Rythme et langue

Quel importance donnons nous le rythme des mots dans le récitatif français ?

Qu’est-ce que c’est le « Récitatif » ?

Il y a des citations importants pour savoir le mot récitatif .

Sébastien de Brossard dit dans son Dictionnaire de musique en 1701:

On trouve souvent ce mot dans le cantates des Italiens, & encore plus souvent dans leur Opéra, qui à les bien prendre ne sont qu’un tissu de plusieurs Cantates qui se suivent & dont le sens & la liaison font u sujet general. C’est une maniere de chanter qui tient autant de la Declamation qui du Chant, comme si on declamoit en chantant, ou si l’on chantoit en declamant, par consequent ou l’on a plus d’attention à exprimer la Passion qu’à suivre exactement une mesure reglée. Cela n’empêche pas qu’on ne notte ces sortes de Chants en mesure reglée, mais comme on a la liberté d’alterer les temps de cette mesure, & d’en faire quelque-uns plus longs ou plus courts que les autres, cela fait ordinairement qu’on met en partition la Bsse-Continuë du Recitatif au-dessous, afin que l’Accompagnateur puisse suivre plûtôt celuy qui chante, que celuy qui bat la mesure. Comme ce stile est fort propre pour narrer, raconter ou faire le recit de quelque action ; c’est sans doute de Recitando ou Recitare qu’on a fait Recitativo.

Le maître de langue et de déclamation français, Jean-Lenoir Le Gallois de Grimarest explique dans son traité en 1707:

C’est une grande question de savoir si la musique ajoute à la passion, ou si elle la diminue. Pour décider ce problème, il faut établir pour principe, que la passion ne sauroit être exprimée que par les accens, par la prononciation, & par les gestes qui lui sont propres. Or il est impossible, en conservant les regles de la Musique, de donner à la passion ce que je viens de dire ; il n’y a que la seule Déclamation qui puisse le faire. Donc toute passion assujettie aux intervales, & aux mesures de la Musique, perd de la force. En effet on ne peut donner aux silabes la quantité qui leur a été déterminée : on ne sauroit varier ses accens suivant les passions, ou les figures ; on ne peut donner à ses gestes la vivacité, & la délicatesse qu’ils doivent avoir ; en un mot la passion ne sauroit être mesurée. 

Jean Jacques Rousseau résume dans son dictionnaire de musique en 1768:

Discours récité d’un ton musical et harmonieux. C’est une manière de chant qui approche beaucoup de la parole, une déclamation en musique, dans laquelle le musicien doit imiter, autant qu’il est possible, les inflexions de voix de déclamateur. … On ne mesure point le récitatif en chantant, cette mesure, qui caractérisé les airs, gâteroit la déclamation récitative : c’est l’accent, soit grammatical, soit oratoire, qui doit seul diriger la lenteur ou la rapidité des sons, de même que leur élévation ou leur abaissement. Le compositeur, en notant le récitatif sur quelque mesure déterminée, n’a en vue que de fixer la correspondance de la basse-continue et du chant, et d’indiquer à peu près comment on doit marquer la quantité des syllabes, cadencer et scander les vers.  Mais dans le Récitatif, où les expressions, les sentimens, les idées variant à chaque instant, on doit employer des Modulations également variées qui puissent représenter, par leurs contextures, les successions exprimées par le discours du Récitant.            

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Le récitatif est soit déclamer en chantent soit chanter en déclamant, qui peut être la partie la plus expressive de la pièce de chant. Les compositeurs ont créé le récitatif pour avoir plus d’effet que le texte seul ou la musique seule.

La musique se compose d’intervalle (mélodie), de rythme, et d’harmonie. Les mots se composent de ton, de rythme (avec l’accent, la prononciation), et visualiser des sentiments. Les mots ont le rythme et le ton qui viennent de l’accent de la syllabe, et qui font la partie d’intonation et la déclamation. La mélodie suit au rythme selon de l’accent des mots et elle peut s’exprimer le sens du mot et/ou la signification du mot (ex. « le ciel » avec la gamme ascendante, « l’enfer » pour la note grave), et bien évidemment on peut avoir plus d’effets expressives avec l’harmonie de la basse continue comme la cadence et la dissonance.

Dans la pratique, la difficulté d’accompagner au récitatif est de suivre les mots plutôt que la musique, savoir la diction (l’accent / la prononciation / la syllabe / la consonne et la voyelle), et maitriser la façon de jouer pour aider les chanteurs, émouvoir au gens avec les mots, la mélodie et la basse continue.

