France Culture : 29 avril – 2 mai Le Royaume-Uni à l’émission Cultures monde

This is England (1/4) – Working class hero: l’Angleterre d’en-bas

29.04.2013 – 11:00

Avec Keith Dixon, professeur de civilisation britannique à la retraite, directeur de la Bibliothèque écossaise des éditions Métailié, auteur entre autres de Un abécédaire du blairisme : pour une critique du néo-libéralisme guerrier, (Éditions du croquant, 2005);  Philippe Pilard, réalisateur et spécialiste du cinéma britannique; et,  John King, écrivain, auteur de Skinheads (Au diable Vauvert, 2012), depuis Londre.

This is England (2/4) – London’s burning: le défi multiculturel

30.04.2013 – 11:00

Avec Delphine Papin, cartographe, journaliste au Monde, docteur de l’Institut français de géopolitique, Université Paris 8, auteur de l’atlas Londres (Autrement, 2012); Denys Blakeway, journaliste, documentaliste pour la BBC, auteur du docu « the rivers of blood » diffusé en 2008 sur BBC4 – depuis Londres (sous réserve);  Manuel Appert, maître de conférences en géographie à l’université Lyon-2, photographe urbain (sous réserve).

This is England (3/4) – Another brick in the wall: sur les bancs de l’école

01.05.2013 – 11:00

Avec Susan Finding, Professeur des universités en études anglophones à l’UFR Lettres et Langues, Université de Poitiers; Bertrand Venard, professeur à Audencia Nantes, Gino Raymond, Professor of French Studies, University of Bristol.

This is England (4/4) – Margaret on the guillotine: la culture sous Thatcher

02.05.2013 – 11:00

Avec Jeremy Tranmer, maître de conférences en civilisation britannique à l’université de Nancy, spécialiste des rapports entre la gauche britannique et la musique populaire, auteur de (avec Rachel Hutchins-Viroux (dir)) – Nationalism in the English-Speaking World, (Cambridge Scholars Press, 2009).

Le bulldozer ou le bouledogue?

L’austérité est à toutes les unes de la presse française, du Figaro à Libération, après le ‘sauvetage’ de la Grèce, de l’euro, par le duo France-Allemagne. Après les États-Unis, la Chine et le Japon, le quatuor Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie sont les pays dont le Produit Intérieur Brut est le plus élevé, loin devant les pays européens suivants, l’Espagne (12e), la Suisse (19e), la Belgique (20e) (Source FMI).http://www.joy-of-cartoon-pictures.com/images/bulldog-cartoon.jpg

Que devient le Royaume-Uni, troisième puissance européenne, dans tout cela ? Selon les données fournies par le FMI début 2011, seule le Royaume-Uni affiche une évolution positive (+3.7%) entre 2009 et 2010, alors que ses trois partenaires  majeurs au sein de l’Union européenne affichent toutes une évolution négative du PIB.

Dans un article du Point (numéro 2041, du 27 octobre 2011), intitulé ‘Le Bulldozer Cameron’ Yves Cornu tente d’expliquer comment le premier ministre britannique parvient à imposer une ‘purge’ « bien plus sévère qu’en France » (ou du moins, avant les nouvelles mesures qui seront annoncées mi-novembre). Il s’étonne que le public britannique soit résigné,  acceptant ce mal ‘nécessaire’, alors que les mesures annoncées en 2010, réduction des dépenses publiques, augmentation de la TVA, retraite repoussée, gel des salaires dans les emplois publics, commencent à prendre effet. Cornu explique ce manque de réactivité de la population par une analyse politique : la crédibilité et efficacité de David Cameron, le manque d’alternatif sur l’échiquier politique.

L’austérité n’est pas cependant un phénomène nouveau, bien qu’il semble, après des années de croissance, mettre fin aux choux gras, au consumérisme effréné, aux dépenses sans égard pour le lendemain.Surtout au Royaume-Uni.

Il suffit de rappeler que depuis la crise de 1929, le chômage et les marches de la faim des années 30, les restrictions imposées par  l’effort de guerre, la période de reconstruction de l’après-guerre (le rationnement des denrées alimentaires ne fut aboli qu’en 1954), s’écoula une période de vingt ans pendant lesquels la population britannique supporta une
austérité de fait.

