A propos pdrouet

Pascale Drouet Enseignant-chercheur en littérature britannique des 16ème et 17ème siècles

Bonnefoy et Shakespeare, un dialogue ininterrompu

31EoF7PUcoL._SX309_BO1,204,203,200_Le nouvel essai qu’Yves Bonnefoy a consacré à Hamlet vient de paraître au Seuil, avec pour titre L’Hésitation d’Hamlet et la décision de Shakespeare et cette réflexion essentielle: « Shakespeare domine notre pensée parce que cette pensée s’alarme » (p. 47).

À nouveau, Yves Bonnefoy instaure un dialogue avec Shakespeare sur la place des femmes dans la société, ainsi qu’en témoigne ce magnifique extrait: « Et il est clair aussi que ce qu’il a perçu de la condition des femmes va rester au coeur de son projet d’écriture. Le rapport des hommes et des femmes est une constante de tout théâtre, et il avait beaucoup retenu Shakespeare lui-même dès ses débuts, plusieurs scènes de ses chroniques en montrent les difficultés, les malentendus, les dissymétries, avant que Roméo et Juliette ne constate que ces dernières, parmi lesquelles sévissent les idéalisations fallacieuses – l’illusoire de « l’amour fou » –, peuvent vouer un femme à la simple ordinaire mort. Mais Hamlet a permis un pas de plus. Les fleurs d’Ophélie, son désir jamais renoncé de les tresser en guirlandes, c’est signe qu’un poète a compris que c’est leur intelligence de l’être qui fait que l’on redoute les femmes partout où les idéologies, les orthodoxies et autres pensées refermées sur soi cherchent à garder le pouvoir. Et s’apercevoir de cela, c’est prendre conscience de la fracture qui traverse de part en part toute société, et pressentir qu’il n’y aura de vérité, en particulier au théâtre, que si son exploration a priorité sur toutes les autres entreprises » (p. 93-94).

Un petit tour dans la cuisine de Shakespeare?

13-everyday-phrases-that-actually-came-from-shakespeareContrairement à ce que l’on pourrait penser, il reste des choses à découvrir sur la vie de Shakespeare à Stratford-upon-Avon. C’est ce que nous révèlent les archéologues dans un article du Stratford Observer, « Important discovery unearthed at Shakespeare’s final Stratford Home »:

http://stratfordobserver.co.uk/news/important-discovery-unearthed-shakespeares-final-stratford-home/

Shakespeare sur France Culture

Pour tous ceux qui s’intéressent au théâtre de Shakespeare, et plus particulièrement à ses pièces romaines, Adèle Van Reeth (« Les Nouveaux chemins de la connaissance », France Culture) leur consacrera une semaine, du lundi 19 au jeudi 22 octobre 2015.

Au programme:

Lundi : avec Jérôme Hankins pour Jules César
Mardi : avec Mickael Edwards pour Antoine et Cléopâtre
Mercredi : avec Pascale Drouet pour Coriolan
Jeudi : avec Gisèle Venet pour Titus Andronicus

Les émissions pourront être podcastées à http://www.franceculture.fr/personne-adèle-van-reeth.html

Macbeth (the notes)

A ne pas manquer les jeudi 15 et vendredi 16 octobre 2015 au théâtre de l’Avant-Scène à Cognac.

Dans le cadre de la journée de formation sur « Lire l’Europe », qui se déroulait au Palais des Congrès de Cognac jeudi dernier, le directeur du théâtre de l’Avant-Scène, Stéphane Jouan, a présenté l’adaptation que le metteur en scène Dan Jemmett fera de la pièce écossaise le mois prochain: un « one-man-show », un solo jubilatoire interprété par David Ayala qui, du rôle de metteur en scène expliquant ses notes (d’où le titre « the notes ») à son équipe, va se mettre à incarner, tour à tour, tous les personnages de la tragédie, donnant ainsi vie à ses notes.

