Interventions de Jorge GOMES PAREIN, France Télévision

Dans le cadre du cours de Management juridique et financier d’une propriété intellectuelle, nous avons bénéficié de deux interventions de Monsieur Jorge Gomes Parein.

Après des études en droit de la communication, M. Gomes Parein a débuté sa carrière dans un cabinet d’avocat spécialisé dans le droit des nouvelles technologies puis a participé à deux start-up l’une dans Internet puis la TV par satellite. M Gomes Parein est ensuite entré dans le groupe France télévision  où il vient de prendre la responsabilité de Data Protection Officer de la filiale, nouvelle fonction imposée par l’entrée en vigueur du RGPD en mai 2018 et ce après avoir occupé les postes de juriste aux Ventes Internationales, puis juriste Senior, puis Responsable SI, et Responsable du Service Opérations.

France télévision est le premier groupe Français audiovisuel en terme d’audience, il s’agit d’un groupe public, détenant les chaînes France 2, France 3, France 4, France 5, France 0, et participant à d’autre projets tels que France TV info ou TV5 monde. Disposant d’une filiale de production propre, de chaînes Youtube, de plateformes VOD…

Monsieur Gomes travaille pour France télévision distribution, filiale commerciale du groupe, en charge de commercialiser et/ou exploiter les droits des différents programmes produits par ou pour les chaînes. Son travail a consisté à assister l’activité commerciale de FTD, puis mettre en place les outils informatiques permettant de gérer ces activités, ensuite de coordonner le service qui exécutait les contrats signés (livraison de matériel, fabrication DVD, gestion logistique) et dernièrement responsable de la mise en place de la conformité au RGPD.

Premièrement, nous sommes partis de la création d’une œuvre pour voir comment naissent les droits qui vont être commercialisés et exploités par la suite (reproduction ou représentation). Expliquer la chaîne des droits : auteur, producteur, coproducteur, éditeur/diffuseur, distributeur/agent, détaillant, téléspectateur/consommateur que différents types de contrats qui les relient. Nous avons abordé les différents business models et leurs aspects financiers. D’autres types de financement sont également possibles grâce à des subventions émanant du CNC, ou aux obligations de financement de la création qui incombent aux des chaînes de télévisions

Nous avons pu comprendre et illustrer l’ensemble de ces aspects au travers d’exemples concrets, comme la nouvelle série diffusée Sur France 2, “Un si grand soleil”.

Pour sa seconde intervention, Monsieur Gomes Parein s’est attardé sur chacun des business models. Il nous a initié aux enjeux propres au métier de distributeur de programmes audiovisuels. Nous avons abordé l’application pratique des principes de la propriété intellectuelle pour calculer les droits associés aux contrats de licensing, aux marques, ainsi que des notions comme le minimum garanti, le pourcentage de recettes, ainsi que les droits de reproduction. Nous avons également pu comprendre les problématiques auxquelles sont confrontés les distributeurs, avec une concurrence de plus en plus directe de la part des nouvelles plateformes de streaming et des services de vidéo à la demande.

Ces deux journées furent très enrichissantes, Monsieur Gomes Parein, a eu la capacité de rendre ses interventions vivantes, et a su favoriser les échanges et le dialogue avec les étudiants. Il a pris à cœur de partager son expérience et son expertise dans le secteur de la distribution avec nous, tout cela dans la bonne humeur !

Par Joachim NATALI, étudiant en M2 MPJ

De la bande dessinée au grand écran : le point de vue de Julien RAPPENEAU

Lors des rencontres internationales de la bande dessinée, nous avons eu la chance de rencontrer le scénariste et réalisateur Julien Rappeneau.

Il a notamment scénarisé les films Largo Winch (1 et 2), 36 Quai des orfèvres ou encore Cloclo.

Les enjeux de cette table ronde étaient de démontrer et d’expliquer le processus d’adaptation d’une œuvre littéraire au cinéma.

En 2017, sur les 693 longs métrages produits, seulement 19 étaient des adaptations de bande dessiné, pour autant cela représente 25 millions d’entrées sur les 213 millions du box-office. Soit 12% des recettes. Cela démontre la puissance et le succès populaire que représentent les adaptations cinématographiques d’œuvres tirées du 9ème art.

Pour autant, est-ce que bien adapter c’est bien trahir l’œuvre originale ?

Julien Rappeneau est donc revenu sur l’adaptation du film depuis la bande dessiné Rosalie Blum, en détaillant les différents obstacles qu’il a pu rencontrer pour la préparation de son film (son premier film en tant que réalisateur).