Le déclin de l’industrie britannique et la crise économiques et sociale (productivité en baisse, balance de paiements négative, augmentation des dépenses due à l’extension de l’état providence) qui secoua le pays à partir de la dévaluation du sterling en 1967, finirent par donner au pays la réputation d’un vieux malade. Cette période de mutation, de grèves, de chômage, de fermeture d’usines, dura encore vingt ans, jusqu’à la reprise qui suivit la transformation de l’économie (avec l’aide musclée de Margaret Thatcher) en une économie de services, à la fin des années 1980. La récession et la crise financière du début des années 90 viennent s’ajouter aux années difficiles. À son arrivée au pouvoir en 1997, le gouvernement New Labour et son ministre des finances, Gordon Brown, renommé pour sa prudence légendaire, ont imposé non pas l’austérité certes, mais un réalisme quant à la levée d’une rigueur de circonstance.

Ainsi, malgré l’état-providence, malgré un classement économique mondial maintenu, les efforts consentis, parfois à leur insu, par la population britannique dans son ensemble, sont importants. Sur les  quatre-vingt ans depuis la crise de 1929, le Royaume-Uni aurait ainsi connu dix ans d’insouciance de 1955 à 1966, une nouvelle décennie de 1987 à 1997 (entrecoupée par une courte récession et l’éclatement de la bulle immobilière au début des années 90) et peut-être depuis la fin du 20e siècle.

Autrement dit, les babyboomers, qui approchent de la retraite, et leurs enfants, ont vécu sinon pendant des crises aigües, du moins, dans le souvenir de ces périodes de disette et de difficulté. Même dans des périodes d’expansion, des couches de la population vivaient avec de maigres ressources et une parcimonie imposée.Le beurre (importé massivement de la Nouvelle Zélande avant l’entrée du Royaume-Uni dans le ‘marché commun’ en 1973) restait une denrée de luxe pour de nombreux foyers, remplacé par la margarine. Le rôti du dimanche (gigot congelé de la même provenance, poulet ou pièce de bœuf) était un repas de fête, religieusement découpé en fines tranches qui permettait d’en conserver pour le reste de la semaine, tandis que le jus froid du rôti avec sa graisse, servait à tartiner le pain grillé, souper économe.

Souvenons-nous que les retraites servies par l’État sont l’équivalent d’un RMI pour qui n’a pas cotisé à un fonds de retraite privée ou une caisse professionnelle. Le nombre de retraités britanniques au travail n’a cessé d’augmenter.  Les allocations familiales, les allocations de chômage sont également des minima, conçues sur le modèle d’un filet de sécurité et non de revenus de substitution.

La mémoire et la pratique de l’austérité sont donc bien présentes et contribuent à ce manque de réaction des britanniques envers les mesures exceptionnelles prise par le gouvernement. David Cameron, désigné comme un bulldozer rasant les avantages sociaux par Yves Cornu, trouve sa tâche de leader en ces temps difficiles facilitée par la résilience et le stoïcisme légendaire inculqué par des années de résistance et de ténacité.

Cependant, la réduction des services publics pourraient bien être la cause de révoltes populaires.  L’attachement du public à l’ensemble du ‘welfare’, le bien-être fourni par
l’état-providence, s’explique en partie précisément dans ce contexte de rigueur. La santé, l’éducation, les loisirs, gratuits ou subventionnés, ont survécu, malgré les assauts des privatisations successives menées par les gouvernements Thatcher, Major et Blair, soutenus par une certaine idée du bien (être) public et procurant des avantages importants. Les réactions violentes à l’augmentation des frais d’inscription dans l’enseignement supérieur, déjà réservé de fait en majorité aux enfants issus des classes moyennes, révèlent le malaise de cette couche de la population qui a le moins souffert des crises jusque là et le plus bénéficié des avantages procurés par l’état providence.

La mise en place d’une politique de la petite enfance au Royaume-Uni

La mise en place d’une politique de la petite enfance

Article paru dans  Informations sociales, 2010/3 (n° 159), Politiques sociales et familiales en Grande-Bretagne Politiques sociales et familiales en Grande-Bretagne – petite enfance.

Résumé

Cette contribution présente la politique de la petite enfance, quasi inexistante auparavant, mise en place par les travaillistes dès leur arrivée en 1997 : ses pourtours, les moyens mis en œuvre, son importance et son impact. Les mesures prises s’appuient sur la lutte contre la pauvreté et le chômage et le soutien aux parents promus par le New Deal. Dès 1997 est publiée une National Childcare Strategy, puis les mesures et les lois se succèdent. Entre autres : lancement du programme Sure Start avec la création de Children’s Centres et publication du document cadre Meeting the Childcare Challenge en 1998 ; Children’s Act, Work and Families Act et création d’un « superministère » de l’Enfance en 2006.Tous les types de leviers sont actionnés : augmentation du nombre de places d’accueil, extensions des allocations pour garde d’enfant, allongement des congés maternité et des congés parentaux sans solde, formation du personnel dans les structures d’accueil, réforme de crédits d’impôt pour garde d’enfant, création de fonds d’investissement pour enfants. Si les nouveaux droits sont sujets à controverses, la prise en charge par l’État et la création d’un accueil mixte, collectif et pluriservices des jeunes enfants constituent une innovation majeure. La scolarisation des enfants de 3 et 4 ans est passée de 20% en 1970 à 65% en 2005.

