Sciences Eco Poitiers, les pieds dans l’actualité !

Les lycéens de terminale vont commencer à formuler leurs voeux d’orientation sur l’application Post-Bac à partir de lundi prochain, 20 janvier 2014. C’est donc l’occasion de leur donner un peu d’information sur les formations universitaires, pour ma part sur la faculté de Sciences Economiques de Poitiers.

Vous pouvez trouver tout un ensemble d’informations sur le site de la faculté, venir aux journées portes ouvertes que nous organisons le samedi 15 février, consulter notre nouvelle brochure au format flip book, nous poser des questions par mail à l’adresse ufr.sceco(at)univ-poitiers.fr.

Notre objectif n’est pas de vendre à tout prix nos formations, mais d’améliorer le niveau d’information des lycéens, qui ont, pour tout un ensemble de raisons, une image particulièrement dégradée de l’Université, histoire qu’ils fassent ensuite des choix mieux éclairés.

Pour notre part, nous sommes une petite composante de l’Université (environ 400 étudiants tous niveaux confondus dont un peu plus de 100 en L1, 130 cette année), dont le public cible est composé des bacheliers ES et des bacheliers S. Le taux de réussite des bacheliers de ces filières qui se présentent à l’ensemble des examens est de 75 à 80% en L1. Celui des bacs techno (une dizaine en L1) est beaucoup plus faible (15% les bonnes années), celui des bacs pro (1 ou 2 étudiants) est nul. La taille des promos, le fait que plus de la moitié des enseignements se fassent par groupe de 20 à 30 étudiants, les systèmes d’enseignants-référents (chaque étudiant se voit affecter un enseignant-référent en L1), de cours de soutien, de tutorat, le travail de nos associations étudiantes, etc… permettent d’accompagner efficacement nos étudiants, on est loin de l’image d’amphis bondés où chacun se sent perdu.

A ceux qui pensent que l’Université est le recours ultime offert aux lycéens recalés de toutes les filières sélectives, je signale que cette année, sur environ 110 lycéens de notre publics cible (bacs ES et S), nous accueillons une dizaine de bacheliers mention Très Bien, une vingtaine de bacheliers mention Bien et une trentaine de bacheliers mention Assez Bien, soit plus de la moitié de nos effectifs.

Notre offre s’adresse à des lycéens qui ont vocation à effectuer des études longues, de niveau bac+5. Comme indiqué dans ce billet, ce niveau de sortie protège efficacement contre le risque de chômage, comme les études courtes de type BTS, DUT et licence pro, mais, à la différence de ces dernières formations, il permet d’obtenir rapidement des emplois à plus forte responsabilité et mieux rémunérés.

Notre offre de formation est très simple : elle se compose d’une licence généraliste et de deux masters, l’un orienté vers les métiers de la banque, l’autre vers les métiers à l’international.

S’agissant de la licence, nous proposons :

  • une licence d’économie généraliste au cours de laquelle on développe des compétences en matière de collecte et de traitement des données, d’analyse et d’interprétation des résultats, de mise en perspective et d’élaboration de préconisations. Des compétences génériques indispensables ensuite, quel que soit le domaine professionnel que l’on vise,
  • les étudiants qui le souhaitent peuvent suivre en outre un parcours « enjeux internationaux », composé chaque semestre d’un enseignement de géopolitique et d’un enseignement de langue dite rare (chinois, russe ou portugais), en grand débutant où dans la continuité d’un apprentissage déjà commencé au lycée, l’objectif étant qu’ils atteignent un niveau seuil en L3 pour aller en séjour en Chine, en Russie ou au Brésil,
  • des possibilités de stage courts entre la L1 et la L2 ou entre la L2 et la L3, et la possibilité d’un stage long (un semestre) en L3, remplaçant l’ensemble des enseignements,
  • des possibilités de séjour à l’étranger en L3, soit un semestre, soit l’année entière. Vous trouverez ici la carte de nos partenariats, avec des éléments d’information pour chacun d’eux. Les étudiants qui le souhaitent peuvent cumuler en L3 un semestre dans une université étrangère et un semestre de stage.

Après la licence, très logiquement, certains de nos étudiants vont suivre des masters dans d’autres régions françaises, principalement dans les grandes villes (Bordeaux, Paris, Nantes, Toulouse, …) : le recrutement des universités françaises en licence est très massivement régional, les étudiants, qui ont grandi en Poitou-Charentes, été au lycée en Poitou-Charentes, puis en licence, ont envie d’aller voir ailleurs. Une autre partie poursuit dans des Institut d’Administration des Entreprises, qui proposent partout en France, y compris à Poitiers, un grand nombre de Masters.

Une autre partie continue dans l’un de nos deux Masters :

  • Le Master « Gestion de Patrimoine », ouvert à l’alternance depuis cette année, débouche sur des métiers de conseiller en clientèle dans les banques. Une enquête menée auprès de nos dix dernières promotions montre que 98% des diplômés trouvent un emploi en moins d’un an ; la rémunération annuelle nette mensuelle hors prime tourne autour de 2500€,
  • Le Master « Globalisation et Stratégies des Firmes », ouvert très récemment en partenariat avec France Business School (FBS), est orienté à l’international. En M1, les étudiants partent de nouveau un semestre à l’étranger dans une université partenaire, puis en stage en France ou à l’étranger en M2. Certains étudiants peuvent suivre un double diplôme Master de l’Université / MBA de France Business School.