La première étape fut l’obtention des droits cinématographiques de la bande dessiné originale de Camille Jourdy et de sa maison d’édition « Actes Sud »

La lecture du livre fut cruciale pour l’adaptation au cinéma. Le défi majeur était donc de trouver l’équilibre pour ne pas trahir le lecteur qui a pu lire l’œuvre originale, tout en adaptant le livre dans une version beaucoup plus rythmée, dense et condensée pour convenir au format d’un long métrage.

Julien Rappeneau a donc envoyé le scénario écrit à Camille Jourdy, qui lui a répondu qu’elle était globalement satisfaite.

La sélection du casting fut également une étape importante puisqu’il convenait de respecter les bases de la bande dessiné, tout en les adaptant à l’œuvre cinématographique.

Noémie Lvovsky a donc été sélectionnée pour interpréter le rôle principal, on notera par exemple le fait que Rosalie Blum dans la bande dessiné est blonde, tandis qu’elle est brune dans l’adaptation cinématographique, mais que le facteur principal est sa ressemblance en terme d’âge et d’humeur.

La chef des décorations en plateau a également avoué s’être inspiré directement des décors du livre pour les adapter de façon réaliste aux contraintes du tournage. Il ne s’agissait pas là de faire un décalque visuel de la bande dessinée, mais d’essayer d’en garder le charme ainsi que la douceur. Les villes de Dôle dans le Jura, et de Nevers dans la Nièvre ont donc été sélectionnées pour le tournage, car elles étaient en adéquation totale avec l’ambiance générale présente dans la bande dessinée.

Le film a donc rapporté plus de 4 millions d’euros de recettes et récolté le prix de l’interprétation féminine, ainsi que le prix des lycéens au Festival du film de Sarlat.

Par Joachim NATALI, étudiant en M2 MPJ

Intervention Cyril BECHEMIN – IGS-CP

Cyril BECHEMIN…une intervention  « augmentée »

Le 28 novembre 2018, et pour la deuxième fois en moins d’un mois, nous avons accueilli Mr Cyril BECHEMIN, Directeur adjoint chez l’un des acteurs majeurs en France sur le marché du traitement du texte et de l’image pour l’édition : le groupe IGS-CP

Lors de cette seconde intervention, il nous a transporté vers l’univers du livre numérique et de ses vertus tout en explicitant la différence qui existe entre ce type de livre et le livre papier.

 « Le livre numérique représente un écosystème complexe »

Il nous a fait part pour l’occasion des formats qu’il adopte ainsi que de ses différentes typologies.

Avoir rencontré ce spécialiste du monde des livres nous a été d’une véritable richesse : notre compréhension en matière d’édition s’est consolidée, et notre connaissance de ses différents acteurs s’est complètement élargie.

Nous qui pensions que le livre s’arrêtait à un format papier ou numérique, n’avions guère imaginé qu’il serait à son tour touché par l’évolution de la technologie. Monsieur BECHEMIN nous a surpris avec les livres à réalité augmentée, en nous invitant même à partager cette expérience unique à travers une application que nous avons téléchargée.

Nous avons donc été spectateurs d’un livre qui s’anime sous nos yeux, où personnages et mots se fondent pour éclater en une magnifique pirouette poétique.

Une expérience que nous vous invitons, lecteurs, à partager en vous inscrivant au CEPE, où d’autres intervenants et grands professionnels comme celui-ci ne manqueront pas de vous surprendre …

Par Narimane AYAD, étudiante en M2 MPJ

Quelle implication pour les auteurs de BD originales ? Quelles retombées financières et en termes de notoriété des œuvres souches ?

Cette 3ème édition des Rencontres Nationales de la Bande-Dessinée avait pour objectif de discuter du lien entre la bande-dessinée et le cinéma, du passage sur grand écran. La dernière journée de ces rencontres s’est ouverte vendredi 05 Octobre à 9h15 avec une table ronde réunissant Julien Papelier (Editions Dupuis), Camille Jourdy (auteure de Rosalie Blum), Christophe Ledannois (agence Quelle belle histoire) et Sophie Levie (Edition Casterman)

Le thème de leur discussion était : Quelle implication pour les auteurs de BD originales ? Quelles retombées financières et en termes de notoriété des œuvres souches ?

Cette table ronde a abordé différents aspects qu’implique la réalisation de l’adaptation d’une bande-dessinée sur grand écran. Elle a confronté le point de vue des différents acteurs qui ont un rôle à y jouer, à savoir ceux qui possèdent les droits : les auteurs eux-mêmes, dont le droit moral est inaliénable et incessible et qui ont généralement le dernier mot, et leurs éditeurs, soit en contact direct, soit avec un intermédiaire supplémentaire qu’est l’agent qui gère les droits de l’auteur.

