Cette problématique est liée directement au changement climatique planétaire. Elle est en train de devenir une préoccupation majeure pour tous les petits Etats archipels (dits également insulaires) dont les îles sont peu élevées au-dessus du niveau de la mer. Par exemple, Tuvalu dans le Pacifique sud a une hauteur moyenne de 5 mètres. Cela veut dire que certaines de ses îles n’ont que 1 ou 2 mètres d’élévation. Cet Etat prend tellement les choses au sérieux qu’il a déjà mis au point un plan d’évacuation de ses 11 500 habitants. Avec Tuvalu, les plus exposés.
La plupart de ces Etats archipels sont des Etats en développement. Ils sont désormais référencés dans la catégorie « petits Etats insulaires en développement » (PIED) qui en compte 43. Leurs caractéristiques les plus communes :
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- peu de ressources en dehors de la pêche ;
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- une économie qui souffre des coûts engendrés par l’isolement, les frais de transport et la nécessité d’importer presque tout ;
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- des îles de faible superficie souvent dispersées sur une vaste étendue océanique ;
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- une vulnérabilité particulière aux phénomènes climatiques extrêmes tels que cyclones et tempêtes.
Les plus fortement exposés sont Tuvalu, Kiribati, Tonga, les Marshall, les Maldives, la Fédération de Micronésie. On sait déjà qu’un certain nombre d’îles seront submergées, totalement ou partiellement et subiront une salinisation des terres. Des plages commencent à disparaître. L’hypothèse qu’ils aient à subir dans les décennies à venir la perte d’une partie de leur territoire est bel et bien posée. Un « indicateur de vulnérabilité des petits Etats insulaires en développement » a été mis au point par la Commission du Pacifique Sud pour les géosciences appliquées (PACSU). Il consiste en un tableau de 47 indicateurs : 26 sont relatifs aux risques, 14 visent à mesurer la dégradation de la situation et 7 sont destinés à mesurer la capacité de résistance de ces Etats.
Il est clair que les PEID doivent pouvoir bénéficier, dès maintenant, d’une aide spécifique de la société internationale. Pour le faire comprendre au monde ils ont décidé d’agir par le biais d’une alliance qu’ils ont constituée : l’AOSIS (Alliance of Small Island States). Elle a le statut d’organisation internationale. Elle comprend 28 Etats membres et 4 archipels non indépendants y ont le statut d’observateurs. Ils interviennent dans les conférences internationales traitant du changement climatique. A Copenhague en 2009 et à Durban fin 2011, ils ont demandé avec force que soit signé un accord sur le climat comportant un réel effort, sans délai, de réduction des gaz à effet de serre. De son côté, l’Unesco a élaboré un programme pour leur permettre de sauvegarder leur patrimoine culturel. Mais que deviendrait-il sur des îles submergées ?
Bon, mais si un jour on en arrive là, une vague de problèmes juridiques va déferler, du genre : l’Etat qui va voir une partie de ses îles disparaître aura-t-il le droit de conserver les mêmes délimitations juridiques de ses zones maritimes (mer territoriale, plateau continental, zone économique exclusive) ? Et ce n’en est qu’un parmi beaucoup d’autres !
Jean-Paul Pancracio


