Quand le eNb sature t’il?

Les équipementiers qui vendent l’infrastructure 4G limitent les capacités des entités en soumettant leur solution à des licences. D’un autre coté, les licences garantissent aussi le traitement d’un nombre de sessions maximum en temps réel. A titre d’exemple, les eNB ont une capacité (en terme de licence) de 512 bearers, c’est à dire que l’eNb peut ouvrir 512 connexions (bearer) garantissant le maintien de 512 sessions avec les utilisateurs en mode actif.

A ce jour le nombre de bearers que l’eNB met en oeuvre sur certains site de Nantes et aux heures de pointe atteint ce chiffre. On parle alors de saturation de l’eNb, mais nous verrons dans cet article que le déploiement de la VoLTE peut aggraver cette limitation.

Nous allons calculer le nombre d’UE pouvant avoir des accès au cours d’un TTI (Transmission Time Interval correspond à une unité de temps de 1ms pour le LTE, c’est la plus petite unité de temps pendant laquelle un user peut recevoir ou émettre des données). Sous des hypothèses simplificatrices, nous allons calculer le nombre maximum d’utilisateur pouvant, au cours d’un TTI, transmettre ou recevoir des données. Mais, le nombre d’utilisateurs actifs peut être plus élevé puisque un user peut nécessiter des ressources à un TTI mais pas au(x) TTI(s) suivant(s).

Combien d’utilisateurs maximum sont actifs par TTI sur l’eNB ?

Nous allons nous intéresser dans cet article au nombre maximum d’UE pour lesquelles l’eNb alloue des données sur un TTI. Nous aborderons dans un premier la méthode de répartition des canaux de contrôles sur la bande LTE afin de calculer le nombre d’allocation possible.

1 – Structure de la trame.

1-a) PDCCH

Les données transmises entre l’eNb et l’UE sont séquencées de manière dynamique. L’UE est informé de l’allocation de PRB en réception et de l’attribution de PRB en émission via les informations portées par le canal PDCCH. Outre l’allocation de ressource, le PDCCH informe l’UE du type de modulation et du codage utilisés (MSC) et en cas de réception multiples (MIMO), le PDCCH transporte le type de précodage (PMI).

Ainsi, le PDCCH transporte des informations de contrôle :

  • sur la voie descendante permettant d’informer l’UE de l’existence de données à recevoir dans la trame courante et des caractéristiques de modulation
  • des informations sur les ressources que l’UE utilisera sur la voie montante pour la sous-trame émise par l’UE 4 TTI plus tard.

Il est à noter que plusieurs PDCCH peuvent être transmis dans une sous-trame, soit pour transmettre des données respectivement à plusieurs UE, soit pour un seul UE. En effet, plusieurs PDCCH peuvent être transmis à un seul UE dans le cas ou le nombre d’information est conséquent, comme par exemple pour informer l’UE de l’allocation dynamique et du schéma de codage sur la voie descendante et montante, ainsi que la commande de contrôle de puissance.

Afin de spécifier le type d’information transporté par le PDCCH, l’UE décode l’information portée par le DCI (Downlink Control Information) qui stipule le type d’information transmise par le PDCCH parmi  10 formats possibles. Les 10 formats sont récapitulés dans le tableau ci-dessous :

DCI

Les formats DCI 0, DCI 3 et DCI 3A portent des informations destinées à l’UE pour la transmission sur la voie montante. En effet le format DCI 0 alloue des PRB pour l’émission du mobile vers l’eNB, et les formats DCI3/DCI 3A portent de contrôle de puissance pour la voie montante.

Le PDCCH est transmis sur un CCE (control channel elements) ou sur plusieurs CCE (on parle d’aggrégation de CCE dont les valeurs sont 2, 4 ou 8 CCE). Un CCE est composé de 9 REG – Ressource Element Group, un REG étant constitué de 4 RE. Le PDCCH est modulé en QPSK.