Cette discussion nous a permis, en tant qu’étudiants du CEPE du parcours Marques et produits jeunesse, de mettre en perspective nos connaissances du droit de la propriété intellectuelle grâce aux discours de professionnels, mais aussi d’obtenir des éléments de réflexion marketing dans la situation particulière qu’est une adaptation de BD sur grand écran.

Par exemple, les stratégies des maisons d’édition vont se trouver modifiées, ou plutôt adaptées, selon le catalogue à disposition : pour Dupuis, titulaire d’un catalogue fourni et plutôt homogène, il est possible de construire une stratégie globale et d’accompagner des projets transmedia – c’est-à-dire d’étendre un univers sur plusieurs supports – dès la réflexion avec des auteurs qu’ils choisissent d’accompagner. Pour Casterman, qui dispose aussi d’un vaste catalogue, mais plus hétéroclite, construire une stratégie globale est compliqué, chaque projet est donc scruté à la loupe et développé selon une temporalité propre.

Nous avons aussi appris qu’adapter une bande-dessinée sur grand écran n’était pas une recette magique pour, par exemple, booster les ventes : en effet, si pour des catalogues “anciens” il peut y avoir un fort regain d’intérêt sur une propriété, la hausse n’est que d’environ 10% sur des œuvres plus récentes ou toujours très actuelles. En effet, les lecteurs de la BD ne vont pas forcément voir le film, et inversement, les spectateurs du film ne vont pas forcément acquérir la BD.

Enfin, les différents intervenants ont discuté de la façon dont ces projets d’adaptation se font. Que la maison d’édition soit sollicitée ou que ce soit elle qui sollicite, différents critères rentrent en compte dans un tel projet : tout d’abord, le réalisateur doit avoir une vision cohérente de l’œuvre originale, ensuite la crédibilité de l’offre est évaluée selon la réputation du studio de production. Enfin, le critère final pour départager deux projets égaux est la dimension financière du projet d’adaptation.

Nous avons aussi pu constater l’importance de l’auteur dans la démarche. En effet, dans le droit français, les auteurs sont très protégés et c’est à eux que revient la signature finale pour valider le projet. Ils sont en général invités à accompagner le scénariste et le réalisateur pour faire respecter leur droit moral (inaliénable et incessible).

Par Clément JAUNAY, étudiant en M2 MPJ

8ème édition des Rencontres Nationales de la Bande Dessinée – Compte rendu n°2

Cette 8ème édition des Rencontres nationales de la bande dessinée avait pour objectif de discuter de la place de la bande dessinée à l’école. Au cours de cette 8ème édition, nous avons donc eu le plaisir d’assister à une intervention de Nicolas Rouvière, maître de conférences en langue et littérature, École supérieure du Professorat et de l’Éducation de Grenoble.

Sous la houlette du thème « Quelles formations pour les enseignants ? », il s’est attaché à présenter des perspectives de formation à la didactique de la bande dessinée pour la classe de littérature.

 

Les obstacles à l’insertion de la bande dessinée à l’école

 

Tout d’abord, Nicolas Rouvière nous a amenés à nous questionner sur les raisons de cette difficulté de la bande dessinée à intégrer le milieu de l’éducation nationale. Les raisons semblent être les suivantes :

  • Un volume horaire restreint. En formation initiale les volumes horaires sont très restrictifs et peu suffisants pour aborder la question de la bande dessinée de manière approfondie. Par conséquent, lorsque cette question est abordée, c’est plus d’une façon instrumentale : étude de la bande dessinée du point de vue de l’adaptation (en tant que marchepied pour accéder à l’œuvre littéraire d’origine) par exemple.

La bande dessinée est donc souvent abordée de manière ponctuelle, marginale et instrumentale.

  • Des programmes scolaires changeants. Le domaine de l’éducation est souvent soumis à des modifications, en particulier les programmes scolaires, ce qui n’aide pas à développer le champ de la bande dessinée dans la formation des enseignants.
  • Une maîtrise toute relative de la bande dessinée. De nombreux enseignants sont réticent quant à l’usage de la bande dessinée, tout simplement parce qu’ils n’en maîtrisent pas les codes. Ajoutez à cela la méfiance des parents envers ce médium « trop amusant pour être réellement pédagogique » et vous vous retrouvez avec un obstacle de plus.

Et même lorsque les codes du langage de la bande dessinée sont maîtrisés, quelle didactique appliquer ?

