L’histoire institutionnelle des études de ‘civilisation britannique’ en France

Lors de la Journée d’études ‘Théories et épistémologie de la civilisation’,organisé à la MSHS, à Poitiers, le 5 avril 2019, par la FE2C (Fédération pour l’étude des civilisations contemporaines) réunissant des enseignants-chercheurs des universités de Poitiers, La Rochelle, Limoges et Orléans, j’ai présenté « L’histoire institutionnelle des études de ‘civilisation britannique’ en France ».

La présente contribution est une approche institutionnelle des études de civilisation dans le domaine des études anglophones en France fondées par Monica Charlot, professeur à Paris III. Agrégée d’anglais dès 1959, elle enseignait à l’Institut d’études politiques, où son mari, Jean Charlot fut un éminent politologue. La notice qui lui est consacrée dans Le Monde à son décès en 2006, « pionnière, en France, des études de civilisation, surmontant les murs qui séparent les domaines du savoir en sciences humaines (histoire, philosophie, sciences politiques, économie). Elle est ainsi la première à soutenir une thèse de civilisation à proprement parler. » Sa thèse, La Démocratie à l’anglaise, publié en 1972, dans le droit fil des études sur la spécificité du Royaume-Uni, reprend ainsi le flambeau des auteurs français qui cherchait à comprendre les institutions et l’idéologie du monde anglo-saxonne, à commencer par De Tocqueville, André Maurois, et, plus récemment, les historiens Roland Marx et François Bédarida.

Sous l’impulsion de Monica Charlot, la ‘civilisation’ devient une sous-discipline des études anglaises en France, notamment dans les concours et dans les formations universitaires[1], différenciée des deux autres sous-disciplines reconnues : la littérature et la linguistique. Elle est à l’origine, en 1973, de la création du CRECIB, association membre de la Société des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur (SAES). Le CRECIB tient deux réunions annuelles, à l’automne à la Sorbonne, et au printemps, lors du Congrès de la SAES. Il organise des ateliers lors de ce dernier, et subventionne des manifestations organisées par les collègues dès lors que le nombre de participants membres du CRECIB est majoritaire[2]. Impulsant l’entrée de la civilisation comme option dans l’Agrégation à partir de 1977, l’approche lie l’étude des faits historiques et politiques à l’analyse du discours sur les corpus écrits et iconographiques de ces domaines, voire des œuvres de fiction qui ont eu un retentissement sur le monde des idées : par exemple le roman utopique Nouvelles de nulle part de William Morris.

La Revue française de civilisation britannique, créée par le CRECIB au début des années 1980, témoigne de l’approche qui a été adoptée dès l’origine : études politiques contemporaines et historiques, étude des institutions, études socio-culturelles… Elle devint la revue de référence des études de civilisation britannique en France. Dans la lignée des orientations prises lors de la création de cette sous-discipline, sont régulièrement étudiés :

  • le domaine politique : les élections législatives, les référendums, l’action et la philosophie des gouvernements (Thatcher, Blair), les syndicats, la presse, les élites, la monarchie, la citoyenneté, l’État providence, le système éducatif[3];
  • l’histoire et l’évolution de la vie sociale, économique et culturelle : les femmes, les minorités, la jeunesse, la pauvreté, l’emploi, la ville ;
  • des pans de la culture sous une approche historique: la religion, l’art, la musique, le cinéma, le sport, les loisirs ;
  • des moments clés : les Guerres 14-18 et 39-45, la Grande Famine en Irlande, la révolution industrielle ;
  • et les relations étrangères : l’Europe, la décolonisation en Afrique, la ‘Relation spéciale’ avec les États-Unis[4].

Depuis le volume XX (2015), la RFCB est publiée en ligne (open édition) et numérise les anciens numéros. Les directeurs des numéros, présidents et membres du CRECIB, constituent un Who’s Who, une liste des personnes qui ont façonné les études britanniques (Paul Brennan, Jean-Claude Sergeant, Jacques Carré, François Poirier, Michael Parsons…) et qui aujourd’hui continuent d’orienter les études de civilisation britannique en France. Son dernier numéro rejoint les préoccupations de la présente journée sur l’épistémologie des études de civilisation[5].

Un essaimage de sociétés d’études d’aires spécifiques dans les îles britanniques s’est produit par la suite : la SOFEIR (Société française d’études irlandaises) fondée en 1981, publie la revue Études irlandaises[6] ; la Société française d’études écossaises (SFEE) est lancée en 2000[7], alors qu’une revue annuelle, Études écossaises, existe depuis 1992[8].

L’Observatoire de la société britannique est à l’origine un réseau établi par un groupe de collègues tenant un colloque tous les deux ans à tour de rôle. La présentation du réseau par son président, Gilles Leydier, explique l’orientation donnée :  fondé à la fin des « années 80, et regroupant des civilisationnistes des universités du Sud-Est de la France, originellement Grenoble, Clermont-Ferrand, Lyon, et Chambéry puis Aix et Toulon. Les travaux de ce groupe ont porté pour l’essentiel sur les questions sociales. En pleine période de transition entre la société industrielle et la version néolibérale du « post fordisme », il était en quelque sorte naturel que les chercheurs anglicistes français se concentrent sur la thématique de la pauvreté au Royaume Uni. L’Observatoire consacra également beaucoup d’efforts à la réflexion méthodologique sur la discipline, incité par une double sollicitation. D’une part, la civilisation, reconnue comme une des trois composantes des études anglophones depuis son intégration à l’agrégation d’Anglais en 1977, méritait ce regard, et devait notamment penser son rapport avec les Cultural Studies, auxquelles la France est restée relativement imperméable, et avec les sollicitations comparatives. D’autre part les politiques publiques en matière de recherche universitaire suivies pendant les « années Mitterrand », avaient fait accéder la recherche en Sciences de l’Homme et de la Société à l’étape du travail collectif, transition douloureuse car impliquant une rupture avec la tradition littéraire, et le splendide isolement du penseur enfermé dans sa tour d’ivoire. L’isolement du thésard devant son pavé virtuel, l’indifférence de l’intellectuel face aux problématiques issues de la demande sociétale devaient appartenir au passé…[9] »

Le réseau s’est ainsi différencié du CRECIB, par son approche plus axée sur le sociétale et le contemporain – l’objet d’étude étant la ‘société britannique’ plutôt que la ‘civilisation britannique’. Le réseau a commencé à publier la revue OSB, par les soins de l’Université de Toulon, en version papier, en 2006. Elle est passée très rapidement à une version électronique, (Open édition) paraissant un an après la version papier. La revue a permis de doubler l’espace de débat public en France autour des questions de civilisation britannique. Les sujets qu’elle aborde sont des questions d’actualité en France autant qu’en Grande-Bretagne : gouvernance, genre, diversité, signes religieux, services publics et mobilisations de la société civile[10]. Signe d’une certaine convergence actuelle dans les études britanniques, la RFCB publie des numéros thématiques sur des sujets similaires (activisme, citoyenneté, intégration sociale, environnement) et deux promoteurs de l’Observatoire de la société britannique, Gilles Leydier et Jean-Paul Revauger, ont assuré la fonction de Président du CRECIB lors des deux derniers mandats.

