afin de répartir les flux d’informations issues de la couche MAC en bloc de transport jusqu’au mappage OFDM transmis sur chaque antenne.

Le synoptique de la chaine de transmission est décrite à la figure 2.10.

Figure 2.10. Chaîne de transmission MIMO

Afin de détailler le rôle de la chaîne, nous allons séparer l’étude en trois sous-parties :

  • Description de la chaîne entre les mots de code (codeword) aux couches spatiales
  • Description de la matrice de Précodage et association avec les modes de transmissions
  • Affectation aux ressources spectrales : Association du signal de référence au port d’antenne.

2.3.1.1 Chaîne de transmission du mot de code aux couches spatiales

A chaque TTI, la couche MAC délivre un ou deux bloc de transport (de taille TBS)

Un code CRC (cyclic redundancy check) de 24 bits est rajouté au transport bloc. L’objectif est de détecter une erreur de transmission. Le code CRC est le reste de la division euclidienne du transport block par le générateur  G exprimé par l’équation suivante.

La séquence binaire est ensuite segmentée en bloc de codage. Un CRC de 8, 16 ou 24 bits est rajouté à chaque bloc de codage avant d’être codé par un turbo-code ou un code convolutif. Le Turbo code utilise deux entrelaceurs dont la taille minimum est de 40 bits et la taille maximum est de 6144 bits (la norme propose 188 tailles différentes). Les codes bloc ont donc une taille comprise entre 40 bits et 6144 bits.

Le turbo code a un rendement de 1/3, le signal est ensuite poinçonné ou répété afin d’adapter la taille du flux de bits de sortie au débit désiré.

Le flux de bits ainsi obtenu se nomme codeword ou mot de code.

Figure 2.11. Couche Physique LTE

Le mot de code est ensuite embrouillé par une séquence pseudo-aléatoire de Gold (scrambling) et modulé suivant la modulation QAM définie par la couche MAC. La séquence de Gold est calculée en fonction de l’identité de la cellule, et avec l’identifiant RNTI de l’UE pour les canaux PDSCH, PUSCH et PUCCH. Ainsi, le récepteur peut séparer les mots de code provenant de cellules différentes dans le sens descendant et les mots de code provenant d’UE différent dans le sens montant et d’un même UE dans le cadre du MIMO.

Les mots de blocs embrouillés et modulé sont issus de la segmentation du bloc de transport ou des blocs de transport et constituent les sources d’entrées du bloc MIMO. On numérote par 0 et 1 les mots de code issus des blocs de transport.

En R.8, dans le sens descendant, les mots de code peuvent être transmis sur 1, 2 ou 4 antennes physiques. Dans le cas d’un retour d’information, l’eNb utilise l’information du rang de la matrice de propagation (RI) pour définir le nombre de couches spatiales utilisable par l’UE. Le nombre de couches spatiales est inférieur ou égale au RI. Le bloc Layer Mapper a pour objectif d’associer le ou les mots de codes au nombre de couches spatiales. Le nombre de couche spatiale est donc de 1, 2 ou 4 pour la R.8 et jusqu’à 8 antennes à partir de la R.10.

Figure 2.11. Layer Mapper

La figure 2.7 est un exemple de mise en correspondance de deux codewords vers 4 couches spatiales. Cependant, les différentes combinaisons résumées dans la table 2.7 existent.

Table 2.7. Associations entre mots de code et couches spatiales pour le sens descendant

SM : Spatial Multiplexing et DT : Diversity Transmission

2.3.1.2 Les matrices de précodage et les modes de transmission en DL

Après avoir disposé les mots de codes sur les différentes couches spatiales, chaque couche spatiale est précodée par des coefficients complexes en fonction du mode de transmission (TM) et transmis vers des ports d’antennes. Nous reviendrons sur la notion de port d’antenne ultérieurement et sur l’association entre les ports d’antennes et les antennes physiques.

Le traitement du signal consiste à convertir L couches spatiales vers N ports d’antennes en multipliant les symboles d’entrées par des coefficients complexes (matrice de précodage de taille N x L).

Le précodage s’appuie sur une matrice extraite d’un livre de code (codebook). Le livre de code est connu par l’UE et l’eNb et dans le cas de l’estimation du CSI avec retour vers l’émetteur, l’UE informe l’eNb de la matrice de codage la plus adaptée parmi la liste définie dans le livre de code. L’UE renvoie le numéro de la ligne correspondant à la matrice et cette information est portée par le PMI.

Dans le sens descendant, 10 modes de transmission ont été définis :

  • TM1 à TM7 ont été définis dans la R.8.
  • TM8 a été défini dans la R.9
  • TM9 a été défini dans la R.10
  • TM10 a été défini dans la R.11
  • TM9 a évolué dans la R.13 pour gérer les UE dédiés aux objets connectés.

