Cours Master – Chap 3 (Part 2)

L’agrégation de porteuses sur les bandes licenciées et non licenciées

3.3. Configuration : Scénarios d’Agrégations (Déploiement)

3.3.1 : Agrégation de porteuses en FDD

Afin de s’adapter aux bandes de fréquences acquises par l’opérateur, les porteuses agrégées peuvent avoir des largeurs de bande différentes. Ainsi, l’agrégation de porteuses peut s’effectuer sur :

  • Des porteuses contiguës dans une bande : Classe A
  • Des porteuses non contiguës dans une bande : Classe B
  • Des porteuses sur des bandes différentes : Classe C

 

 

Figure 3.3. Différentes classes pour le CA

 

La spécification R.10 propose 6 classes différentes pour l’agrégation de porteuses, mais seules 3 d’entre elles (Classe A, Classe B et Classe C) sont définies. Chaque classe indique le nombre de CC dans la classe (CC est soit la PCC et/ou la/les SCC) et le nombre maximum de PRB gérés par l’UE dans cette classe.

Le tableau 3.2 résume les 6 configurations possibles :

Table 3.2. Configuration des UE pour l’agrégation de porteuses

A partir de cette table, lors de la procédure d’attachement l’UE informe le MME des bandes de fréquences et de la classe qu’il supporte pour le CA. Les bandes de fréquences sont numérotées selon le tableau 3.3 (liste non exhaustive) :

Table 3.3. Canaux de fréquences (extrait TS36.101 – Table 5.5.1)

Si l’UE supporte le CA intra-bande contigüe, il indique les porteuses supportées en ajoutant le lettre C, comme par exemple : CA_1C, CA_7C.

Si l’UE supporte le CA inter-bande sur 2 porteuses, il indique les porteuses supportées en ajoutant la lettre A comme par exemple : CA_1A_5A.

Si l’UE supporte le CA intra-bande non contigüe sur 2 porteuses, il indique les porteuses supportées en ajoutant la lettre A comme par exemple CA_1A_1A.

Les combinaisons possibles sont définies dans la 3GPP TS36.101 pour 2 bandes en classe A (R.10 et R.11), trois bandes en classe A et/ou classe C (R.12), 4 et 5 bandes (R.13). La liste des possibilités d’agrégation sur deux porteuses augmentent de la R.10 à la R.13.

Cela nécessite donc de nouvelles catégories de terminaux. La table 3.4 complète ainsi la table 3.1, en ne prenant en compte que le nombre de CC. D’autres paramètres tels que le nombre d’antennes pour le MIMO et la modulation sont à prendre en compte pour expliquer les débits annoncés.

Table 3.4. Nouvelles catégories de terminaux définies par la R.10

 

3.3.2 : Agrégation de porteuses en FDD-TDD

La spécification R.12 exploite les méthodes de multiplexage en fréquentielle et en temporelle. Ainsi, la PCell peut fonctionner en FDD avec l’UE et la SCell en TDD. Cela permet d’offrir la possibilité d’exploiter la bande des 3.5 GHz en TDD avec les autres bandes de l’opérateur. La 3GPP préconise l’utilisation des bandes en TDD sur une fréquence plus élevée que les porteuses en FDD

COURS IUT Chapitre 1 (Part 1)

Chapitre 1 : L’architecture du réseau de mobiles 4G

1-1. L’architecture fonctionnelle

Le réseau de mobiles 4G a été défini dans la Release.8 sous le nom EPS (Evolved Packet System).

L’architecture fonctionnelle du réseau EPS est décrite à la figure 1.1. Elle se découpe en deux sous réseaux : un cœur réseau EPC (Evolved Packet Core) et un réseau d’accès radioélectrique E-UTRAN (Evolved Universal Terrestrial Radio Access Network).

