Gilded residences in a golden circle, Pasadena, California

While on a mission to the Huntington Library, San Marino, California, as William Reece Fellow, I have noticed that the architectural inheritance in the towns of Pasadena/San Marino complements the story of the collectors of rare books and the history of the collections I am researching in the library.

For many successful American businessmen moving to California at the time was a means of finding a comfortable warm country residence in the winter. Pasadena was advertised as a cool mountain resort, similar to the Côte d’Azur – its winter flower festival was set up at the turn of the century to rival that of Nice. The citrus fruits that grew there were a further Mediterranean reminder : one of Pasadena’s main thoroughfares is named Orange Grove Boulevard. The attraction of the town was such that during the first decade of the 20th century it witnessed a population boom, tripling from under ten thousand to over thirty thousand in those ten years.

At the beginning of the XXth century, within a dozen or so years, and within a radius of a few kilometers, two collectors of rare books and a businessman had residences built which were significant not just for their size, but also for their architectural features and their contents.

Henry Edwards Huntington moved into his newly commissioned Beaux Arts style house, designed by Myron Hunt, in 1911. He had been sent on business to California in the 1890s – involved in Pacific railroad, he then took on plan to buy up & unify electric train network in and around Los Angeles. He retired in 1910, after which he devoted his whole time to building his collections of books and plants, and, after his marriage in 1913, his wife’s art & furniture collections, and setting up his library, all, at first, housed in his residence. The ranch he bought was to be the site of this cultural and horticultural endeavour.

Gamble House, built for the heir to the conglomerate Proctor & Gamble Co. of Ciccinati (Ohio) by architects Greene & Greene in 1904, is a marvellous example of the Arts & Crafts style with Tiffany glassware and windows, and hand-crafted wooden interiors and furniture of stream-lined modernity, built on the cool pine-scented slopes of the Arroyo Secco valley. Its exterior will be recognized by film buffs at the home of Doc. (Emmett Brown) in the Back to the Future films.

A further example of residential novelty is Henry Raup Wagner’s home, 1124 Wilson Avenue, San Marino, CA. built in 1928, in one of the many wide suburban streets where comfortable villas were developing, probably so that he could be in the neighbourhood of the new Huntington Library, half a mile away where his books and tens of thousands of others were housed. Having sold one of his collections to Huntington, he was often railed that he could not let it go. The house’s neo-gothic windows,in keeping with Wagner’s love of rare antiquarian books and his wife’s love of Byzantine art, are a remarkable feature even today.

Wagner had previously lived in Berkeley, at 90 Camino El Real, two miles from another significant research library set up by bibliophile bookseller and publisher, Hubert Howe Bancroft, The Bancroft Library opened in 1905, following the sale to the University of California, of his book collection specializing in the American West.

Wagner retired from his activities with Meyer Guggenheim’s American Smelting & Refining Company in 1917, the year he married late in life Blanche Collet Wagner, his French-born wife, whom he had met in Mexico. He was to devote the following forty years to bibliography and history, collecting further numerous new collections of rare antiquarian books, and writing monographs and studies on their subject matter. His first collections on the subjects of mining, then economic history, were made before he retired, using the same book sellers as Auguste Dubois, who was buying rare economic pamphlets and books at the same time, namely, for example Leon Kashnor of the Museum Bookstore, London.

These men lived in a golden intellectual circle, and were willing to devote their wealth to cultural pursuits, vast in the case of Huntington & Gamble, comfortable in Wagner’s,   settle in California and  have residences built, one in the pure Gilded Age style, or the neo-Mediterranean California style, the other two  of a more pared-back style rejecting opulence and pomp for natural simplicity.

Résidences de l’âge d’or américain dans le cercle doré à Pasadena, Californie

Lors de la mission effectuée à la Huntington Library, San Marino, Californie, comme William Reece Fellow, j’ai constaté que l’héritage architectural de la ville de Pasadena/San Marino lie d’une façon complémentaire les acteurs de l’histoire des collections de livres anciens qui sont l’objet de mon étude.

Au début du XXe siècle, dans l’espace d’une quinzaine d’années, et dans un rayon de quelques kilomètres, deux collectionneurs bibliophiles et un homme d’affaires ont fait construit des résidences importantes par leur taille, importantes aussi pour leur intérêt architectural et leur contenu.