Autant que faire se peut, les enseignements que nous dispensons s’appuient sur l’actualité la plus récente. A titre d’illustration, lors de ma prochaine séquence de cours de macroéconomie en L2, je vais échanger avec les étudiants sur le plan de réduction des charges proposé par François Hollande. Je m’appuierai sur les trois analyses d’Alexandre Delaigue, de Paul Krugman et de Xavier Timbeau, histoire d’introduire progressivement les effets multiplicateurs (puis plus tard les modèles IS/LM, WS/PS et OG/DG, désolé pour le jargon). Encore une fois, l’objectif n’est pas seulement de faire passer des connaissances en économie (peu de nos étudiants finiront macroéconomistes), il s’agit aussi de développer des compétences en matière de capacité d’analyse, utiles ensuite pour bien réussir en master et bien s’insérer dans le monde professionnel, comme en attestent nos taux d’insertion et la qualité des emplois occupés.

22% de pauvres à Poitiers

Rue89 a publié un article sur la pauvreté dans les 100 plus grandes villes françaises, suite à l’étude de Compas disponible ici. Le taux de pauvreté est défini comme la part dans la population des ménages disposant d’un revenu, après versement des prestations sociales, de 60% du revenu médian. Pour un ménage composé d’une personne seule, ceci correspond à une somme de 954€ par mois.

Ce taux oscille de 7% à Neuilly-sur-Seine à 46% à Roubaix, avec une moyenne France entière de 15%. De manière générale, les plus grandes villes connaissent des taux de pauvreté plus importants, pour des raisons bien expliquées dans l’article et l’étude.

Centre Presse m’a demandé de réagir sur le taux observé pour Poitiers, qui est de 22%, sensiblement plus fort que la moyenne France entière. Taux qui m’a surpris au départ, mais après réflexion, on trouve plusieurs éléments explicatifs :

  • Poitiers est une ville dont la population étudiante pèse beaucoup dans l’ensemble de la population, il s’agit même de la ville française dont le ratio étudiants/population est le plus élevé. Certes, tous ne résident pas sur Poitiers, mais ils sont nombreux à y être logés,
  • Ce n’est pas la seule dans ce cas cependant : Dijon, de taille comparable, présente également un ratio élevé. Pourtant, le taux de Pauvreté y est beaucoup plus faible (13%). Comment expliquer cet écart entre Poitiers et Dijon?
  • Première possibilité : la dynamique économique (chômage plus faible, croissance plus forte) et la structure des activités économiques (plusd’emplois à faible rémunération),
  • Deuxième possibilité : l’étude a calculé des taux de pauvreté sur les villes, non pas sur les agglomérations. Or, sur Dijon, le taux de pauvreté est plutôt faible car les logements sociaux sont majoritairement localisés dans les communes alentours. Sur Poitiers, nous sommes dans la configuration inverse : les logements sociaux sont majoritairement situés dans la ville centre, non pas dans les communes alentours comme Saint-Benoît, Buxerolles ou Mignaloux.

Sur ce dernier point, un travail réalisé par la Communauté d’Agglomération de Poitiers est plutôt éclairant, j’en reprends une des cartes les mieux adaptées au sujet (page 34) :

Les personnes disposant de contrats précaires sont localisés dans la ville centre, elles sont même fortement concentrés dans quelques quartiers.

Autre point important : être pauvre à Poitiers ou dans des villes plus grandes (Paris, Bordeaux, Marseille, …), ce n’est pas la même chose. Prenons le cas d’une personne seule disposant d’un revenu de 900€ à Poitiers, comparé au cas d’une personne percevant le même revenu mais localisée sur Paris. Compte-tenu du fonctionnement du marché du logement, il est clair que le coût pour se loger ne sera pas le même. Que la localisation de la personne pauvre sur Paris risque de la reléguer en périphérie lointaine ce qui va peser sur leur budget transport, etc. En complément, l’article évoque des prolongements intéressants, en étudiant par exemple le lien entre pauvreté monétaire et pauvreté ressentie.

Attractivité et rayonnement des villes universitaires

Je vous rappelle que Grand Poitiers et l’AVUF (Association des Villes Universitaires de France) organisent au Théâtre Auditorium de Poitiers (TAP), le vendredi 23 mars 2012, un colloque national sur l’attractivité et le rayonnement des villes universitaires. Toutes les informations sont ici. Propos politiquement incorrects garantis.

Attractivité et rayonnement des villes universitaires

Grand Poitiers et l’AVUF (Association des Villes Universitaires de France) organisent au Théâtre Auditorium de Poitiers (TAP), le vendredi 23 mars 2012, un colloque national sur l’attractivité et le rayonnement des villes universitaires.

J’interviendrai le matin, avec Christophe Demazière, entre 9h45 et 10h30. Michel Grossetti interviendra de 12h00 à 12h45.

Toutes les informations pour cette journée sont ici.

Les priorités des poitevins

Cette année, les étudiants de troisième année de la Licence de Sciences Economiques de Poitiers ont réalisé une enquête sur les enjeux
considérés comme prioritaires par les poitevins, pour le magazine 7 à Poitiers (plus de 1600 personnes interrogées) : construction des questionaires, passation, premières exploitations
statistiques.

Tout un ensemble de résultats figurent dans le numéro de cette
semaine
(p. 4 et 5). D’autres exploitations à venir ici!