 

Quelques écueils liés aux pratiques enseignantes

 

Ainsi, lorsque la bande dessinée est utilisée, par exemple dans le cadre d’un cours de littérature, ce n’est pas pour sa richesse propre. Les enseignants, souvent peu à l’aise avec le médium, l’utilisent comme support pour initier à la lecture. La double lecture texte/image caractéristique de la bande dessinée est donc ignorée au profit du seul texte.

Une deuxième pratique peu efficace consiste à faire une approche technique du langage de la bande dessinée. On va donc étudier une planche de bande dessinée, sans s’intéresser à l’œuvre dans son ensemble, comme prétexte pour apprendre du vocabulaire relatif au monde de la bande dessinée.

 

Propositions pour une didactique de la bande dessinée en classe de littérature

 

Après ce tour d’horizon des freins à l’insertion de la bande dessinée à part entière dans l’éducation nationale, Nicolas Rouvière nous a présenté quelques didactiques possibles de la bande dessinée en classe de littérature.

  • Première possibilité, l’acculturation : Approche de la bande dessinée comme objet culturel

Il ne faut pas réduire la bande dessinée à un genre. C’est un médium, une forme d’expression multimodale qui recouvre une grande pluralité de genres. Il faut donc ouvrir l’horizon des élèves par le biais de manifestations autour de la bande dessinée, de rondes de livres (qui consistent à mutualiser les lectures, les comparer, les échanger) …

  • Seconde possibilité : Étude de récits complets et d’œuvres intégrales

Pour Nicolas Rouvière, l’une des premières pistes réelles pour une didactique de la bande dessinée serait d’étudier des œuvres intégrales. Ainsi, il ne faudrait pas se contenter de l’analyse d’une planche pour apprendre les codes de la bande dessinée, mais plutôt étudier une bande dessinée dans son ensemble, comme on le ferait avec un roman. La bande dessinée se prête, en effet, particulièrement à la dissociation des composantes textuelles, iconiques et plastiques…

 

 

Les bénéfices de la bande dessinée en classe de littérature

 

Une fois les obstacles écartés et des pistes suggérées, comment convaincre des bénéfices de la bande dessinée ?

Révéler les capacités narratives des élèves

L’intervenant nous a présenté le dispositif de l’écriture post-it. Le principe est simple, les élèves doivent écrire une histoire en écrivant une seule action par post-it. Ensuite, avec des post-it d’une autre couleur, ils reviennent sur ces actions et y ajoutent plus de détails et ainsi de suite. L’intérêt de la méthode n’est pas de construire un récit complet, mais de stimuler l’inventivité narrative des élèves.

En effet, ce dispositif permet de révéler les capacités narratives d’élèves qui sont habituellement en difficulté lorsqu’il s’agit de productions narratives « classiques » (rédactions, écritures d’invention…). A contrario, certains élèves très bons du point de vue des dîtes productions dites « classiques », éprouvent parfois des difficultés lorsqu’il s’agit du passage à l’image.

Adapter un récit en bande-dessinée : une méthode intéressante mais à revoir

Pour Nicolas Rouvière, en ce qui concerne les adaptations d’œuvres littéraires en bande-dessinée, le fait d’utiliser la bande-dessinée comme marchepied pour aller vers l’œuvre source est assez peu intéressant. Encore une fois, selon lui, il vaudrait mieux considérer la bande-dessinée dans son intégralité, sur un pied d’égalité avec l’œuvre source.

Suite à une expérience en classe de seconde, il nous a présenté quelques observations en découlant :

  • On observe une forte motivation des élèves lorsqu’il s’agit de la phase scénaristique (le moment où il faut transformer le texte de l’œuvre originale pour l’adapter au support de la bande-dessinée), mais une perte d’intérêt lorsqu’il s’agit de la mise en images.
  • S’il y a un vrai gain pour la compréhension du récit, le bénéfice pour la lecture du texte littéraire source reste limité. Le texte est instrumentalisé, les adaptateurs (ici les élèves) se servent du texte source uniquement comme un réservoir dans lequel ils puisent les idées et les phrases qui les intéressent.

En conclusion, pour Nicolas Rouvière, la bande-dessinée devrait être étudiée comme une œuvre à part entière, au même titre qu’un roman. Se servir d’elle comme d’un tremplin pour accéder à la lecture « traditionnelle » n’a que peu d’utilité, mais elle permet de révéler et de polir les talents narratifs des élèves, tout en leur apprenant un autre type de lecture : une lecture qui jongle entre texte et images.