PDCCH_format

1-b) PCFICH

De plus, le PDCCH est obligatoirement transmis sur les premiers symboles OFDM de chaque sous-trame (De 1 à 3 symboles voir 4 symboles au maximum si le nombre de RB est faible, ce qui correspond au cas où la bande est de 1.4 MHZ). Pour savoir sur combien de symboles est transmis le PDCCH, l’eNb transmet une information complémentaire nommée CFI (Control Format Indicator) dans le canal de control PCFICH. Le PCFICH est transmis quant à lui sur le premier symbole OFDM de chaque sous trame, réparti sur toute la bande pour profiter de la diversité en fréquence. Les 4 valeurs possibles de CFI sont encodées dans un mot de 32 bits avec une forte redondance pour assurer la détection/correction au niveau de l’UE.

PCFICH_Mot

De surcroît, le canal PCFICH est modulé en QPSK pour assurer une meilleure immunité au bruit. Le CFI étant codé sur 32 bits, 16 RE sont donc nécessaires, soit 4 REG. La position des REGs est définie en fonction de l’identité de la cellule (Cell Id), laquelle est une valeur comprise entre 1 et 504.

PCFICH_REG

1-c) PHICH

Outre le PCFICH, l’eNb transmet des informations d’acquittement (ACK/NACK) sur les trames émises par l’UE. Il s’agit du canal PHICH (HARQ), dans lequel 1 bit d’information (ACK/NACK) est répété 3 fois et étalé par un code de Walsh Hadamard (code orthogonal) et modulé en BPSK.

Ainsi, un ACK a pour valeur 111 et un NACK a pour valeur 000. Le PHICH est modulé en BPSK (signal complexe situé sur le cercle trigonométrique à +pi/4 ou 5*pi/4), il faut donc 3 symboles. Le signal modulé est ensuite étalé par un code d’étalement de facteur SF=4, permettant d’obtenir 32 combinaisons complexes et d’extraire 8 codes orthogonaux (4 codes et l’équivalent déphasé de pi/2). Grace aux 8 codes orthogonaux, il est possible de transmettre 8 PHICH simultanément.

Il est donc nécessaire de réserver 12 RE pour transmettre jusqu’à au plus 8 PHICH. On parle de groupe de PHICH, codé par des codes orthogonaux.

PHICH_Code_Orthogonaux

2 – Calcul du nombre de PDCCH.

Nous allons maintenant calculer le nombre de ressources PDCCH, permettant ainsi d’obtenir le nombre d’utilisateurs simultanés sur la bande totale de l’eNB.

Il s’agit donc de calculer le nombre de ressource disponible (RE) sur les premiers symboles (1 à 3) pouvant porter le canal PDCCH. L’objectif est donc de calculer le nombre de RE disponible sur tout la bande et retrancher les canaux PFCICH, PHICH et les signaux de références (RS).

Les signaux de références (RS) sont transmis par l’eNB à chaque RB et tous les 6 RE du premier symbole si l’eNb n’a qu’une seule antenne. Si l’eNb possède au moins deux antennes, les RS sont également transmis sur 6 RE du premier symbole pour la 2ème antenne. Le RS est nécessaire afin de mesurer la distorsion apportée par le canal de propagation et de ce fait, dans le cas ou l’eNb possède deux antennes, l’eNb ne transmet aucun signal sur le RE correspondant à la position du RS de l’autre antenne.

RS_antennes

On va donc considérer qu’il y a 2 ou 4 RS par PRB.

Nous pouvons maintenant calculer le nombre de ressources PDCCH.

Rappelons que selon la bande allouée au LTE qui s’étend de 1.4 MHz  minimum à 20 MHz, le nombre de PRB noté N_PRB est le suivant :

1,4 MHz =>  6 PRBs

3  MHz   =>  15 PRBs

5  MHz   =>  25 PRBs

10  MHz  => 50 PRBs

15  MHz  => 75 PRBs

20  MHz  => 100 PRBs

Chaque PRB est composé de 12 sous porteuses, le PDCCH est transporté sur N_pcfich symboles (canal PCFICH). Le nombre total de RE sur N_pcfich symbole est donc de :

12*N_PRB*N_pcfic

Nous allons maintenant calculer le nombre de RE à soustraire :

  • Info_PCFICH=16
  • Info HARQ. On sait qu’il est possible de transmettre un groupe de 8 ACK/NACK dans un seul PCICH. Par conséquent, sur N_PRB, le nombre de groupe de PCFICH sera de E[N_PRB/8], avec E la partie entière supérieure. Enfin, le groupe de PCICH nécessite 12 RE, donc le nombre de RE sera de 12* E[N_PRB/8].
  • RS pour une antenne : 2*N_PRB
  • RS pour deux antennes ou plus : 4*N_PRB

2 – Application et cas de la VoLTE.