PLAN DE L’ARTICLE

Susan Finding – Professeur de civilisation britannique à l’Université de Poitiers et directrice de l’équipe de recherche MIMMOC (Mémoire, identité et marginalité dans le monde occidental) spécialisée dans les politiques et l’histoire sociales et l’éducation. Parmi ses publications récentes : 2009, « La petite enfance – l’émergence d’une politique innovant et précurseur », in Fons J.-P. (dir.), « Les Années Major », Observatoire de la société britannique, n° 7, avril, p. 309-322 ; 2007, « Sans famille ? Le parti conservateur dans l’opposition et la politique familiale », in Fons J.-P. (dir)., Le Parti conservateur britannique 1997-2007. Crises et reconstruction, Rennes, Presses universitaires de Rennes, p. 127-144 ; 2007, « Le nouveau parti de la famille ? », in « Les années Blair », Observatoire de la société britannique, n° 3, janvier, p. 93-115.

1 Les travaillistes ont appelé Childcare Revolution l’ensemble des mesures qu’ils ont prises dès leur arrivée au pouvoir en 1997 pour mettre en place une politique de la petite enfance. Celle-ci est devenue une priorité nationale au Royaume-Uni, en articulation avec les autres politiques économiques et sociales du New Deal qui placent le soutien aux parents au cœur de la réforme du système de protection sociale britannique.

2 En 1945, on avait promis une protection sociale qui prendrait en charge les citoyens du berceau au tombeau, déclarait en 2005 Gordon Brown, Chancelier de l’Échiquier [1] pour qui les importantes réalisations du gouvernement néotravailliste dans le domaine de l’enfance rivalisaient avec celles du gouvernement Attlee, l’inventeur du système national de santé après la Seconde Guerre mondiale. Mais, rappela G. Brown, le berceau avait été oublié et les enfants en bas âge, de la naissance à l’école maternelle, n’avaient jamais été pris en compte. Arrivé au pouvoir en mai 1997, le gouvernement néotravailliste s’employa à faire de la petite enfance l’une de ses priorités.

Naissance d’une politique publique de la petite enfance

3 L’annonce d’une politique de la petite enfance date de la période charnière 1994-1995, alors que des enjeux économiques et sociaux démontraient la nécessité d’une politique nationale. En juillet 1994, le Premier ministre Tony Blair avait fait part de l’intention de son parti d’étendre les services d’accueil des enfants.

4 Deux lignes directrices sous-tendaient la rapide mise en place d’une politique globale de
structures d’accueil pour la petite enfance. Il s’agissait d’un côté, dans un souci d’une plus grande justice sociale, d’améliorer la situation des enfants démunis dans le cadre de la lutte contre la pauvreté des enfants, les laissés-pour-compte de l’État-providence et, de l’autre, d’aider les parents à mieux concilier le travail et la vie de famille, en premier lieu pour mettre plus de femmes sur le marché du travail. Par la suite, on assista au déploiement de mesures visant à la réduction du taux élevé d’enfants vivant en dessous du seuil de pauvreté [2]. Seuil établi par le gouvernement à 60 % du revenu médian. Le programme Sure Start fut lancé en 1998, sous la double tutelle des ministères de l’Éducation et de la Santé. Les centres pour enfants et la prime enfance (Children’s Centres) étaient censés réunir, au sein d’une communauté ou d’un quartier, un ensemble de services juridiques, médicaux, éducatifs et d’aide sociale.

5 Les objectifs principaux du gouvernement restèrent ceux de renforcer l’économie et la cohésion sociale (Spending Review, 2004). La déclaration de principe du ministère de l’Éducation faisait état de la nécessité de préparer une économie compétitive et une société d’intégration. Pour y parvenir, il fallait non seulement améliorer les conditions de vie mais aussi favoriser l’égalité des chances en « brisant le cycle de privations »[3] Reprise par le gouvernement New Labour du terme utilisé et en réduisant les inégalités. Un des axes principaux allait être d’accroître le nombre de places d’accueil des enfants et, plus précisément, d’augmenter de 50 % en quatre ans le taux des familles modestes qui bénéficient des structures de garde organisées. Pour ce faire, le programme Sure Start devait totaliser 2 500 Children’s Centres en 2008 [4].

