In Memoriam: Yves Bonnefoy

P1040914

Yves Bonnefoy en novembre 2015 à la Fondation Hugot du Collège de France. Copyright: P. Drouet

Yves Bonnefoy s’est éteint vendredi 1er juillet 2016 à Paris.

C’était un immense poète, essayiste et traducteur (notamment des pièces et des sonnets de Shakespeare), mais aussi un homme d’une grande humanité, disponible, toujours à l’écoute de ses amis, d’une générosité admirable.

Un hommage lui est rendu sur le site de la Société Française Shakespeare: 

http://shakespeare.revues.org/3799

 

 

Dunsinane de Greig, ou Lady Macbeth ressuscitée

arton1510-d3bcb

La pièce Dunsinane est désormais accessible en français, dans une édition bilingue, avec une introduction de William C. Carroll (Boston University), dans la collection « Nouvelles Scènes » (PUM) dirigée par Nathalie Rivère de Carles.

En 2010, le dramaturge écossais David Greig écrit Dunsinane, une pièce qui se situe dans la tradition des sequels shakespeariens et prolonge, comme son nom invite à le penser, la célèbre tragédie jacobéenne de 1606. Lorsque William Shakespeare porte Macbeth à la scène, le roi Jacques VI d’Écosse est assis sur le trône anglais depuis trois ans, sous le nom de Jacques Ier d’Angleterre. Il n’est alors guère étonnant que la « pièce écossaise » s’achève sur l’alliance fructueuse de l’Angleterre et de l’Écosse pour vaincre la tyrannie, ici dans sa dimension universelle, et restaurer la paix : « the time is free » / « Voici le temps d’être libre » (trad. Y. Bonnefoy), s’écrit Macduff après la mort de Macbeth et avant que Malcolm n’annonce, sous forme d’invite, son couronnement à venir à Scone. Ainsi s’achève la tragédie shakespearienne. Or, dans Dunsinane, le couronnement n’arrive jamais et pour cause : Lady Macbeth, prénommée Gruach, n’est pas morte dans l’accès de folie que l’on croyait. Elle a même un fils, Lulach, et elle revendique le trône pour elle et lui, contre Malcolm. Se pose alors la délicate question de la succession.

cliquer ici pour commander à l’éditeur

Shakespeare et Cervantès: 400 ans déjà

Affiche Cervantes ShakespeareL’Institut Catholique de Paris et l’Université de Poitiers co-organisent un colloque autour de Shakespeare et Cervantès, morts tous deux en 1616, pour continuer à faire dialoguer entre eux les deux grands auteurs de l’ère moderne et comprendre l’inspiration qu’ils suscitent encore dans notre monde contemporain. Le colloque se déroulera à l’ICP et à l’Instituto Cervantes à Paris du 20 au 22 avril 2016. Entrée libre mais s’inscrire au préalable sur

http://shakespearecervantes.evenbrite.fr

CONSULTER LE PROGRAMME

Shakespeare au risque de la philosophie

 1ère de couv livret abstractDu 16 au 18 mars 2016, dans le cadre du 400e anniversaire de la mort de Shakespeare (1616-2016), se tiendra à l’Hôtel Berthelot de l’Université de Poitiers un colloque international, en langues anglaise et française, consacré à « Shakespeare au risque de la philosophie » / « Shakespeare at the Risks of Philosophy », co-organisé par les laboratoires de recherche FORELL et MAPP. Entrée libre pour les membres de l’Université de Poitiers; droit d’entrée de 5 euros pour les membres extérieurs. Nous espérons vous y accueillir nombreux. 

LIEU : Hôtel Berthelot, salle Crozet, Université de Poitiers, Sciences Humaines et Arts, 24 rue de la Chaîne, Poitiers.

PROGRAMME :

Mercredi 16 mars : Shakespeare de l’Antiquite a la Renaissance/Shakespeare from Antiquity to Renaissance

Présidence/Chair : Philippe Grosos (Universite de Poitiers)

14h-14h15 – Ouverture du colloque : Mot d’accueil par Yves Jean (Président de l’Université de Poitiers)

14h15-14h55 – Sylvain Roux (Université de Poitiers, MAPP): « Présence de la philosophie ancienne dans l’œuvre de Shakespeare. Le cas du stoïcisme »

14h55h-15h35 – Wael Ellouze (Université de Poitiers, FoReLL): « Reflections on Death and Afterlife in Hamlet : From Christian Piety to Philosophical Atheism »