2-a) Calcul sur 5 MHz, 10 MHz et 20 MHz

Nous allons faire une application pratique sur 10 MHz, puis à partir des tableaux, je fournirai les résultats sur 5 MHz et 20 MHz

10 MHz =>50  PRB soit 50 *12 RE =600 dans le premier symbole. Si le nombre de symbole utilisé par le PDCCH monte à 3, alors il y a aura 1800 RE pouvant transporter les PDCCH

On retire :

  • 16 RE pour le PCFICH
  • 12* E[50/8] = 12*7=84 RE pour le PCICH
  • 100 RE pour les RS si une antenne et 200 RE pour deux antennes

Soit un total de 200 RE ou 300 RE pour deux antennes.

Pour rappel,  le PDCCH nécessite au moins un CCE (mais peut nécessiter 2 CCE, 4CCE ou 8CCE). Un CCE est composé de 36 RE et le PDCCH est positionné sur N_pcfich symboles (canal PCFICH). Pour finir, étudions les 3 cas possibles

  1. N_pcfich=1 => 600 RE, moins 100 RE pour une antenne et 200 pour 2 antennes. Il reste donc 400 ou 300 RE. Dans le cas ou il y a 2 antennes, 300/36=8.33 soit 8 PDCCH donc 8 utilisateurs simultanés
  2. N_pcfich=2 => 1200 RE, moins 100 RE pour une antenne et 200 pour 2 antennes. Il reste donc 1000 ou 900 RE. Dans le cas ou il y a 2 antennes, 900/36=25 soit 25 utilisateurs simultanés
  3. N_pcfich=3 => 1800 RE, moins 100 RE pour une antenne et 200 pour 2 antennes. Il reste donc 1600 ou 1500 RE. Dans le cas ou il y a 2 antennes, 1500/36=41.66 soit 41 utilisateurs simultanés

Voilà une synthèse pour 3 bandes LTE différentes et deux antennes :

Nbre_PDCCH_5MHZ

Nbre_PDCCH_10MHZ

Nbre_PDCCH_20MHZ

NB : L’UE détecte le PDCCH en fonction de son identifiant RNTI – Radio Network Temporary Identifier :

  • P-RNTI si le mobile est en veille. Il écoute le canal PDCCH pour être informé d’un Paging
  • C-RNTI en mode connecté ou SPS-C-RNTI quand il reçoit des informations périodiquement (par exemple de la VoIP reçue toutes les 20 ms)

Le RNTI est codé sur 16 bits et réalise un ET logique avec le code CRC du canal PDCCH.

2-b) Impact de la VoLTE

Les eNb sont limités à 512 bearers actifs, quel sera l’impact de la VoLTE?

Nous supposons une bande de 10 MHz, si le PDCCH est codé sur 3 symboles (hypothèse de 2 antennes), le nombre maximum d’utilisateur sur une bande de 10 MHz est donc de 41 utilisateurs par TTI.

Or, la VoLTE nécessite la transmission d’information que tous les 20 TTI, donc en supposant que des utilisateurs en VoLTE, le nombre de sessions actives est de :

41 * 20 = 820 utilisateurs.

Par contre dans le cas ou la bande n’est que de 5 MHz, le nombre d’utilisateurs actifs sera limité à 400, en dessous du seuil des 512 licences.

EMM Procédure – Initial Attach (Part 2)

Dans un précédent article, j’avais présenté de manière générale la procédure d’attachement au réseau LTE. Je vous invite à relire l’article EMM Procédure – Initial Attach.

Cet article est inspiré du site www.netmanias.com

I) Principe et objectifs.

Ia) Les objectifs

En mettant le téléphone sous tension, ce dernier cherche le réseau 4G en priorité, et lorsqu’il trouve une station de base (eNb), l’UE lance une procédure d’enregistrement. Cette procédure d’enregistrement se nomme Initial ATTACH ce qui permet  d’Identifier et authentifier l’UE au niveau du réseau (cf. call flow simplifié de l’article EMM Procédure – Initial Attach)

L’objectif de cet article est donc de détailler le call flow suivant (présenté dans l’article EMM Procedure  – Initial Attach)

EMM call flow

En fait, il y a plusieurs cas d’enregistrement, nous allons aujourd’hui en lister que 3 et ne détailler que le premier cas.

