Allemagne – France, une valse à trois temps.

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les relations entre la France et l’Allemagne ont été marquées par des influences réciproques qui ont amené l’une et l’autre à prendre tour à tour la direction de la valse. Chacun de ces Etats a su profiter de la situation ainsi créée pour assurer sa place dans le monde, soit après la perte de colonies, soit à la suite du désastre du III° Reich qui devaient leur permettre de compter dans le monde. Leur entente en Europe a servi de relais. Lire la suite

Les élections américaines et l’Europe

On aura beaucoup parlé en France, au-delà du raisonnable, des élections américaines, mais la réciproque n’est pas vraie : il a été très peu question de l’Europe lors de ces élections ; le vieux continent en aura été un grand absent. Rien de surprenant à cela ; il ne s’agit que d’une pratique habituelle qui fait que la politique étrangère ne fait pas plus le résultat électoral aux Etats-Unis que dans n’importe quel autre pays dans le monde. Alors l’Europe, quand il y a la Chine, la Russie, la Syrie et l’Afghanistan, d’autres encore pour occuper le peu de place laissée au débat international ! Mais précisément cette faiblesse permet de mesurer la vision américaine de l’Europe et les causes de son oubli.
Cette omission tient d’abord à ce que l’Europe n’est pas un problème pour les Etats-Unis, au double sens du terme Lire la suite

Les dérives de la politique agricole commune

Du blé stocké en plein air en train de pourrir et en voie de servir de tapis à un gazon d’automne, voilà qui est un spectacle peu ordinaire en Poitou. C’est pourtant celui auquel on peut assister actuellement.

 

Il n’est pas sans rapport avec les modifications que la politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne a connues depuis deux décennies. Lire la suite

L’Union européenne, prix Nobel de la paix; bizarre!?

Au premier mouvement, quoi de plus normal que d’attribuer le prix Nobel de la paix à l’Union européenne. N’a-t-elle pas été constituée, sous la forme des Communautés européennes dans les années cinquante pour favoriser la paix ? C’était l’objectif des pères fondateurs que de rendre la guerre ‘‘non seulement impensable, mais matériellement impossible’’ (discours de Robert Schuman, le 9 mai 1950) et il a été atteint, au moins en ce sens que les anciens ennemis ne se sont plus combattus, mais ont en outre appris à travailler et à vivre ensemble.

Colombe de la paix, Bruxelles – crédits photo : THEfunkyman via photopin cc

Pourtant les critiques se sont fait jour aussitôt la distinction accordée. Et les procureurs ne manquent pas d’arguments. Ils font valoir par exemple qu’il est singulier de mettre en avant une organisation qui, au moins selon eux, participe de l’appauvrissement des peuples et ainsi entretient une sorte de guerre sociale et de guerre économique entre les peuples européens. Si l’on suit ce raisonnement, le moment du choix est à tout le moins inopportun. Lire la suite

Sarkozy, ou l’échec d’une greffe.

A l’occasion des élections présidentielles de 2007, Nicolas Sarkozy s’était présenté comme le candidat de la rupture. Qu’une telle prétention, venue d’un candidat qui avait eu des responsabilités importantes dans les gouvernements de droite précédents, ait pu être couronnée de succès, reste pour moi un mystère. Il n’en reste pas moins que lors de son quinquennat, il a tenté un véritable changement avec certaines politiques menées préalablement ; mais cette même rupture est largement à l’origine de son échec de 2012. Sans parler de sa conception, au moins originaire, de la présidence de la République (voir le blog consacré à ce thème), deux aspects, économique et idéologique, en sont particulièrement manifestes. Lire la suite

Bayrou, ou l’échec d’une stratégie du centre pour mener une politique de droite

Crédit photo: Chourka Glogowski

Au début de l’année 2012, la stratégie mise en place par François Bayrou semblait en mesure de fonctionner. Après avoir stagné, le candidat du centre décollait enfin, au point que, à la condition de poursuivre la tendance des courbes des sondages, il pouvait devenir le troisième homme de la présidentielle, voire la surprise en étant présent au second tour. La suite a montré, s’il en était besoin, combien la Roche Tarpéienne reste proche du Capitole. La stratégie de rassemblement des électeurs modérés du centre-droit et du centre-gauche pour conduire une politique où toutes les exigences s’inclinent devant la priorité accordée à la rentabilité financière, échoue. Lire la suite

Un président de la République, c’est quoi au juste?

