Le marketing mobile : comment maîtriser cet outil en plein essor ?

Nous avons eu le plaisir d’accueillir Antoine Papot, directeur marketing chez Rebound CG, un studio de développement et d’édition de jeux mobiles destinés aux amateurs de sport.

Expert en réseaux sociaux et marketing mobile, nous avons pu, lors de sa deuxième intervention apprendre les ficelles du marketing mobile. Support de plus en plus puissant et important, il est essentiel pour un futur marketeur d’apprendre comment se faire une place sur ce marché en plein développement.

Antoine Papot nous a transmis de nombreuses clés dans l’objectif d’organiser et de créer sa landing page, ainsi que des conseils en communication et marketing pour optimiser son application. Vous saurez parfaitement parler d’ASO, maîtriser les KPI, le tracking, le ranking et les astuces pour être dans le top des applications ! Enfin, la dernière partie était consacrée aux leviers d’acquisitions incontournables comme les influenceurs, le featuring ou encore le soft launch…

Grâce à l’intervention d’Antoine PAPOT vous excellerez dans la manière dont vous pouvez réaliser, suivre et mettre en avant votre application. Des erreurs à éviter jusqu’au prérequis pour performer, les plateformes Apple et Google n’auront plus de secrets pour vous.

 Par Andrea AROSTEGUY, étudiante en M2 MPJ

 

Portrait de Camila CRISTANCHO DUQUE, diplômée en 2017

Pourriez-vous nous parler de votre parcours ?

J’ai tout d’abord obtenu une Licence en Design Industriel à la Pontificia Universidad Javeriana à Bogota en Colombie (mon pays d’origine). Il faut savoir qu’en Colombie une Licence dure 5 ans. Après avoir obtenu mon diplôme j’ai commencé mon parcours professionnel chez Danone en tant que Key Account Manager BTL, j’étais en charge de la mise en place de toutes les actions marketing BTL. Après un peu plus d’un an d’expérience professionnelle en Colombie, je souhaitais un renouveau. Aimant relever des défis, je me suis alors penchée sur l’idée d’un Master à l’international. De part mon intérêt pour la culture française et ma connaissance de la langue de Molière, mon choix s’est tout naturellement porté sur la France. C’est alors que j’ai découvert la formation Master 2 « Marketing Plurimédia et Consommation-Parcours Management des Marques et Produits Jeunesse » au Centre Européen des Produits de l’Enfant à Angoulême. Mes deux années de Master au sein du CEPE ne furent pas de tout repos, j’y ai beaucoup appris sur les industries très compétitives du jouet, des licences et de la production audiovisuelle. Le CEPE m’a permis de développer certaines compétences pour le digital ; j’ai donc décidé de réaliser mes deux stages dans ce domaine. Mon stage de fin d’année chez Kazachok a ouvert la voie à ma carrière professionnelle actuelle.

Pourquoi avez-vous choisi le CEPE ?

Je souhaitais me spécialiser en marketing pour des produits et services dirigés vers les familles et enfants ; le tout en y ajoutant une touche digitale. Le CEPE est le seul centre de formation proposant ce type de Master. La qualité de l’enseignement y est excellente et rivalise avec les meilleures universités et écoles privées. Outre les cours, les projets qui m’ont été confiés lors de ce cursus m’ont clairement préparée à affronter le monde du travail. Au cours de mes deux années de Master, j’ai pu travailler directement avec des professionnels de l’industrie sachant qu’Angoulême est réputée pour réunir les studios de production audiovisuelle. J’ai également pu assister au Global Kids Media Congress qui réunit chaque année les plus grands professionnels de l’industrie Media ciblant les enfants. Le Master « Marketing Plurimédia et Consommation-Parcours Management des Marques et Produits Jeunesse » est très bien perçu par les employeurs ce qui ouvre des portes aussi bien nationales qu’internationales. Je le conseille à toutes les personnes intéressées par l’industrie de la jeunesse et du digital.

Quels étaient vos plans pour après votre Master en France ?

