4 minutes

C’est le temps que j’ai tenu à écouter not’président interrogé par Jean-Pierre Pernaut. Faut dire que ça a commencé fort
: interview d’une jeune diplômée d’école de commerce (ESG), domaine marketing-communication, qui est au chômage. Elle explique que les bac+5 se font piquer les postes par les bac+2. Jean-Pierre
Pernaud indique que le chômage des jeunes est un fléau, « 1 jeune sur 4 est au chômage ». Not’Président acquiesce. En toile de fond, le taux de chômage des jeunes apparaît : 23,8% de chômeurs. Pas
loin de 25%, 1 jeune sur 4, donc. Il expique que c’est la faute aux 35 heures. Ca s’explique aussi, nous dit-il, par le fait que les formations universitaires sont trop éloignées des besoins des
entreprises (je rappelle que la jeune femme a fait l’ESG…). Quatre conneries inepties en 4 minutes, je me suis dis que ça suffisait. Je vous
laisse jouer au jeu des 4 erreurs…

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11 commentaires sur “4 minutes

  1. Cher Maître Bouba-Olga,
    Quelle naïveté malgré ton brio habituel !
    Pour ce qui me concerne, je me doutais bien que ce serait un ramassis de c… J’ai donc renoncé dès le départ, ai conduit mon fils au solfège et écouté Franz Ferdinand en l’attendant.
    En rentrant tout à l’heure, j’ai eu quelques scrupules en me disant que peut-être, j’aurais dû… ouf ! J’ai fait le bon choix !

  2. C’est bête, j’expliquais précisement justement les mauvaises lectures du taux de chômage à mes élèves de seconde à l’aide de l’exemple des « 25% de jeunes, 1 jeune sur 4 ». Ils comprennent très bien.
    Dommage que, l’année prochaine, le chômage disparaisse des programmes…

  3. Je me rapelle d’un cours sur la croissance, qui expliquait que ce qui était le plus corrélé avec le taux de chomage, c’était le niveau du diplome et que les bac+5 pouvaient prendre la place des
    bac+2 (et être plus productifs/porteurs de croissance à ce poste qu’un « simple » bac+2).

    J’ai du mal à imaginer comment des bac+2 peuvent prendre la place de bac+5 par contre.

  4. J’ai du mal a voir 4 erreurs. 

    Par contre je ne comprends pas ce que veux dire bac+5.  Est ce un certificat d’endurance? 

    Quand a l’ESG, option Marketing-Communication (?) ca doit etre une de ces etoiles de la galaxie des innombrables ecoles de commerce qui poussent comme des champignons, ne proposent rien de
    particulier et ne debouchent sur pas grand chose.  Je me trompe?

  5. Bonjour,
    Après quelques recherches sur divers sites, je crois avoir trouvé une des erreurs soulevées par notre hôte. Comme Olivier  a pu l’écrire dans un de ses commentaires, le taux de chômage des
    jeunes (chômeurs de 15-24 ans) / (chômeurs + actifs occupés)  est avant tout un problème de division. Si ce taux est élevé c’est parce que le dénominateur ( population active) est faible. En
    effet peu de jeunes de 15-24 ans sont actifs c’est à dire travaillent  ou recherchent un emploi. Fort heureusement dans ce créneau d’âge on pense à faire des études.
    En prenant en compte les quelques millions d’élèves et d’étudiants ce taux que l’insee appelle la part des jeunes au chômage on tombe à : (chômeurs) / (chômeurs + actifs occupés + élèves et
    étudiants) = 7
    Voir site insee : http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPTEF03310
    Bien cordialement
    Thierry

  6. Le lien entre fort taux de chômage des jeunes dont je rappelle qu’il n’est pas un  bon indicateur et les  35H est une stupidité absolue. Pour  les raisons déjà évoquées plus haut le
    taux de chômage des jeunes a toujours été important et en tous cas largement supérieur au taux de chômage moyen (voir statistiques longues de l’insee :
    http://www.insee.fr/fr/ffc/figure/NATCCF03338.xls ). Celà n’a rien à voir avec les 35H.

    Concernant la pauvre chômeuse sortie d’une école de commerce, deux remarques :
    – le taux de chômage de sa catégorie est de 4.7 % (diplôme > bac +2) soit un taux largement inférieur au taux de chômage moyen.  Sa situation est sans doute inconfortable mais elle ne sera
    que transitoire contrairement aus personnes non qualifiées.

    – le taux de chômage des personnes qui ont un diplôme > à bac plus 3 est certes plus élevés que ceux de bac +2  selon l’insee
    5http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon03345° mais pas de beaucoup ( 4.7 % contre 4.3 %). Je crois que cet écart est trop faible pour en conclure que les bac + 2
    piquent le boulot des diplômés à bac +5.

  7. La remarque de Thierry montre bien que la maniere dont le taux de chomage est calculée depend de ce que vous voulez demontrer. 

    Par exemple, en prenant sa facon de calculer le chomage des jeunes, on divise le chomage des vieux egalement, mais ca personne ne le fait.  Il ne lui vient d’ailleurs pas a l’idée qu’une bonne
    partie de la population jeune scolarisée dans des formations non qualifiante n’est tout simplement la que de maniere a ce qu’ils ne soient pas au chomage.  Mais on peut toujours se satisfaire
    de savoir que la France forme la moitié des philosophes Européens et autre AES ou Histoire de l’Art.

