Brexit fever – aux lendemains du référendum, le Royaume-pas-si-uni

Les retombées du résultat du référendum britannique ne sont pas encore claires – à part la décision de quitter l’Union européen qui devrait être entérinée, procédure qui pose elle-même de nombreuses interrogations – quand ? comment ? – mais l’impact sur l’économie et la politique interne sera multiple.

L’avenir politique deux leaders des deux parties principales est déjà compromis. Après avoir été désavoué par l’électorat, David Cameron a logiquement annoncé son départ, à la fois comme premier ministre et comme leader de son parti. Le nouveau leader du parti conservateur, le parti majoritaire à la Chambre des communes, sera appelé à diriger le pays comme le prévoient l’usage. Jeremy Corbyn, leader du parti travailliste, est actuellement le sujet de vives critiques quant à son soutien mitigé à la campagne en faveur de la décision de rester dans l’Union européenne.

Mais, au-delà de l’avenir individuel des hommes et femmes politiques, l’avenir même des deux partis est en jeu. La question européenne a toujours divisé les deux partis au pouvoir depuis 1945. La droite du parti conservateur désapprouve ce qu’ils estiment être l’emprise de Bruxelles et souligne la perte de souveraineté nationale – malgré la non-appartenance du pay à l’espace Schengen – , tandis que la gauche du parti travailliste désapprouve les orientations capitalistes de l’Union européenne – et ce malgré le virage social que le Royaume-Uni a entamé depuis vingt ans.

Le référendum témoigne, une fois de plus, de la profonde désaffection d’un grand nombre d’électeurs pour ces deux partis. Les signes avant-coureurs étaient pourtant visibles – l’émergence des nationalismes, le refuge des électeurs rejetant la politique des deux partis de droite et de gauche classiques, ayant été un constant depuis une dizaine d’années – le SNP en Ecosse, le Plaid Cymru au pays de Galles, sans parler du Sinn Fein, réadmis dans l’arène politique depuis le cessez-le-feu en Irlande du Nord ; mais aussi UKIP, mené par Nigel Farage – qui, au lendemain du vote, déclara le 23 juin Independence Day – ainsi que des partis régionalistes anglais tels que Yorkshire First.

La géographie et la sociologie politiques montrent un pays écartelé : les jeunes, les zones de prospérité et des employés des secteurs en poupe (secteur bancaire, assurances, technologie, internet), en Angleterre, ayant voté Rester, mais aussi, et à l’inverse, l’Ecosse et l’Irlande du nord, pour qui l’économie de marché, la politique d’austérité menées par le gouvernement Conservateur, étaient néfastes, alors que les subventions et le soutien de l’Europe leur ont fait le plus grand bien.

Ceux qui ont voté contre l’Europe sont ceux qui participent le moins à l’économie des services : les villes industrielles touchés par le ralentissement économique, les zones peuplés de retraités, les comtés agricoles (malgré les subventions de la Politique agricole commune), les laissés pour compte qui ont souffert de la restriction des aides sociales imposées comme remède à la crise financière par le gouvernement de droite. Ceux-ci cherchent des bouc-émissaires – l’immigrant, la Commission européenne, et mettent les pro-européens des partis au pouvoir, le gouvernement et l’opposition, dans le même sac.

Pourtant, il paraîtrait que les électeurs et les politiques ne croyaient pas à une victoire possible du camp Leave, comme le prouvent, lu lendemain du résultat, les déclarations et les mines déconfites des deux tenors du Leave, Boris Johnson et Michael Gove. Les accusations de campagne mensongère ont contribué à discréditer le résultat : la hauteur et l’utilisation qui sera faite de la contribution du Royaume-Uni à l’UE en cas de sortie, la possibilité de mieux contrôler l’immigration des sans papiers extra-européens – des allégations et conclusions que leurs principaux promoteurs ont admis, au lendemain du vote, être « exaggérées » et « hâteuses » .

Face à la déception que le résultat du vote semble avoir laissée – une pétition réclamant une règle sur la participation nécessaire (75 %) pour accepter une telle vote a déjà rassemblé plus de 2 million et demi de signatures en deux jours – le résultat semble sinon remis en question, du moins discutable.

Le parti libéral-democrate, seul parti politique clairement pro-européen, qui a su et pu représenter des électeurs en Angleterre, au pays de Galles et en Ecosse, a déclaré qu’il représentait le seul recours et fera de la question du maintien du Royaume-Uni, ou du moins sa demande de rentrer, dans l’Union européen, son cheval de bataille lors des prochaines élections. Mais celles-ci ne sont pas prévues avant 2020 car la durée d’une législature est de 5 ans maximum. Le parti majoritaire – les conservateurs – a la possibilité de changer de leader et de premier ministre sans en appeler au pays – ce qui s’est passé dans les transitions Thatcher-Major en 1990 et, Blair-Brown en 2010. Une bataille interne pour le leadership s’ouvre donc. Ce n’est pas sûr que ce soit Boris Johnson qui en sorte vainqueur, car le parti pourrait se choisir un leader plus consensuel, moins compromis, tel que Theresa May, actuel Ministre de l’Intérieur.

