La pizza, le pneu et le soutien-gorge…

Quel point commun ? Le département de la Vienne.

* les pizzas, c’est pour le groupe Marie, qui a annoncé hier la suppression de 171 emplois à Mirebeau et à Airvault.
* le pneu, c’est pour le groupe Michelin, dont la direction a été assignée en justice par les syndicats pour obtenir l’annulation d’une restructuration qui a conduit, il y a un an environ, au transfert de l’activité  localisée à Poitiers sur le site de Tours.
* le soutien-gorge, c’est pour l’entreprise Aubade, détenue par le groupe suisse Calida : 180 licenciements et fermeture du site de la Trimouille, délocalisation en Tunisie.

Inutile de vous dire que les réactions des politiques fusent. Je me concentre sur Aubade, quelques extraits :

* Ségolène Royal, présidente du Conseil Régional, propos repris ce matin dans La Nouvelle République du Centre Ouest (10/10/2006, p. 3) : "nous sommes dans un pays de droit, une entreprise qui fait des bénéfices ne peut licencier massivement."
* Alain Fouché, président du Conseil Général : "il faut bloquer cette décision prise trop rapidement et de façon trop autoritaire. Il faut qu’il y ait un moratoire de ces licenciements"
* Jean-François Macaire, premier secrétaire PS de la Vienne, vice-président du Conseil Régional : "le groupe Aubade Calida dont le capital est à 60% d’actions et 40% familial s’inscrit dans la logique de marges et répond certainement à des concentrations d’entreprises toujours plus denses qui créent des situations de quasi-monopole, engendrant des guerres féroces entre ceux qui restent pour se partager la part du marché à quelques uns (…) Nous manquons toutefois d’explications sur la logique de délocalisation d’Aubade vers les pays à faible coût salarial. Qui sera destinataire de ces marges résultant de l’économie de main d’œuvre ? Le consommateur ? Verrons nous demain, dans nos magasins, le prix de vente de cette lingerie de luxe baisser de façon significative ? Nous restons évidemment sans réponse… » (NR, 7 et 8 octobre 2006, p. 3)

Bref, comme le dit le journaliste de la NR, les élus, tous bords confondus, "sont révoltés contre ces licenciements injustifiés car la marque Aubade fait des bénéfices" (NR, 10/10/2006, p.3).

Bon, l’envie m’en démange, mais je ne commente pas plus avant : en effet, hasard de calendrier, une table ronde est organisée à l’Espace Pierre Mendès-France de Poitiers, jeudi 12 octobre, de 18h30 à 20h, à l’occasion de la sortie du numéro spécial de la Revue Economie et Société auquel différents chercheurs de la faculté de sciences économiques de Poitiers ont contribué. Numéro spécial et table ronde intitulés … Globalisation et gouvernances territoriales.

Avec comme participants, outre votre humble serviteur,  Jacques Léonard, directeur du laboratoire de la fac, Jean-François Macaire (cité ci-dessus), Alain Fouché (cité ci-dessus – add : il a décliné et sera remplacé par Jean-Yves Chamard, député UMP de la Vienne), Claude Rouleau (ancien président du Conseil Economique et Social Régional, l’actuel (Pierre Guénand) étant pris par ailleurs). Le tout animé par Marc Dejean, directeur départemental de la NR.

Nul doute qu’il y sera question des affaires Marie et Aubade (il en a déjà été longuement question lors de l’interview que Jacques Léonard et moi-même avons accordée à Marc Dejean, interview à paraître dans la NR demain matin 11 octobre). L’entrée est libre et gratuite (la table ronde s’inscrit dans le cadre de "la fête de la science"), les lecteurs poitevins de mon blog sont cordialement invités. Pour les autres, promis-juré, je reviens avec un billet compte-rendu de la table ronde très vite, puis, dans la foulée, avec un billet sur le cas Aubade.