Pour conclure, les études de civilisation britannique en France ont été longtemps influencé par leurs origines et leur fondatrice. Son emprunt perdure, et le politique, au sens large, l’emporte. Reste à savoir si les études culturelles et des études à la marge actuellement en civilisation britannique (notamment, la culture et l’anthropologie) seront plus présentes à l’avenir.

Annexe 1

Liste des parutions de la Revue française de civilisation britannique

Volume I, n° 1 AUX SOURCES DE L’ÈRE VICTORIENNE

Volume I, n° 2 RADICALISME ET LIBÉRALISME – ENSEIGNEMENT SECONDAIRE

Volume I, n° 3 (épuisé)LA PRESSE Dir. B. Cassen et B. d’Hellencourt

Volume I, n° 4WELFARE STATE – ESTHÉTIQUE ET PAYSAGE AU XVIIIe SIÈCLE Dir. M. Charlot

Volume II, n° 1 MALTHUS – L’IMMIGRATION Dir. R. Palacin

Volume II, n° 2 LES ÉLITES EN Grande-Bretagne Dir. P. Brennan

Volume II, n° 3 (épuisé) GOUVERNEMENT CENTRAL ET GOUVERNEMENT LOCAL AU Royaume-Uni Dir. R. Palacin

Volume II, n° 4 EMPLOI ET CHÔMAGE EN GRANDE-BRETAGNE, 1979–1983 Dir. M. Babaz, C. Guichard et M. Quéré

Volume III, n° 1 LA VIE POLITIQUE BRITANNIQUE DEPUIS 1945 Dir. M. Charlot et S. Baudemont

Volume III, n° 2 LA GRANDE-BRETAGNE DE L’ENTRE-DEUX-GUERRES FACE À LA MONTÉE DES PÉRILS EXTÉRIEURS Dir. S. Baudemont

Volume III, n° 3 ESTHÉTIQUE ET SOCIÉTÉ Dir. M. Baridon et C. Comanzo

Volume III, n° 4 L’ESTABLISHMENT Dir. M. Charlot

Volume IV, n° 1 INTELLECTUELS ET POLITIQUE EN Grande-Bretagne Dir. B. d’Hellencourt et R. Sibley

Volume IV, n° 2 (épuisé) LA GRANDE-BRETAGNE ET L’EUROPE, 1945–1986 Dir. R. Marx

Volume IV, n° 3 ATTITUDES FACE À LA CRISE EN Grande-Bretagne Dir. J.-P. Ravier et F. Poirier

Volume IV, n° 4 LE SYNDICALISME EN Grande-Bretagne Dir. R. Sibley

Volume V, n° 1 LE CORPS : ÉVOLUTION DES ATTITUDES EN Grande-Bretagne Dir. S. Baudemont

Volume V, n° 2 L’IRLANDE DU NORD Dir. P. Brennan

Volume V, n° 3 (automne 1989) LONDRES Dir. M. Curcurù et J. Carré

Volume V, n° 4 (printemps 1990) LES MÉDIAS EN GRANDE-BRETAGNE : LE QUATRIÈME POUVOIR DEPUIS 1855 Dir. B. d’Hellencourt et J-C.Sergeant

Volume VI, n° 1 (automne 1990) L’ÉDUCATION EN Grande-Bretagne Dir. M. Lemosse

Volume VI, n° 2 (printemps 1991) PAUVRETÉ ET ASSISTANCE EN GRANDE-BRETAGNE AU XIXe SIÈCLE Dir. J. Carré

Volume VI, n° 3 (automne 1991) RELIGION, POLITIQUE ET SOCIÉTÉ EN Grande-Bretagne Dir. S. Dayras et C. D’Haussy

Volume VI, n° 4 (printemps 1991) LE THATCHÉRISME Dir. M. Charlot et F. Poirier En ligne ici

Volume VII, n° 1 (automne 1992) LES ÉLECTIONS DE 1992 EN Grande-Bretagne Dir. M. Charlot

Volume VII, n° 2 (printemps 1993) LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE EN GRANDE-BRETAGNE (1760–1830) Dir. R. Marx

Volume VII, n° 3 (automne 1993) L’IMMIGRATION Dir. B. d’Hellencourt

Volume VII, n° 4 (printemps 1994) LA MONARCHIE BRITANNIQUE Dir. M. Charlot

Volume VIII, n° 1 (automne 1994) LES ÉLITES FONCIÈRES (1750–1846) – LES INNER CITIES DEPUIS 1960 Dir. J. Carré et J-P. Révauger En ligne ici

Volume VIII, n° 2 (printemps 1995) ASPECTS DU XIXe SIÈCLE – ENJEUX CONTEMPORAINS Dir. J.-C. Sergeant En ligne ici

Volume VIII, n° 3 (automne 1995) LA CONQUÊTE DU SUFFRAGE UNIVERSEL (1832–1928) Dir. G. Bonifas En ligne ici

Volume VIII, n° 4 (printemps 1996) LE VOYAGE Dir. G. Guilcher

Volume IX, n° 1 (automne 1996) LA SOCIÉTÉ anglaise EN GUERRE (1939–1945) Dir. A. Capet

Volume IX, n° 2 (printemps 1997) L’ÉCOSSE CONTEMPORAINE Dir. J. Leruez et C. Civardi

Volume IX, n° 3 (automne 1997) LES ÉLECTIONS GÉNÉRALES DE 1997 EN Grande-Bretagne Dir. M. Charlot

Volume IX, n° 4 (printemps 1998) L’ÉTAT-PROVIDENCE Dir. M. Lemosse, A. Kober-Smith, T. Whitton

Volume X, n° 1 (automne 1998) LES ANNÉES WILSON Dir. M. Lemosse

Volume X, n° 2 (printemps 1999) En ligne ici LA NATIONAL LOTTERY Dir. M. Charlot et M. Lemosse

Volume X, n° 3 (automne 1999) L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR EN Grande-Bretagne Dir. M. Lemosse

Volume X, n° 4 (printemps 2000) SPORT ET ENJEUX IDENTITAIRES DANS LES ÎLES BRITANNIQUES Dir. R. Sibley et E. Roudaut

Volume XI, n° 1 (automne 2000) PAUVRETÉ ET INÉGALITÉS EN Grande-Bretagne, 1942-1990 Dir. J.-P. Révauger En ligne ici

Hors série n° 1 (mars 2001) MÉLANGES EN L’HONNEUR DE ROLAND MARX Dir. M. Charlot et R. Sibley