Figure 1.1. L’architecture fonctionnelle du réseau EPS (1)

Le réseau d’accès E-UTRAN assure la connexion des mobiles et la réservation des ressources radio entre le mobile UE  (User Equipment) et l’entité eNB (evolved Node Base station) sur une bande de fréquences (LTE) ou sur plusieurs bandes de fréquences (LTE-Advanced).

Le cœur de réseau EPC interconnecte les réseaux d’accès, fournit l’interface au réseau de données PDN (Packet Data Network) et assure l’attachement des mobiles, l’autorisation d’accès au service et l’établissement des supports (bearers).

L’architecture protocolaire s’appuie sur le protocole IP  (Internet Protocol), chaque entité dispose d’une ou plusieurs adresses IP. Les entités sont connectées entre elles par un réseau de transport (backhaul) constitué de routeurs permettant de faire des marquages de QoS (Quality Of Service). Le protocole de routage utilisé est le MPLS (MultiProtocol Label Switching ) et la QoS est gérée par étiquetage d’un champ d’entête IP nommé DSCP (DiffServ Code Point).

Figure 1.2. Le réseau EPS et le backhaul

1.1.1. L’entité eNB

L’entité eNB est la partie visible du réseau de l’opérateur. L’eNB est composé :

  • d’une ou plusieurs antennes : l’antenne est l’élément passif qui transforme un signal électrique en une onde électromagnétique et réciproquement ;
  • d’un ensemble d’émetteurs/récepteurs nommés TRX modulant le signal numérique en signal analogique vers l’antenne et inversement. Les modules TRX gèrent aussi la compensation du signal modulé ;
  • d’amplificateur de puissance. Le signal issu de l’émetteur est amplifié ;
  • d’une unité de traitement en bande de base BBU (Base Band Unit).

Le système actif est généralement situé dans un local technique constitué :

  • d’une alimentation et des batteries de secours (Power Distribution Module)
  • d’un système de ventilation (Fan Control Module) ;
  • d’un contrôleur (Control and Maintenance Module) ;
  • d’élément de transmission (Transceiver Module) ;
  • des connecteurs d’antennes (Combiner Distribution Unit).

Le local technique est soit positionné au pied de l’antenne, soit dans un abri (shelter) sur le toit (rooftop). La figure 1.3 représente la structure matérielle de l’entité eNb dans laquelle se trouvent l’unité BBU, et le système actif.

Figure 1.3. La description matérielle d’une station de base (2)

Depuis quelques années, on voit apparaître un boitier nommé unité RRU (Remote Radio Unit) ou RRH (Remote Radio Head) proche de l’antenne.

L’unité RRU englobe les fonctions permettant de convertir le signal en bande de base vers un signal radio-fréquence (RF) et inversement.

L’unité RRU est donc composée des modules de transmissions TRX et des amplificateurs.

Figure 1.4. Le découpage BBU et RRU

On sépare ainsi la fonction de bande de base effectuée par l’unité BBU de la fonction Radio Fréquence. Sur la figure 1.4, le module RRU est logé près de l’antenne afin de supprimer l’amplificateur faible bruit TMA (Tower Mounted Amplifier).

L’unité BBU gère la couche physique, elle réalise la pré-modulation, le codage, l’allocation de ressource. L’unité BBU est constituée d’une carte contrôleur et d’une carte SDR (Soft Design Radio) dans un châssis. La carte contrôleur se raccorde à l’entité MME et à l’entité SGW (Serving Gateway) et la carte SDR est connectée au module RRU. La carte SDR (radio logicielle) permet de réaliser le traitement logiciel du signal pour la 2G/3G/4G. Ainsi, le même équipement peut gérer les différents accès radios, ce que réalise l’opérateur lorsqu’il fait évoluer (swap) ses équipements.

Le lien entre l’unité BBU et le module RRU s’appelle le réseau de transport fronthaul. En général, le lien est un câble optique standard nommé CPRI (Common Public Radio Interface). La technologie CPRI transporte les flux de données et la synchronisation entre deux entités : l’entité Radio Equipment (RE) qui correspond au module RRU et l’entité Radio Equipment Control (REC) qui correspond à l’unité BBU. Le rôle du RE est de construire la forme d’onde du signal radio, le REC génère le signal radio. Les données de plan de transport sont numérisées (I/Q) sur M

bits pour chaque secteur d’antenne et pour une seule porteuse (connu sous le nom de concept AC Antenna Carrier).