Dan Jemmett a déjà fait plusieurs adaptations des pièces de Shakespeare : Presque Hamlet (2002, théâtre Vidy-Lausanne ; TN de Chaillot), Shake d’après La Nuit des rois (2003), La Comédie des erreurs (2010, Vidy-Lausanne ; théâtre des Boufffes du Nord), Les Trois Richard d’après Richard III (2012), La Tempête (2012), Hamlet (2013, Comédie française). Mais, ce qui est tout aussi significatif, c’est qu’il avait choisi pour sa première mise en scène Ubu roi d’Alfred Jarry (créée au Young Vic Theatre puis reprise, en 1998, au Théâtre de la Cité Internationale à Paris). Car Ubu roi, c’est la face ubuesque de Macbeth, 

Avec David Ayala, qui jouait déjà dans le Ubu Roi de Dan Jemmett, on peut parier que l’éventail tragicomique propre au théâtre de Shakespeare se déploiera dans toute son amplitude.

Pour en savoir plus: www.avantscene.com

Peines d’amour perdues

La traduction de Peines d’amour perdues désormais disponible chez Gallimard, en édition bilingue, dans la collection Folio théâtre (n°164).

Traduit de l’anglais par Jean-Michel Déprats. Édition de Gisèle Venet.

PAP« Quatre aristocrates s’engagent-ils à étudier trois ans sans voir femme qui vive? Le hasard voudra que leur serment à peine scellé, quatre beautés se présentent au palais. La galanterie commande qu’elles y soient reçues avec empressement mais le serment contraint à les «loger aux champs». Une quadruple intrigue amoureuse pourrait toutefois se nouer : au premier regard, les quatre aristocrates oublient études et serment pour ne plus penser qu’aux sonnets qui déclareront leur amour à ces dames. Les entrées et sorties entre «cour» et «jardin» au théâtre permettent à ces sonnets précieux, confiés à des rustres incapables de les lire mais empressés à les transmettre, de circuler entre diverses mains. Ces imbroglios de commedia dell’arte ne suffiraient pas à empêcher l’intrigue amoureuse d’aboutir si l’ironie vengeresse des quatre dames, éconduites avant que d’être aimées, ne veillait à ce que toute peine d’amour soit d’avance perdue ».

Macbeth en 15 minutes

Affiche LekstonLa pièce écossaise adaptée en langue originale, ça peut effrayer, surtout quand on ne comprend pas grand chose à la langue de Shakespeare. Heureusement, notre fidèle Ahmed vous a, à nouveau, concocté un petit montage de son cru: ça dure moins de 15 minutes et c’est inventif et jubilatoire! Mais on a quand même l’impression d’avoir la mort aux trousses…

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Thomas Jolly revient avec Richard III

1433584892Il n’aura pas échappé à ceux qui ont vu dernièrement  l’intégralité des cycles d’Henry VI présentés au TAP que Thomas Jolly caresse l’idée de monter la suite et de nous montrer jusqu’où Gloucester est prêt à aller pour pouvoir s’asseoir sur le trône d’Angleterre… L’ingéniosité des lettres pivotantes et l’amorce du célèbre monologue qui ouvre Richard III, « Now is the winter of our discontent », nous le laissent clairement entendre. Mais combien de temps les spectateurs devront-ils patienter avant de voir Thomas Jolly remonter sur scène dans le rôle principal?

Pour son Congrès annuel, abordant cette année la question de la « Jeunesse(s) de Shakespeare » (19-21 mars 2015, Fondation Deutsch de la Meurthe), la Société Française Shakespeare (SFS), désormais présidée par la dynamique Sarah Hatchuel, a eu l’excellente idée d’inviter Thomas Jolly pour une table ronde autour de son époustouflant Henry VI – servi par la belle traduction de Line Cottegnies. Un pur bonheur! Le jeune metteur en scène a confié à l’assemblée enthousiaste: « Richard III est un rêve d’enfant. Je veux le jouer avant de mourir. Comme Roméo et Hamlet ».