Volume XI, n° 2 (printemps 2001) LE CINÉMA BRITANNIQUE Dir. A.Shepherd

Volume XI, n° 3 (février 2002) TONY BLAIR ET LA RÉFORME DES INSTITUTIONS Dir. J.-Cl. Sergeant *Disponible sur OpenEdition

Volume XI, n° 4 (octobre 2002) LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DE 2001 AU Royaume-Uni Dir. M. Charlot

Volume XII, n° 1 (décembre 2002) LA « RELATION SPÉCIALE » Royaume-Uni / États-Unis ENTRE MYTHE ET RÉALITÉ, 1945-1990 Dir. J.-Cl. Sergeant En ligne ici

Volume XII, n° 2 (printemps 2003) LA SITUATION ET LES POLITIQUES DE L’EMPLOI EN FRANCE ET EN Grande-Bretagne, 1990-2000 Dir. M. Lemosse

Volume XII, n° 3 (automne 2003) LA VILLE VICTORIENNE Dir. J. Carré *Disponible sur OpenEdition

Volume XII, n° 4 (printemps 2004) CONSTANTES ET ÉVOLUTIONS DE LA SOCIÉTÉ BRITANNIQUE, XIXe-XXIe SIÈCLES : MÉLANGES EN HOMMAGE À MONICA CHARLOT Dir. A. Capet

Volume XIII, n° 1 (automne 2004) WILLIAM MORRIS Dir. M. Faraut et G. Bonifas

Volume XIII, n° 2 (printemps 2005) DÉCENTRALISATION ET PARTICIPATION CITOYENNE : UNE NOUVELLE RÉPARTITION DES POUVOIRS EN ANGLETERRE ? Dir. A. Kober-Smith, S. Nail et D. Fée

Volume XIII, n° 3 (automne 2005) LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DE 2005 AU Royaume-Uni Dir. B. d’Hellencourt et G. Leydier

Volume XIII, n° 4 (printemps 2006) ART ET NATION Dir. S. Halimi

Volume XIV, n° 1 (automne 2006) LA DÉVOLUTION DES POUVOIRS À L’ÉCOSSE ET AU PAYS DE GALLES Dir. C. Civardi et M. Jones *Disponible sur OpenEdition

Volume XIV, n° 2 (printemps 2007) LES USAGES DU TEMPS LIBRE Dir. E. Roudaut En ligne ici

Volume XIV, n° 3 (automne 2007) LE DÉFI MULTICULTUREL Dir. G. Millat

Volume XIV, n° 4 (printemps 2008) L’HISTOIRE SOCIALE EN MUTATION Dir. F. Bensimon

Volume XV, n° 1 (automne 2008) (épuisé) ASPECTS DU DÉBAT SUR L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE EN GRANDE-BRETAGNE 1787-1840 Dir. L. Germain et S. Halimi En ligne ici

Volume XV, n° 2 (printemps 2009) LES SYNDICATS BRITANNIQUES : DÉCLIN OU RENOUVEAU ? Dir. Anne-Marie Motard *Disponible sur OpenEdition

Hors série n° 2 (mai 2009)LA PRATIQUE RÉFÉRENDAIRE DANS LES ÎLES BRITANNIQUES Dir. Bernard d’Hellencourt et Pauline Schnapper

Volume XV, n° 3 (automne 2009) REGARD SUR LA JEUNESSE BRITANNIQUE Dir. Jean-Philippe FONS En ligne ici

Volume XV, n° 4 (printemps 2010) PRÉSENTATIONS ? RE PRÉSENTATIONS, RE- PRÉSENTATIONS Dir. Antoine CAPET

Volume XVI, n° 1 (printemps 2011) LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DE 2010 AU Royaume-Uni Dir. Emmanuelle AVRIL et Pauline SCHNAPPER

Volume XVI, n° 2 (automne 2011) LE PARTI LIBÉRAL EN GRANDE-BRETAGNE 1906-1924 Dir. Antoine CAPET et Martine MONACELLI-FARAUT

Volume XVII, n° 1 (printemps 2012) LE POUVOIR ET SA REPRÉSENTATION AU Royaume-Uni Dir. Gilles LEYDIER

Volume XVII, n° 2, 2012 (septembre 2012) Hommage à Lucienne Germain MINORITÉS, INTÉGRATION EN GRANDE-BRETAGNE ET DANS LES PAYS DU COMMONWEALTH Dir. Suzy HALIMI et Didier LASSALLE *Disponible sur OpenEdition

Volume XVII, n° 3, 2012 (octobre 2012) Hommage à François Poirier REGARDS CROISÉS SUR LA GRANDE-BRETAGNE. HISTOIRE SOCIALE Dir. Michael PARSONS et Fabrice BENSIMON

Volume XVII, n° 4 (décembre 2012) MUSIQUE, NATION ET IDENTITÉ : LA RENAISSANCE DE LA MUSIQUE ANGLAISE, FORMES ET CONDITIONS Dir. Gilles COUDERC et Jean-Philippe HEBERLÉ En ligne ici

Volume XVIII, n° 1 (mars 2013) Hommage à Christiane d’Haussy ORTHODOXIE ET HÉRÉSIE DANS LES ÎLES BRITANNIQUES Dir. Yannick DESCHAMPS et Suzy HALIMI

Volume XVIII, n° 2 (automne 2013) LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE BRITANNIQUE EN AFRIQUE DEPUIS 1957 : ACTEURS, PRINCIPES, PRATIQUES Dir. Mélanie TORRENT et Michael PARSONS En ligne ici

Volume XIX, n° 1 (printemps 2014) LAbelling the Deviant : Othering and Exclusion in Britain from Past to Present Dir. Emma BELL et Gilles CHRISTOPH En ligne ici

Volume XIX N° 2 2014 THE GREAT FAMINE IN IRELAND, 1845-1851Dir. Anne-Catherine DE BOUVIER and Christophe GILLISSEN *Disponible sur OpenEdition

Volume XIX N° 3  LES MOUVEMENTS BRITANNIQUES POUR LA REFORME MORALE : ENTRE PROGRESSISME ET REACTION Dir. Emmanuel Roudaut En ligne ici

Volume XX N° 1 | 2015REVISITING THE GREAT WAR Dir John MULLEN et Florence BINARD *Disponible sur OpenEdition

Volume XX N°2| 2015THE SCOTTISH INDEPENDENCE REFERENDUM OF   Dir Nathalie DUCLOS *Disponible sur OpenEdition

Volume XX N°3 2015 LES ELECTIONS LEGISLATIVES AU ROYAUME UNI EN MAI 2015 Dir David FEE et Romain GARBAYE *Disponible sur OpenEdition

Vol XXI N° 1 2016 CITIZENSHIP IN THE UNITED KINGDOMDir Nathalie DUCLOS ET Vincent LATOUR *Disponible sur OpenEdition

Vol XXI N° 2 2016  ECONOMIC CRISIS IN THE UNITED KINGDOM TODAY/ CAUSES AND CONSEQUENCES Dir Stéphane GUY et Catherine MARSHALL *Disponible sur OpenEdition