Le Royaume-Uni risque également de se disloquer. Le référendum écossais en 2014 montrait la montée des tendances indépendantistes. Nicola Sturgeon, leader du parti nationaliste écossais, premier ministre de l’Ecosse, a annoncé l’ouverture de négociations pour que l’Ecosse reste dans l’UE. Cela ne peut se faire sans doute sans se séparer du Royaume-Uni. L’Ecosse décidera donc bien de l’avenir du Royaume-Uni. D’autre part, le Sinn Fein a déclaré que le gouvernement britannique avait perdu sa légitimité pour gouverner l’Irlande du nord, qui a voté majoritairement comme l’Ecosse, pour le maintien, arguant qu’un référendum pour l’union avec la République d’Irlande est justifié par le résultat et parle d’un « rideau de fer » qui coupera l’île d’Irlande en deux si la frontière redevient une barrière.

Nombreux sont ceux qui prédisent des années difficiles, non seulement en raison du ralentissement abrupte des indicateurs économiques causé par le vote. Il s’agira autant de concilier les deux camps – divisés de façon à peu près égale – mais aussi de retrouver confiance dans les partis politiques, et présider à la destinée d’un Royaume de moins en moins uni –  la prédiction de Tom Nairn  dans son livre The Break-Up of Britain (1977).

Vers un modèle social européen?

MARTENS (Stephan), RÉVAUGER (Jean-Paul) Vers un modèle social européen ?Bordeaux : Presses universitaires de Bordeaux, 2012, Broché, 16 x 24, 326 p.

L’Europe possède-t-elle un modèle social spécifique ? La question déjà brûlante en France au moment des choix décisifs de 1992 et 2005 revêt une importance cruciale pour l’ensemble du continent en temps de crise financière et budgétaire.
La politique sociale est-elle un luxe coûteux ou une politique publique indispensable à la justice sociale, à la cohésion et à l’efficacité économique ?
Le présent ouvrage analyse les façons dont la question est perçue au sein de l’Union depuis 2000. Il est structuré autour d’études des cas nationaux de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, qui sont représentatifs de différents modèles, d’analyses thématiques ou de comparaisons bilatérales, ainsi le dossier des retraites et celui des politiques d’intégration.
La question du travail, élément fondamental de l’identité et de la structuration sociales est au coeur de la démarche.
Stephan Martens est Professeur de civilisation allemande contemporaine à l’Université Bordeaux 3.
Jean-Paul Révauger est Professeur de civilisation britannique contemporaine à l’Université Bordeaux 3.
Ont contribué à cet ouvrage : Nada Afiouni, Aurelie Binet-Grosclaude, Philippe Brillet, Franz Clement, Catherine Coron, Marion Del Sol, Joëlle Harel, Christopher John Nock, Canio Lagala, Vincent Latour, Carmela Maltone, Stephan Martens, Ruxandra Pavelchievici, Enrico Reuter, Jean-Paul Revauger, Michaela Schulze, Susan Trouve-Finding, Pascale Turquet, Henrik Uterwedde, Nicolas Verschueren, Bernard Yvars.

Milan European Social Policy Network (ESPANET) conference

http://www.espanet-italia.net/conferenza2011/img/header-2010.jpgEn
septembre 2011 (29 sept – 1er oct), s’est tenu le 4e congrès de la section italienne du réseau européen pour l’étude des politiques sociales (ESPANET) au Politecnico di Milano, Dipartimento di Architettura e Pianificazione (DIAP)   

Innovare il welfare
Percorsi di trasformazione in Italia e in europa.

« Le transformations en cours dans les systèmes sociaux en Europe, en particulier en Italie, sont l’objet des travaux. La crise économique et les processus de changement social, économique et démographique qui ont touché l’Europe, ont initié des révisions profondes des règles des systèmes sociaux, afin de mieux adapter la protection sociale aux besoins sociaux et la rendre plus durable du point de vue budgetaire.

