Internationalisation, performance des entreprises et emploi

Nouvelle note de la Fabrique de l’Industrie, rédigée par Alexandre Gazaniol, intitulée « Internationalisation, performance des entreprises et emploi ». Comme la première note sur le modèle allemand, il ne s’agit pas d’une analyse originale du sujet, mais d’une synthèse claire et bien documentée, avec majoritairement la présentation des résultats des analyses empiriques.

Résumé :

L’internationalisation des entreprises a un effet positif sur leur chiffre d’affaires, leur innovation et leur emploi en France, et contribue donc au développement de l’activité industrielle française.

Mais si son effet est globalement positif, cette internationalisation profite surtout aux emplois qualifiés (conception, fonctions supports) et provoque en contrepartie la destruction d’emplois peu qualifiés et parfois même la déstabilisation de certains territoires très spécialisés. Pour atténuer les effets négatifs de la mondialisation, les politiques publiques ont donc un rôle essentiel à jouer, notamment dans les domaines de l’emploi et de la formation.

On trouve dans la note ce tableau particulièrement intéressant, sur l’impact en France (je graisse et je souligne!) d’une implantation industrielle à l’étranger :

Trois ans après l’implantation, l’emploi en France augmente sensiblement. Dans la note, on apprend que ce résultat s’observe pour les entreprises qui s’implantent dans des pays développés, comme pour celles qui s’implantent dans des pays à bas coût. Je vous laisse tirer les conséquences de ce tableau. Et des autres résultats synthétisés dans la note.

L’Allemagne a du mal à reproduire « le modèle allemand »…

Document intéressant de Jacqueline Hénard, mis en ligne par La Fabrique de l’Industrie (Think Tank créé il y a quelques temps par Louis Gallois), intitulé « L’Allemagne : un modèle, mais pour qui? ». Il ne s’agit pas d’une nouvelle analyse, mais d’une synthèse de travaux récents, avec des sources côté français et côté allemand. Neuf chapitres courts, bien documentés.

Jacqueline Hénard rappelle notamment qu’il y a un peu plus de dix ans, l’Allemagne était considérée comme « l’homme malade de l’Europe »… Qu’il n’y a pas de « modèle allemand », mais des réussites à l’échelle des Lander et des entreprises plus qu’à l’échelle du pays dans son ensemble. Que s’il y a un pays qui a du mal à reproduire le prétendu modèle allemand, c’est… l’Allemagne (dans l’ex-RDA). Que les caractéristiques du système économique allemand s’inscrivent dans l’histoire longue, parfois très longue pour certaines d’entre elles.

Conclusion forte, à laquelle je souscris totalement : quoique l’on pense de l’Allemagne, ce pays n’a pas procédé par imitation d’un modèle quelconque, mais plutôt par analyse de ses forces/faiblesses intrinsèques et mise en oeuvre ensuite de politiques jugées adaptées par les différents gouvernements.

Synthèse pas inutile, donc. Si on veut monter en généralité, on pourrait dire que ce document illustre l’intérêt des analyses en termes de diversité des capitalismes, qui rend stérile toute démarche procédant par tentative d’identification puis de reproduction d’un modèle prétendument supérieur. Il invite plutôt à un travail d’introspection ou, dit autrement, de prise en compte du contexte dans lequel s’inscrit le pays dont on souhaite la transformation : quels sont nos atouts? nos faiblesses? quelles solutions peut-on mettre en oeuvre? Quel est le coût économique ou social de ces solutions? etc.