Vol XXII N° 1 2017THE BOOK OF COMMON PRAYER : STUDIES IN RELIGIOUS TRANSFER Dir Rémy BETHMONT et Aude MEZERAC-ZANETTI *Disponible sur OpenEdition

Vol XXII N° 2 2017 THE BREXIT REFERENDUM OF 23 JUNE 2016 Dir Karine TOURNIER-SOL *Disponible sur OpenEdition

Vol XXII N° 3 2017 FORMS OF ACTIVISM IN THE UNITED KINGDOM  Dir Laurent CURELLY et John MULLEN *Disponible sur OpenEdition

XXII-4 | 2017 THE MAY 2016 DEVOLVED ELECTIONS IN SCOTLAND, WALES, NORTHERN IRELAND AND LONDON: CONVERGENCES AND DIVERGENCES Sous la direction de Stéphanie BORY et Timothy WHITTON *Disponible sur OpenEdition

Volume XXII- Hors série | 2017 THE UNITED KINGDOM AND THE CRISIS IN THE 1970S Sous la direction de Gilles LEYDIER et John MULLEN *Disponible sur OpenEdition

 


 

RFCB Uniquement en version électronique :

XXIV-1 | 2019 British Civilisation Studies and Interdisciplinarity

XXIII-3 | 2018 A Long Awakening? Environmental Concerns in the United Kingdom Since the Nineteenth Century

XXIII-2 | 2018 Moving Toward Brexit: the UK 2017 General Election

XXIII-1 | 2018 Women in Britain since 1900: Evolution, Revolution or ‘Plus ça change…’ ?

XXII- Hors série | 2017The United Kingdom and the Crisis in the 1970s

XXII-4 | 2017 The May 2016 Devolved Elections in Scotland, Wales, Northern Ireland and London: Convergences and Divergences

XXII-3 | 2017 Forms of Activism in the United Kingdom (Grassroots Activism, Culture, Media)

XXII-1 | 2017 The Book of Common Prayer : Studies in Religious Transfer

XXII-2 | 2017 The Brexit Referendum of 23 June 2016

XXI-2 | 2016 Economic Crisis in the United Kingdom Today: Causes and Consequences

XXI-1 | 2016 Citizenship in the United Kingdom

XX-3 | 2015 The 2015 General Election in the United Kingdom

XX-2 | 2015 The Scottish Independence Referendum of September 2014

XX-1 | 2015 Revisiting the Great War

XIX-2 | 2014 The Great Famine in Ireland, 1845-1851

XVII-2 | 2012 Minorities and Integration in Britain and the Commonwealth

XV-2 | 2009 British Trade Unions: Decline or Renewal?

XIV-1 | 2006 La dévolution des pouvoirs à l’Écosse et au Pays de Galles 1966-1999

XIII-4 | 2006 Art and the Nation in Britain in the 18th Century

XII-3 | 2003 The Victorian City

XI-3 | 2002 Tony Blair et la réforme des institutions

 

 

 

Annexe 2 Numéros parus de l’Observatoire de la société britannique

23 | 2018 La société civile mobilisée aux 20ème et 21ème siècles. Perspectives britanniques, irlandaises et internationales

22 | 2018 L’Irlande du bNord dans un Royaume en turbulences

21 | 2018 The United Kingdom of Theresa May, Le Royaume-Uni de Theresa May

20 | 2018 Le Royaume-Uni et le monde, Leadership Politics in the United Kingdom’s Local Government

19 | 2017 Les services publics au Royaume-Uni et en France face aux politiques d’austérité

18 | 2016 L’engagement en Ecosse autour de l’enjeu de l’indépendance

17 | 2015 L’héritage du thatchérisme

16 | 2014 La gouvernance des politiques publiques au Royaume-Uni depuis 1997

15 | 2014 Le Royaume-Uni à l’heure de la coalition

14 | 2013 Politiques familiales et politiques d’emploi « genrées » au Royaume-Uni et en Europe

13 | 2012 Les signes religieux dans l’espace public

12 | 2012 La nouvelle donne politique en Grande-Bretagne (2010-2012)

11 | 2011 Londres : capitale internationale, multiculturelle et olympique

10 | 2011 Les politiques économiques des années Brown 1997-2010

9 | 2010 La Grande-Bretagne de l’Après-Blair Transitions et recompositions politiques

8 | 2010 Nouvelle gestion publique et réforme des services publics sous le New Labour

7 | 2009 Les années John Major 1990-1997

6 | 2008 Les coulisses du pouvoir

5 | 2008 Le New Labour et l’identité britannique

4 | 2007 Le Parti conservateur britannique aujourd’hui

3 | 2007 Les années Blair

2 | 2006 Les politiques de retour à l’emploi en Grande-Bretagne et en France

1 | 2006 La Grande-Bretagne entre modèle américain et social-libéralisme

 

[1] https://www.cairn.info/revue-etudes-anglaises-2005-2-page-255.htm; Le Monde, 26 mai 2006.

[2] Ce fut le cas par exemple de la journée d’études sur le Brexit organisé en novembre 2018 à Poitiers.

[3] Ma première contribution à la RFCB remonte à 1999 dans un numéro sur l’enseignement supérieur en Grande-Bretagne.

[4] Voir la liste complète des numéros : https://journals.openedition.org/rfcb/216.

[5] Revue française de civilisation britannique, XXIV-1 | 2019 Les Enjeux de l’interdisciplinarité en civilisation britannique – voir notamment les contributions de Cornelius Crowley et l’entretien avec Jean-Paul Revauger en ce qui concerne le contexte institutionnel universitaire en France et les questions que se posent sur la portée de la recherche en ‘civilisation’ britannique.

[6] https://www.sofeir.fr/sofeir/presentation/.

[7] https://sfee.univ-tours.fr/  .

[8] https://journals.openedition.org/etudesecossaises/?lang=en .

[9] https://journals.openedition.org/osb/1060.

[10] Observatoire de la Société britannique, numéros parus et en ligne, https://journals.openedition.org/osb/67 .

 

L’histoire en marche: Brexit, la frontière en Irlande, le parlement britannique

Deux collègues de Poitiers et de Tours ont fait des interventions dans l’émission de Jean Lebrun, L’histoire en marche, sur France Inter ces dernières semaines, en lien avec les débats autour du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne : Philippe Cauvet (Poitiers, MIMMOC) sur L’Irlande et sa frontière, et Elizabeth Gibson-Morgan (Tours) sur Le parlement britannique. Vous trouverez les podcasts en cliquant sur les liens.

Finale des Collégiades de l’éloquence de Sciences Po Poitiers, 9 février 2019

Affiche Prix Richard Descoings

J’ai l’honneur de participer au jury du concours d’éloquence de Sciences Po Poitiers, le samedi 9 février 2019.