Pour effectuer la ‘quadrature du cercle’ des améliorations ont été recherchées, avec des modalités plus ou moins explicites et progressives, dont des innovations institutionnelles, qui n’ont en aucun cas remis en cause les modèles sociaux précédents. En cette phase turbulente, l’Italie brille par une capacité d’innover assez pauvre et une grande difficulté d’introduire des transformations profonds au modelè toujours plus inadéquat et
inefficace. Toutefois, notre pays ne manque pas d’expérience dans l’innovation institutionnelle et politique. La conférence fera le point sur ces thèmes, et invite les chercheurs italiens et européens à s’interroger sur les directions du changement, sur les raisons qui le rendent nécessaire, et sur les obstacles qui en empêchent son développement. »

J’ai pu assister aux sessions suivantes et à la plénière de clôture.

Sessione 10 The effects of the economic crisis on family incomes, inequality and poverty Présidée par Holly Sutherland, Institute for Social and Economic Research- University of Essex, UK

Flaviana Palmisano, Vito Peragine (Università di Bari)
The distributional incidence of growth: A non-anonymous and rank dependent approach

Manos Matsaganis, Chrysa Leventi (Athens University of Economics and Business)
Distributional implications of the recession and the austerity in

Alberto Tumino, Marina Fernandez Salgado, Francesco Figari, Holly Sutherland (University of Essex) Unemployment, inactivity and economic crisis: stress testing the
welfare systems in Europe

Massimo Baldini (Università di Modena e Reggio Emilia), Emanuele Ciani (Università di Essex, UK) Inequality and poverty during the recession in Italy

Coordonnée par Manos Matsaganis Athens University of Economics and Business

Sessione 13
Trasformazioni lavorative e familiari e strategie di conciliazione: il ruolo delle politiche sociali  présidée par Laura Balbo, Università di Padova

SESSIONE 13A Titolo  Percorsi  tra lavoro per la famiglia e lavoro per il mercato

Renata Semenza (degli Studi di Milano), Manuela Samek Lodovici, Daniela Loi, Erika Freschi  (IRS) Uscite Transitorie. Le dimissioni delle lavoratrici madri nel primo anno di
vita del figlio

Tiziana Tesauro  (Irpps-Cnr) Bisogni di conciliazione e strategie familiari di cura condivisa

Sonia Bertolini, Paola Torrioni (Università di Torino)
Il lavoro atipico e le sue ripercussioni sulle strategie di formazione della famiglia e sui
corsi di vita individuali: quali politiche per una flessibilità lavorativa “sostenibile”?

SESSIONE 13B Titolo: Politiche di conciliazione e divisioni di genere

Rossella Ciccia, Mieke Verloo (Radboud University Nijmegen), Leave Regulations and Gender Equality in an Enlarged Europe: A Fuzzy Set Ideal Type
Analysis

Francesca Bergamante (Isfol) La conciliazione attraverso lo strumento della riorganizzazione dei tempi di lavoro in Europa e in Italia

Renzo Carriero (Università of Torino) Perceived Fairness And The Division Of Domestic Labour: A Longitudinal View

Rebecca Zanuso e Giovanni Viganò (Synergia) Rilevare i bisogni e le aspettative per realizzare politiche di conciliazione efficaci

Elisabetta Donati (Università degli Studi di Torino) Sconfinamenti  e conflitti di
lealtà: lavoro e cura lungo il corso di vita. Il contributo italiano in uno studio comparativo europeo

session coordonnée par Manuela Naldini,http://www.espanet-italia.net/conferenza2011/img/header-2010.jpg Università di Torino, Cristina Solera, Università Torino


Sessione 19  The governance of social policy at the European Union level: law and politicscoordonnée par Jean-Claude Barbier Università di Parigi I Panthéon Sorbonne CNRSet Fabrice Colomb Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

Stefano Sacchi (University of Milan)
Flexicurity in Action: Flexibility and Worker Security in Advanced Political Economies
The European

Axel van den Berg (McGill University), Jean-Claude Barbier (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne) A Tale of Two Federalisms: Social Policy in Canada and the European Union

Patrik Vesan (University of Valle d’Aosta)
From the Lisbon ‘Growth and Job’ to the ‘Europe 2020’ strategy: The emergence and transformation of the
European agenda on flexicurity

Plénière de clôture : Trajectories of institutional change in Europe, présidé par Jean-Claude Barbier où les invités suivants ont présenté leurs travaux :

Giuliano Bonoli (Institut des Hautes Etudes d’Administration Publique, Lausanne) ‘Activation policies in Europe’
Sandro Cattacin (University of Ginevra) ‘Politiche d’integrazione degli immigrati in Europa: tra pragmatismo locale e populismo nazionale’
Joakim Palme (Institute for Future Studies, Stockholm) ‘What future for social investment?’
Chiara Saraceno (Wissenschaftszentrum für Sozialforschung – WZB, Berlin) ‘Le politiche della cura’.