6 Dans les premiers mois du gouvernement néotravailliste, le système de bons distribués aux parents pour des dépenses de garde d’enfant, hérité du gouvernement John Major, fut rapidement remplacé par une allocation pour garde d’enfant. Puis la publication de la politique National Childcare Strategy, à l’automne 1997, fut accompagnée de la mise en place de structures paritaires régionales (Early Years Childcare Development Partnerships) ; elles réunissaient des représentants des services publics et privés, placés sous le contrôle des conseils municipaux locaux eux-mêmes chargés de donner l’impulsion, responsables de la planification et du déploiement de l’offre.En même temps, le gouvernement lançait la politique de retour à l’emploi New Deal comprenant un volet important consacré au secteur en expansion de l’accueil des enfants. Au printemps 1998, le gouvernement rendait public le document cadre pour la mise en place d’un service nouveau pour l’accueil des jeunes enfants, Meeting the Childcare Challenge. Ce document cadre devait être lu en parallèle avec le Livre vert sur la réforme de l’État-providence, annoncé par le Livre vert[5] publié par le Departement of Social Security en mars 1998 sur l’avenir des politiques sociales (New Ambitions for Our Country, A New Contract for Welfare). La même année, la loi-cadre sur la qualité de l’enseignement (School Standards and Framework Act, 1998) étendait la responsabilité des autorités locales aux services d’accueil de la petite enfance. Un document de travail sur l’inspection des institutions concernées par l’enseignement précoce et la garde d’enfants en bas âge fut fourni. Il fut complété, en août 1999, par un nouveau document de travail envisageant la création d’une sous-section de l’organisme chargé de l’inspection des écoles. L’étape de la préparation de la législation fut rapidement franchie. En un peu plus d’un an, des mesures pour aider les familles en matière de garde d’enfant avaient été annoncées, formulées, structurées et mises en place dans le cadre d’une nouvelle conception des rapports entre la famille, les enfants, le travail et le système de protection sociale
britannique.

« Childcare Revolution » 

7 Deux ans et demi après son arrivée au pouvoir, le gouvernement New Labour créa les
crédits d’impôts pour les familles à faibles revenus ayant charge d’enfants dans le but de combattre l’exclusion sociale. À cette fin, le programme Sure Start fut élargi. Les objectifs
généraux du programme étaient de réduire la fracture sociale entre les enfants des quartiers défavorisés et la moyenne nationale, en œuvrant dans le domaine de l’éducation et de la famille et en s’appuyant sur le travail de terrain dans les quartiers effectué au sein des Children’s Centres (Sure Start, 2006). Un service complet, délocalisé mais pas encore généralisé, était en train de voir le jour. On fixa des objectifs précis et chiffrés qui visaient à améliorer les conditions de vie en famille, le développement psychopédagogique et social et la communication chez les enfants démunis.

8 Pour y parvenir, les nouveaux programmes pédagogiques pour la petite enfance, Curriculum Guidance for the Foundation Stage, furent distribués à toutes les institutions concernées (écoles, centres d’accueil des secteurs publics et privés) dès le mois de mai 2000. Ils entrèrent en vigueur à la rentrée de septembre alors qu’une nouvelle loi définissait la nature et la qualité de l’offre requises (Care Standards Act). L’inspection des écoles et des garderies fut confiée au Early Years Directorate de l’Ofsted[6] En 2003, de nouveaux critères de qualité furent introduits, qui correspondaient à l’étape de la mise en place des structures de contrôle et de régulation. En 1999, afin de faciliter la conciliation entre travail et vie de famille, les premières améliorations du régime des droits des travailleurs parents rallongeaient len congé maternité rémunéré et le congé sans solde qui prolongeait celui-ci. En 2000, les travailleuses et travailleurs à temps partiel accédaient aux mêmes droits. Une nouvelle étape était franchie avec la loi de 2002 sur l’emploi et l’annonce, fin 2005, de nouvelles mesures qui prolongeaient le congé de maternité jusqu’à neuf mois.

9 On assista également au renforcement de la lutte contre le chômage des adultes à charge d’enfants. La formation et l’emploi de personnel qualifié pour les garderies furent encadrés. Dans le cadre des politiques de retour à l’emploi, les députés favorisèrent le déploiement des services d’accueil en votant une loi-cadre sur les niveaux de formation des employés des centres et sur la qualité des services. Le premier rapport officiel sur l’éducation et l’emploi fait état du lien et des interactions mutuelles entre l’emploi des parents et l’accueil des enfants dans le secteur préscolaire [7]

La « Childcare Revolution »[8] sembla alors entrer dans une nouvelle période. La mise en place d’une panoplie complète de services coordonnés, structurés et contrôlés avait été réalisée en trois ans, de 1998 à 2001. Les études chiffrées publiées à partir de 2003 prirent l’année scolaire 2001-2002 comme année de référence, l’an zéro du nouvel État-providence. Il s’agissait non seulement d’étendre et de consolider ces nouveaux services à la famille qui venaient d’être créés, mais aussi d’envisager sous un angle nouveau les rapports entre l’État et la famille et, en deuxième lieu, le financement des services ainsi créés. La réforme des crédits d’impôt pour garde d’enfant de 2002, effective à partir de 2003, et la création des fonds d’investissement pour les enfants subventionnés par l’État (Children’s Bonds, sorte de « livret jeune » avec prime gouvernementale) entérinèrent cette nouvelle approche.

