A l’heure d’internet, a t on toujours besoin de revues à comité de lecture ?

L’essentiel de la production scientifique des chercheurs est publié dans des revues scientifiques à comité de lecture. Lorsqu’un chercheur veut publier son travail, il l’envoie à un éditeur de revue scientifique qui envoie à son tour ce travail à des experts anonymes. Ces derniers valident la démarche et le travail effectuant et demande souvent des compléments afin d’éclaircir et d’enrichir le travail. Ce processus d’examen du travail scientifique par les pairs est essentiel car les travaux publiés sont toujours validés par la communauté. Cette démarche est donc indispensable.

Cependant, plusieurs problèmes sont apparus et se sont amplifiés ces dernières années. D’une part, les abonnements aux revues sont devenues une charge importante pour les universités et les organismes. D’autre part, certaines revues, les plus prestigieuses, effectuent leur sélection de plus en plus au niveau de l’éditeur et non au niveau des experts scientifiques. Publier dans ces revues est devenu le sésame pour obtenir bon nombre de financement sur projet. Ce processus est dangereux pour la science et pour les idées nouvelles. Il encourage les effets de mode et risque de nuire à l’indépendance scientifique.

Depuis une vingtaine d’années, un certain nombre de sites internet ont proposé l’hébergement de publications en preprint c’est-à-dire de publications écrites avant qu’elles ne soient envoyées aux revues scientifiques. Ces sites de dépôts pourraient facilement remplacer les revues à condition d’adapter leur fonctionnement. Il faudrait ainsi que les scientifiques puissent en toute liberté commenter les articles déposés, les critiquer et proposer de nouveaux tests ou des enrichissement. Ceci pourrait être simplement fait en ajoutant une page de commentaires à la page de dépôts. Un tel processus permettrait autant voire mieux que les revues actuelle la publication et la reconnaissance des travaux de recherche. Le nombre de commentaires pourrait attester de l’intérêt ou non d’un article. Le contage des citations dans les revues pourrait se faire de la même façon qu’il se fait à l’heure actuelle dans les revues.

Cela nécessiterait cependant une adhésion massive de la communauté ce qui est loin d’être acquis. En effet, les revues, en distribuant des fonctions prestigieuses comme celle d’éditeurs de revues ont un moyen de pression sur les « meilleurs » éléments de la communauté. Un des moyens serait sans doute que les institutions comme les universités et les organismes encourage les chercheurs dans cette voie.

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