Dans le récitatif français, si on ne pense que le rythme des mots, il devient comme la déclamation pure. Il n’y a pas de l’interaction musicale. Le récitatif est la déclamation chantée que la musique doit aider à déclamer des mots. Chez les Grec, ils ont la langue mélodieuse que toute la poësie était en récitatif, il suffit d’y ajouter la cadence du mètre et la récitation soutenue pour que ce soit musical. Ils pouvaient chanter en parlent. Mais d’autres langues comme le français doit parler ou chanter. Désormais si l’on se concentre de chanter dans le récitatif, on ne comprendra plus le texte, ça manque de l’accent et de la désinence. Il n’existe pas de chanter sans accent, cela n’est plus la musique, rien d’expressive, aucun sentiment nous à rendre. Alors il faut couper et séparer les chants par de la parole ; mais il faut que cette parole soit modifiée par la musique. Les idées doivent changer, mais la langue doit rester la même.    

Comment la musique peut traduire au texte ? Comment les mots transforment en musique dans le récitatif?

La clé de ces questions est le rythme des mots, c’est l’accent qui relie entre les mots et la musique.

Les mots consistent en rythme, c’est l‘accent qui construit le rythme des mots.

L’accent des mots donnent le rythme à la musique.

L’accent tonique

C’est important de savoir où est l’accent tonique pour trouver le lien entre le mot et la musique dans le récitatif, c’est-à-dire si on sait où il y a de l’accent tonique sur quelle syllabe, on trouve facilement où est-ce qu’on peut mettre la note longue ou brève et l’accord importante pour la basse continue.

L’accent tonique en français

On appelle accent tonique, ou syllabe d’appui, la syllabe d’un mot polysyllabe (mot composé de plusieurs syllabes) sur laquelle la voix s’élève. L’accent tonique existe dans toutes les langues : en français, il se trouve toujours sur la dernière syllabe quand elle n’est pas muette, et sur l’avant-dernière, ou pénultième, quand la dernière syllabe est muette : soldat, drapeau ; guerre, armes. « Il faut bien distinguer, en français, l’accent tonique de l’accent écrit. Ces deux accents se trouvent quelquefois sur la même syllabe, comme dans bondé, accès. Mais ordinairement l’accent tonique ne se marque par aucun signe. Quelquefois même il n’est pas sur la syllabe surmontée d’un accent. Ainsi dans pâture, témoin, dénoûment, l’accent tonique sur la syllabe qui suit l’accentuation. » 

les règles principaux de l’accent tonique en plusieurs langues

Langue

Placé sur

Exemples

Règle

Exception, remarque

français

1) la dernière syllabe

2) l’avant dernière (pénultième)

1) Soldat, chapeau

2) guerre, armes

2) la dernière syllabe est la muette

anglais

une voyelle (pas les consonnes)

Photograph, secretary, attending

Un mot a seulement un accent.

Dans les mots comportent 2 syllabes ou plus, l’une d’elles est accentuée

Toutes les syllabes ne se prononcent pas avec la même intensité.

italien

1) la dernière syllabe

2) l’avant dernière syllabe

3) l’antépénultième syllabe

4) la 4ème syllabe

5) la 5ème syllabe

1) città, verità,

2) francese, italiano

3) chiamano, Africa

4) telefonano

5) recitamela

toujours une voyelle

1) un accent écrit sur la voyelle accentuée

2) une grande partie des mots italiens en font partie

allemand

1) la première syllabe

2) Les particules séparables

4) Les mots composés

1) Wagen, kommen

2) aufmachen,

3) bekommen

4) Geldbeutel

1) un mot simple d’origine germanique

2) Les particules séparables sont accentuée

3) Les particules inséparables ne sont pas accentuée

4) Les mots composés ont un accent fort sur le premier composent (pas obligation sur la première syllabe)

2) les petits mots qui font (ou peuvent faire) partie d’un verbe :

ex. « ausgehen » (sortir) aus (sens=sortir) + gehen (=aller)

3) liste : be / emp / ent / er / ge / miss / ver / zer

4) un accent fort sur « e », un plus faible sur « eu »

Selon ces règles de l’accent tonique des langues, maintenant on peut constater la particularité de la poésie française pour avoir plus d’idée pour transmettre à la note.

En français, certaines syllabes sont plus marquées que d’autres : la principes règle d’accentuation consiste à marquer la dernière syllabe du mot (mots à terminaison masculine), sauf s’il s’agit d’un E muet, auquel cas c’est la syllabe précédente qui est accentuée (mots à terminaison féminine). Les syllabe autres qu’accentuées sont dénommées atones. 

À la différence d’un énoncé courant qui neutralise l’accent tonique dans les mots pour ne garder qui l’accent que le dernier mot du groupe de sens, la diction poétique est soignée, presque emphatique, elle marque les accents toniques sur tous les mots avec un renforcement sur le dernier pot du groupe de sens (notamment à la césure et en fin de vers). 

Le rythme est donné par les accents tonique (syllabe plus longue, plus forte ou plus aiguë). La syllabe accentuée et la syllabe qui la suit sont séparées par une coupe où la voix marque une pause. 

              Ayumi

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