Une nouvelle architecture institutionnelle

10 En même temps, la dispersion des services à l’enfance devenait criante. Pour y remédier furent élaborés divers programmes visant à réunir les différents intervenants et services (sanitaires, juridiques, sociaux, d’accueil) non seulement dans les projets de quartier mais aussi au niveau de l’administration locale (Children’s Trusts), sur le modèle de l’organisation de la santé et au niveau national. C’est ce qui motiva un article de la loi sur l’éducation de 2002 qui prévoyait l’accueil des enfants dans les écoles publiques en dehors des périodes scolaires : avant et après les cours et pendant les vacances, de 8 h 00 à 18 h 00, quarante-huit semaines par an. L’accueil des enfants fut prolongé par des services aux parents et par un soutien pratique, un suivi individualisé des enfants et des parents en dehors de l’école. Ce service, qui sera baptisé Extended Schools, fut mis en place à titre expérimental dans seize établissements de quartiers défavorisés[9] Les premières évaluations furent encourageantes (Ofsted, 2005). De là naquit l’idée de créer un ministère de l’Enfance.

11 En 2003, le ministère de l’Intérieur publia le Livre vert Every Child Matters qui accompagnait le rapport d’enquête sur la mort d’une fillette maltraitée et, en particulier, sur les manquements des services sociaux (Lord Laming, 2003). La réflexion sur une protection accrue des enfants y était poussée plus loin afin d’œuvrer pour une pleine réalisation de leur potentiel et pour une égalisation des chances. Selon ce document, les enfants en danger devraient bénéficier d’un soutien renforcé au sein des Children’s Centres. Quatre domaines d’intervention furent délimités : aider les parents, les éducateurs et les assistants sociaux, intervenir de façon précoce, intégrer l’ensemble des services et améliorer le travail des employés des services sociaux. L’introduction de services pour informer et former les parents à leur rôle était adossée à celle des Anti-Social Behaviour Orders et Parenting Orders, mandats juridiques tentant d’imposer un changement de comportement chez les parents et les enfants[10]


La création d’une direction des services pour l’enfance au sein de chaque administration locale et d’une fonction de ministre chargé de la coordination des politiques concernant les enfants, la jeunesse et les familles vint couronner cette remise en cause du fonctionnement d’un ensemble de services restés encore trop disparates et morcelés, selon le rapport d’enquête. Sous l’égide du ministère de l’Éducation, le nouveau département ministériel prit en charge tous les services sociaux, la politique de la famille, le droit de la famille, le service de conseil et de soutien auprès des tribunaux des affaires familiales. Vint s’ajouter à ce nouveau dispositif la nomination de Commissaires aux enfants (Children’s Commissioners) chargés de la coordination auprès de l’administration décentralisée de l’Exécutif écossais, de l’Assemblée galloise en 2004 et de l’Angleterre en 2005, avec mission d’établir un système intégrant l’ensemble des acteurs intervenant dans le domaine de l’enfance (Integrated Children’s System). En 2004 est lancée une politique décennale, Choice for parents, the best start for children, qui définit les priorités du gouvernement britannique dans les services de garde d’enfant en cinq maîtres mots : choix, flexibilité, disponibilité, qualité et prix (il n’est pas question de gratuité totale). L’objectif déclaré est de s’assurer que chaque enfant puisse avoir le « meilleur départ possible dans la vie » et d’aider les parents à mieux gérer l’équilibre entre travail et famille. L’aboutissement des politiques mises en place est couronné par le Children’s Act de 2006, la loi sur l’emploi Work and Families Act de 2006 et la création d’un « super ministère », le Department for Schools, Children and Families, à responsabilités élargies et interministérielles (Santé, Éducation, Emploi, Budget).

