Pourquoi l’EGE est une (vraie) école

Formation pionnière avec le Master IE de Poitiers (deux formations sœurs issues de la dynamique du cabinet INTELCO), l’Ecole de Guerre Economique (EGE) fête sa vingtième rentrée. Un tel anniversaire est le moment idéal pour analyser ce qui a fait le succès de cet OVNI de l’enseignement supérieur en France et dans le monde. Un sujet que l’on ne peut ignorer quand on travaille sur l’histoire de l’IE « à la française ». Selon nous, la réussite de l’EGE tient avant tout au fait que Christian Harbulot et son équipe ont réussi à en faire une véritable école, c’est-à-dire à articuler (trianguler même), trois éléments clés : une doctrine, une culture et une communauté… Analyse.

Une doctrine tout d’abord, c’est-à-dire un ensemble d’idées qui permettent de forger une conception du monde, de constituer un système d’enseignement et de former des règles de pensée et d’action. Aussi ne choisit-on pas l’Ecole de Guerre Economique par hasard. Faire l’EGE demande, en effet, d’adhérer à l’idée que l’économie est traversée par des rapports de forces et des intérêts de puissance, loin de la vision (volontairement) simpliste de la doxa néo-libérale. Dès lors, l’apprenti EGE doit accepter de remettre en question certaines grilles de lecture et s’aventurer dans l’univers parallèle des échiquiers invisibles.

Une doctrine donc mais aussi une culture, une culture du renseignement bien sûr, mais au-delà, une culture du combat. Une culture qui allie les deux grands courants de la stratégie : la force et la ruse. Un combat loyal, un combat éthique où la victoire ne peut être à n’importe quel prix. Enfin, et surtout, un combat collectif basé sur le réseau, cet effet de levier qui permet d’élever le moi à la puissance nous (pour reprendre la formule de l’économiste de l’université de Poitiers Guy Massé).

Une doctrine, une culture et… une communauté. Et la double culture militaire et militante des deux fondateurs de l’EGE (le Général Pichot-Duclos et Christian Harbulot), n’y est pas étrangère ainsi que le travail de réseau mené par toute l’équipe de direction et l’association des anciens (AEGE). Une communauté si forte qu’elle ressemble désormais à une fraternité d’arme.

On le voit. S’intéresser à la réussite de l’EGE n’a pas seulement un intérêt pour les historiens de l’IE. Il doit venir questionner les responsables éducatifs et politiques sur ce qu’est vraiment une école : une doctrine, une culture, une communauté. Et sur ces écoles qui n’ont (plus) d’école que le nom…

 

Extrait de mon discours prononcé pour les 20 ans de l’EGE, le 22 juin 2017 à l’Ecole Militaire.

Pour en savoir plus : interview de Christian Harbulot sur France 24

 

 

 

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