  1. L’UE se connecte pour la première fois au réseau 4G, dans ce cas l’UE envoie son IMSI
  2. L’UE se reconnecte après une perte de couverture en restant sur le même MME
  3. L’UE se reconnecte en ayant changé de MME

Dans les deux derniers cas, l’UE envoie l’identifiant GUTI. Se référer à l’article IMSI, TMSI, GUMMEI, GUTI comme le montre la figure suivante :

Figure 2. Initial Attach Cases by Unknown UE

(NB : Pour être plus précis, il faut aussi différencier le cas ou le MME connait l’UE car son contexte a été sauvegardé du cas ou le MME ne reconnait pas l’UE car son contexte a été supprimé au niveau du MME).

Afin d’analyser le call flow de demande d’enregistrement, il est nécessaire d’avoir en tête les interfaces et les protocoles entre l’UE et le MME. Nous allons également exploiter dans cet articles les notions vues dans l’article protocole RRC

lte_control_plane_RRC

Ib) Généralité sur la procédure d’enregistrement

L’attachement d’un UE se déroule en 5 phases :

  1. UE ID Acquisition : L’UE s’identifie auprès du réseau en communiquant son identifiant IMSI (ou GUTI)
  2. Authentication : Authentification mutuelle par la méthode EPS-AKA
  3. NAS Security Setup : Chiffrement des données
  4. Localisation Update : Le MME informe le HSS qu’il gère l’UE et récupère les services auquel l’UE a souscrit.
  5. EPS Session Establishment : Création du Bearer par défaut

Figure 1. Summary of Initial Attach Procedures

II) Description des étapes

II-1)  UE ID Acquisition

L’UE ID acquisition a pour objectif de fournir l’identité de l’UE au réseau (MME). Mais, cette première phase se découpe elle aussi en plusieurs étapes :

  1. Synchronisation et recherche de cellule.
  2. Etablissement d’une connexion ECM

Etape 1 : Synchronisation et recherche de cellule.

Dans un premier temps, lorsque le téléphone s’allume, sa première démarche consiste à chercher le réseau pour se synchroniser et trouver les informations sur les eNb. Pour rappel (cf article Etat RRC – ECM – EMM), l’U est dans les états suivants :

  • EMM Deregistered
  • ECM Idle
  • RRC Idle

Etape 2 : Etablissement d’une connexion ECM

L’établissement de la connexion ECM a pour objectif de transmettre l’IMSI de l’UE au MME .Cela nécessite la encore plusieurs sous-étapes :

  • Synchroniser en temps et en fréquence l’eNb et l’UE pour échanger des données (TTI et PRB) nommé RRC Connection Establishment
  • Transmettre les données – Attach Request – jusqu’au MME

2a) Une première connexion RRC est nécessaire pour passer du mode RRC-Idle au mode RRC-Connected. L’UE doit impérativement passer en mode RRC Connected pour pouvoir transférer des données ou transmettre de la signalisation (Les messages NAS sont transférés comme  RRC).

Une fois l’UE en mode RRC Connected, il peut envoyer les informations NAS (requête d’attachement) et passer en mode ECM-Connected.

Figure 2. Procedure for IMSI Acquisition

2-a) RRC Connection Establishment

La connexion RRC permet d’établir un bearer radio pour la signalisation (SRB0/SRB1) et s’effectue en 3 étapes.

RRC_establishment

2-a.1) [UE → eNB] RRC Connection Request

La requête RRC Connection Request (Establishment Cause=“Mobile Originating Signaling) est transmis de l’UE vers le mobile sur un canal aléatoire . La raison “Mobile Originating Signaling” est transmis par l’UE lorsque l’UE va faire une des demande suivante : Attach, Detach ou TAU (Tracking Area Update).

2-a.2)  [UE ← eNB] RRC Connection Setup

Le eNb contrôle les liens radios Upling et Downlink de l’UE, en lui allouant un SRB1 qui correspond au lien radio dédié à l’UE. Il porte connaissance à l’UE du lien radio dédié en envoyant cette inforamtion dans le message  RRC Connection Setup, lequel est délivré sur le SRB 0 et le CCCH..