Un président de la République, ça préside la République.

Dit comme ça, ça paraît une évidence. Mais si on y réfléchit un peu, on se rend compte que ce n’est pas aussi simple. On ne parle pas du président de n’importe quoi, mais de celui qui préside à la fois une entité, une organisation et à une valeur considérées comme suprêmes au service desquelles il se met. D’ailleurs l’orthographe le montre : président s’écrit avec une minuscule, mais République avec une majuscule. Ce n’est pas tant le président qui est important que la République. Qui se comporterait comme le Président d’une institution qui serait par accident une république et ne songerait qu’à son pouvoir, serait en grand danger de ne pas être élu ou réélu.

Présider la République implique aussi d’adhérer à ses valeurs Lire la suite

L’Union européenne: fédération, coopération ou intégration?

L’Union européenne se transforme en fédération ! Il y a peu de débats sur l’Europe qui ne tournent à un moment ou à un autre à cette dénonciation ou à cette célébration. Au-delà des affirmations d’autorité, peut-on discerner la réalité ?
Il est certain que l’objectif premier est fédéral, même si son aboutissement est repoussé très loin dans le temps. Il suffit de se reporter à la fin du discours fondateur de Robert Schuman le 9 mai 1950 : la ‘‘proposition réalisera les premières assises concrètes d’une Fédération européenne indispensable à la préservation de la paix’’’.  Mais pour autant, 70 ans après, le but initial a-t-il été atteint, ou plus modestement, est-il en voie d’être atteint ? Lire la suite

L’Europe en mal de légitimité

La légitimité dans nos organisations sociales et politiques est démocratique mais l’Europe, dit-on parfois, souffre d’un ‘‘déficit démocratique’’. Qu’en est-il, et ses maux viendraient-ils, essentiellement ou partiellement de là ?
Si l’on se reporte à l’époque de son origine, c’est-à-dire en 1951 pour la Communauté européenne du charbon et de l’acier ou en 1957 s’agissant de la Communauté européenne de l’énergie atomique ou de la Communauté économique européenne, ce n’est pas de déficit qu’il faut parler, mais d’absence. Lire la suite

L’Europe dévoyée

L’Europe, dans sa formation actuellement la plus accomplie c’est-à-dire l’Union européenne, connaît une grande désaffectation, au point que dans l’esprit de beaucoup elle est le problème et non la solution. Pourtant elle avait été imaginée au sortir de la seconde guerre mondiale comme une promesse de paix, de progrès et de prospérité, voire de puissance dans le monde ; on mesure le chemin à rebours qui a été parcouru.

Les raisons en sont multiples. Peut-on en dégager le fil conducteur ?

Pour cela, il faut se rappeler que les Communautés européennes, ancêtres de l’Union européenne, avaient été construites en suivant la logique d’un ‘‘marché commun’’. Celui-ci a pu connaître des avatars et se transformer en ‘‘marché unique ou intérieur’’, il a globalement été réalisé dans la mesure où, comme cela était envisagé dès l’origine, une libre circulation des biens, des capitaux, des services, voire des personnes existe vaille que vaille. Faut-il en conclure que c’est un succès et que les citoyens européens sont décidemment de mauvais coucheurs pour ne pas se réjouir chaque jour des bienfaits qui leur ont été ainsi apportés ?

La réponse est non. En effet l’Union, quelles que soient ses avancées, a confondu le moyen et l’objectif et c’est en cela qu’elle s’est dévoyée. Lire la suite