15h35-15h50 : pause café/coffee break

15h50-16h30 – Pascale Drouet (Université de Poitiers, FoReLL): « Wise fool et festina lente: Shakespeare héritier d’Érasme ? »

16h30-17h10 – Richard Hillman (Université de Tours, CESR): « From ‘tables’ to rapiers: Montaigne and the Marginalisation of Philosophy in Shakespeare »

17h10-17h50 – Laurent Leylavergne (Université de Bordeaux): « De Shakespeare à Castoriadis et retour : l’imaginaire politique moderne et la question tragique »

18h15 : vernissage de l’exposition d’Edouard Lekston : « Roi poète, Roi criminel, Roi mendiant. Translations graphique de Shakespeare » (SHA)

Shakespeare_900

Jeudi 17 mars :

Matinée : Shakespeare et la philosophie des XVIIIe et XIXe siècles/ Shakespeare and 18th-19th Century Philosophy

Présidence/Chair : Sylvain Roux (Universite de Poitiers)

9h-9h40 – Holger Schmid (Université de Lille 3): « Shakespeare avec Homère: l’esthétique du génie et les noms propres au XVIIIe siècle »

9h40-10h20 – François Thomas (Université de Lille 3)/ « “Faire usage de Shakespeare” dans la philosophie et la littérature allemandes, à la fin du XVIIIe siècle : Herder et Shakespeare »

10h20-10h35 : pause café/coffee break

10h35-11h05 – Patrick Gray (University of Durham, Grande Bretagne): « Shakespeare, Hegel, and the History of Recognition »

11h05-11h45 – François Félix (Lausanne, MAPP): « Dramaturgie de la morale. Shakespeare entre Schopenhauer et Nietzsche »

Apres-midi : Shakespeare et la Tragédie/Shakespeare and Tragedy

Présidence/Chair : William C. Carroll (Boston University)

 14h15-14h55 – Jessica Chiba (Royal Holloway, University of London): « ‘I am not what I am’ : Shakespeare’s Ontology »

14h55-15h35 –  Paul Kotmann (New School, NYC, États Unis):  « Why do we care about Hamlet ? »

15h35-15h50 : pause café/coffee break

15h50-16h30 – Catherine Lisak (Université de Bordeaux III): « ‘Would I were assured/ Of my condition’ : the conditional self and mortal will in two Shakespearean tragedies »

16h30-17h10 – Jeffrey R. Wilson (Harvard University, États Unis): « ‘To be or not to be’ : Shakespeare Against Philosophy »

 18h : mise en voix de textes de Shakespeare, dans la traduction d’Yves Bonnefoy, par les élèves du Conservatoire de Poitiers, direction Agnès Delume/création musicale par Éric Sprogis, à la Médiathèque de Poitiers

Médiathèque 1

Médiathèque 2Vendredi 18 mars :

Matinée : Shakespeare et la philosophie française/Shakespeare and French Philosophy

Présidence/Chair : Richard Hillman (Université de Tours, Centre d’Etudes Superieures de la Renaissance)

9h-9h40 – Guillaume Caron (Université de Lyon 3): « La chair, la réversibilité, le tragique : Merleau-Ponty et Shakespeare »

9h40-10h20: Françoise Barbé-Petit (Université Pierre et Marie Curie, Paris): « Shakespeare and Jankélévitch: Two Men that had Music in Themselves »

10h20-10h35 : pause café/Coffee break

10h35-11h05 – Sean Lawrence (University of British Columbia, Canada): « Peace and Recognition of the Other in Girard, Levinas and Shakespeare »

11h05-11h45 – Sophie Emma Battell (Cardiff University, Pays de Galles): « Eating badly or the risk of hospitality in Shakespeare » (Shakespeare, Derrida, Timon of Athens)

Apres-midi : Shakespeare en perspective/Shakespeare in Perspective

Présidence/Chair Pascale Drouet (universite de poitiers)

14h15-14h55 – Marie-Dominique Garnier (Université de Paris 8):  « Le Richard III de Gilles Shakespeare »

14h55-15h35 – William C. Carroll (University of Boston, États Unis): « “What’s Done Cannot Be Undone” : Succession and Diachronic Time in Shakespearean Tragedy »

15h35-15h50 : pause café/Coffee break

15h50-16h30 – Hélène Garello (Université de Paris I – Panthéon Sorbonne): « Jouer un personnage, penser en philosophe »