TM1 : Single Transmission antenna.

Dans le cas de la transmission SISO, une seule antenne est utilisée à l’émission et une seule en réception.

TM2 : Transmit Diversity

La diversité de transmission utilise :

  • pour deux antennes d’émission : le codage SFBC (Space Frequency Block Coding). Il s’agit du codage Alamouti exploité en fréquence et non en temps (ce qui le différencie du STBC). La figure 2.4 illustre le code Alamouti en temps, on retranscrit le code dans le domaine fréquentiel :

En écrivant :

Alors, on obtient :

La matrice de précodage est donc (cf. section 6.3.4.3 3GPP TS 36.211) :

  • Pour 4 antennes  d’émission : le codage FSTD (Frequency Switched Transmit Diversity) : 4 symboles sont découpés en 2 paires, chaque paire est transmise sur deux antennes comme le SFBC sur des RB différents (frequency switched). Chaque ligne de la matrice correspond un port d’antenne :

est le code en temporel. Lorsqu’on retranscrit en fréquentielle, on obtient :

Se référer à la section 6.3.4.3 3GPP TS 36.211

Les canaux PDSCH, PDCCH et PBCH utilisent la diversité de transmission.

TM 3 – Open loop spatial multiplexing with CDD (Cyclic Delay Diversity)

Le multiplexage spatial en boucle ouverte se base sur le choix d’une matrice de précodage au niveau de l’émetteur sans connaissance de l’estimation du canal. En général, ce mode est choisi lorsque l’UE se déplace rapidement (scénario de haute mobilité) et le temps de calcul de l’estimation du canal (PMI) est supérieur au temps de cohérence du canal. Le RI est néanmoins transmis à l’eNb mais pas le PMI.

Ce mode supporte le multiplexage spatial de 2 ou 4 couches transmises simultanément sur 2 ou 4 antennes. La matrice de précodage utilisée en émission est connue par le récepteur et se calcule par le produit de trois matrices : Une matrice  de taille N x L et deux matrices carrées D et U de taille L x L : D.U

La matrice W distribue le signal provenant de chaque couche vers les P ports d’antennes, la matrice D permet d’avoir un décalage alors que la matrice U distribue l’énergie sur chacun des ports d’antennes.

Avec :

Table 2.8. Bibliothèque de matrices de précodage pour deux ports d’antennes

Afin de connaitre la position des colonnes constituant la matrice de précodage W, on se réfère à la spécification TS 36.211 Table 6.3.4.2.3-2 (cf. table 2.9).

Table 2. 9. Bibliothèque Tableau de codes pour la transmission sur 4 antennes en DL

Pour l’index 0 et pour deux couches spatiales, la matrice de précodage est constituée de la colonne 1 et de la colonne 4 de la matrice w0, laquelle se calcule à partir du vecteur u0.

Pour le mode de transmission TM3, 4 antennes, l’index est 12, 13, 14 et 15.

Les matrices D et U sont définies dans la spécification 3GPP TS 36.211 (Table 6.3.4.2.2-1) :

Table 2.10. Matrice de précodage : Matrices U et D

CDD représente la diversité temporelle : Un bloc est retransmis avec un retard spécifique constant représenté par U

TM3 : Transmit Diversity

Le TM3 nécessite uniquement l’information RI. Le PMI n’est pas transmis. Dans le cas où le rang de la matrice est unitaire, le mode TM3 est utilisé pour la diversité d’émission

Dans ce cas, la matrice de précodage est identique à la matrice de précodage du mode TM2

TM 4 – Multiplexage spatiale en boucle fermée (CSI transmis à l’émetteur)

Ce mode supporte le multiplexage spatiale SU-MIMO jusqu’à 4 couches spatiales multiplexées jusqu’à 4 antennes. L’estimation du CSI est réalisée à partir du CRS ce qui signifie que le retour de l’UE n’exploite pas de pilote dédié à l’UE.

La matrice de précodage s’appuie

  • Sur la table xx.8 pour un utilisateur transmettant un ou deux couches spatiales sur 2 ports d’antennes.
  • Sur la table xx.9 pour un utilisateur transmettant une à 4 couches spatiales sur 4 ports d’antennes.

Dans le TM4, les mêmes ressources temps fréquentielles sur les différentes antennes sont transmises vers un seul UE

TM 5 – MU-MIMO

Ce mode est similaire au TM4, il supporte la fonction de multiplexage spatial en boucle fermée de deux utilisateurs (MIMO 2×2) ou de 4 utilisateurs (MIMO 4×4). La matrice de précodage est extraite à partir des mêmes tables.

Dans le TM5, les ressources temps fréquentielles sur les différentes antennes sont transmises vers plusieurs UE

TM6 : Multiplexage spatial en boule fermé en utilisant qu’une seule couche de transmission.