Le prix Richard-Descoings est un concours d’éloquence réunissant les 7 campus délocalisés de Sciences Po Paris. C’est à Poitiers, au TAP, que se disputera le samedi 9 février la finale du concours. Un jury, notamment politique et médiatique (les journalistes Jacques Cardoze et Hugo Clément par exemple), départagera les brillants orateurs. Le thème ?  L’art comme moyen d’expression politique, culturel et social.

Ce prix est un hommage à la réforme de l’ancien directeur Richard Descoings, marquant la délocalisation et l’internationalisation de Sciences Po.

Rendez-vous le samedi 9 février, de 14h30 à 18h au TAP

Reconciling British & Irish democratic rights

Nous avons participé à la journée d’étude organisée à Toulouse 1 Capitole  les 31 janvier et 1er février 2019 sur la question du Home Rule :

Reconciling British and Irish Democratic Rights – Union, Empire and the Challenge of Irish Home Rule (1870-1914)

Organisers : Marie-Violaine Louvet – Bairbre Ní Chiosáin – Charlotte Rault : Université Toulouse 1 Capitole (CAS, EA 801)
Philippe Cauvet – Susan Finding : Université de Poitiers (MIMMOC, EA 3812)

On trouvera les enregistrements vidéo en suivant ce lien.

On behalf of Philippe Cauvet & myself, members of the MIMMOC research group at Poitiers University, we would like to renew our thanks to the distinguished speakers who accepted our invitation to come to Toulouse, to our colleagues here at Toulouse 1 Capitole & the CAS research team, to the Société française d’études irlandaises (SOFEIR) and to colleagues & graduate students present.

Although this topic echoes in part questions about « the break-up of Britain » predicted in 1977 by Tom Nairn[1], or, from a different angle, « the survival of the United Kingdom » analyzed by Alvin Jackson thirty years later, in 2007[2], which have also featured on the Agrégation syllabus as « devolution » and which we were also involved in organizing a day conference for together[3], little did we realize as the idea of organizing this conference was discussed, that the subject, indeed the title, Reconciling British & Irish Democratic Rights, would raise so many parallels with the debates of the days prior to the conference, in the UK House of Commons in December and January 2019 :

  • The indivisibility of sovereignty
  • Self-government better or worse
  • A project that was rejected by both pro- and anti- independence supporters be they nationalists or unionists, Brexiteers or remainers.

Speakers :

Eugenio Biagini (Sidney Sussex College, Cambridge)[4] « Home Rule, Democracy and the United Kingdom 1885-1914 ».

Pauline Collombier-Lakeman[7] (Strasbourg) «  the Irish Home Rule controversy as « a harbinger of dreams and nightmares » « .

Professor Alvin Jackson[9] (Edinburgh)  « Opposing Home Rule in Ireland and Britain Unionism 1885-1914 ».

Nathlie Duclos[11] (Toulouse Jean Jaurès)  « Scottish Home Rulers and the Irish Home Rule debate ».

Simon Deschamps[12] (Toulouse Jean Jaurès) : « From Irish Home Rule to Indian Swaraj : The Empire Strikes Back, 1870-1914 ».

Anne-Catherine de Bouvier[13] (Caen) « Violence and Constitutionalism »

Matthew Staunton, « What Ireland Sees : Redmonite Home Rule in Sinn Féin’s editorial cartoons »

Matthew Kelly[14] (Northumbria) « Home Rule’s Nationalist & Republican Opposition before 1914 »

[1] Tom Nairn, The Break-up of Britain: Crisis and Neonationalism, London: New Left Books, 1977.

2 Alvin Jackson, The Two Unions. Ireland, Scotland, and the Survival of the United Kingdom, 1707-2007, OUP, 2008. Professor Jackson is also author of Home Rule: An Irish History, 1800-2000, Oxford, OUP, 2003 ; The Ulster Party: Irish Unionists in the House of Commons, 1884-1911 (OUP), Colonel Edward Saunderson: Land and Loyalty in Victorian Ireland (OUP).

[3] See the proceedings of that conference: S. Finding, M. Jones, P. Cauvet, (dir.),  Unfinished business : Devolution in the UK,  Bordeaux : Presses universitaires de Bordeaux, 2011.

[4] British Democracy and Irish Nationalism, 1876-1906, Cambridge, Cambridge University Press, 2007 ; The Shaping of Modern Ireland (co-ed.) Dublin, Irish Academic Press, 2016; The Cambridge Social History of Ireland since 1740 (co-ed.), Cambridge, Cambridge University press, 2016.

[5] James Belich, Replenishing the Earth. The Settler Revolution and the Rise of the Angloworld, Oxford, OUP, 2011.

[6] See Peter Cain, « British Free Trade, 1850-1914: Economics and Policy », REFRESH, 29, Autumn 1999.

[7] Pauline Collombier-Lakeman, The Home Rule Question (1870-1914), Paris, Belin, 2018.

[8] Reviewed by Alvin Jackson in Irish Historical Studies, 26, 103, May 1989, pp.232-324. https://doi.org/10.1017/S0021121400010051.

[9] Jackson, A. (2018) Judging Redmond and Carson. Royal Irish Academy ; Jackson, A. (2012) The Two Unions: Ireland, Scotland, and the Survival of the United Kingdom, 1707-2007. Oxford University Press ; Jackson, A. (2010) Ireland, 1798-1998: war, peace and beyond. Chichester, West Sussex, U.K: Wiley-Blackwell ; Jackson, A. (2003) Home rule: an Irish history, 1800-2000. London: Weidenfeld & Nicolson.

[10] Pieter M. Judson, The Habsburg Empire: A New History, Harvard University Press, 2016.

[11] Nathalie Duclos, La dévolution des pouvoirs à l’Ecosse et au Pays de Galles 1966-1999, Paris, Editions du Temps, 2007.

[12]Simon Deschamps et Cécile Révauger, Sociabilité maçonnique et pouvoir colonial dans l’Inde britannique (1730-1921), Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2019.

[13] Co-directrice, La Grande Famine en Irlande, 1845-1851 (avec Christophe Gillissen), numéro thématique de la Revue Française de Civilisation Britannique, XIX-2 | 2014.

[14] The Fenian Ideal and Irish Nationalism, 1882-1916 (Boydell and Brewer: Woodbridge, 2006, 2008) ; ‘Radical nationalisms, 1882-1916’ in Tom Bartlett (ed.), The New Cambridge History of Ireland (forthcoming: 2017) ; ‘Political autobiography. From Wolfe Tone to Ernie O’Malley’ in Liam Harte (ed), The Cambridge History of Irish Autobiography (forthcoming: 2017) ; ‘Irish nationalisms’ in Richard Bourke & Ian McBride (eds), The Princeton Guide to Irish History (Princeton, 2015) ; ‘Home Rule and its Enemies, 1870-1916’ in Alvin Jackson (ed.) Oxford Handbook of Modern Irish History, 1600-2000 (Oxford, 2014).

