Les jeunes et la mondialisation

Etude  intéressante de la Fondation pour l’Innovation Politique intitulée « les jeunesses face à leur avenir », sur la base  d’une enquête auprès de 20 000 personnes de 17 pays. Je me concentre sur un seul point, l’attitude des jeunes interrogés vis-à-vis de la mondialisation.

On demande aux personnes de se situer sur une échelle de 1 à 7 par rapport à deux propositions polaires :
* proposition A (1) : je suis pour le libre-échange et la concurrence mondiale
* proposition B (7) : je suis pour la protection de l’industrie nationale
On compte ensuite la part des réponses 6 et 7 (très proches de B donc), dans l’ensemble des réponses.

Le tableau page 28 du document nous apprend alors que les danois sont les plus libre-échangistes, avec 6,7% de réponses 6 et 7, suivis par les suédois (12,5%). A l’autre extrême, trois pays se distinguent : la Russie (31,3%), l’Estonie (28,0%) et la France (28,0%).

Autre résultat, repris dans le dossier de l’Express consacré à cette enquête : à la question « la mondialisation vous apporte-t-elle de nouvelles opportunités? », les jeunes français arrivent bons derniers, avec un score de 20% (voir graphique p. 7).

Je vous laisse découvrir les résultats aux autres questions. Sont pas très optimistes, les petits français…

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13 commentaires sur “Les jeunes et la mondialisation

  1. Cette étude est le véritable échec de sarkosi, le petit gros à la rolex, il est abandonné par les jeunes… car ils ne croient plus dans ses promesses, ils sont donc moins bernés que les médias le laissent entendre.Ce qui est inquiétant, c’est le résultat concernant la solidarité des jeunes par rapport aux personnes agées dans une France vieillissante…Cela pourraient devenir une guerre des générations. Pour le moment,  une partie des personnes agées possèdent une partie des richesses et votent à droite mais, mais…Qu’en pensez-vous ?Bonne Année 2008

  2. N’est ce pas plutôt à prendre comme un méfiance vis à vis de la capcaité de  l’économie française à profiter de la mondialisation?Ce qui serait plutôt à mon avis plus du réalisme qu’autre chose.

  3. J’ai eu l’idée de faire moi aussi un billet sur cette étude que j’ai eu sous la main au format papier hier. Je retiendrai surtout que si la jeunesse française est pessimiste, la jeunesse russe, quant à elle, semble fort bien s’accomoder d’une société individualiste : ils sont les premiers à croire qu’avoir plus d’argent est une condition nécessaire pour mener une bonne vie, et en même temps leur idéal semble être l’indivualisation de la société…Par rapport à la remarque de Madeleine, j’avoue que le résultat de la France pour la solidarité me laisse perplexe. Soit nos petits Français n’ont rien compris au principe de la répartition (pas très grave, on soigne cela avec quelques cours d’économie), soit ils rejettent ce lien intergénérationnel (beaucoup plus grave cette maladie, nécessite un traitement de choc…).

  4. une fois de plus, je trouve les choix de l’étude (qui devrait s’appeler sondage) idiote tant on peut être pour les deux extrêmes!un exemple:les états unis glorifie le libre échange et la concurrence tout en étant les plus protectionnistes! que devaient répondre les jeunes américains alors!?en outre, on peut être pour le libre échange dans certains secteurs tout en voulant en protéger d’autres à valeur universelle comme ceux que Sarko privatise à tout va!Enfin, être contre une certaine concurrence, ça n’est pas forcément dans l’objectif de protéger l’industrie nationale!bref une étude qui n’a pas de sens!

  5. @ enzo : quand on balance entre les deux, on pouvait répondre 4 ou 5. Lisez l’interprétation des résultats, vous verrez qu’on apprend des choses intéressantes. Regardez par exemple la p. 27 qui synthétise les résultats du tableau p. 28.

  6. Raphaël DIDIER a écrit : « Par rapport à la remarque de Madeleine, j’avoue que le résultat de la France pour la solidarité me laisse perplexe. Soit nos petits Français n’ont rien compris au principe de la répartition (pas très grave, on soigne cela avec quelques cours d’économie), soit ils rejettent ce lien intergénérationnel (beaucoup plus grave cette maladie, nécessite un traitement de choc…). »Un mix des deux explications me parait probable :- Il y en effet un décalage entre la manière dont le système social français est présenté (généreux, ambitueux et à réformer) et de l’autre la réalité de ce filet de solidarité… Ou les trous sont plus grands que les mailles. Je ne citerai que mon expérience personnelle : j’ai attendu 11 (onze) mois entre ma demande de RMI et le premier virement sur mon compte. Un temps suffisant pour devenir plus d’une fois SDF.- Le clivage générationnel des dernières élections présidentielles pourrait également expliquer une suspicion généralisée sur tous les vieux, premiers supporters de notre élu national actuel. Qui dit manque de confiance, dit désintérêt pour la solidarité…

  7. Il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’avoir étudié en français est un handicap dans un monde qui, ayant besoin de communiquer, exclut ceux incapables de pratiquer avec aisance la langue des affaires en toutes circonstances.Il n’est nul besoin d’être grand clerc pour comprendre que les prétentions démagogiques de la France sur la scène politique internationale desservent les jeunes français dont la nation est méprisée, haïe, ou simplement objet de sarcasmes dans bien plus d’endroits de par le monde que, mettons, la Balgique.Il n’est pas davantage besoin d’être grand clerc pour constater que les importants particularismes des sciences sociales telles qu’enseignées en France handicapent ceux qui les étudients de la même manière que les étudiants de l’ex-union soviétiques n’avaient nulle chance de s’insérer par leurs seules études dans une économie libre et mondialisée.Ainsi comprend-on pourquoi, au sommet des classements mondiaux, on trouve plus de sportifs français que de cadres dirigeants français. Sur ce point, la France est infiniment plus comparable à l’Afrique qu’elle ne l’est à l’Angleterre ou à l’Inde, par exemple.