Compte rendu réalisé par Maïa Hervé, étudiante en Master 2 MMPJ

8ème édition des Rencontres Nationales de la Bande Dessinée – Compte rendu n°1

Retour sur ces deux jours et focus sur la table ronde du vendredi 6 octobre 2017 – 17h15 ‘’À l’étranger‘’

Du 5 au 6 octobre 2017 se tenaient à Angoulême les Rencontres Nationales de la Bande Dessinée, rassemblant professionnels du milieu de l’édition, auteurs et dessinateurs, académiciens, étudiants passionnés et autres néophytes curieux.

Au fil des jours et des conférences, un fois de plus Angoulême a su justifier son titre de capitale internationale de la bande dessinée. C’est au travers de plusieurs interventions et de différents angles d’approche que les auditeurs ont pu durant ces deux jours prendre conscience de l’impact de la bande dessinée dans de nombreux domaines tels que l’art, l’éducation ou encore les sciences humaines ainsi que de son caractère fédérateur.

Du processus d’artification de la bande dessinée appuyé par les théories sociologiques de Nathalie HEINICH jusqu’à sa valorisation au sein de l’éducation artistique et culturelle, il est aujourd’hui impossible de reléguer la bande dessinée au rang de simple activité de divertissement, puisque l’ensemble des conférenciers nous a prouvé qu’elle est désormais reconnue comme un réel instrument d’éducation et qu’elle est devenue une véritable forme d’art.

Focus sur la dernière table ronde du vendredi, ‘’À l’étranger ‘’, encadrée par Jean-Philippe MARTIN, où une fois de plus le rôle de la bande dessinée dans l’apprentissage était à l’honneur. Menée par Jean-Pierre MERCIER (Conseiller Scientifique de la Cité de la bande dessinée), par Edmond BAUDOIN (auteur et ancien professeur de bande dessinée), Ingeborg RABENSTEIN-MICHEL (spécialiste de la bande dessinée) et par Anouchka De OLIVEIRA (chargée de projets au département langue française, livre et savoirs de l’Institut Français), cette conférence nous a éclairé sur la portée éducative de la bande dessinée, et ce au travers d’exemples concrets.

L’intérêt éducatif de la bande dessinée n’est plus à prouver, les conférences précédentes l’ont bien démontré. Mais pour étayer ceci, la dernière table ronde des Rencontres nous invite à élargir notre horizon et prend appuie sur des exemples concrets d’utilisation de la bande dessinée dans l’éducation non plus en France mais dans le monde entier.

C’est Jean-Pierre MERCIER qui ouvre le débat et rappelle que depuis déjà plusieurs décennies, les Etats-Unis utilisent la vulgarisation des grands classiques de la littérature (surtout occidentale) pour les transposer dans l’univers de la bande dessinée, dite ‘’comics‘’ dans la culture américaine. Cette vulgarisation, permet selon lui un accès au plus grand nombre à la culture.

Plus loin que la simple vulgarisation de la littérature, la bande dessinée sait revêtir un aspect militant et éducatif, et devient alors un réel outil, vecteur d’apprentissage, appelé aux Etats-Unis les ‘’ Edu-comics ‘’. La largeur des thèmes abordés par les bandes dessinées aux Etats-Unis s’étend même jusqu’à l’Histoire. Et d’expérience, Jean-Pierre MERCIER nous affirme qu’une bande dessinée, qui par sa nature reste un support cours et qui se doit synthétique, peut tout à fait si cela est correctement orchestré, transmettre un savoir correct et fidèle à la vérité au même titre qu’un livre d’histoire.

Il souligne alors le pouvoir de la bande dessinée à convaincre, en rappelant que ce support a su se transformer aux Etats-Unis en véritable outil de communication pour enrôler de nouvelles recrues, grâce aux manuels de maintenance de matériel militaire réalisé pour l’armée américaine.

Il définit alors pour finir la bande dessinée comme un média à la croisée du militantisme, de l’éducation et de l’art.

C’est ici qu’intervient Ingeborg RAVENSTEIN-MICHEL, qui rebondit sur les limites du caractère militant et communicant de la bande dessinée. En prenant exemple d’une série de 14 bandes dessinées commandées et diffusées il y a peu par l’Union Européenne elle-même, elle nous met en garde. Utilisant le terme de ‘’Media Séducteur ‘’, elle rappelle que si la bande dessinée peut effectivement devenir un outil de communication, il est bon de respecter une certaine éthique et une justesse dans les informations transmises aux lecteurs.

Cette série de bandes dessinées proposées par L’UE, abordant des sujets sérieux, d’actualité, avaient finalement pour but d’accroitre le nombre de militants et de volontaires désireux de s’engager pour des causes humanitaires. Cependant, derrière l’apparence divertissante de la bande dessinée, les sujets abordés (de la famine en Afrique aux guerres au Moyen-Orient) manquaient de réalisme dans les graphismes et minimisaient les risques, ce qui pouvaient biaiser l’appréciation des futurs militants. Ceci amenant la bande dessinée dite communicante, à la limite de la propagande.