Journée d’étude sur le Brexit

La journée d’étude L’économie britannique avant et après le Brexit, programme Brexit, du vendredi 23 novembre, à la MSHS, Poitiers, organisée par les laboratoires MIMMOC (EA 3812) et le CECOJI (EA 7353) de l’Université de Poitiers avec le soutien du CRECIB (Centre de recherches en civilisation britannique)

Présentation du CRECIB

a réuni une quinzaine de chercheurs devant une assistance composé d’étudiants de l’UFR Lettres et Langues des Licences et Masters LLCER et LEA anglais et des doctorants du MIMMOC et du CECOJI.

La journée a successivement évoqué des questions internes (processus constitutionnnel, l’idéologie utopiste qui motive la décision, et l’impact sur les échanges commerciaux en matière de santé), des questions concernant la position de l’Ecosse et des Irlandes (Irlande du nord, la République d’Irlande), le commerce, la finance et les relations extérieures (la politique commerciale, la place du City de Londres et de la finance), avant de terminer sur des questions macro-économiques concernant les politiques économiques et monétaires européennes.

L’ensemble sera publié dans un numéro spécial de revue de l’Observatoire de la société britannique, qui sortira en 2019, autour de la date butoir du 29 mars 2019, date où la sortie du Royaume-Uni, avec ou sans accord, sera actée.

Ont participé à la journée :

Christian Aubin, professeur de sciences économiques, Université de Poitiers; Martine Azuelos, professeur émérite, Université de la Sorbonne Nouvelle Paris 3, directrice-fondatrice du Centre d’études sur la vie économique des pays anglo-saxons (CERVEPAS) ; Emma Bell, professeur en civilisation britannique, Université de Savoie-Chambéry;  Philippe Cauvet, maître de conférences en études anglophones, Université de Poitiers; Louise Dalingwater, maître de conférences-HDR, responsable de la licence Anglais et Culture Economique (ACE), Université de la Sorbonne Nouvelle Paris 3 ; Susan Finding, professeur en civilisation britannique, Université de Poitiers; Céline Lageot, professeur de droit comparé, Université de Poitiers; Gilles Leydier, professeur en études anglophones, Université de Toulon, Président du CRECIB; Gabriel Siles-Brügge, Directeur du Centre for the Study of Globalisation and Regionalisation à l’Université de Warwick et Parliamentary Academic Fellow auprès du Comité sur le commerce international (International Trade Committee) à la Chambre des Communes; et Nicholas Sowels, maître de conférences, Université Paris1 Panthéon-Sorbonne.

Festival of Britain 1951 Journée d’études Bordeaux 8 novembre 2018

Il est des fois que l’actualité rejoint la programmation scientifique. Fin septembre, le Premier ministre, Theresa May, annonçait un Festival qui mettrait en avant les atouts du Royaume-Uni de l’après-Brexit, faisant référence à la Grande Exposition de 1851 et le Festival of Britain de 1951. Or, depuis près d’un an, des collègues de l’Université Bordeaux-Montaigne prépare une journée d’étude réunissant des collègues historiens et anglicistes autour du Festival de 1951.

Londres et le « Festival of Britain »  1951, le jeudi 8 novembre 2018, a l’ Université Bordeaux-Montaigne (9h30-12h30 : salle G 101; 14h30-16h30 : amphi Cirot), organisée par Moya Jones (Dept. d’Anglais) et Philippe Chassaigne (Dept. d’Histoire) avec le soutien de l’EA 2958, CEMMC.
Festival of Britain (pdf du programme).
Les communications feront l’objet d’une publication en 2019 dans un prochain numéro des Cahiers du MIMMOC (revue open.édition).

Colloque international Terres lointaines : compagnies, commerces, colonies XVIIe-XVIIIe siècles

Colloque organisé à la Maison des sciences de l’homme et de la société de Poiters, les 10-12 octobre 2018, avec le soutien de la Région Nouvelle Aquitaine, l’IUF, le MIMMOC (EA 3812) et le Service commun de documentation de l’Université de Poitiers.

Le programme se trouve également sur le site : http://mimmoc.labo.univ-poitiers.fr/actualites/colloque-terres-lointaines-compagnies-commerces-colonies/

Vous pouvez vous inscrire en ligne (incluant les repas) jusqu’au 1er octobre dernier délai : http://paiementenligne.univ-poitiers.fr/Mimmoc-Terreslointaines2018/

 

TERRES LOINTAINES : COMPAGNIES, COMMERCES, COLONIES, 17e-18e siècles

 

Mercredi 10 octobre             Maison des Sciences de l’Homme et de la Société (MSHS) –  salle de conférence

9h-9h30                      accueil et café

9h30- 10h15               allocutions de bienvenue

Matin : Le contexte atlantique

10h15- 11h15 Plénière, Président : Bertrand Van Ruymbeke (Université Paris 8 et IUF)

Trevor Burnard (University of Melbourne) : Atlantic trade and empires

 

11h15-12h15  Atelier 1, présidente: Elodie Peyrol-Kleiber (Université de Poitiers)

Michael Bennett (Sheffield University), “English overseas Trading Companies and Global Networks off Migration in the Seventeenth Century”

Anne-Claire Faucquez (Paris 8), “Slaves and imperial struggles in 17th century New York”

12h15-14h      déjeuner

Après-midi : Les compagnies marchandes

14h-15h30      Atelier 2, président : Allan Potofsky (Université Paris Diderot)

Luis Fe Canto (Université de Limoges), « Les projets espagnols de compagnies de commerce dans le Maghreb au XVIIIe siècle »

Elisabeth Heijmans (Leiden University), « Au-delà du rendement commercial, les compagnies de commerce françaises sur la côte occidentale d’Afrique et en Inde au début du XVIIIe siècle »

Sophie Jorrand (Université de la Réunion), « Terre lointaine : le Darien écossais. La Compagnie écossaise de l’Afrique et des Indes, et ses différentes interprétations »

15h30-16h      pause café

16h-17h30      Atelier 3, présidente: Sophie Jorrand (Université de la Réunion)

Susanne Lachenicht (Bayreuth University), « Actors of globalisation and nationalisation? The French and British empires and their trading companies”

Bertrand Van Ruymbeke (Paris 8 et IUF), “Le Nouveau Monde, miroir de l’Europe. L’Amérique en France dans les années 1780 »

 

Jeudi 11 octobre                   MSHS – salle de conférence

Matin : Produits et biens des Terres Lointaines

9h-9h30          accueil et café

9h30- 11h       Atelier 4, president: Anne-Claire Faucquez (Université Paris 8)

Charlotte Carrington-Farmer (Roger Williams University), « Horses, Slaves, and Sugar: New England and the Eighteenth-Century Atlantic World”

Dylan LeBlanc (Notre Dame University), “Places of Great Trust: Slave Trade Networks and the Evolution of Government Corruption in the British Atlantic »