Il est ainsi possible de transférer différents types de signaux via le CPRI et de reconstruire la forme d’onde au niveau du RE (GSM, UMTS, WiMAX, LTE). Le débit du lien CPRI-1 est de 614.4 Mbps, légèrement inférieur au lien STM-4. La distance entre le RE et le REC peut être de 10 kms. Nativement, le CPRI supporte le multiplexage de 2 CPRI-1, nommée CPRI-2 (1228,8 Mbit/s).

Figure 1.5. REC – CPRI – RE

Prenons un exemple : si l’on suppose que le module RRU doit gérer 4 secteurs opérant chacun sur une bande MIMO 2×2 LTE de 20 MHz, alors il est nécessaire de transmettre 4 groupes (un groupe par secteur) de 2 AC (MIMO 2×2). Si la numérisation est sur M=15 bits par voies (I et Q), alors le débit est de  15*2* 8 AC =240 bits par Te, Te étant la période d’échantillonnage. Sachant que pour 20 MHz, la fréquence d’échantillonnage est de fe=30,72MHz alors le débit est de 7372.8Mbps. Une multi-trame est composée d’une trame de synchronisation et de 15 trames de données, le débit réel est donc de 16/15* 7372.8 soit 7864,32 Mbps. Enfin les données sont encodées par un codeur canal 8B/10B, le débit total est donc de 8/10*7864,32=9830,4 Mbps, ce qui correspond à un multiplexage de 8 CPRI-2.

Dans le cas d’une agrégation de porteuses sur 5 canaux (100 MHz) sur 4 secteurs, avec des antennes MIMO 8×8, le débit est alors multiplié par 20.

Il est également possible d’empiler  (stack) plusieurs unités BBU, chacune connectée à différents modules RRU créant ainsi un pool de cartes BBU (BBU centralization ou BBU Hosteling), afin d’améliorer la fiabilité du réseau d’accès radio. Il s’agit du Cloud RAN ou C-RAN. L’unité BBU n’est plus distribuée mais centralisée et connectée aux modules RRU par des modules de transports optiques CPRI.

 

Figure 1.6. La BBU centralisée

Après avoir présenté la partie matérielle, nous allons lister les fonctions de l’entité eNB.

L’entité eNB assure l’établissement du support radioélectrique DRB (Data Radio Bearer) sur lequel est transmis le trafic du mobile dans le sens montant (UL Uplink) et descendant (DL Downlink). Si le nombre de demandes de connexion est trop élevé, l’entité eNB gère la congestion (contrôle l’accès des mobiles UE sur l’entité eNB) en interdisant l’accès à la cellule pour des nouveaux mobiles UE.

L’entité eNB gère les ressources radio et l’attribution des ressources pour chaque utilisateur. Pour cela, l’entité eNB utilise les mesures effectuées par le mobile UE pour décider du déclenchement d’un changement de cellule en cours de session (handover). En plus de gérer la mobilité des utilisateurs en cours de session, les mesures permettent de réaliser un contrôle en puissance et d’assister l’entité eNB à ordonnancer les flux vers les mobiles UE (priorité des flux et gestion des débits entre chaque mobile UE).

Les données sont transmises sur le plan utilisateur (User Plane) et la signalisation est transmise sur le plan de contrôle (Control Plane). L’architecture du protocole radio est présentée dans le chapitre 1.2 (se référer aux figures 1.7 et 1.8).  La signalisation permet d’établir ou de ré-établir un  tunnel entre le mobile UE et le réseau de données PDN et de préparer les ressources (Accès radio, handover, …).