Après 3 années passées en France, je souhaitais retourner en Colombie et y développer les compétences que j’avais acquises. Le marché du travail colombien étant plus dynamique qu’en France (au moment où j’y étais) et les opportunités de développement professionnel y étant plus intéressantes, j’ai donc décidé de retourner en Colombie. J’y ai tout d’abord occupé un poste en tant que Content Manager dans une agence de Marketing digital puis je me suis tournée vers un nouveau défi dans l’industrie du cinéma. Je suis désormais Coordinatrice Marketing Digital pour l’un des plus gros distributeurs de films pour cinéma en Amérique Latine. C’est un univers très mouvementé et riche en défis, exactement ce que je cherchais en entrant au CEPE.

Un panel de stages variés pour les étudiants du Master Marques et Produits Jeunesse

Chaque année les étudiants du Master 2 Marques et Produits Jeunesse – CEPE –IAE de Poitiers partent en stage de fin d’année (3 mois en master 1 et 6 mois en master 2).

Le CEPE enseigne à ses étudiants les enjeux d’un marketing responsable envers la jeunesse. Du comportement de l’enfant utilisateur au e-marketing, en passant par la gestion de projets soumis par les entreprises partenaires, les étudiants sont amenés à réfléchir à la responsabilité des marques envers la jeunesse et à faire preuve de prudence pour choisir les meilleures modalités de valorisation de la marque qu’ils sont appelés à gérer.

C’est pourquoi la formation bénéficie d’une solide réputation auprès des employeurs. Les étudiants de master 2 se voient ouvrir les portes d’entreprises dans toute la France ou à l’étranger telles que Casterman, Le Parc Astérix, Hachette Comics, Brain Value, King Jouet, Smoby Toys, Nova Child, Hasbro France, Ubisoft, Groupe Royer, Groupe Savencia, Bubble BD, VTech Electronics Europe, Millimages, France Télévisions, Paymobil, pour leurs stages de pré insertion professionnelle de 6 mois.

Les missions de stage sont également riches et très variées telles que : assistant-e Trade Marketing, assistant-e Chargé-e d’études, assistant-e licences, produits dérivés et digital, assistant-e Chef de Produit, assistant-e Responsable développement produits éducatifs, assistant-e développement et animation de réseaux, Chef de Produit digital junior, Community Developer, assistant-e coordination packaging, Lancement d’une marque, Community Management, assistant-e Chef de Projet Packaging…

Les soutenances de stage de Master 2 auront lieu les fin septembre 2019. Elles sont publiques afin de permettre à la promotion entrante de découvrir les missions effectuées par les futurs diplômés.

Bande-dessinée et cinéma : du dessin à l’écran

Les étudiants du CEPE ont été invités aux rencontres nationales de la bande dessinée ou plusieurs conférences se sont tenues. Durant cet événement, une table ronde entre trois auteurs, Arthur de Pins, Pascal Rabaté et Julien Neel a eu lieu. Ces trois auteurs ont, eux-mêmes, adapté leur propre BD au cinéma.

Le choix d’une adaptation au cinéma

Ces trois auteurs ont toujours été fascinés par le cinéma, c’était donc une évidence de faire ce choix. De ce fait, ils ont tous trois eu la volonté de réaliser eux-mêmes leur long métrage.

La fidélité à l’œuvre originale dans une adaptation cinématographique

Pour Julien Neel, il était important que le film Lou retranscrive l’univers intemporel de la BD, c’est-à-dire de ne pas représenter le réel et la vie de tous les jours mais plus un monde flou, à part, symbolique auquel tout spectateur peut s’identifier.

Du côté de Zombillénium, le film est en réalité une préquelle de ce qui se passe dans la BD. Arthur de Pins disposait d’un héros de BD trop passif et déprimé, et donc difficilement adaptable à l’écran. Le personnage principal a alors disparu et été remplacé par un nouveau personnage pour que cela fonctionne au cinéma.

La question du choix des acteurs

Afin de retranscrire correctement l’image des personnages de la BD Lou à l’écran, certains choix concernant les acteurs n’ont pas été évidents. Qui plus est, avoir un casting principalement constitué d’adolescents, a été très agréable, mais aussi délicat pour l’auteur.

Pour Pascal Rabaté, Il est important que les acteurs lisent ses personnages, ses décors et les interprètent. Ils sont là pour donner un nouvel éclairage à l’œuvre à travers leur interprétation et leur jeu.