Owen Stanwood (Boston College), “Daniel Coxe’s Adventure: Expanding the Empire at the End of the Seventeenth Century”

11h-12h          Atelier 5, président : Susanne Lachenicht (Bayreuth University)

Hélène Vu Thanh (Université de Bretagne), « Commerce, empire et mission : le cas du Japon aux XVIe-XVIIe siècles »

Antonio de Almeida Mendes (Université de Nantes), « La fabrique locale du premier empire portugais d’Afrique : Mulâtres, blancs du pays et indigènes en Guinée (XV-XVI siècle) »

 

Après-midi : Empires en compétition

14h-15h30      Atelier 6 : président : Owen Stanwood (Boston College)

Agnès Delahaye (Université Lyon II), « Settler governance and colonial rivalry in the spaces of power of the American North East »

Jaap Jacobs (University of St Andrews) et Martine Van Ittersum (University of Dundee), “Arguing over Empire: International Law and Anglo-Dutch Rivalry in the Banda Islands and North America in the Seventeenth Century”

15h45- 16h45 Plénière, présidente: Elodie Peyrol-Kleiber (Université de Poitiers)

Lou Roper (SUNY), “Global Pursuits: English Overseas Initiatives of the Long Seventeenth Century in Perspective”

Soir : 18h-19h30 visite guidée de Poitiers et réception à la mairie de Poitiers

20h30  dîner de gala, restaurant Les Archives, 14 rue Edouard-Grimaux, 86000 Poitiers

 

Vendredi 12 octobre             MSHS – salle de conférence

Matin : Le Fonds Dubois et la colonisation

9h-9h30          accueil et café

9h30- 10h       Présentation du Fonds Dubois, Anne-Sophie Traineau-Durozoy, MSHS – salle de conférence

10h15-11h      visite de l’exposition « Le Fonds Dubois et la colonisation », bibliothèque de Droit-Economie-Gestion

11h- 12h30     Atelier 7 (MSHS): président: Bertrand Van Ruymbeke (Université Paris 8 et IUF)

Thomas Beaufils (Université Lille 3), “Des cités et des paysages créés à l’identique : jeux de miroirs entre les comptoirs néerlandais et les villes de la République des Provinces-Unies du XVIIe au XVIIIe siècle »

François Brizay (Université de Poitiers), « Les colonies françaises et anglaises, d’après l’Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes, de l’abbé Raynal »

Flavien Bardet (Université Bordeaux Montaigne), « Walter Raleigh héros et héraut de l’empire: entre relectures et réécritures de l’époque élisabéthaine (1880-1914) »

12h30-14h      déjeuner

 

Après-midi : Contrôler les terres lointaines

14h-15h30      Atelier 8, président : André Magord (Université de Poitiers)

Eric Roulet (Université de la Côte d’Opale), « Les limites du contrôle migratoire vers l’Amérique espagnole au XVIe siècle »

Thierry Sauzeau (Université de Poitiers), « Aux marges du monopole : les formes de la présence anglaise au Canada français (1608-1763) »

Rafaël Thiebaut (Université Paris 1), « VOC & WIC : la question du contrôle du travail au sein de l’empire colonial néerlandais (1600-1800) »

15h30-16h      pause café

16h-17h30      Atelier 9, président : Eric Roulet (Université de la Côte d’Opale)

Marilyn Garcia-Chapleau (ENSAB – ICES – ICR), « Le Cap de Bonne-Espérance : du poste de ravitaillement hollandais à la colonie britannique »

Andrew Wegmann (Delta State University), « Genèse Française: L’évolution du créolisme à la Nouvelle-Orléans et sur la frontière coloniale française, 1718-1769 »

David Chaunu (Université Paris 4), « Ce que la relation impériale fait aux relations intercoloniales: guerre, diplomatie, et relation centre-périphérie dans les îles françaises de l’Amérique au XVIIe siècle ».

17h30-18h      Conclusions, Bertrand Van Ruymbeke (Université Paris 8 et IUF)

Le travail d’un professeur quand il n’y a plus cours…

Les cours sont terminés depuis le 27 avril, enfin, pour ceux qu’on a pu terminer, avec le blocus « tournant » de l’UFR Lettres et langues à Poitiers. Et pourtant, j’ai l’impression de n’avoir jamais travaillé autant,  malgré les efforts que je fais pour ne pas travailler le weekend, le soir et les jours fériés. Efforts, oui, car l’ensemble des obligations qui m’incombe font que je n’ai pas vraiment pu faire relâche.

Depuis le 6 avril, pendant les « vacances » du 7 avril au 22 avril et les jours fériés de mai, et jusqu’au 18 mai, voilà à quoi ressemble la charge de travail d’un professeur des universités.

J’ai rédigé dix-huit rapports pour deux postes de MCF et deux rapports pour des postes de PR – pour lesquels j’effectue 1 déplacement à Paris journée entière (2 réunions matin puis après-midi) et une vidéo-conférence sur une journée entière (Mulhouse). En tant que membre du comité de recrutement MCF 13e à Poitiers, j’ai siégé pendant deux jours (choix candidats, et auditions).

En tant que présidente d’un comité de recrutement de MCF 11e à Poitiers, j’ai reçu et vérifié les avis de 132 rapports, organisé les deux sessions (choix des candidats à auditionner, présidence de séance pendant deux journées entières, organisation des auditions, rédaction des procès-verbaux, et téléchargement des rapports et des P.V. sur l’application de l’université des dossiers dématérialisés).

J’ai lu deux chapitres de thèse d’une doctorante qui soutient en novembre, ainsi qu’un dossier de synthèse d’une MCF qui soutient son HDR avec moi à Poitiers, avec lesquelles j’ai eu des rendez-vous pour conseils.

J’ai eu d’autres rendez-vous avec une étudiante M2 qui pense s’inscrire en doctorat, et une étudiante M1 dont je dirige le mémoire qui sera soutenu en juin, ainsi que l’étudiante que nous envoyons à l’University de Southampton en ERASMUS, dont je suis la responsable d’échange.

J’ai corrigé 150 copies L1 LLCER et LEA, et préparé les épreuves d’examen de 2e session pour les deux cohortes. J’ai également surveillé ces épreuves, et d’autres, lors d’une journée marathon de 8h de surveillance d’examens délocalisés dans trois bâtiments différents (Chimie, Droit, Physique).

Pendant tout ce temps, j’ai également répondu aux mails des collègues concernant la vie du laboratoire dont je suis directrice, et au sein du département d’études anglophones, aux collègues concernant l’organisation de la nouvelle offre de formation et les emplois du temps. Un tachygraphe installé sur l’ordinateur portable qu’on utilise en permanence montrerait la fréquence des plages de connexion à l’environnement numérique du travail professionnel, l’amplitude des horaires d’une journée (avant 7h et après 20h – voir jusqu’à minuit), le nombre de mails reçus, de mails envoyés…

J’ai également essayé d’être présente aux réunions des conseils de l’Université dont je suis membre élue : CFVU et CAC, mais aussi le CES 7e-11e-12e-13e et le Conseil scientifique de l’UFR, mais des téléscopages de réunions font qu’on ne peut pas toujours remplir les obligations d’un mandat d’élu. Et, en tant que directrice d’une unité de recherche en Lettres et Langues, j’ai assisté à la remise d’un doctorat Honoris causa à l’écrivain, poète et essayiste Fernando Aínsa à la Maison des sciences de l’homme et de la société de Poitiers.