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8 commentaires sur “La pizza, le pneu et le soutien-gorge…

  1. Sont émotifs, ces pauvres ch’tites politiques. Surtout quand il se rendent compte qu’on vient de leur coller autant de gens sur les bras qui ne vivront plus que de minima sociaux dans 2 ans.Heureusement que la mère Parisot veille au grain : bientôt, plus de vilains licenciements boursiers, plus que de gentilles séparations à l’amiable : une poignée de main et hop!Peut-être même qu’on pourra en profiter pour supprimer toute cette assistance déplacée et coûteuse : un coup de pied au cul et hop, au RMA, sans passer par la case prison, sans toucher les 3000€. Du coup, on peut enfin envisager de mettre fin aux méchantes délocalisations.Prenez une ouvrière expérimentée, qui va peut-être arriver à 1100€ net/mois. Une séparation à l’amiable. On la laisse marner quelques mois dans sa bouse. Et elle sera toute contente de reprendre son job d’avant au prix d’une chinoise!!!CQFDHa ben non, ça marche pas encore, faudrait d’abord convaincre ces ronds de cuir de politicards de faire sauter le SMIC!Aller, ma Lolo, encore un petit effort de rien, et le royaume des cieux va s’ouvrir devant les forces vives du Pays qui comptent tant sur toi!>-((

  2. Pour les étudiants qui débauchaient à 19h, ont foncé sur la route, et qui moins de vingt minutes plus tard, en faisant une marche arrière pour trouver une place, ont préféré abandonner après avoir bousillé le clignotant avant droite d’une bagnole mal garée……y’aurait la possibilité de retrouver cette table ronde enregistrée en audio ou vidéo ? :oDAJCPS : que personne ne s’inquiète. Le éventuel propriétaire de la voiture endommagée a signalé à l’étudiant honteux en question que "c’était pas grave". (Il a peut-être pas bien vu l’avant complètement défoncé.)PPS : on la trouve où, cette revue ?…

  3. @ AJC : il va falloir supprimer les tables rondes d’économie pour réduire les accidents de la route…* je ne pense pas que la table ronde a été enregistrée* la revue est disponible au centre éco et à la bu, peut-être empruntable au centre éco, sinon à consulter sur place.

  4. Rien a voir directement avec le sujet (quoique…les délocalisations)…Mais que pensez vous des thèses développés par Daniel Cohen dans son dernier bouquin ("trois leçons sur la société post industrielle"), par exemple point de désaccords et accords avec ce qui est dit dans les "Nouvelles géographies du Capitalisme"CordialementLB

  5. Ils se fichent pas un peu, mais alors un tout petit peu, de notre goule, les "responsables" politiques en question? Non franchement!Ca fait des années qu’ils se sont eux-même privés des outils politiques et législatifs (contrôle des licenciements, de l’actionnariat etc..) permettant de réguler ce genre de problèmes "structurels" au système capitaliste actuel, et maintenant, ils viennent gueuler??Mais quelle HYPOCRISIE! Moi j’applaudis des deux mains leur indignation, que je partage à 100%, mais une fois au pouvoir, faudrait voirf à se redonner les moyens d’empêcher tout cela. Or personne ne me semble, notamment au PS, avoir pris d’engagement FERME dans ce sens. Les paroles c’est bien, mais quand il s’agit d’actes lorsqu’on est au pouvoir, on ne voit pas venir grand chose. ‘fin je critique les socialistes, mais je ne parlerai même pas de la droite au pouvoir, qui elle soutient carrément et se tappe comme de sa première cigarette, de ce genre de phénomènes. C’est bien pire encore.Pourtant, il y aurait des moyens pour limiter ou empêcher cela. On peut donner plus de pouvoir aux salariés et aux CE, on peut réglementer les licenciements abusifs, et sucrer les modifications ultra libérales qu’a subies le code du travail. On pourrait aussi se doter d’un nombre d’inspecteurs du travail DECENT, alors qu’ils sont si peu.Qu’on ne dise pas qu’on ne peut rien faire, quand on peut et qu’on ne veut rien faire.

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