    Quand au 35h (payées 39) il est clair qu’elles n’ont rien a voir avec le chomage des jeunes dans les faits, mais dans l’esprit cela me parait assez evident que oui. 
    La France est un pays corporatiste ou l’on cherche a bétonner les « statuts » de ceux qui en ont un au detriment de ceux qui n’en ont pas. 

    Dans ce sens, offrir les 35h, payés 39 a des employés proteges qui beneficient aussi de la retraite a 50, 55 ou 60 ans payée comme a 65 a un cout qui doit bien etre supporté par ceux qui n’en
    beneficient pas:  les non proteges de facto ou de jure, les jeunes, les mal formés, ceux avec un faible capital economique, social et intellectuel.

    Et si on calculait le taux de chomage en employant comme denominateur le nombre de ceux qui effectivement risquent le chomage et non sur l’ensemble de la population active, dont un gros 2/3 ne le
    risque pas?

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  8. Je réagis à la remarque de Merlin qui me semble tout sauf enchanteresse.
    Tout d’abord il faut savoir que l’ESG est une école de commerce qui se situe dans la moyenne des écoles de commerce françaises puisque 18ème : http://www.letudiant.fr/palmares/classement-esc/fiche/ecole-superieure-de-gestion-6835.html, en
    aucun cas ce n’est une école telle que vous la décrivez.

    Bien évidemment il existe différentes façons de comptabiliser le chomage, toutes ne sont pas aussi révélatrices mais l’essentiel est de se tenir à un indicateur et de suivre plus que son niveau,
    son évolution.
    A la différence des personnes moins jeunes (je préfère ce terme à celui de vieux), les jeunes, (jusqu’à 25 ans voir plus) ont le choix entre se former en étudiant ou travailler. Ce
    n’est pas le choix qu’ont les personnes moins jeunes. Pour elles, il faut travailler et si elles ne travaillent pas il est normal qu’elles soient considérées comme au chômage donc
    comptabilisées. Pour les jeunes par contre le problème se pose. Peut on considérer que des jeunes étudiant sont au chomage car ne travaillant pas. On va dans ce sens vers une mis au ban des
    études qui serait dramatique. Le débat que vous soulevez quant aux formations dispensées en France est un autre débat qui est lui aussi très intéressant mais n’a pas sa place ici.

    Les deux derniers paragraphes (35h et taux de chômage) ne me semblent meme pas digne d’être commentés. J’espère que vous essayez la provocation et ne pensez pas sérieusment vos propos. Je
    pense que votre place se trouve sur le zinc d’un bar à expliquer vos points de vue à des gens qui n’attendent que cela mais pas sur le site d’un économiste sérieux. 

  9. M. Nicolas,

    Le taux de chomage des jeunes est calculé suivant une methodologie standardisée.  Suivant l’INSEE il est en France en 2008 de 19%.

    http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPTEF03310

    Il ne doit pas etre confondu avec la proportion des jeunes au chomage, qui toujours selon l’INSEE est en France en 2007 de 7%.  D’une maniere generale notre taux de chomage, et dans une
    moindre proportion, notre proportion des jeunes au chomage, est dans le premier quartile en Europe.

    Vous avez raison mon commentaire aurait gagné a etre « édité ». 

    Votre remarque sur le taux de chomage des « moins jeunes » (soyons absoliument PC) montre que vous ignorez comment celui ci est calculé. En effet il y a un grand nombre d’adultes qui ne sont ni en
    activité, ni au chomage.  Il peuvent etre rentier, entretenu, decouragé ou faire des études.

    Si nous calculions donc une proportion des adultes au chomage (et non un taux), elle serait d’environ 6%. 

    Quand a la remarque de calculer le taux de chomage en utilisant comme denominateur uniquement la partie de la population active susceptible d’etre au chomage, son merite n’est pas dans la
    discussion de café du Commerce que je prefere avec un coup de blanc, elle ferais simplement apparaitre qu’une fraction de la population Francaise vit dans une grande precarité et une grande
    incertitude du lendemain. 
    Dire ensuite que c’est le résultat d’une situation institutionelle qui favorise et satisfait la grande majorité des votants ne me parait pas relever de la provocation mais du bon sens. 

    Sans qu’il y ait nécéssairement causalité, je ne peux m’empecher de remarquer que durant les 30 glorieuses, on travaillait 50h, on partait a la retraite a 65ans, apres souvent avoir commencé a 14
    ou 15 ans les charges sociales etaient 1/3 plus basses et le SMIC 2 fois plus bas.  On ne parlait pas de chomage des jeunes ou de chomage des vieux.  Je remarque que le developpement de
    la societe Francaise a rendu la transformation du travail en emploi plus difficile; peut etre parce que l’effort de formation n’est pas a la hauteur ou est mal ciblé.  Quiqu’il en soit dire
    que ce sont les jeunes et les mal lotis sociaux qui en souffrent est un truisme.

    Je m’excuse d’avoir troublé la qualité du site d’un économiste sérieux.  Mais pour moi les economistes sont comme les dentistes (j’ai deja entendu cela quelque part).  Des professionels;
    dans ce cas de l’analyse de phenomenes sociaux dont j’attends essentiellement la précision dans les faits la riguer dans l’etude des options possible, la prudence dans l’opinion, plutot que des
    remarques a caractere tendancieux.

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