2-a.3)  [UE → eNB] RRC Connection Setup Complete

L’UE acquitte l’eNb par le message RRC Connection Setup Complete via le lien radio dédié SRB 1 et le canal logique DCCH (Dedicated Control Channel). Pour plus d’efficacité, le message  Attach Request est transmis au eNB dans le message RRC Connection Setup Complete.

A partir de l’acquittement, l’UE est dans l’état RRC-Connected

2-b)  La requête d’attachement

L’UE envoie le message EMM – ATTACH REQUEST dans le message RRC.

2-b.1) S1 Signaling Connection Establishment

Les messages de contrôle entre l’eNb et le MME sont transmis sur l’interface S1-MME via le protocole S1AP. La connexion S1 est dédiée pour chaque utilisateur et est identifiée par la paire  (eNB UE S1AP ID, MME UE S1AP ID) allouée par l’enB et le MME, permettant à chaque entité d’identifier l’UE.

A ce stade du call flow, l’eNb a reçu de la part de l’UE une requête ATTACH-REQUEST. L’eNB va définir un identifiaint eNb UE S1AP IE pour l’établissement de la connexion S1 et envoie la requête ATTACH REQUEST au MME* avec le contenu suivant :

Initial UE message

 

La question qui se pose maintenant est la suivante : Comment l’eNb connait l’adresse du MME qui prend en charge la requête. Deux premiers cas se posent :

  • Si l’eNb n’est connecté qu’à un seul MME, il peut alors transmettre la requête d’attachement
  • Si l’eNb est raccordé à un Pool de MME (cf article précédent), et si l’UE n’a pas d’identifiant GUTI (car dans ce cas, il connait l’adresse du MME sur lequel il était précédemment connecté) alors l’eNB sélectionne le MME en fonction de sa charge. Périodiquement, les MME envoient un rapport de charge à l’eNb (weight factor).

2-c)  ECM Connection Establishment

A la réception de ce message, le MME allou l’identifiant MME S1AP UE ID pour identifier l’UE ce qui permet de finaliser la connexion entre l’eNb et le MME. Les états de l’UE sont maintenant les suivants :

  • EMM-Registered
  • ECM-Connected
  • RRC-Connected.

2-d) IMSI Acquisition 

A partir des informations contenues dans le champs Network Capability du message ATTACH REQUEST, le MME connait les algorithmes de sécurités supportés par l’UE et son IMSI.

Le MME va maintenant procédér à une authentification de l’UE et va permettre à l’UE d’authentifier le réseau EPS selon la procédure EPS-AKA (Authentication and Key Agreement).

II.2 Authentication

L’authentification est dite mutuelle car le réseau authentifie l’UE et l’UE authentifie l’EPS. La procédure se découpe en deux étapes :

  1. Acquisition des vecteurs d’authentification : Le MME récupère les vecteurs d’authentification au niveau du HSS (AuC faisant parti du HSS)
  2. Vérification des paramètres d’authentifications

Le Call Flow sur l’authentification est représentée sur la figure suivante :

Figure 3. Procedure for Authentication

1) Acquisition du vecteur d’authentification

A travers l’interface S6a, Le MME contacte le HSS via le protocole DIAMETER pour récupérer le vecteur d’authentification AV composé des éléments suivants :

  • RAND : Un nombre aléatoire
  • AUTN : Le sceau d’authentification appelé aussi jeton d’authentification. utilisé par l’application USIM pour authenfier l’EPS
  • XRES : Le résultat de l’authentification de l’UE selon la clé connue par le HSS (laquelle est aussi enregistrée sur l’UICC). XRES est le résultat calculé au niveau du réseau à partir du RAND et des paramètres connues de l’UE.
  • KASME: La clé de cryptage et de chiffrement (nommée Ki et Kc). A la différence du réseau 3G, seule Kasme est transmis permettant de dériver les clés Ki et Kc.

La récupération du vecteur d’acquisition s’effectue en trois étapes :

  1. Requête de la part du MME vers le HSS
  2. Calcule de l’AV au niveau du HSS
  3. Transmission de l’AV du HSS au MME

1-a) Demande du vecteur AV [1]

Le MME demande les vecteurs d’authentifications à chaque message ATTACH_REQUEST.