Pendant des moments de libre, et par ce que je suis passionnée par les cours que je donne, j’ai commencé à me documenter et à réfléchir sur le cours d’Agrégation civilisation britannique qui vient de sortir que je vais partager avec un collègue à la rentrée. L’organisation des autres cours de septembre attendra juin !

J’ai également préparé le m/s d’un livre, en souffrance depuis plusieurs années, repris l’année dernière pendant un semestre sabbatique, accepté pour publication, pour l’étape finale des épreuves avant impression.

Avec tout cela, je n’ai pas pu travailler à mes projets de recherche : les archives et sources que j’ai ramené de la mission de recherche en Californie (novembre-décembre) sont restées non-classées et non-exploitées, et les communications pour lesquelles j’ai été sollicitée (juin – Orléans, octobre – Bordeaux 3), et l’organisation des soutenances de novembre et d’une journée d’études à Poitiers (novembre) est restée en l’état.

Voilà à quoi ressemble le travail d’un professeur d’université qui accepte des responsabilités normales pour son rang à la fin de l’année universitaire, une fois que les cours sont finis, et pendant les « vacances » et jours fériés !

Colloque international, octobre 2018, MSHS Poitiers, « Terres lointaines : compagnies, commerces, colonies (XVIIe-XVIIIe) »

« Terres lointaines : compagnies, commerces, colonies (XVIIe-XVIIIe) », Université de Poitiers (France), 10-12 octobre 2018

The Matthew, Bristol Dock (Photo : S. Finding)

Colloque international organisé par Elodie Peyrol-Kleiber (Université de Poitiers), Susan Finding (Université de Poitiers) et Bertrand Van Ruymbeke (Université Paris 8 et IUF)

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Extrait d’illustration de England’s improvement by sea and land / Andrew Yarranton — Londres : R. Everingham, T. Parkhurst et N. Simmons, 1677-1698 Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, FD 22551

La complexité des acquisitions territoriales par l’Angleterre puis la Grande-Bretagne conduit l’historien des XVIIe et XVIIIe siècles à prendre en compte un vaste ensemble géographique. D’apparence morcelé, cet espace territorial et maritime  est néanmoins relié à la métropole par de multiples réseaux commerciaux et par conséquent humains. Ces terres lointaines restent ainsi proches et dépendantes de l’Angleterre puis de la Grande-Bretagne et en retour certains aspects du modèle anglais sont exportés dans les colonies.

Qu’il s’agisse des colonies nord-américaines, des Antilles anglaises, de l’Inde, de l’Afrique de l’Ouest ou de l’Indonésie, nombre de ces réseaux furent initiés par des compagnies marchandes, véritables instigatrices de la cohésion commerciale de l’empire. Etaient-elles cependant de réelles représentantes de l’Angleterre ? Dans quelle mesure étaient-elles liées à la colonisation ? En quoi participaient-elles au développement de ce premier  « empire » ?

Le Fonds Dubois, conservé à la bibliothèque universitaire de Poitiers, se veut le reflet d’un tel questionnement, plus particulièrement à travers le spectre d’économistes politiques incontournables tels que John Locke, Edmund Burke, Charles Davenant, Jonathan Swift, Daniel Defoe et de nombreux autres. Ces derniers s’attachèrent toujours à déterminer la place de l’empire et les bénéfices que cet empire grandissant apporterait ou avait apporté au royaume mais aussi à sa population. Des problématiques telles que l’utilité de la South Sea Company et de l’asiento dans les colonies du sud de l’Amérique et au Pacifique ou encore le questionnement qui précéda l’indépendance des Treize Colonies américaines sont présentes dans les ouvrages du Fonds Dubois.

C’est dans cette perspective que nous souhaitons explorer le phénomène de la colonisation et de la construction impériale à la lumière des trois  termes de compagnies,  de commerces et de colonies, au pluriel afin de refléter la diversité de « l’empire anglo-britannique  » aux XVIIe et XVIIIe siècles et d’en identifier les différentes interactions, qu’elles fussent commerciales bien entendu, humaines, institutionnelles  ou encore politiques. Quels rôles ont joué ces compagnies et comment cet « empire » s’est-il servi d’elles pour asseoir sa dominance sur des contrées le plus souvent lointaines ? Le commerce était-il le but premier de ces compagnies ou des stratégies politiques sous-tendaient-elles leur création et développement ?

Conférenciers confirmés : Trevor Burnard (Melbourne University) et Lou Roper (State University of New York at New Paltz)

Le programme sera diffuse prochainement.

“Terres Lointaines: companies, commerce and colonies (17th-18th centuries)”

The complexity of the territorial acquisitions of England and then Great-Britain led historians of the 17 and 18 c. to take into account a vast geographical ensemble. With a fragmented appearance, this territorial and maritime space was nevertheless linked with the metropole thanks to multiple trading networks and as a consequence, human networks. Those far-off lands thus remained close to and dependent on England then Great-Britain and in return, some aspects of the English model were exported to the colonies.

Be it North-American colonies, English West Indies, India, Latin America, Africa or Indonesia, many of those networks were initiated by trading companies, true instigators of the commercial cohesion of the empires. Yet, were they true representatives of Great Britain and the other empires? To what extent were they linked to colonisation? How did they take part in the development of this first ‘empire’?

The Fond Dubois, deposited in the university library of Poitiers, reflects such issues, more specifically through the lense of major political economists such as John Locke, Edmund Burke, Charles Davenant, Jonathan Swift, Daniel Defoe and many others. They devoted their works to determining the place of the empire and the benefits that this growing empire had brought or could bring to the kingdom, but also to the population. Issues such as the usefulness of the South Sea Company and of the asiento in the South American Colonies and in the Pacific, or the debate preceding the independence of the Thirteen Colonies are discussed in the works of the Fond Dubois.

It is in this perspective that we wish to explore the phenomenon of colonisation and the building of the Empire, in the light of three words: companies, commerce and colonies, to show the diversity of the ‘English/British’ Empire during the 17 and 18 c. and to identify its different interactions, were they commercial, human, institutional, or political. What roles did those companies play and how did this Empire use them in order to extend its rule over most often far away territories? Was trade the main objective of those companies or did political plans underlie their creation and development?

Confirmed keynote speakers: Trevor Burnard (Melbourne University) et Lou Roper (State University of New York at New Paltz)

The program will be available shortly.