16h30-17h10 – Philippe Grosos (Université de Poitiers, MAPP): « Shakespeare, la philosophie et le malentendu »

17h10-17h20 : Clôture du colloque/End of the Conference

 

Bonnefoy et Shakespeare, un dialogue ininterrompu

31EoF7PUcoL._SX309_BO1,204,203,200_Le nouvel essai qu’Yves Bonnefoy a consacré à Hamlet vient de paraître au Seuil, avec pour titre L’Hésitation d’Hamlet et la décision de Shakespeare et cette réflexion essentielle: « Shakespeare domine notre pensée parce que cette pensée s’alarme » (p. 47).

À nouveau, Yves Bonnefoy instaure un dialogue avec Shakespeare sur la place des femmes dans la société, ainsi qu’en témoigne ce magnifique extrait: « Et il est clair aussi que ce qu’il a perçu de la condition des femmes va rester au coeur de son projet d’écriture. Le rapport des hommes et des femmes est une constante de tout théâtre, et il avait beaucoup retenu Shakespeare lui-même dès ses débuts, plusieurs scènes de ses chroniques en montrent les difficultés, les malentendus, les dissymétries, avant que Roméo et Juliette ne constate que ces dernières, parmi lesquelles sévissent les idéalisations fallacieuses – l’illusoire de « l’amour fou » –, peuvent vouer un femme à la simple ordinaire mort. Mais Hamlet a permis un pas de plus. Les fleurs d’Ophélie, son désir jamais renoncé de les tresser en guirlandes, c’est signe qu’un poète a compris que c’est leur intelligence de l’être qui fait que l’on redoute les femmes partout où les idéologies, les orthodoxies et autres pensées refermées sur soi cherchent à garder le pouvoir. Et s’apercevoir de cela, c’est prendre conscience de la fracture qui traverse de part en part toute société, et pressentir qu’il n’y aura de vérité, en particulier au théâtre, que si son exploration a priorité sur toutes les autres entreprises » (p. 93-94).

Macbeth (the notes)

A ne pas manquer les jeudi 15 et vendredi 16 octobre 2015 au théâtre de l’Avant-Scène à Cognac.

Dans le cadre de la journée de formation sur « Lire l’Europe », qui se déroulait au Palais des Congrès de Cognac jeudi dernier, le directeur du théâtre de l’Avant-Scène, Stéphane Jouan, a présenté l’adaptation que le metteur en scène Dan Jemmett fera de la pièce écossaise le mois prochain: un « one-man-show », un solo jubilatoire interprété par David Ayala qui, du rôle de metteur en scène expliquant ses notes (d’où le titre « the notes ») à son équipe, va se mettre à incarner, tour à tour, tous les personnages de la tragédie, donnant ainsi vie à ses notes.

Dan Jemmett a déjà fait plusieurs adaptations des pièces de Shakespeare : Presque Hamlet (2002, théâtre Vidy-Lausanne ; TN de Chaillot), Shake d’après La Nuit des rois (2003), La Comédie des erreurs (2010, Vidy-Lausanne ; théâtre des Boufffes du Nord), Les Trois Richard d’après Richard III (2012), La Tempête (2012), Hamlet (2013, Comédie française). Mais, ce qui est tout aussi significatif, c’est qu’il avait choisi pour sa première mise en scène Ubu roi d’Alfred Jarry (créée au Young Vic Theatre puis reprise, en 1998, au Théâtre de la Cité Internationale à Paris). Car Ubu roi, c’est la face ubuesque de Macbeth, 

Avec David Ayala, qui jouait déjà dans le Ubu Roi de Dan Jemmett, on peut parier que l’éventail tragicomique propre au théâtre de Shakespeare se déploiera dans toute son amplitude.

Pour en savoir plus: www.avantscene.com

La tragédie élisabéthaine et jacobéenne s’invite au château d’Oiron

P1010002La construction du château d’Oiron dans les Deux Sèvres remonte, on le savait, à l’époque de la Renaissance. Pourtant ce château n’est ni comme « un morceau d’histoire figée », ni « pétrifié dans une sorte de congélation qui défierait le temps », selon les termes de Jean-Hubert Martin. Il offre au visiteur curieux une collection contemporaine constituée sur le modèle d’un cabinet de curiosités… mais pouvait-on s’attendre à y trouver un trône pour le Roi Lear et une table pour le Docteur Faust?