Dans sa requête, le MME envoie l’identité du mobile (IMSI) et l’identité SN ID composé du MCC et du  MNC du MME faisant la demande afin que l’opérateur HOME puisse connaitre quel opérateur fait la demande d’authentification de son client.

1-b) Génération du vecteur d’authentification AV [2]

Le HSS (en 3G il s’agissait du HLR/AuC) calcule le vecteur d’authentification AV en utilisant la clé LTE K à partir de la connaissance de l’IMSI et de l’identité SN ID.

Dans un premier temps, le HSS génère un numéro de séquence SQN incrémenté à chaque routine et un numéro aléatoire RAND, et l’algorithme de crypto utilisé ces deux paramètres et la clé privé LTE K pour générer le résultat attendu d’authentification de l’UE (XRES), et les clés de chiffrement Kc et d’intégrité Ki.

(XRESAUTN, CK, IK) = Crypto Function (LTE K, SQN, RAND)

Les valeurs  {SQN, SN ID, CK, IK} permettent de créer la clé de dérivation KASME

KASME = KDF (SQN, SN ID, CK, IK)

Figure 4. Generating Authentication Vectors

1-c) [MME ← HSS] Delivering Authentication Vectors [3]

Le HSS transmet le vectueur d’authentification AV :  Authentication Information Response au MME.

2) Authentification mutuelle

La procédure EPS-AKA est un accord mutuel d’authentification.Lorsque le MME reçoit le paramètre d’authentification AV il ne transmet que les éléments nécessaire permettant à l’UE d’authentifier le réseau (AUTN : Sceau ou jeton d’authentification) et la variable aléatoire RAND permettant à l’UE de calculer son sceau (ou jeton) d’authentification XRES.

Le MME conserve les valeurs XRES et KASME pour authentifier l’utilisateur et connaître les clés de chiffrements et d’intégrité. KASME n’est pas transmis à l’UE car ce dernier va le calculer. L’UE a néanmoins besoin de connaitre l’index KSIASME correspondant à la valeur SQN pour calculer les clés Ck et le Ci :

2-a) [UE ← MME] Request by MME for User Authentication [2]

Le MME transmet les informations  (RAND, AUTN et KSIASME) nécessaire à l’UE dans le message Authentication Request (RAND, AUTN, KSIASME).

2-b) [UE] User’s Authenticating the Network: Generating Authentication Vectors and Authenticating the Network [5]

A partir du message Authentication Request (RAND, AUTN, KSIASME), l’UE génère d’abord la valeur SQN à partir de l’AUTN,et calcule à partir de son LTE K et du SQN la valeur AUTNUE. L’UE compare ainsi la valeur AUTNUE calculée au niveau de l’USIM de la valeur AUTN envoyé par le réseau. Si les deux valeurs sont identiques, l’UE authentifie le réseau et sauvegarde la clé s KSIASME comme un index pour calculer KASME.

2-c) [UE → MME] Delivery of User RES to MME [6]

L’UE calcule ensuite les clés de chiffrement et d’intégrité et à partir de la valeur RAND, il calcule son sceau (jeton) d’authentification nommée RES (Authentication Response). Cette valeur est transmise au MME

2-d) [MME] Network’s Authenticating the UE [7]

Le MME compare le RES reçu du XRES émis par le HSS et sauvegardé au niveau de l’UE. Si les 2 valeurs correspondent, l’UE est authentifié au niveau du réseau.

D’une manière plus complète, la procédure est la suivante, nous détaillerons cette procédure EPS-AKA dans un autre article.

Authentification_4G


II-3) NAS Security Setup

A partir de l’authentification mutuelle, l’UE et le MME pourront échanger des données de signalisation. Celles-ci sont transmises dans un tunnel crypté. L’UE et le MME échange donc les algorithmes de chiffrement et d’intégrité en 4 étapes

Figure 5. Procedure for NAS Security Setup

3-a) [MME] Generating NAS Security Keys [1]

Le MME choisi l’algorithme de chiffremetne t d’intégrité qui sera appliqué à l’échange de message NAS (nous sommes toujours dans le cas de la requête ATTACH). A partir de cet algorithme et de la valeur KASME, le MME calcule la clé d’intégrité NAS integrity key (KNASint) et la clé de chiffrement (KNASenc). Ces deux clés sont appliquées au message NAS.