Le point de contrôle du réseau 4G est l’entité MME (Mobility Management Entity). L’entité eNB transfère la signalisation NAS (Non Access Stratum) du mobile UE vers l’entité MME et de l’entité MME vers le mobile UE via l’interface S1-MME. L’entité eNB effectue la sélection de l’entité MME du cœur de réseau à laquelle s’attache le mobile.

En qualité de point d’accès pour le plan de transport, l’entité eNB transfère les données de trafic provenant du mobile vers l’entité SGW (Serving Gateway), et celles provenant de l’entité SGW vers le mobile à travers un tunnel IP. Ce tunnel est défini par un identifiant d’acheminement nommé TEID  (Tunnel End Identifier) et d’un identifiant de la classe de service QCI (QoS Class Identifier). L’identifiant TEID et l’identifiant QCI sont nécessaire pour établir l’acheminement des données et la mise en œuvre du mécanisme d’ordonnancement des données. Ces informations forment un contexte et sont stockées au niveau de l’entité SGW et l’entité PGW (PDN Gateway). L’identifiant QCI permet de marquer les champs DSCP des paquets IP afin de différencier les services proposés par ordre de priorité et de garantir les débits pour certaines applications.

En termes de sécurité, les données entre l’entité eNB et le mobile UE sont chiffrées. La signalisation est également chiffrée et un contrôle d’intégrité permet d’éviter une attaque de type Man In the Middle.

1.1.2. L’entité MME

L’entité MME contrôle le droit d’accès des mobiles UE et les services accessibles pour chaque mobile UE dans le réseau de l’opérateur (PLMN Public Land Mobile Network).

Le droit d’accès au réseau (Home HPLMN ou Visité VPLMN) s’effectue via la procédure d’attachement. Lors de l’attachement, l’entité MME récupère le profil et les données d’authentification du mobile stockés dans l’entité HSS (Home Subscriber Server) et procède à l’authentification du mobile. Cette procédure permet au mobile UE d’authentifier le réseau sur lequel il se connecte et au réseau d’authentifier le mobile UE.

Si la double authentification aboutie, l’entité MME sauvegarde le contexte du mobile UE. Le contexte contient l’abonnement du profil du mobile UE (profil récupéré auprès du HSS) ainsi qu’un ensemble d’informations sur les capacités du mobile UE, la localisation du mobile UE, son identifiant, et les clés de sécurités dérivées.

Les capacités correspondent aux caractéristiques techniques (Information Element) du mobile UE (nombre d’antennes, débit maximum, … ) alors que le profil d’abonnement récupéré au niveau du HSS permet de définir l’accès aux services de l’utilisateur (service voix sur IP, accès Internet, applications objets connectés, …). Le MME récupère également les points d’accès APN (Access Point Name) permettant de déterminer la passerelle permettant d’atteindre le PDN spécifique.

Lors de l’attachement, l’entité MME enregistre l’identité de la zone de localisation TAI (Tracking Area Identity) du mobile et lui attribue l’identité temporaire GUTI (Globally Unique Temporary Identity) qui remplace l’identité privée IMSI (International Mobile Subscriber Identity). Le GUTI devient l’identifiant unique temporaire de l’UE. Le GUTI est composé d’un identifiant du PLMN/MME suivi d’un identifiant unique de l’UE sur le MME. A partir du GUTI, il est donc possible de retrouver le MME qui gère l’UE.

L’entité MME sélectionne l’entité SGW et à partir du point d’accès APN, l’entité MME contacte l’entité PGW. La signalisation émise par l’entité MME permet de créer une entrée supplémentaire à la table de contexte de l’entité SGW et de l’entité PGW. Cette table contient les informations concernant le tunnel par défaut (default bearer) entre le mobile UE et l’entité PGW.

Une fois le mobile UE attaché, l’entité MME contrôle l’établissement et le ré-établissement des tunnels (par défaut ou dédié) pour la transmission des données de trafic pour chaque mobile UE.