Nul ne sait encore si son Richard III sera programmé au TAP, mais pour ceux qui sont impatients, deux dates à retenir d’ores et déjà: on pourra se précipiter, pour voir la création en avant-première, le 2 octobre 2015 au TNB à Rennes, et récidiver en janvier 2016 au théâtre de l’Odéon à Paris.

Pour ceux qui n’auraient pas pu voir les deux cycles d’Henry VI, deux comptes rendus sont disponibles dans L’Oeil du spectateur (Cahiers Shakespeare en devenir):

http://shakespeare.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=775

http://shakespeare.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=774

Thisbé is back: Macbeth à la MDE de Poitiers

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Copyright: Édouard Lekston

Macbeth, ce tyran régicide que Shakespeare a rendu célèbre, a troqué sa lande écossaise contre un night club : c’est là que se déroule l’action de la nouvelle adaptation scénique que nous proposent Jennifer Johnson et Andy McKeown.

Qui dit night club dit musique et chorégraphie, et voici que le texte shakespearien s’enrichit d’intermèdes dansés pour notre plus grand plaisir. Naturellement, c’est sombre, très sombre. Avec Hamlet et Richard III, c’est l’une des pièces les plus sanglantes du répertoire shakespearien. On y prémédite, on y assassine de sang froid, on recommence jusqu’à s’enfoncer dans le crime irrémédiablement.

La lucidité du dramaturge nous donne clairement à voir les mécanismes psychiques qui sont à l’œuvre chez Macbeth et Lady Macbeth, leur faille et leur folie.

L’Association Thisbé (THéâtre Improvisation Spectacle élisaBéthain Et après) présentera, dans le cadre de Campus en Festival 2015 (http://campusenfestival.fr), une adaptation libre du Macbeth de Shakespeare, dans une mise en scène de Jennifer Johnson et d’Andy McKeown. Vous y retrouvez des étudiants, d’anciens étudiants désormais enseignants, des lectrices, des enseignants-chercheurs venus des Départements d’Études Anglophones, de Droit et de Médecine-Pharmacie.

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Vendredi 20 mars 2015 à 20h30

Maison des Étudiants, salle de spectacle, entrée libre (http://www.univ-poitiers.fr/universite/maison-des-etudiants-659011.kjsp)

VENEZ NOMBREUX ! (Et surtout, passez chercher votre billet la veille à la MDE, sans quoi vous risquez de ne plus avoir de place le jour même).

La tragédie élisabéthaine et jacobéenne s’invite au château d’Oiron

P1010002La construction du château d’Oiron dans les Deux Sèvres remonte, on le savait, à l’époque de la Renaissance. Pourtant ce château n’est ni comme « un morceau d’histoire figée », ni « pétrifié dans une sorte de congélation qui défierait le temps », selon les termes de Jean-Hubert Martin. Il offre au visiteur curieux une collection contemporaine constituée sur le modèle d’un cabinet de curiosités… mais pouvait-on s’attendre à y trouver un trône pour le Roi Lear et une table pour le Docteur Faust?

La Salle des Figures Géométriques (Wall Drawing #752, 1994), qui est l’oeuvre de l’artiste américain, dit minimaliste et conceptuel, Sol LeWitt (1928-2007), accueille désormais, depuis 2012, deux objets au graphisme insolite, ceux du dramaturge Bob Wilson qui travaillait régulièrement avec Sol LeWitt pour ses mises en scène: King Lear Chair (1990) et Dr Faustus Table and Chair (1989).

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Le trône du Roi Lear a été créé en 1990 pour la production King Lear au Schauspielhaus de Francfort; la table et la chaise du Docteur Faust ont été réalisées pour la Scala de Milan en 1989. On ne peut s’empêcher d’imaginer comment le jeune Thomas Jolly, l’époustouflant metteur en scène des trois parties d’Henry VI de Shakespeare, pourrait redonner vie à ces magnifiques accessoires sur la scène du TAP.