Quelques éléments de bilan de cette politique

12 Dans son discours clé du 11 novembre 2004[11] T. Blair plaçait le soutien aux parents au cœur de la réforme du système de protection sociale britannique afin de leur permettre d’équilibrer vie privée et travail : « Le plein-emploi, qui va de pair avec des changements profonds dans la vie des familles, crée un enjeu tout à fait nouveau pour notre gouvernement et notre société. Un enjeu dans lequel la garde d’enfants et l’équilibre entre travail et famille devient notre principale préoccupation. […] Notre vision est la création d’un système de garde d’enfants universel et abordable pour les parents des enfants âgés de 3 à 4 ans »[11] Son bilan chiffré des réalisations accomplies depuis 1997 témoigne de cette volonté. Après la prolongation des allocations de maternité de 14 semaines à 6 mois (passées en 2009 à 39 semaines à raison de 123 £ par semaine), le crédit d’impôt avait permis, d’après lui, à 500 000 mères de famille de rester à la maison et de s’occuper de leurs enfants. Pour ne relever que ces exemples, selon les chiffres officiels, 90 % des familles auraient bénéficié des crédits d’impôt, les allocations familiales auraient été augmentées de 25 % et 350 000 familles recevaient des subventions pour la garde de leurs enfants. Le Premier ministre rappela la création de 1 200 crèches (Neighbourhood Nurseries) et de 500 projets Sure. Les pères bénéficiaient d’un nouveau congé de naissance de quinze jours et Tony Blair promit d’allonger les congés parentaux statutaires rémunérés, ce qui sera réalisé à la fin de 2005. Près d’un million de parents ayant un emploi pourraient profiter des nouveaux droits à l’aménagement de leur temps de travail pour raisons familiales.

13 Signe du succès de la politique d’accueil des enfants, la demande de places restait plus importante que l’offre. La flexibilité (heures d’ouverture, type d’accueil) et le coût de l’offre laissaient encore à désirer. En outre, le manque de main-d’œuvre qualifiée posait toujours problème car la fourniture de ces nouveaux services de petite enfance nécessitait de créer de toutes pièces une formation diplômante pour les personnes désirant y travailler.

14 Plus de la moitié des écoles primaires accueillent dorénavant des enfants avant le début des cours le matin ; les trois quarts proposent des activités sportives et artistiques après les cours, parfois jusqu’à 20 h 30, et deviennent des centres d’activité pour le quartier tout entier. Ces allongements de l’accueil dans les écoles ne correspondent pas à un élargissement de la scolarité mais à une prise en charge des enfants en dehors de la scolarisation, une forme de garde d’enfants. La politique de l’accueil n’est toujours pas transformée en politique éducative. De même, depuis 1997, ce sont les garderies qui ont le plus bénéficié de la nouvelle politique au détriment des jardins d’enfants (Playgroups) et des écoles maternelles publiques, deux formes d’accueil qui ont vu leur nombre d’enfants ou de places diminuer. En ce qui concerne la scolarisation des enfants âgés de trois et quatre ans, elle est passée de 20 % en 1970 à 50 % en 1995 pour atteindre 65 % en 2005, sans pour autant transformer les autres modes de prise en charge. La répartition des services d’accueil entre les quatre pays du Royaume-Uni – Angleterre, pays de Galles, Écosse et Irlande du Nord (voir tableau) – est inégale et, lorsqu’on examine la répartition dans les sous-districts (Local Authority Districts) à l’intérieur de chacune de ces régions, la distribution pose problème. Le pays de Galles, qui avait pris le plus de retard, essaya de stimuler le développement de modes de garde à partir de 2005. L’Écosse, le plus en avance de ce point de vue, fournit une série de statistiques qui mesure le rapport entre les services à la petite enfance et le degré d’exclusion sociale dans chaque quartier. Les chiffres permettent de préciser les types d’accueil dominants au niveau régional et de moduler les conclusions sur l’introduction d’un service « national »[12]

16 Malgré les lacunes de cette politique, la prise en charge par l’État et le glissement d’un
service privé et individuel vers un accueil mixte, collectif et pluriservices constituent une innovation majeure. Les avancées spectaculaires en la matière ne peuvent être comprises qu’en comparaison avec l’absence d’une prise en charge nationale avant 1997, une situation ainsi décrite par T. Blair en 2004 : « L’une des pires politiques de garde d’enfants et de la famille en Europe, l’un des pires résultats concernant la pauvreté chez des enfants dans le monde industrialisé ».