Quant à Zombillénium, il n’y avait pas d’acteurs à gérer, ce qui a facilité les choses. Arthur de Pins considère que les personnages sont les stars du film et non les comédiens.

La sortie en salle des films

Le film d’animation d’Arthur de Pins a été sélectionné et projeté au festival de Cannes, ce dont il a été très fier. Ce dernier a été à l’affiche aux côtés de quatre autres dessins animés et a enregistré 300 000 entrées, ce qui est bien même si l’équipe du film espérait plus.

Pour la sortie en salles du film Les petits ruisseaux, ce qui a été difficile sont les critiques. Les médias et les forums sont en général beaucoup plus critiques pour le cinéma que pour la BD.

Pour Lou, l’expérience a été assez amère. Les entrées ont uniquement permis de rembourser le film. En outre, le film n’a pas été passé en revue ou critiqué dans la presse, comme si c’était un film qui n’intéresse pas du tout, ce qui a étonné l’auteur.

Ceci conclut la table ronde entre ces trois auteurs. On peut donc retenir qu’ils ont pris beaucoup de plaisir à réaliser leurs films et à vivre cette expérience, même si comme on a pu le voir tout n’a pas été facile. Ils sont tous les trois passionnés par ce qu’ils font et nous avons hâte de découvrir leurs futurs projets !

Par Julia PADIOU & Matthieu MORISSET, étudiants en M2 MPJ

Les études quali et quanti, un vrai jeu d’enfant !

Le CEPE a eu le plaisir d’accueillir Myriam LE DANVIC, cheffe de projet à l’Institut des Mamans et également ancienne étudiante de l’IAE de Poitiers.
Cette professionnelle des études quali et quanti sur les cibles enfantines est intervenue auprès des étudiants de première année de Master Marketing, Vente afin qu’ils puissent appréhender les enjeux des enquêtes et études auprès des enfants.
L’Institut des Mamans (IDM) existe depuis plus de quinze ans et s’est spécialisé sur les familles, avec des approches innovantes. L’IDM accompagne les marques dans leurs stratégies en France et à l’International afin d’anticiper les attentes du consommateur. Avec un dispositif  360°, l’IDM construit un regard croisé avec une offre large d’études.
A travers des exemples concrets, les étudiants ont pu affiner leurs connaissances sur le développement psychologique de l’enfant en prenant en compte les éléments de son quotidien. Les étudiants ont également pu reprendre les points de méthodologie sur les focus group et les entretiens. Effectivement, un enfant n’est pas capable d’argumenter et d’expliquer son opinion ce qui rend le processus d’enquête plus complexe qu’on ne le pense. Il est donc nécessaire de s’adapter et d’utiliser des dispositifs pour mettre l’enfant à l’aise afin d’ouvrir le dialogue. La connaissance de l’univers de l’enfant est indispensable pour pouvoir se mettre à sa hauteur. L’enfant s’exprime mieux en racontant des histoires, c’est pourquoi les outils d’enquête sont sans cesse renouvelés et trouvent différentes formes (cahiers d’activités, images, mots). Les étudiants ont pu s’exercer grâce à des mises en situation sous l’œil de Myriam LE DANVIC qui a su les conseiller et les guider dans leurs réflexions.
L’intervention de Myriam LE DANVIC a permis aux étudiants de découvrir une nouvelle vision des études de marché en marketing. Les études sont souvent perçues comme laborieuses, pourtant elles sont incontournables pour pouvoir explorer et étudier un phénomène mais également décrypter et mesurer une tendance. Les études de marché donnent lieu alors à une démarche d’innovation sur les produits et services en fonction des besoins repérés chez les sondés.
Ces rencontres sont très enrichissantes et permettent aux étudiants de faire un choix dans leur future spécialité de deuxième année. Ce choix paraît souvent difficile pour les plus hésitants et touche-à-tout.
Le packaging et les produits jeunesse sont deux orientations différentes mais pleines de promesses permettant d’ouvrir de nombreuses portes pour les plus motivés. Les étudiants peuvent donc avoir un avant-goût du milieu professionnel et poser directement des questions aux intervenants. C’est aussi un excellent moyen de bénéficier des contacts du CEPE et de se créer un réseau grâce aux anciens étudiants qui se sont succéder au fil des années.
Chloé Gailledrat, étudiante en première année de Master

De la bande dessinée au grand écran : le point de vue de Julien RAPPENEAU

Lors des rencontres internationales de la bande dessinée, nous avons eu la chance de rencontrer le scénariste et réalisateur Julien Rappeneau.