  8. « quand on balance entre les deux, on pouvait répondre 4 ou 5″et si « être contre une certaine concurrence, ça n’est pas forcément dans l’objectif de protéger l’industrie nationale », on réponds quoi?effectivement il y a des choses interessantes, mais si l’on s’en tient aux deux propositions du post, c’est réducteur je trouve.

  9. @Madeleine: « Pour le moment, une partie des personnes agées possèdent une partie des richesses et votent à droite mais, mais… » …mais j’ai bien peur que cette tendance ne fasse que s’accentuer avec les mesures Sarkozy d’allègement des impôts pour les plus fortunés, en particulier l’impôt sur les successions : avec la hausse de l’espérance de vie, de plus en plus de gens héritent après leur départ à la retraite, alors qu’ils n’ont plus besoin de cet argent pour financer de véritables projets de vie ou d’entreprise. La concentration des richesses aux mains des plus âgés va s’accentuer, est-ce que les plus jeunes vont en plus accepter de se tuer à la tâche pour leur payer des pensions mirobolantes qu’eux ne toucheront jamais ? Rien n’est moins sûr…@Libéroïdal: « les importants particularismes des sciences sociales telles qu’enseignées en France » ? De quoi parlez-vous ? Seuls les étudiants en sciences sociales étudient réellement les sciences sociales en France, faudrait pas s’imaginer que les étuidiants de la filière S qui vont ensuite faire les écoles les plus prestigieuses aient retenu quoi que ce soit des quelques heures de cours qu’ils ont reçu en classe de seconde…. Et en parlant de ces écoles, ce ne serait pas plutôt là, justement, que le bât blesse ? Un élitisme à courte vue incite les meilleurs à entrer dans des classes préparatoires pour concourir à l’entrée d’une multitude de minuscules « grandes » écoles, certes très côtées au niveau français, mais si petites qu’elles sont ignorées au niveau international. Comment voulez-vous que l’Ecole Polytechnique et ses 1660 étudiants (thésards inclus) puisse se comparer aux 20000 étudiants de Harvard ou aux 10000 du MIT ? Ne parlons pas des ENS avec leurs malheureuses promos de 100 élèves… et tout ça qui s’organise ensuite en réseaux d’anciens pour truster les places les plus élevées dans la hiérarchie des grandes entreprises françaises sans tenir compte du mérite souvent plus grand de personnes qui ont gravi les échelons à la sueur de leur front : il n’est pas plutôt là, le malaise ?Après, je suis d’accord avec vous que l’enseignement des langues étrangères est une cata en France ; mais c’est un débat bien plus vaste, et il est fortement lié à une mentalité nostalgique d’un passé de puissance coloniale de premier plan, et la politique de francophonie n’est qu’un avatar de cette mentalité.

  10. « Comment voulez-vous que l’Ecole Polytechnique et ses 1660 étudiants (thésards inclus) puisse se comparer aux 20000 étudiants de Harvard ou aux 10000 du MIT ? »Je suis bien d’accord avec vous. Mais poussons le raisonnement à son terme : est-ce prétendre à l’excellence que faire ses études dans des écoles aussi petites qua Polytechnique ou autres ? Or, qui d’autre que l’excellence a clairement à gagner à la mondialisation ?Postulons de surcroit que le sondage nomme en guise d’étudiants « français » les étudiants français étudiant en France, donc, dans de très petites écoles ou universités à l’échelle mondiale (la loi interdisant notamment à une université privée de grande ambition de s’implanter en France, monopole du service public oblige) et le résultat s’explique : comme dans de nombreux autres pays sous-developpés, l’élite des jeunes français étudie hors de France, faute de pouvoir trouver en France d’études à la hauteur de ses possibilités : non pas par la stupidité des enseignants, mais simplement par la caractère trop national de l’enseignement supérieur français.

  11. «  soit ils rejettent ce lien intergénérationnel (beaucoup plus grave cette maladie, nécessite un traitement de choc…). »A votre avis pourquoi il y a rejet ? Ne serait ce pas car le mot de solidarité est utilisé a l envers ?Pour maintenir un niveau de vie eleve a une classe d age et en reportant sur une autre tous les problemes (chomage, pas de perspectives professionelles, vie chere, deficit bugetaire qu il faudra bien en jour combler …)Meme si j en serai la victime vu mon age, j espere bien que quand les jeunes francais actuel seront au pouvoir (ce qui arrivera tot ou tard) ils presenteront la note.Apres tout, lors de l ecroulement de l URSS, ce sont les vieux qui ont payes l addition, pourquoi pas en FrancePour le reste, je crois que comme dans l article de l express, le mieux pour la nouvelle generation est de s exiler et de laisser le bateau couler de lui meme

  12. > liberoidal: « comme dans de nombreux autres pays sous-developpés, l’élite des jeunes français étudie hors de France, faute de pouvoir trouver en France d’études à la hauteur de ses possibilités ».De quelles elites parlez vous ? La plupart des cadres superieurs en France ont ete entierement formes en France, dans le cadre des GE. De plus, je ne vois pas tres bien ce que « trouver en France des etudes a la hauteur de ses possibilites » veut dire. Il y a largement de quoi satisfaire un besoin d’education de haut niveau en France pour ceux qui en ont les moyens (financiers, etc…). J’ai plutot l’impression que tout ca tient du principe « l’herbe est plus verte ailleurs ». Les tenants et aboutissants de la formation en superieur en France me semblent un peu trop complexes pour etre resumes a l’emporte piece telle que vous le faites.

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