Comme beaucoup d’américains fortunés à l’époque, emménager en Californie leur semblait allier un climat sec et doux l’hiver, avec les attraits de la campagne et de la montagne, une résidence de choix pour villégiature qui voulait rivaliser avec la Côte d’Azur, en initiant une fête des fleurs avant 1900, à l’instar de la ville de Nice. Une autre similitude avec la Méditerranée était la culture des agrumes; l’une des artères principaux à Pasadena s’appelle la Orange Grove Boulevard. La popularité de la ville était telle que pendant la première décennie du nouveau millénaire, la ville de Pasadena a vu sa population tripler, passant de moins de dix mille âmes à plus de trente mille en 1910.

Dans les années 1900, en l’espace de quelques années, et à quelques kilomètres de distance, deux résidences importantes furent bâties. Henry Edwards Huntington emménagea en 1911 dans une maison de style Beaux-Arts, dessinée par l’architecte Myron Hunt.

Envoyé en Californie pour s’occuper des affaires de son oncle – notamment le chemin de fer Pacific Union, il décida de racheter et d’unifier le réseau ferroviaire électrique desservant la ville de Los Angeles. Après sa retraite en 1910, il se consacra à ses collections de livres et de plantes, et après son mariage en 1913, aux collections d’art et de meubles de sa femme, et à fonder sa bibliothèque et ses jardins sur le terrain du ranch qu’il acheta.

La maison Gamble, contruite en 1904 par les architectes Greene et Greene, pour M. Gamble, de la compagnie Proctor et Gamble de Ciccinati (Ohio), est un magnifique exemple du style « Arts and Crafts », dont les fenêtres et lustres sont ornés de verre Tiffany, et les boiseries et meubles d’artisanat sont épurés et modernes, installée sur les hauteurs boisés de résineux de la vallée de l’Arroyo Secco. Les cinéphiles reconnaîtront la maison de Doc dans les films Back to the Future. 

Autre exemple de nouveauté résidentielle, la maison d’Henry Raup Wagner, au 1124 Wilson Avenue, San Marino, fut terminée en 1928 dans l’une des nombreuses rues de banlieue larges où s’érigeaient des maisons cossues. On racontait que Wagner, ayant vendu l’une de ses collections à Henry E. Huntington, ne pouvait s’en passer et s’installa dans le voisinage, à un kilomètre de la bibliothèque où ses livres rares – ainsi que des dizaines de milliers d’autres – se trouvaient dorénavant. Les fenêtres néo-gothiques de sa résidence, en harmonie avec l’amour que portait Wagner aux livres anciens et celui de sa femme pour l’art Byzantin, sont remarquables.

Wagner avait vécu auparavant à Berkeley, près de San Francisco, et plus particulièrement, au 90 Camino El Real, à trois kilomètres d’une autre bibliothèque spécialisée, créée par un éditeur-libraire, bibliophile, Hubert Howe Bancroft. La Bibliothèque Bancroft, date de 1905, année de la vente par Bancroft de sa collection d’ouvrages sur l’Ouest américain à l’Université de Californie.

Wagner prit sa retraite de la Compagnie américain de fonderie et de raffinage, appartenant à Meyer Guggenheim, en 1917, l’année de son mariage, tardif, avec Blanche Collet, d’origine française, rencontrée au Mexique. Il passa les quarante années qu’il lui restait à vivre – dont trente à San Marino, près de la Huntington – à se consacrer à la bibliographie et l’histoire, en constituant de nombreuses nouvelles collections d’ouvrages anciens très rares, et en leur consacrant des monographies et études érudites. Ses deux premières collections, faites avant sa retraite, furent consacrées à l’histoire de la métallurgie et à l’histoire économique, sujet pour lequel qu’Auguste Dubois achetait en même temps, au début du XXe siècle, des pamphlets et ouvrages rares, et aux même bouquinistes londoniens, notamment Leon Kashnor, de Museum Street.

Ce fut un cercle doré intellectuel où ces hommes cultivés, des milieux fortunés (ou, du moins, comfortables dans le cas de Henry Raup Wagner) qui permettaient à tous les trois de s’installer en Californie, et de faire construire des résidences, pour l’une d’elles, dans le pur style doré de la Belle Epoque américaine, de la « Gilded Age », pour les deux autres un style épuré rejetant l’opulence et l’apparat pour une simplicité naturelle.