Lorsqu’Anouchka De OLIVEIRA prend la parole, c’est pour montrer le fort potentiel éducatif de la bande dessinée. Après une rapide présentation du Département langue Française, livre et savoir de l’Institut Français, elle en explique les missions ; rendre le français attractif pour les jeunes générations et développer, dans cette optique, des dispositifs de formation et d’apprentissage innovants. À ce titre, elle nous présente une application foncièrement novatrice pour l’enseignement des langues et développée par l’Institut Français, LingoZING. Grâce à cette application il est possible d’améliorer son niveau de langue (en français, espagnol, portugais et anglais pour l’instant) au travers de la bande dessinée, en enrichissant son vocabulaire par la lecture et en corrigeant et/ou améliorant sa prononciation.

Il s’agit finalement ici de détourner la ‘’contrainte‘’ que représente un apprentissage traditionnel et de le transposer vers un média que les jeunes générations affectionnent plus particulièrement. C’est bien là que l’on a une preuve réelle (aux vues du succès de cette application) que la bande dessinée, si elle est certes un divertissement, peut devenir un véritable outil d’éducation. Pour conclure, Anouchka DE OLIVEIRA nous rappelle à juste titre que plaisir et éducation ne doivent être dissociés ; car en effet, lorsqu’on prend du plaisir à apprendre, on apprend par plaisir et non plus par obligation.

C’est Edmond BAUDOIN qui clôt cette table ronde et qui, pressé par le temps, nous propose rapidement son point de vue sur l’intérêt d’un système éducatif alternatif, entre deux anecdotes sur son expérience de professeur en bande dessinée au Québec. D’une certaine manière, son propos rejoint les allégations d’Anouchka De OLIVEIRA et affirme que de par son expérience, il est nécessaire de se diriger vers un système, vers des moyens d’enseigner aux jeunes générations qui soient alternatifs et innovant par rapport aux méthodes d’enseignement plus classiques.

Le mot de la fin pour Pierre LUNGHERETTI, directeur général de la Cité Internationale de la Bande Dessinée, qui clôt ces deux jours de rencontres par une synthèse des informations transmises tout au long des conférences.

La bande dessinée est aujourd’hui reconnue comme un art et un vecteur efficace de transmission des savoirs. Preuve en est la présence des Ministres de la Culture et de L’Éducation Nationale, (Françoise NYSSEN et Jean-Michel BLANQUET) lors d’une allocution du jeudi, qui annoncent le soutient de l’état pour la création de projets autour de l’enseignement dans le milieu de la bande dessinée, par la mise à disposition future de ressources financières. Pierre LUNGHERETTI réussit finalement à résumer en une phrase ce qui aura été le leitmotiv de ces deux jours :

‘’ Tout en étant un art, la bande dessinée sait se prêter à des usages pédagogiques ‘’.

 

Mais maintenant apparaissent des enjeux pour l’avenir de l’industrie de la bande dessinée, comme le besoin d’un élargissement du lectorat et de la formation d’enseignants dans ce secteur en pleine évolution, ces enjeux soulevant une interrogation plus globale ;

Quel avenir de l’éducation artistique pour la bande dessinée ?

 

Compte rendu réalisé par Clayton Thibeaud, étudiant en Master 2 MMPJ

 

Intervention Jorge Gomes Parein – France Télévisions Distribution

Portrait de Jorge Gomes Parein

Senior Business Affairs chez France Télévisions Distribution

Nous avons le plaisir d’accueillir une nouvelle fois cette semaine au CEPE M. Jorge Gomes Parein, senior business affaires chez France Télévisions Distribution.

France Télévision Distribution est la filiale commerciale du groupe France télévisions. Elle est en charge de la commercialisation et de l’exploitation des droits connexes aux droits de diffusion achetés par les chaines du groupe (France 2, France 3, France 5, France 4, France Ô.…).

Actuellement, il est en charge de la négociation des contrats avec les ayants droit : mandats de vente à l’international, contrats d’édition vidéographique, contrats d’achat de droits (AFMA et autres), coproductions, préventes, apport d’affaires, partenariats internationaux sur tous types de programmes (cinéma, fiction, documentaires, stock, jeux, flux) exploitées par France Télévisions distribution.

Après un premier cours dispensé au CEPE au mois de décembre 2016 où l’on a appréhendé le métier de distributeur, la négociation avec les ayant-droit, les différents types de producteurs…nous allons voir dans un second cours le droit Anglo-Saxon, la conclusion d’une vente, les différents types de recettes et la négociation d’un contrat AFMA… qui se terminera par un contrôle de connaissances composé de divers calculs (droit de reproduction, minimum garanti, % de recettes).