Le mobile UE contacte l’entité MME via une station de base eNB. Chaque station de base eNB est connectée à une ou plusieurs entités MME. On parle alors d’un groupe de MME (pool). Afin de gérer l’équilibrage de la charge des entités MME, chaque entité MME transmet une information de facteur de charge à la station de base eNB.  L’équilibrage de charge est donc réalisé par les entités eNB en fonction des informations émises par les entités MME.

En cas de mobilité, l’entité MME gère une liste de zones de localisation allouées aux mobiles, dans lesquelles le mobile, à l’état de veille, peut se déplacer sans contacter l’entité MME pour mettre à jour sa localisation. L’entité MME constitue le point d’ancrage du plan de contrôle à condition que le mobile ne change pas de groupe. Si le mobile UE se déplace vers une station de base eNB non connectée à l’entité MME qui contient le contexte du mobile UE, alors l’entité MME source sélectionne l’entité MME cible pour lui transférer le contexte.

L’entité MME fournit les informations requises pour les interceptions légales, par exemple l’état du mobile (en veille ou connecté), sa localisation TAI si le mobile est en veille ou l’identité de la cellule ECGI (E-UTRAN Cell Global Identifier) si le mobile est en session.

1.1.3. L’entité SGW

L’entité SGW constitue le point d’ancrage du plan utilisateur pour le handover intra-système (mobilité à l’intérieur du réseau 4G) à condition que le mobile ne change pas de groupe. Dans le cas contraire, l’entité PGW assure cette fonction. Les entités SGW sont également organisées en groupes (pools) et afin d’assurer l’équilibrage de la charge des entités SGW, chaque entité eNB d’un groupe doit avoir accès à chaque entité SGW du même groupe.

L’entité SGW constitue également le point d’ancrage lors du handover inter-système en mode PS (Packet-Switched), nécessitant le transfert du trafic du mobile vers un réseau de mobiles de 2ème ou de 3ème génération.

L’entité SGW transfère les données entrantes provenant de l’entité PGW vers la station de base eNB et les données sortantes provenant de la station de base eNB vers l’entité PGW.

L’entité SGW informe l’entité MME pour les données entrantes lorsque le mobile est à l’état de veille, ce qui permet à l’entité MME de déclencher une procédure de notification (paging) à destination de toutes les stations de bases eNB de la zone de localisation TAI.

Lorsque l’entité SGW reçoit des données des entités eNB ou PGW, elle se réfère au contexte afin de connaitre l’identifiant de la classe de service QCI pour la mise en œuvre du mécanisme d’ordonnancement des données et pour le marquage du champ DSCP des paquets IP.

Dans le cas de l’itinérance correspondant à l’architecture Home Routed (le flux est transféré vers le PGW du réseau Home), l’entité SGW du réseau visité dérive le trafic du mobile dans le cadre des interceptions légales.

1.1.4. L’entité PGW

L’entité PGW est le routeur de passerelle assurant la connexion du réseau EPS au réseau de données PDN.

Au cours de la procédure d’attachement, l’UE se voit affecter une adresse IP (IPv4 ou IPv6) attribuée par l’entité PGW. Ainsi, en cas de l’itinérance (roaming) dans le mode HR (Home Routed), le mobile obtient une adresse IP fournie par le HPLMN et est vu comme une entité du réseau Home même si le point d’ancrage du trafic (SGW) appartient au réseau visité. Si l’adresse IPv4 attribuée est une adresse privée, l’entité PGW effectue la fonction NAPT (Network Address and Port Translation) consistant à traduire l’adresse IP et du numéro de port de TCP ou UDP du flux.

Lorsque l’entité PGW reçoit des données de l’entité SGW ou du réseau PDN, elle se réfère à l’identifiant de la classe de service QCI pour la mise en œuvre du mécanisme d’ordonnancement des données et pour le marquage DSCP des paquets IP.

L’entité PGW constitue le point d’ancrage pour la mobilité inter-SGW, lorsque le mobile change de groupe.