Il a notamment scénarisé les films Largo Winch (1 et 2), 36 Quai des orfèvres ou encore Cloclo.

Les enjeux de cette table ronde étaient de démontrer et d’expliquer le processus d’adaptation d’une œuvre littéraire au cinéma.

En 2017, sur les 693 longs métrages produits, seulement 19 étaient des adaptations de bande dessiné, pour autant cela représente 25 millions d’entrées sur les 213 millions du box-office. Soit 12% des recettes. Cela démontre la puissance et le succès populaire que représentent les adaptations cinématographiques d’œuvres tirées du 9ème art.

Pour autant, est-ce que bien adapter c’est bien trahir l’œuvre originale ?

Julien Rappeneau est donc revenu sur l’adaptation du film depuis la bande dessiné Rosalie Blum, en détaillant les différents obstacles qu’il a pu rencontrer pour la préparation de son film (son premier film en tant que réalisateur).

La première étape fut l’obtention des droits cinématographiques de la bande dessiné originale de Camille Jourdy et de sa maison d’édition « Actes Sud »

La lecture du livre fut cruciale pour l’adaptation au cinéma. Le défi majeur était donc de trouver l’équilibre pour ne pas trahir le lecteur qui a pu lire l’œuvre originale, tout en adaptant le livre dans une version beaucoup plus rythmée, dense et condensée pour convenir au format d’un long métrage.

Julien Rappeneau a donc envoyé le scénario écrit à Camille Jourdy, qui lui a répondu qu’elle était globalement satisfaite.

La sélection du casting fut également une étape importante puisqu’il convenait de respecter les bases de la bande dessiné, tout en les adaptant à l’œuvre cinématographique.

Noémie Lvovsky a donc été sélectionnée pour interpréter le rôle principal, on notera par exemple le fait que Rosalie Blum dans la bande dessiné est blonde, tandis qu’elle est brune dans l’adaptation cinématographique, mais que le facteur principal est sa ressemblance en terme d’âge et d’humeur.

La chef des décorations en plateau a également avoué s’être inspiré directement des décors du livre pour les adapter de façon réaliste aux contraintes du tournage. Il ne s’agissait pas là de faire un décalque visuel de la bande dessinée, mais d’essayer d’en garder le charme ainsi que la douceur. Les villes de Dôle dans le Jura, et de Nevers dans la Nièvre ont donc été sélectionnées pour le tournage, car elles étaient en adéquation totale avec l’ambiance générale présente dans la bande dessinée.

Le film a donc rapporté plus de 4 millions d’euros de recettes et récolté le prix de l’interprétation féminine, ainsi que le prix des lycéens au Festival du film de Sarlat.

Par Joachim NATALI, étudiant en M2 MPJ

Intervention Nelly GROSS – NPD

Nelly Gross, la conteuse des chiffres…

Le 08 novembre 2018, nous avons eu l’honneur d’accueillir parmi nous Mme Nelly Gross, la responsable du département jouets en France et au BENELUX, chez l’un des leaders mondiaux des études de marché : le paneliste NPD. Son intervention au CEPE a duré six heures, au cours desquelles nous avons appris à mieux appréhender l’analyse du marché des peluches.

En effet, même s’il nous est demandé de réaliser des devoirs parfois difficiles à rendre, le CEPE nous fournit toujours les moyens pour y faire face. Dans ce cas précis, notre support d’aide n’était autre que Nelly Gross, la spécialiste qui fait parler les chiffres.
Parler peu et bien est sa devise : « Si vous êtes conviés à faire une analyse du marché, n’allez surtout pas vous aventurer dans les méandres d’explications longues et inutiles. Relevez les points cruciaux et frappez votre audience avec des termes précis et concis ».

Aussi, cette intervenante venue tout droit de Paris nous a révélé les tendances actuelles du marché du jouet en France en nous faisant part des étapes à suivre pour effectuer une bonne analyse du marché.
Pour en savoir plus, rendez-vous au CEPE en vous y inscrivant. De grandes rencontres avec des professionnels hors du commun telle que celle-ci vous y attendent !

