Aux racines du déclin industriel

Débat intéressant ce matin sur France Culture, avec Benjamin Coriat, professeur à Paris 13, en invité. Philippe Manière dit pas mal de bêtises sur la fin (la Sillicon Valley est née de manière « naturelle », « spontanée »), mais Benjamin Coriat lui a répondu efficacement.

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11 commentaires sur “Aux racines du déclin industriel

  1. Excellent débat sur la situation de l’industrie en France – 30 ans de dés-industrialisation! Excellent, non par les solutions, car je crois qu’il n’y en a pas ou du moins qu’elles ne peuvent pas venir d’un démiurge organisateur, mais par l’exposé de toutes les connaissances et multiples facteurs sociaux qui interviennent dans l’industrialisation. Comme toujours, on assiste à l’éternelle opposition entre étatisme, dirigisme, interventionnisme, colbertisme (Benjamin Coriat) et libéralisme, liberté des entreprises, main invisible du marché, (Philppe Manière, curieusement jamais filmé). Comme à son habitude, Brice Couturier a eu le talent de pointer un grand nombre de facteurs d’influence, – et il y en a sûrement une multitude d’autres – ce qui démontre l’extrême complexité de l’économie et de la société et l’impossibilité de l’organisée par un démiurge centralisateur. Coriat en économiste keynesien prone de revenir au plan avec ses grands projets tandis que Manière, en économiste Hayekien, prone la thèse de la liberté d’entreprise et du marché.

    Il est bon de lire ou relire de Hayek son discours lors de sa réception du prix Nobel d’économie en 1974 http://www.scribd.com/doc/10325489/A-FreeMarket-Monetary-System-and-The-Pretense-of-Knowledge

    Et aussi « la théorie des phénomènes complexes » http://www.douban.com/note/134092925/

  2. Je n’ai pas compris qui disait des bêtises. Parce que, d’un point de vue d’ingénieur, j’ai tendance à croire que si l’état déverse quelques centaines de milliards sur un territoire de taille réduite, il y a de fortes chances pour qu’on obtienne un résultat en terme de création d’entreprises… On peut s’étriper pour déterminer si on aurait pu obtenir ce même résultat sans intervention de l’état, mais les entreprises existent. En France, on a je crois la même chose via le programme nucléaire militaire dont les budgets ont permis l’apparition d’Areva, par exemple. Comme c’est le seul exemple de programme gouvernemental à budget infini que je connaisse, je vous laisse le soin d’en trouver d’autres.

  3. Silicon Valley, cf. survey The Economist 29/3/97,
    facteurs de réussite identifiés par les analystes classiques et gouvernementaux :
    . size and flexibility of its labour pool
    . breath of network suppliers
    . access to venture capital
    . excellence of education facilities and research institutions
    en plus (selon The Economist)
    culture
    tolerance of failure
    tolerance of treachery (walk out/new companies)
    risk seeking
    reinvestment in the community
    enthusiasm for change
    promotion on merit (versus seniority)
    obsession with the product (cool idea)
    collaboration
    variety
    anybody can play : tolerance to women and immigants
    greed cluster
    business environment
    opportunity
    simplicity
    finance
    service (availability)
    tax structure (California/capital gains)
    stock options
    dynamics of social networks
    main siliconesque regions : Seattle (Microsoft), Austin, Silicon Glen (Scotland), Cambridge and the Thames Valley (England), Bangalore, Israel, Manhattan, Hinshu Science Park (Taipei), Irvine? (projet en Malaisie, Sophia Antipolis n’est pas citée si ce n’est en souriant)

  4. Débat moyen, caricatural comme souvent avec pas mal d’erreurs factuels de part et d’autre.
    après que beaucoup d’économistes nous ont expliqué qu’il n’y a pas de désindustrialisation en France, les voilà qui reviennent un peu à la réalité pour commencer à admettre le phénomène. lequel est certainement complexe mais à la portée quand même d’un universitaire. c’est une conjonction de problèmes de financement, marges, ressources humaines, environnement administratravo-fiscal, culturel et d’ambition politique. On connait chacune de nos faiblesses dans ces domaines.
    Le pire, c’est Michel Sapin (ce matin sur FC), ministre de son état, qui admet enfin la faiblesse des marges de l’industrie (juste devant la Grèce) mais qui cherche un moyen de cibler ce secteur pour lui « dispenser des aides » sans que d’autres non exposés à la concurrence internationale en profitent. Discours atterrant qui promet de belles machines à gaz.

    • il faudrait voir à argumenter sur les « erreurs factuels de part et d’autre », plus généralement sur l’ensemble de vos propos, sinon, cela ressemble à des arguments d’autorité, je ne vois pas en quoi ce que vous dites est moins « moyen » ou « caricatural ».

      • Il reste, au delà de votre critique très juste, que le déni de la désindustrialisation a été le fait de nombreux économistes. Le phénomène est certes très complexe à cerner mais il n’en est pas moins vrai que nous sommes de moins en moins présents sur les chaines de valeur des produits d’aujourd’hui et de demain (vrai argument d’autorité mais il vous sera très difficile de me prouver le contraire).
        J’apprécie énormément la lecture de vos billets et votre rigueur intellectuelle. j’ai un reproche toutefois. Il me semble que beaucoup d’économistes sont devenus de super statisticiens avec toutes les limites de l’outil et aussi celle de la nature des données collectées (par d’autres, essentiellement les administrations) .
        Imaginons que demain vous obteniez des crédits pour suivre avec vos étudiants quelques dizaines d’entreprises -voire quelques administrations- du Poitou-Charentes de différentes tailles et secteurs. Vous essaieriez d’analyser leurs stratégies, décisions, contraintes, environnements..Je suis persuadé qu’à l’issue vous verrez les choses différemment d’aujourd’hui..Il est très instructif d’observer à 10 000 m d’altitude et cela est nécessaire. mais loin d’être suffisant si on ne prend pas la peine d’atterrir.
        Ne vous méprenez pas sur mon ton. Je n’ai absolument rien à vous apprendre et je ne suis absolument pas qualifié pour vous donner la moindre leçon. Permettez juste une observation de quelqu’un qui ne retrouve pas dans le discours des économistes actuels qu’il apprécie la description d’évènements qu’il vit au raz de son expérience quotidienne professionnelle et qui lui semblent significatifs.

        • * sur la désindustrialisation, j’avais posté ce billet qui permet de faire le point de manière sérieuse je pense : http://blogs.univ-poitiers.fr/o-bouba-olga/?p=462
          * sur le fait que certains économistes soient devenus de super-statisticiens et ne fassent pas assez de terrain, je suis plutôt d’accord. Mais ce n’est pas mon cas! Inutile d’imaginer que j’obtienne des crédits pour suivre des entreprises et des administrations : c’est le cas depuis pas mal d’années. Plusieurs études sont accessibles ici, nous faisons à chaque fois un gros travail de terrain : http://crief.labo.univ-poitiers.fr/spip.php?rubrique36
          * Sur tous les territoires analysés, le problème n’est pas celui d’une disparition de l’industrie, mais de transformations parfois fortes, avec des problématiques spécifiques à traiter.

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