Délocalisons de la Chine vers les Etats-Unis…

Via Econoclaste, je découvre cette étude intéressante de
McKinsey
, montrant que délocaliser la production (en l’occurrence des Etats-Unis vers l’Asie) pour des produits de technologie moyenne n’est plus rentable aujourd’hui, alors que ça l’était
encore il y a quelques années. En cause, l’augmentation des salaires, la baisse du dollar et l’augmentation des coûts de transport, en lien avec l’accroissement du prix du pétrole.

Sur l’accroissement des salaires, on trouve ce graphique dans le doc :



Vous noterez notamment que la Chine est maintenant très proche du Mexique… Vu des Etats-Unis, on comprend que le choix entre Offshore
(Chine) et Nearshore (Mexique) puisse être à réviser.

On a cet autre graphique, qui se focalise sur l’avantage de produire un serveur milieu de gamme en Asie plutôt qu’aux Etats-Unis, quand on
raisonne en coût complet (j’avais parlé des coûts complets ici par exemple) :



En 2003 (partie gauche du graphique), on voit que produire en Asie permet d’économiser 100 en termes de coût du travail, mais on perd 7
sur le fret, ou encore 5 sur ce qu’ils appellent les coûts cachés, etc…, si bien qu’au total, on gagnait 64. Aujourd’hui, McKinsey estime qu’on perd 16…

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10 commentaires sur “Délocalisons de la Chine vers les Etats-Unis…

  1. « la baisse du dollar et l’augmentation des coûts de transport, en lien avec l’accroissement du prix du pétrole »

    Je me demande ce que vaut un graphique estimant l’évolution du change EUR/USD et le prix du pétrole, tout deux très volatiles.

    L’EUR/USD était à 1.60 en début juillet et à 1.42 aujourd’hui 5 septembre. C’est plus de 10% de variation pour des estimations qui évoluent de moins de 10% par an…

    N’importe quel statisticien se gausserait (si j’ose dire) d’une telle arnaque intellectuelle.

  2. Le dollar a peut-être baissé, mais les salaires chinois, eux, continuent à augmenter. Quant au pétrole, sa tendance sur le long terme est à la hausse étant donné la raréfaction de la ressource.

  3. @ Ika :  McKinsey décompose les coûts en coûts directs et autres coûts. Les coûts directs comprennent coût du travail et coût de transport. Direct cost savings, c’est ce que l’on économise en coûts directs en se localisant en Asie plutôt qu’aux Etats-Unis. Sur le graphique, c’est la somme des trois lignes supérieures.

  4. Discussion l’an dernier, sur le marché de Lavaur (Tarn) où je voulais acheter des couteaux made in France : « Bin ma pauvre dame, y en a plus beaucoup, faut vous dépêcher…. Mais je comprends pas à quoi ça sert d’aller les faire en Chine puisque le consommateur, il les achète toujours au même prix ! Celui-là qui est fabriqué en France, je vous le vends 3 euros, celui qui est fabriqué en Chine, je vous le vends aussi 3 euros sinon j’y gagne rien non plus. »

  5. j’utilise régulièrement l’étude McKinsey pour remonter le moral des troupes et montrer que rien n’est inéluctable.Le seul détail qui me chagrine toujours (mais avec un sourire complice), c’est qu’on sent quand même l’étude de boite de conseil pour vendre des missions en élimination des coûts cachés (…en croisant les doigts pour que les Chinois ne fassent pas pareil :-))

  6. Rassurons-nous : au moindre signe d’amélioration de la compétitivité en France, vous pouvez compter sur d’immédiates initiatives fiscales pour remettre le coût du travail à un niveau flatteur pour les français, c’est à dire, parmi les plus élevés du monde.Franchement, qui pourrait être assez con pour investir dans la production industrielle dans un pays qui invente douze nouveaux prélèvements fiscaux par an ?

  7. Il paraîtrait donc que délocaliser la production des USA
    vers l’Asie pour les produits de technologie moyenne ne serait plus très rentable
    … parce que la hausse prévue des salaires asiatiques, parce que l’augmentation
    constatée des coûts de transport et du prix du pétrole, parce que la baisse du
    dollar réduiraient l’opportunité en gain de coûts complets de production.

    Nonobstant la conclusion implicite et rassurante de possible
    relocalisation à proximité (en réalité « une délocalisation rapprochée »,
    en l’occurrence au Mexique dans l’étude Mc Kinsey citée), on peut remarquer que
    cette étude s’inscrit en dehors du champ de la nouvelle théorie du commerce
    international développée depuis plusieurs années par Paul Krugman.
    Il semblerait que sa double approche par les rendements
    croissants et par la concurrence imparfaite apporterait un peu de nouveauté et
    de perspectives au débat érodé sur les Tristes Tropiques de la mondialisation …
    parce que sinon certains en viendraient presque à se féliciter de relocaliser vers
    le Mexique les précédentes délocalisations vers la Chine, isn’t it ? Et
    pourquoi, au fait ?
    Peut être parce que même si le libre échange n’est plus en
    odeur de sainteté depuis plus d’une décennie, les thèses protectionnistes des
    partisans des politiques commerciales peinent encore à trouver une
    argumentation rhétorique et théorique dans le contexte de durcissement
    politique mondial. Alors au fonds si le marché se chargeait seul de corriger les
    dérives libre-échangistes, hein ? Moyennant quoi on revient toujours à
    cette sacrée compétitivité et comme on ne sait plus à quel saint se vouer, on en
    viendrait presque à s’inventer un « deus ex machina », une « main
    invisible providentielle » ou un fabuleux « coup de poker » qui
    associeraient le hausse du prix de l’énergie et la baisse du dollar pour
    renverser l’inéluctable … Et comble de chance, cela tombe pile en plein marasme
    bancaire et immobilier aux USA !

    Et pourtant, Krugman a démontré depuis prés de 10 ans que le
    commerce international impacte très peu l’économie américaine, son marché du
    travail et sa croissance et que c’est plutôt la politique économique de l’Etat,
    la politique monétaire de la FED et la recomposition de l’outil de production du fait des progrès techniques qui
    engendreraient les grands déséquilibres économiques et sociaux dont on accablerait
    à tort la mondialisation.

    So what ?

  8. A propos de vos différentes approches des localisations et en écho à  votre invitation à laquelle je ne pourrais malheureusement pas me rendreje vous prie de bien vouloir trouver sur mon site <www.ecritures-et-societe.com>  sous le titre « localisations des activités et coûts comparatifs »  un papier publié en  été 2005 par « Passages »et qui date donc un peumais dont les deux idées directrices majeures (1-  la concurrence est une concurrence prix désormais, non seulement sur les biens de main d’oeuvre, mais sur quasiment tous les produits ; 2 – par des pays qui – à la différence des anciens capitalismes d’occident –  font l’essentiel de leur expansion sur les marchés extérieurs, en freinant au maximum leur élévation de niveau de vie interne pour maintenir leurs coûts au plus bas) me semblent, hélas, globalement  vérifiées.ceci est encore plus un constat de gestionnaire qu’une approche d’analyste ( j’ai vécu pour ma part notamment le textile, la sidérurgie, l’agro-alientare qui tous été ..gâtés) …)  Des cas particuliers différents peuvent néanmoins se produire…BAV

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