Par Narimane AYAD, étudiante en Master 2 MPJ

Intervention Cyril BECHEMIN – IGS-CP

Cyril BECHEMIN…une intervention  « augmentée »

Le 28 novembre 2018, et pour la deuxième fois en moins d’un mois, nous avons accueilli Mr Cyril BECHEMIN, Directeur adjoint chez l’un des acteurs majeurs en France sur le marché du traitement du texte et de l’image pour l’édition : le groupe IGS-CP

Lors de cette seconde intervention, il nous a transporté vers l’univers du livre numérique et de ses vertus tout en explicitant la différence qui existe entre ce type de livre et le livre papier.

 « Le livre numérique représente un écosystème complexe »

Il nous a fait part pour l’occasion des formats qu’il adopte ainsi que de ses différentes typologies.

Avoir rencontré ce spécialiste du monde des livres nous a été d’une véritable richesse : notre compréhension en matière d’édition s’est consolidée, et notre connaissance de ses différents acteurs s’est complètement élargie.

Nous qui pensions que le livre s’arrêtait à un format papier ou numérique, n’avions guère imaginé qu’il serait à son tour touché par l’évolution de la technologie. Monsieur BECHEMIN nous a surpris avec les livres à réalité augmentée, en nous invitant même à partager cette expérience unique à travers une application que nous avons téléchargée.

Nous avons donc été spectateurs d’un livre qui s’anime sous nos yeux, où personnages et mots se fondent pour éclater en une magnifique pirouette poétique.

Une expérience que nous vous invitons, lecteurs, à partager en vous inscrivant au CEPE, où d’autres intervenants et grands professionnels comme celui-ci ne manqueront pas de vous surprendre …

Par Narimane AYAD, étudiante en M2 MPJ

Quelle implication pour les auteurs de BD originales ? Quelles retombées financières et en termes de notoriété des œuvres souches ?

Cette 3ème édition des Rencontres Nationales de la Bande-Dessinée avait pour objectif de discuter du lien entre la bande-dessinée et le cinéma, du passage sur grand écran. La dernière journée de ces rencontres s’est ouverte vendredi 05 Octobre à 9h15 avec une table ronde réunissant Julien Papelier (Editions Dupuis), Camille Jourdy (auteure de Rosalie Blum), Christophe Ledannois (agence Quelle belle histoire) et Sophie Levie (Edition Casterman)

Le thème de leur discussion était : Quelle implication pour les auteurs de BD originales ? Quelles retombées financières et en termes de notoriété des œuvres souches ?

Cette table ronde a abordé différents aspects qu’implique la réalisation de l’adaptation d’une bande-dessinée sur grand écran. Elle a confronté le point de vue des différents acteurs qui ont un rôle à y jouer, à savoir ceux qui possèdent les droits : les auteurs eux-mêmes, dont le droit moral est inaliénable et incessible et qui ont généralement le dernier mot, et leurs éditeurs, soit en contact direct, soit avec un intermédiaire supplémentaire qu’est l’agent qui gère les droits de l’auteur.

Cette discussion nous a permis, en tant qu’étudiants du CEPE du parcours Marques et produits jeunesse, de mettre en perspective nos connaissances du droit de la propriété intellectuelle grâce aux discours de professionnels, mais aussi d’obtenir des éléments de réflexion marketing dans la situation particulière qu’est une adaptation de BD sur grand écran.

Par exemple, les stratégies des maisons d’édition vont se trouver modifiées, ou plutôt adaptées, selon le catalogue à disposition : pour Dupuis, titulaire d’un catalogue fourni et plutôt homogène, il est possible de construire une stratégie globale et d’accompagner des projets transmedia – c’est-à-dire d’étendre un univers sur plusieurs supports – dès la réflexion avec des auteurs qu’ils choisissent d’accompagner. Pour Casterman, qui dispose aussi d’un vaste catalogue, mais plus hétéroclite, construire une stratégie globale est compliqué, chaque projet est donc scruté à la loupe et développé selon une temporalité propre.