Conseils avisés et pertinents, mise en situation professionnelle et initiation au métier de distributeur, le tout avec humour et bienveillance, c’est avec enthousiasme que nous, étudiants en Master 2 Management des Marques et Produits Jeunesse, allons accueillir de nouveau au CEPE M. Jorge Gomes Parein au sein du CEPE pour une seconde journée d’intervention qui s’annonce déjà passionnante et enrichissante sur le métier de distributeur.

Parcours Professionnel (profil LinkedIn)[1]:

    • Depuis 1999 :  Senior Legal Affairs chez France Télévisions Distribution

Distribution internationale :

  • rédaction et mises à jour des contrats type de vente de droits de télédiffusion et vidéographiques auprès des diffuseurs français et étrangers.
  • négociation des contrats de distribution internationale tous droits sur films cinéma,
  • contrats de fourniture d’images d’actualité aux chaînes françaises,
  • contrats distribution salles en France de films étrangers.
  • Validation des contrats de cession de droits
  • Conseil et assistance aux commerciaux pour des clauses hors contrat type

 

Edition vidéo, phono, musicale, littéraire :

 

  • Négociation des contrats cadre de distribution avec nos partenaires
  • Négociation des contrats d’achat d’espace publicitaire,
  • Négociation et libération de droits pour les bonus DVD,
  • Conseil et assistance aux chefs de produit
  • libération des droits, mise en place d’éditions et/ou de coéditions,

 

Licensing et merchandising :

  • négociation des contrats avec les ayants droits essentiellement anglo-saxons,
  • rédaction et mises à jour des contrats type de licence.
  • recherche et conseil en droit des marques et rédaction de contrats de licence.
  • négociation de contrats d’événementiel (Nuit de la Glisse), droits dérivés.

 

Autres activités du service juridique :

  • traitement de dossiers précontentieux ou contentieux,
  • contrats télématique et Internet,
  • aspects juridiques relatifs à l’activité du département : droit à l’image, rapports avec les diffuseurs, relations avec les sociétés de gestion collective…
  • mise en place de la stratégie juridique face à l’arrivée de nouveaux médias (Video-on-demande, téléphonie)

[1] Source : https://fr.linkedin.com/in/jorge-gomes-parein-4b98212/fr

Le processus de licensing, un levier de développement à l’international …

Vendredi 27 novembre 2015, le CEPE a accueilli Sébastien Fillion, Category Manager Chez Biplano, une des plus grandes agences de licence en Europe qui compte des bureaux à Barcelone, Madrid, Paris et Lisbonne. Au sein de l’équipe Biplano, Sébastien Fillion s’occupe plus particulièrement des secteurs du jouet et de l’édition.

D’entrée, il a évoqué les deux qualités qui selon lui permettent de réussir dans le domaine de la licence :  savoir s’exprimer et savoir vendre. Il a également souligné l’importance de bien maîtriser les langues étrangères dans un métier très international.

Après quelques mots sur son propre parcours et sur son entreprise, Sébastien Fillion nous a présenté la chaîne de la valeur de la licence en précisant qu’il est indispensable de bien connaître son fonctionnement pour travailler dans ce domaine.

Il a évoqué les différentes relations qui existent entre l’ayant-droit (le propriétaire de la licence), l’agent de licence et le licencié. Le rôle d’un agent de licence est de mettre en place la politique locale de licence pour le compte de l’ayant-droit. Nous avons étudié avec lui les différents aspects du « Deal-Mémo » contrat qui lie l’ayant-droit, l’agent de licence et le licencié. En fin d’intervention, il a expliqué quelques notions plus complexes et nous a donné des repères comme le taux de royauté qui est en moyenne entre 8 et 12 % selon le type de produits et le territoire d’exploitation de la licence.

Sébastien a utilisé plusieurs cas concrets comme Masha et Mischka, Hello Kitty ou encore Bob l’Eponge pour nous expliquer les principaux enjeux de l’internationalisation d’une licence.

Avant de conclure, Sébastien Fillion nous a lancé un défi : nous allons devoir imaginer une stratégie marketing pour permettre à une licence de réussir dans un nouveau pays. C’est pourquoi, nous l’accueillerons à nouveau prochainement et cette fois-ci, ce sera à nous de jouer pour lui présenter notre plan de développement !

Nous remercions Sébastien Fillion pour sa disponibilité et ses précieux conseils pour nous aider à affiner notre recherche de stages.