L’entité PGW héberge la fonction PCEF (Policy and Charging Enforcement Function) qui applique les règles relatives au trafic du mobile, concernant le filtrage des paquets, la taxation et la qualité de service à appliquer au support à construire.

L’entité PCRF (Policy Charging and Rules Function), extérieure au réseau EPS, fournit à la fonction PCEF de l’entité PGW les règles à appliquer lors de l’établissement du support.

L’entité PGW dérive le trafic du mobile dans le cadre des interceptions légales, pour les cas suivants :

  • le mobile est attaché sur son réseau nominal ;
  • le mobile est attaché sur un réseau visité, pour les deux types d’architecture, HR ou LBO (Local Breakout). Dans le cas de l’architecture LBO, le mobile UE est connecté au PGW du réseau visité alors que pour l’architecture HR, le mobile UE est connecté au PGW du réseau home.

1.1.5. L’entité HSS

L’entité HSS est une base de données assurant le stockage des données propres à chaque abonné. Les principales données stockées comprennent les identités de l’abonné, les paramètres d’authentification et le profil de service.

Lors de la souscription au réseau EPS, le mobile se voit attribuer une identité privée IMSI (International Mobile Subscriber Identity) à laquelle est associée un profil de service et une clé secrète Ki.

Lors de l’attachement, l’entité MME contacte l’entité HSS pour récupérer les valeurs d’authentification calculées au niveau du HSS à partir de la clé secrète Ki. Une fois authentifiée, l’entité HSS transmet le profil de service du mobile au MME et conserve l’adresse du MME sur lequel l’abonné (IMSI) est enregistré.

1.1.6. L’entité PCRF

Les opérateurs proposent différents abonnements pour l’accès aux services du réseau mobile. Afin de contrôler l’accès au réseau pour chaque client, il est nécessaire de contrôler l’usage du réseau et des services. L’entité PCRF permet de contrôler en temps réels l’usage du client par rapport à son abonnement et son forfait restant. Ainsi, en cas  de dépassement de forfait, le PCRF va imposer une règle pour réduire le débit (fair-use). De plus, dans le cadre de la VoLTE (Voix sur LTE),  l’opérateur doit mettre en place de la priorité de service.

La fonction PCC (Policy and Charging Control) définit les fonctions d’autorisation et de blocage des flux IP avec la QoS associée à chaque flux (policy)  et la méthode de taxation des flux IP (charging). L’entité PCRF fournit à la fonction PCEF, intégrée dans l’entité PGW, les informations nécessaires pour le contrôle et la taxation du trafic.

Ces informations sont stockées dans la base de données SPR (Subscription Profile Repository) lors de la création de l’abonnement.

Le contrôle du trafic comprend les opérations suivantes :

  • l’association entre un flux de données de service SDF (Service Data Flow) et un support EPS (EPS bearer) ;
  • le blocage ou l’autorisation des paquets IP ;
  • l’attribution du paramètre QCI au support EPS.

L’entité PCEF exécute les règles fournies par l’entité PCRF, pour le contrôle des flux de trafic et la taxation. En situation d’itinérance (roaming) correspondant à l’architecture LBO, l’entité PCEF localisée dans le réseau visité demande les règles à l’entité V-PCRF (Visited-PCRF), qui les obtient de l’entité H-PCRF (Home-PCRF) du réseau nominal

La fonction PCEF peut rapporter à l’entité PCRF un changement d’état d’un flux de service comme dans le cas d’une perte de couverture radioélectrique du mobile.

L’entité PCRF peut recevoir une requête de session de la part de l’entité AF (Application Function) comme dans le cas de l’établissement d’une communication téléphonique ou visiophonique initialisée au niveau du réseau IMS (IP Multimedia Sub-system).

L’entité PCRF peut fournir à l’entité AF des informations concernant des événements se produisant dans le réseau mobile comme par exemple une perte de couverture radioélectrique du mobile.

 

 

Références

1 : Livre LTE-Advanced Pro

2: Documentation ZTE