17 En effet, la prime enfance échappait aux contrôles médico-sociaux réguliers, les parents démunis ne bénéficiaient d’aucune structure gratuite d’accueil de la petite enfance, de nombreuses femmes quittaient leur emploi à la naissance de leur premier enfant, très souvent pour ne plus revenir sur le marché du travail (ou alors à temps partiel uniquement et après la scolarisation à 5 ans du dernier-né) et les allocations et congés parentaux étaient restés au niveau des années 1960, pour ne pas dire 1948. Malgré ces avancées, les nouveaux droits[13]

Principaux dispositifs pour la garde d’enfants au Royaume-Uni (2009) 

  • Éducation pour les trois à quatre ans : 12 heures par semaine, 38 semaines par an ; gratuité non soumise à condition de ressources.
  • Congé maternité de 52 semaines (39 semaines payées au taux de 123 £ (135 €) par semaine ou 90 % du salaire si celui-ci est moins élevé que cette somme ) transférable au père après six mois.
  • Allocations familiales : 20 £ (22 €) par semaine pour le premier enfant, 13,20 £ (14.20 €) par enfant à partir du deuxième.
  • Crédit d’impôt pour enfant : maximum 545 £ (600 €) + 2 235 £ (2 458 €) par enfant.
  • Crédit d’impôt parents en emploi (Working Tax Credit) (condition de ressources et maximum de 16 h de travail hebdomadaire) : aide financière pour garde d’enfant équivalente à 80 % du coût de la garde avec un plafond de 175 £ (192,50 €) par semaine pour un enfant et 300 £ (330 €) pour deux ou plus.
  • Une allocation de 250 £ (275 €) payable en une fois lors de l’embauche pour les parents de plus de 25 ans (sous condition de
    ressources).
  • Congé parental : 13 semaines par enfant jusqu’à son 5e anniversaire sans solde (le congé peut être rémunéré si la convention
    collective le prévoit).
  • Emploi aménagé : les parents d’enfants de moins de six ans ont le droit de demander un emploi du temps « flexible » – voir la loi-cadre sur l’accueil de la petite enfance (Childcare Act) de 2006.
  • Création d’un centre d’accueil et d’information dédié à la petite enfance dans chaque quartier (Sure Start Children’s Centre) à partir de 2010.

18 Le bas niveau des allocations pour congé parental (135 € par semaine) dissuade la grande majorité des pères qui travaillent. Moins de la moitié prennent les deux semaines de congé à la naissance auxquelles ils ont droit[14] le manque à gagner se révélant trop important. Quarante pour cent des pères craignent l’effet négatif qu’une demande de travail à temps partiel aurait sur leur carrière.

19 À l’inverse, la longueur « excessive » du congé pour les mères est critiquée par des femmes cadres supérieures qui craignent un tarissement de l’emploi féminin à des postes de responsabilité dans les entreprises soucieuses de limiter le turn over dans leurs rangs[15] Si le taux d’activité des femmes au Royaume-Uni a progressé chaque année depuis 1997, passant de 63,1 % à 65,5 % en 2007[16] on ne peut l’attribuer uniquement aux mesures en faveur des familles mises en place depuis 1997. La plupart des pays développés constatent la même progression. Par ailleurs, les pressions sociales (heures travaillées les plus longues d’Europe, absences mal vues et préjugés sur les femmes) persistent. Les témoignages de femmes mères d’enfants qui souffrent de discriminations dans leur entreprise ne manquent pas[17]

20 Néanmoins, le principe selon lequel tout parent désirant travailler doit pouvoir trouver une structure d’accueil pour son enfant est dorénavant consacré par la loi. Le sort de la petite enfance au Royaume-Uni est devenu une priorité nationale, une affaire d’État qui ne relève plus seulement du domaine particulier et privé. Les préoccupations des femmes, des familles et des enfants occupent désormais une place de choix dans les politiques économiques et sociales. Après la révolution des politiques de la famille et la révolution sociale de l’arrivée des mères sur le marché de l’emploi[18], la révolution des mentalités est à venir.

Bibliographie

 Baldock P., Kay J. et Fitzgerald D., 2009 (1re éd. 2005), Understanding Early Years Policy, Londres, Chapman.

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Notes

[ 1] Discours du 15 avril 2005.

[ 2] Seuil établi par le gouvernement à 60 % du revenu médian.

[ 3] Reprise par le gouvernement New Labour du terme utilisé en 1972 par Sir Keith Joseph, ministre des Affaires sociales du gouvernement conservateur, devant la Pre-School Playgroups Association.

[ 4] 2002/2003 Childcare and Early Years Workforce Survey, (http://www.surestart.gov.uk/publications/ index.cfm?document=916) consulté le 20 mars 2006.

[ 5] Publié par le Departement of Social Security en mars 1998.

[ 6] Ofsted, Office for Standards in Education, Children’s Services and Skills (http://www.ofsted.gov.uk/).

[ 7] House of Commons, Education and Employment, Early Years, First Report, HC 33-1, HC, 33-2, décembre 2000.