Ce mode est un cas particulier du TM4 pour lequel le rang de la matrice (RI) est 1. L’UE estime le canal et retourne l’index PMI de la matrice de précodage la plus adaptée.

Dans le cas de deux antennes, la matrice de précodage est définie par la table xx.8 (1ère colonne) et par la table xx.9 (1ère colonne) dans le cas de 4 antennes.

TM7 : Faisceau de voie (Beamforming)

Le mode TM7 peut être vu comme le mode TM6 en boucle ouverte. Le faisceau de voie est dédié vers un UE, l’estimation du canal s’appuie de la part de l’UE sur le signal de reference UE-specific RS. Ainsi, les données et l’UE-RS sont précodés par la même matrice.

TM8 : Faisceau de voie sur deux couches

La R.8 a spécifié le beamforming sur une seule couche (TM7). La R.9 a specifié le beam-forming sur 2 couches. Ainsi, le TM8 permet de combiné le beamforming avec un multiplexage spatial pour un ou plusieurs utilisateurs. L’utilisation de deux couches permet également de faire du SU-MIMO ou du MU-MIMO.

TM9 : Faisceau de voie sur deux couches

La R.10 a spécifié le TM.9 pour étendre les configurations du MIMO sur 8 antennes. Ainsi, le SU-MIMO et le MU-MIMO sont définies dans le TM9 (comme une extension du TM4 et du TM8)

Pour pouvoir exploiter 4 antennes supplémentaires, la R.10 propose 8 signaux de références nommés CSI-RS et de nouvelles matrices de précodage calculées à partir des mots de codes existants : W=W1W2  ou :

  • W1 est une matrice de précodage diagonale large bande permettant de définir la sélection de voies
  • W2 change la phase du signal sur chaque polarisation de l’antenne

TM 10

Le TM10 est similaire au TM9 mais les antennes utilisées peuvent être sur des eNb différents. Le TM10 supporte la technologie COMP

xx.3.1.3 Les matrices de précodage et les modes de transmission en UL

La R.8 et la R.9 ne spécifient pas la possibilité de faire du MIMO sur le sens montant.

A partir de la R.10, les UE supportent le MIMO jusqu’à 4 couches, il n’existe donc que deux modes de transmission en Uplink :

TM1 : SISO

TM2 : Closed loop spatial Multiplexing

2.3.2 Les mappage sur les éléments de ressources

Le dernier bloc de la chaîne de transmission correspond à l’association entre les ports d’antennes et les antennes physiques.

Les ports d’antennes sont des entités logiques qui se définissent par les signaux de références qu’ils transportent. La table xx.11 fait l’association du port d’antenne et du signal de référence.

Table 2. 11. Association Signaux de références et port d’antenne pour le DL

Signaux de références CRS

Dans le chapitre sur la structure de la trame radio LTE, nous avons vu que les signaux de références CRS sont insérés dans chaque bloc de ressource (RB) émis par la station de base. L’UE doit estimer toute la bande du canal à partir de la connaissance du CRS et même en cas de forte mobilité (120 km/h à 250 km/h).

Les signaux de références CRS sont insérés dans tous les RB de la bande avec un motif répétitif.

Pour un préfixe cyclique normal, le mappage est effectué sur le premier et cinquième symbole OFDM de chaque slot pour les ports d’antennes 0 et 1 et sur le deuxième symbole OFDM pour les ports d’antennes 2 et 3.

Au niveau fréquentiel, les CRS sont espacés de 6 sous porteuses sur chaque port d’antenne et peut prendre une  position parmi les 6 positions possibles. La position en fréquence du CRS dépend de l’identité physique PCI de la cellule.

De plus, les éléments de ressource utilisés pour le port d’antenne p0 ne doivent pas être utilisés pour le port d’antenne p1, et vice versa pour éviter les interférences entre antenne.

Ainsi, la figure 2.13 présente le mapping dans le cas du préfixe normal (7 symboles par slot) pour une, deux et 4 antennes

Figure 2. 13. Mappage des CRS dans les ports d’antennes

L’allocation de ressources des données transmises est signalée dans le canal physique PDCCH par l’information         .

La table 2.12 propose une synthèse entre le TM et les ports d’antennes.

Table 2. 12. Correspondance entre le TM et les ports d’antennes

 

Cours 2 – Niveau Master (Chap 1- Part 2)

Les Modes de transmission

Si vous n’avez pas lu le précédent article, cliquez ici.

2.2. LTE : Trame et le transport des canaux

Le LTE défini un certain nombre de canaux et signaux physiques pour la voie descendante et la voie montante qu’on rappelle sur les tables 2.1 et 2.6. Les signaux physiques permettant l’estimation du canal sont exploités par le MIMO. Nous allons présenter les canaux/signaux physiques en DL/UL selon les releases.