La Salle des Figures Géométriques (Wall Drawing #752, 1994), qui est l’oeuvre de l’artiste américain, dit minimaliste et conceptuel, Sol LeWitt (1928-2007), accueille désormais, depuis 2012, deux objets au graphisme insolite, ceux du dramaturge Bob Wilson qui travaillait régulièrement avec Sol LeWitt pour ses mises en scène: King Lear Chair (1990) et Dr Faustus Table and Chair (1989).

P1010022

Le trône du Roi Lear a été créé en 1990 pour la production King Lear au Schauspielhaus de Francfort; la table et la chaise du Docteur Faust ont été réalisées pour la Scala de Milan en 1989. On ne peut s’empêcher d’imaginer comment le jeune Thomas Jolly, l’époustouflant metteur en scène des trois parties d’Henry VI de Shakespeare, pourrait redonner vie à ces magnifiques accessoires sur la scène du TAP.

Succès du Conte d’hiver à la MDE

Affiche DEFCette année, la jeune Association Thisbé (Théâtre Improvisation Spectacle élisaBéthain Et après) a présenté une nouvelle adaptation d’une pièce de Shakespeare, toujours dans le cadre de Campus en Festival: The Winter’s Tale.

L’équipe de la MDE (Maison Des Étudiants), qui organise tous les ans Campus en Festival, a été d’un soutien logistique impeccable, depuis le début des répétitions jusqu’au jour de la représentation. Qu’elle soit ici chaleureusement remerciée. C’est un véritable plaisir, dans ces conditions, de pouvoir travailler bénévolement et d’amener les étudiants à donner le meilleur d’eux-mêmes.

P1020635

P1020638

Thisbé 2013-2014Le metteur en scène Graeme Watson (ci-contre, avec une cravate bleue) a accompli un travail remarquable, conduisant chacun, aussi bien des étudiants de deuxième année en études anglophones que des enseignants-chercheurs, d’anciens étudiants, des lecteurs, des amoureux de Shakespeare sans formation théâtrale spécifique, à développer au mieux son potentiel.

Programme LIVRET WT assemblé

Ahmed Aabkari n’a pu résisté au plaisir de nous concocter à nouveau une petite vidéo. Il aime le théâtre, il aime Shakespeare, il nous aime, et ça se sent! Merci de tout coeur . Aussi, pour ceux qui voudraient avoir un aperçu de notre spectacle en quelques minutes seulement:

The_Winter_s_Tale_ Bande_annonce_flv_HD 

P1020673

Enfin, l’équipe d’I-Média s’est jointe à nous pour filmer l’intégralité du spectacle et en proposer un montage, un travail de longue haleine qui mérite d’être salué et vivement remercié. Accrochez-vous, c’est dans la langue de Shakespeare: http://uptv.univ-poitiers.fr/program/the-winter-s-tale/video/4184/the-winter-s-tale-by-william-shakespeare/index.html

Quelques photos autour du spectacle: 

P1020661

P1020735

P1020703

P1020724

P1020644

P1020514

P1020721

P1020683

P1020631

P1020752

                       

RENDEZ-VOUS

L’AN PROCHAIN    

                                    

POUR

UNE NOUVELLE ADAPTATION…

Vient de paraître

De la filouterie

De la filouterie dans l’Angleterre de la Renaissance. Etudes sur Shakespeare et ses contemporains.

De l’opuscule populaire à la scène de théâtre, les études ici réunies proposent une promenade à travers l’Angleterre interlope des XVIe et XVIIe siècles, à la rencontre de l’Autolycus et du Falstaff de Shakespeare, de son Pompey, des forains truculents de Ben Jonson, des insouciants parasites de Richard Brome, des petits truands de Robert Greene et des faux mendiants de Thomas Harman et de Thomas Dekker.

En nous plongeant dans l’espace toujours mouvant de la filouterie, ces études poursuivent trois objets : voir comment mauvais garnements et ingénieux détrousseurs opèrent et se livrent à des jeux de mauvaise société ; interroger la variété du traitement auctorial en explorant les ruses de récit à l’œuvre dans les typologies et brochures contre les plume-pigeons ; comprendre en quoi le théâtre, et lui seul, par jeux de contrastes et effets de miroir, donne à voir une représentation nuancée de la filouterie.

Pour commander: http://w3.pum.univ-tlse2.fr/~De-la-filouterie-dans-l-Angleterre~.html