Les nouvelles Grandes Régions françaises sont toutes petites

Dossier très intéressant et bien documenté d’Alternatives Economiques dans le numéro de novembre, consacré à la réforme territoriale, je vous en recommande vivement la lecture. Bonne synthèse des débats en cours avec les thèses d’Askenazy et Martin, Davezies, Veltz, Frédéric Gilli et moi-même p. 56-59 (les propos de Frédéric Gilli me semblent particulièrement intéressants et complémentaires de ce que l’on raconte avec Michel Grossetti), beaucoup de cartes, statistiques, analyses sur différents sujets, bref, courez l’acheter!

Je cible juste sur un point évoqué page 68, consacré aux budgets des régions, avec des comparaisons entre certaines des nouvelles régions françaises et certaines régions européennes. On peut y lire le budget régional (en milliards d’euros) et la population régionale (en millions de personnes). Je me suis amusé à diviser les deux chiffres, pour avoir une idée de la dépense par habitant de chaque région.

En nombre d’habitants, les régions françaises sont plutôt grandes :

populationMais si l’on regarde le budget par habitant, ce sont des naines, elles restent entre 5 et 10 fois plus petites que leurs homologues européennes  :

budgetSi l’on considère que l’échelon régional est un bon échelon pour assurer le développement économique de la France, je ne sais pas vous, mais je crois que c’est moins le nombre d’habitants qui compte, que les moyens financiers dévolus afin d’assurer les missions confiées.

En dépit des apparences, la France reste un pays très jacobin…

Territoires : une France coupée en deux ?

« Territoires : une France coupée en deux ? » C’est le titre d’un dossier du numéro de décembre 2014 d’Alternatives Economiques, accessible ici (€) ou en kiosque (p. 34-37).

Y sont présentées les thèses de Laurent Davezies et Thierry Pech, d’une part, et celles de Christophe Guilluy, d’autre part. Ainsi que les critiques de ces deux  thèses : la critique que Michel Grossetti et moi-même avons adressée au travail de Davezies/Pech ; la critique d’Eric Charmes et celle de Violaine Girard, adressées aux travaux de Guilluy.

Dossier très bien fait, je trouve, signé de Vincent Grimault et Xavier Molénat, qui conclut à l’importance de ce débat « si on veut éviter d’aggraver les difficultés du pays au lieu de les réduire à l’occasion de la réforme territoriale ».