Table 2.1. Canaux et signaux physiques DL

Table 2.2. Signaux physiques DL définies dans la R.9

Table 2.3 Signaux physiques DL définies dans la R.10

Table 2.4. Canaux physiques DL définies dans la R.11

Table 2.5. Canaux physiques DL définies dans la R.12

Le signal physique Cell-specific RS est utilisé pour une estimation du canal de propagation. Il sert également à la mesure de la puissance RSRP (Reference Signal Received Power) et la qualité RSRQ (Reference Signal Received Quality).

Le signal physique MBSFN RS est transmis uniquement sur le canal physique PMCH pour effectuer l’estimation du canal et la démodulation cohérente du signal reçu.

Le signal physique UE-specific RS est utilisé pour mesurer la puissance du signal reçu et pour aider à la formation des faisceaux (estimation du canal pour le beamforming). UE-specific RS est transmis dans le canal physique PDSCH et améliore l’estimation du canal.

Le signal physique CSI RS améliore la mesure du signal reçu au niveau des interférences par rapport au CRS et étend l’estimation du canal à 8 antennes. Le CRS ne peut estimer le canal que pour 4 antennes.

Table 2.6. Canaux et signaux physiques UL

Le signal physique DM-RS associé au canal physique PUSCH ou PUCCH est utilisé pour l’estimation et à la démodulation cohérente du canal physique respectif PUSCH ou PUCCH

Le signal physique SRS permet à l’entité eNb de mesurer la qualité du signal pour le sens montant.

2.2.2 Structure de la trame

Les données sont émises dans une trame découpées en 10 sous trames dont la durée est de 1 ms (nommée aussi TTI : Transmission Time Interval). Chaque sous trame est composée d’une paire de slots.

Au niveau fréquentielle, la trame s’étend sur toute la bande de l’eNb. Selon les possibilités des opérateurs, la largeur de bande est une des valeurs suivantes : [1.4MHz, 3 MHz, 5 MHz, 10 MHz, 15 MHz, 20 MHz].

La bande de fréquence est découpée en sous bande de 180 kHz, elle-même découpée en 12 porteuses espacées de 15 kHz. Pour les largeurs de bandes supérieurs ou égales à 3MHz, l’opérateur doit libérer 10% de bande de garde (5%  bande supérieur et 5% de bande inférieure). Ainsi, pour 20 MHz de bande, l’opérateur dispose réellement de 18 MHz de bande ce qui représente 100 sous bandes de 180 kHz.

La méthode de transmission utilisée est l’OFDM : on émet une séquence binaire sur différentes porteuses en parallèle. Chaque porteuse est séparée de 15 kHz, pour assurer l’orthogonalité, la durée symbole OFDM est de 1/15 kHz soit 666.67 µs. ON ajoute à chaque symbole OFDM un préfixe cyclique pour réduire l’interférence entre symbole, on peut ainsi transmettre jusqu’à 14 symboles (14 * 666.67 µs) par sous-trame ou 7 symboles par slot.

On appelle PRB, Physical Ressource Block, un bloc tempo-fréquentielle constitué de 12 porteuses sur une durée d’un slot. Un PRB est donc constitué de 12 porteuses et de 7 symboles OFDM par porteuse soit 84 symboles (0.5 ms et 180 kHz). On appellera RE (Ressource Element) et non symbole l’entité élémentaire car cette ressource est utilisée soit pour transmettre des données soit pour transmettre de la signalisation ou des signaux physiques servant à l’égalisation (apprentissage).

Figure 2.7. Description du PRB

Si on suppose que chaque RE transporte un symbole de DATA alors, selon le mode de modulation (4QAM, 16 QAM, 64 QAM), chaque symbole OFDM transporte respectivement 2, 4,6 ou 8 bits. Un rapide calcul, pour une modulation de 64 QAM sur une bande de 20 MHz conduit à un débit maximum de 84 symboles *6 bits par symbole *100 RB soit 50400 bits sur une durée de 0.5 ms. Le débit théorique maximum est donc de 100,8 Mbit/s.

En réalité un PRB sur deux porte les informations de signalisation (PDCCH) et le reste du PRB et le PRB suivant porte les données (PDSCH).

Figure 2.8. Les canaux logiques et signaux de références sur un slot

Le mapping des canaux est le suivant : l’eNb transmet périodiquement en temps et en fréquence des canaux de références (REF) aidant à l’égalisation du canal de transmission pour les UE en mode de veille (signaux physiques CRS).

Sur une période temporelle d’une demi-trame ou d’une trame, l’eNb transmet respectivement des signaux de synchronisation et d’informations balises sur 64 porteuses au centre de la bande de fréquence du eNb.

Figure 2.9 Les canaux logiques et signaux de références sur une sous-trame