Nous avons aussi appris qu’adapter une bande-dessinée sur grand écran n’était pas une recette magique pour, par exemple, booster les ventes : en effet, si pour des catalogues “anciens” il peut y avoir un fort regain d’intérêt sur une propriété, la hausse n’est que d’environ 10% sur des œuvres plus récentes ou toujours très actuelles. En effet, les lecteurs de la BD ne vont pas forcément voir le film, et inversement, les spectateurs du film ne vont pas forcément acquérir la BD.

Enfin, les différents intervenants ont discuté de la façon dont ces projets d’adaptation se font. Que la maison d’édition soit sollicitée ou que ce soit elle qui sollicite, différents critères rentrent en compte dans un tel projet : tout d’abord, le réalisateur doit avoir une vision cohérente de l’œuvre originale, ensuite la crédibilité de l’offre est évaluée selon la réputation du studio de production. Enfin, le critère final pour départager deux projets égaux est la dimension financière du projet d’adaptation.

Nous avons aussi pu constater l’importance de l’auteur dans la démarche. En effet, dans le droit français, les auteurs sont très protégés et c’est à eux que revient la signature finale pour valider le projet. Ils sont en général invités à accompagner le scénariste et le réalisateur pour faire respecter leur droit moral (inaliénable et incessible).

Par Clément JAUNAY, étudiant en M2 MPJ

Connaissez-vous la relation entre la bande-dessinée et le cinéma ?

La relation entre la bande dessinée et le cinéma était le sujet principal de la troisième édition des Rencontres Nationales de la Bande Dessinée, qui a eu lieu à Angoulême entre 4 et 5 octobre 2018. Les étudiants du Centre Européen des Produits de l’Enfant (CEPE) ont été invités à participer afin d’approfondir leurs connaissances sur cette thématique.

Pour la conférence d’ouverture, l’intervenant Thierry Groensteen a revisité l’histoire partagée entre le 7e et le 9e art. Le cinéma et la bande dessinée ont toutes sortes de relations qui remontent longtemps avant les adaptations plus connues comme les héros de DC Comics et Marvel. On peut dire que la bande dessinée est la cousine plus âgée du cinéma, puisqu’elle est arrivée 50 ans plus tôt dans l’industrie culturelle. Néanmoins, le cinéma a été reconnu comme art avant la bande dessinée, en 1930, et il a aidé en retour à légitimer les comics.

L’adaptation des bandes dessinées au cinéma commence en 1898 avec Ally Sloper, un héros créé par George Albert Smith, qui est considéré le père du cinéma britannique. Ensuite, de nombreux comics tirés de journaux ont gagné ces mini-courts avec vrais acteurs. Les débuts du cinéma d’animation, entre 1912 et 1920, ont impulsé des adaptations de comics à l’écran, comme Buster Brown (Richard Felton Outcault) et Crazy Cat (George Herriman).

Bien que les adaptations de bandes dessinées au cinéma soient nombreuses, l’inverse est également vrai. L’icône du cinéma muet Charles Chaplin a été transformé en comics en 1915. Les personnages animés sont devenus des héros sur papier, comme Mickey Agent Secret en 1936, ou bien Tarzan, qui a d’abord été un roman, puis a été adapté en série télé et ensuite en bande dessinée en 1939.

L’échange d’expérience entre les dessinateurs et les scénaristes ont influencé les deux industries. Dans la bande dessinée, avec Roy Crane il est possible de remarquer les scénarios cinématographiques de gros plans et rapprochés sur un visage et le rythme de l’histoire pour intensifier l’effet dramatique. Et dans le cinéma, Godard a montré un grand intérêt pour le style de la bande dessinée et les plans fixes.

La bande dessinée a aussi servi d’outil de publicité pour le cinéma. Les scènes et les images du making of étaient photographiés pendant le tournage du film et organisé en format de bande dessinée pour le faire connaître, comme une bande annonce statique. C’était le cas du film “Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution” de 1965.

En France, en 2016 le Centre National du Cinéma et de l’Image Animée (CNC) a reçu un renforcement du fonds de soutien à l’animation de 20 millions d’euros supplémentaires. Dans le top 20 des films les plus chers entre 2007 et 2017, sept d’entre eux étaient des adaptations de bandes dessinées, comme Batman, Spiderman et Valérian. La tendance des adaptations de la mythologie héroïque poursuit sa croissance avec des records en terme de recettes au box-office.

 Par Mayra BASTOS FERNANDES, étudiante en M2 MPJ