[ 8] Expression employée par le Premier ministre Tony Blair dans un discours clé prononcé le 11 novembre 2004, devant les membres du Daycare Trust, un lobby pour la création d’un service national de garde d’enfants, réglementé et gratuit : « When we came to power we inherited one of worst set of childcare and family friendly provisions in Europe and one of the worst records on child poverty in the industrialised world. We have a lot more to do but we are turning that round – making a
real and sustained difference to the lives of millions of children and parents. But we need to go further and faster. Those of you who are here today have already been part of a childcare revolution that followed the National Childcare Strategy in 1998. But we all know that the years ahead also require more change
».
(http://news.bbc.co.uk/1/hi/uk_politics/4003959.stm). (« Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, nous avons hérité d’une des pires politiques de garde d’enfants et de la famille en Europe et d’un des pires résultats concernant la pauvreté des enfants dans le monde industrialisé. Nous avons encore beaucoup à faire mais nous sommes en train de renverser la situation en améliorant de façon concrète et soutenue la vie de millions d’enfants et de parents. Mais nous devons aller plus loin et plus vite. Ceux d’entre vous qui sont ici aujourd’hui participent déjà à la révolution de la garde d’enfants qui a suivi la Stratégie nationale de la garde d’enfants en 1998. Mais nous savons tous que dans les années à venir d’autres changements seront nécessaires »).

[ 9] Villes et régions concernées : Birmingham, Bradford, Doncaster, Sefton, Solihull, Trafford, St Helens et le Lancashire, dans les Midlands et dans le nord de l’Angleterre ; Enfield, Greenwich, Hackney, Islington, Lambeth, Luton, Reading,Westminster, dans et autour de Londres ; enfin, le comté de West Sussex au sud de la Grande-Bretagne.

[ 10] Les lois Crime and Disorder Act (1998), Anti-social Behaviour Act (2003) et Criminal Justice Act (2003) rendent les parents légalement responsables si leurs enfants commettent des incivilités ou se soustraient à l’obligation de scolarisation. Les parents reçoivent un soutien des services sociaux mais les enfants doivent se conformer aux décisions de la justice, sous peine de prison pour les parents – menace suivie d’effet comme en témoignent des cas récents : Northern Echo, 1er août 2008 (http://www.thenorthernecho.co.uk/news/3562670.Mum_jailed_for_children_failing_to_attend_school/) consulté le 14 janvier 2010.

[ 11] « A full-employment economy in tandem with the profound changes in family life poses a entirely new challenge for us as a government and a society. One which puts childcare and work/life balance centre-stage. […] Our vision is to create a universal affordable childcare for parents of 3 and 4 year olds » (http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/politics/4003959.stm)

[ 12] Un complément d’information sur cette question se trouve dans les statistiques selon le type d’accueil (écoles ou formes d’accueil privé et mixtes) en 2007, Tableau 1.13 dans Bayliss et Sly, Children and young people around the UK.

[ 13] Calcul en euros au taux d’échange en cours de 1 £=1,10 €. Pour les fiches officielles concernant les droits et les taux : http://www.workingfamilies.org.uk/images/Factsheets/factsheets%20091020/maternity_leave091020.pdf

[ 14] Equality and Human Rights Commission, Research summary 41, Working Better : Fathers, family and work – Contemporary Perspectives, octobre 2009 (http://www.equalityhumanrights.com/uploaded_files/ research/41_wb_fathers_family_and_work.pdf)

[ 15] KirstyWalker, 2009, « Excessive maternity leave and huge sex discrimination payouts “risk backfiring on women” », MailOnLine, 15 octobre (http://www.dailymail.co.uk/news/article-1220477/Excessivematernity-leave-huge-sex-discrimination-payouts-risk-backfiring-women.html#ixzz0cUfGTMfv)

[ 16] Eurostat, taux d’emploi par sexe (http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/table.do?tab=table&language=fr&pcode=tsiem010&tableSelection=1&footnotes=yes&labeling=labels&plugin=1) consulté le 15 janvier 2010 ; Li et al., 2008.

[ 17] Des enquêtes chiffrées sur l’impact des nouvelles mesures ne sont pas encore disponibles, mais des témoignages existent. Voir l’émission radiophonique de la BBC Woman’s Hour du 21 octobre 2009, « Sexism and the City », ou du 25 mars 2009, « Maternity Leave Discrimination ».

[ 18] Steve Doughty, 2007, « Back-to-work pressure DOES hit family life », MailOnLine, 8 février (http://www.dailymail.co.uk/femail/article-434937/Back-work-pressure-DOES-hit-familylife.html#ixzz0cUmgusuN).

POUR CITER CET ARTICLE

Susan Finding « La mise en place d’une politique de la petite enfance », Informations
sociales
3/2010 (n° 159), p. 90-100.
URL :
www.cairn.info/revue-informations-sociales-2010-3-page-90.htm.