 

Article rédigé par Marvin MENOU, étudiant en « Master 2 Marketing Plurimédia et Consommation, parcours Management des Marques et Produits Jeunesse ».

 

Ubisoft au CEPE

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Cette année, le CEPE-IAE de Poitiers a la chance de travailler avec Ubisoft !

Antoine Bocage-Marchand et Amy Jenkins, respectivement DRH et Directrice du Développement à Ubisoft France, sont venus au CEPE, pour nous présenter un projet encore confidentiel auquel ils aimeraient nous associer…

 

 

Antoine et Amy ont pris le temps de nous présenter le marché des jeux vidéos, en France et dans le monde, ainsi que leur entreprise, avant d’entrer dans le vif du sujet et de nous faire découvrir le beau projet pour lequel nous allons travailler! Ils nous ont mis au courant des dernières évolutions du marché, ainsi que  de la stratégie adoptée par Ubisoft pour maintenir sa position de leader dans les années à venir.

Ubisoft est en effet le troisième éditeur mondial de jeux vidéos et s’est spécialisé dans la création de jeux « open-world ». Le succès de ses différentes franchises, Assassin’s Creed, Rayman, Far Cry ou encore les Lapins Crétins, l’a encouragé à se lancer dans un processus de diversification de ses activités. Comme le confiait le PDG, Yves Guillemot, Ubisoft amorce aujourd’hui une stratégie à 360°, à l’instar de celle mise en place par Disney. Films, parcs d’attraction, édition, séries télé: les marques développées par le groupe se déclinent sur tous les supports! Cette stratégie, qui est celle de toutes les grandes entreprises du divertissement aujourd’hui, rejoint parfaitement les préoccupations de notre master « Marketing Plurimédia et Consommation ». Grâce à notre double casquette gestion et sciences humaines, nous sommes en permanence informés des nouvelles tendances se développant sur le marché de la jeunesse, et c’est pour cela qu’Ubisoft nous a choisis!

Nous sommes très fiers de ce partenariat, et impatients de nous mettre au travail, car, comme nous le rappelait Antoine, chez Ubisoft, le jeu, c’est du sérieux!

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Article rédigé par Jeanne Balédent, étudiante en « Master 2 Marketing Plurimédia et Consommation – Parcours Management des Marques et Produits Jeunesse »

 

Salma participe au Festival du Film Francophone d’Angoulême

Chaque année, un(e) étudiant(e) des écoles du Campus de l’image est sélectionné pour être membre du jury des étudiants du Festival du Film Francophone d’Angoulême. Pour cette 8ème édition, c’est Salma, étudiante au CEPE qui a eu l’opportunité et la chance de faire partie du jury des étudiants du Campus Image. Elle nous raconte !

FFA 2015 1Le festival du film francophone d’Angoulême (FFA) s’est déroulé du 25 au 30 août dernier : il m’a été fait l’honneur d’être membre du jury étudiant. En tant qu’étudiante du CEPE, il m’a été permis, de découvrir un monde extravaguant, et totalement, fantastique. Cette expérience m’a ouvert de nouvelles perspectives, dans le milieu cinématographie comme le fait d’apporter mon point de vue sur une œuvre et d’appréhender un monde méconnu du grand public auquel j’appartiens en temps normal.

 

FFA 2015 3Sur place, j’ai rencontré les autres membres du jury, nous étions huit étudiants des écoles de l’image à constituer le jury étudiant.

FFA 2015 2J’ai eu le plaisir de rencontrer Florence Pernel, présidente du jury étudiant, qui est une femme charmante et délicate, à l’écoute de tous sans aucune distinction, partageant quotidiennement son expérience professionnelle avec nous. Nous avons pu également faire la connaissance du jury professionnel, acteurs et célébrités, comme par exemple le célèbre rappeur Orelsan et l’actrice suisse Irène Jacob.

 

FFA 2015 5Suite à l’appréciation de divers films en compétition, il nous fallut trancher, parmi tant de talent afin de désigner le film qui sut se démarquer tant par sa prouesse, que de son originalité. Et c’est ainsi que nous avons attribué le Valois Magelis, à l’émouvant film «  Je suis à toi  » de David LAMBERT.

L’organisation, fut sans fausse note, grâce à la collaboration de notre distinguée et aimable, Sophie Hahne. Cette aventure éprouvante fut une merveilleuse connaissance du milieu du cinéma, que je recommande vivement à toute personne passionnée par le cinéma qui vivra quelque chose d’unique en son genre.

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Article rédigé par Salma ELASSALI, étudiante en Master 2 Marketing Plurimédia et Consommation – Parcours Design de Communication et Packaging ».