3-b) [UE ← MME] Security Mode Commande [2]

Le MME informe l’UE du choix de l’algorithme dans le message Security Mode Command (KSIASME, Security Algorithm, NAS-MAC) ce qui permet à l’UE de générer les clés duales.

3-c) [UE] Generating NAS Security Keys [3]

L’UE génère les clés d’intégrité et de sécurité (KNASint and KNASenc) en fonction de l’algorithme choisi par le MME.

3-d) [UE → MME] Security Mode Complete [4]

L’UE informe le MME de la génération des clés de sécurités NAS via le message Security Mode Complete (NAS-MAC).

II.4 Location Update

Le MME peut maintenant enregistrer l’utilisateur au niveau du réseau, le localiser et récupérer les services de souscriptions du client. Le MME informe le HSS qu’il gère l’UE et qu’il est enregistré au niveau du MME. Cela est réalisé au cours de la procédure de LU (Location Update Procedure), les échanges s’effectuent en utilisant le protocole DIAMETER sur l’interface S6a.

Figure 6. Procedure for Location Update

 4-a) [MME → HSS] Update Location Request  [1]

Le MME envoie la requête Update Location Request (IMSI, MME ID) vers le HSS afin de lui notifier la prise en charge de l’UE (authentifié) et pour réclamer la récupération du profil d’abonnement du client.

4-b) [HSS] Register [2]

Le HSS enregistre l’identifiant du MME afin de savoir sur quel MME gère le client en cas de terminaison de session (MT Mobile Terminated) pour ce client.

 4-c) [MME ← HSS] Update Location Answer [3]

Le HSS envoie le profilde souscription cu client au MME encapsulé dans le message Update Location Answer. A partir de cette confrmation, le MMEpeut créer une session EPS session et un bearer EPS par défaut. Le message de Update Location contient le paramètre de QoS et l’APN avec les informations sur les débits maximums autorisés pour le client

4-d) [MME] Storing Subscription Information [4]

Le MME sauvegarde les informations contenues dans le Update Location Answer dans un contexte pour l’UE.

II.5 EPS Session Establishment

A partir des informations de souscription de l’UE (QoS), le MME va créer la session et le bearer EPS par défauten satisfaisant le critère de QoS

Figure 7. Procedure for EPS Session Establishment (1)

5-a) [MME] Assigning EPS Bearer ID [1]

Un bearer EPS bearer est une connexion virtuelle entre l’UE et le P-GW permettant de délivrer le trafic utilisateur. Un EPS bearer est identifié par 4 bits nommé EPS bearer IDs dont les valeurs sont définies par le tableau suivant :

Table 2. EPS Bearer ID value assignment range

Le MME va donc attribuée une valeur EPS Bearer ID comprise entre 5 et 15.

5-b) [MME] Selecting P-GW [2]

Le MME interroge le serveur DNS pour connaitre le PDN associé à l’identifiant reçu par le HSS (ex : internet.apn.epc.mnc01.mcc208.monfai.fr) ou directement à partir de l’information P-GW ID si disponible.Le MME choisi également le SGW qui transfera les données utilisateurs au PGW

5-c) [MME → S-GW] Create Session Request [3]

Le MME demande la création de session de données auprès du SGW via le message Create Session Request (interface S11).

Le SGW contacte ensuite le PGW afin que ce dernier valide l’établissement du contexte EPS. Comme on le verra dans le 7ème point (5-g), le PGW peut aussi modifier la QoS associé au débit sur cet APN en imposant une valeur pour l’AMBR. En effet, dans sa requête au SGW, le MME inclue les informations de souscriptions reçues par le HSS permettant ainsi au P-GW d’interroger le PCRF pour les attributs de la session EPS et vérifier la concordance entre la demande et la souscription (facturation).

Voici le détail des informations transmises au cours de la requête Create Session Request :

5-d) [MME → P-GW] Create Session Request  [4]

Le S-GW transfère la requête vers le P-GW sur l’interface S5 via le protocol GTP (UP: GTP-U, CP: GTP-C). Le S-GW alloue un identifiant de tunnel DL S5 TEID (S5 S-GW TEID) au niveau du SGW. 

5-e) [S5 Bearer: Downlink] [5]

A la réception du message au niveau du PGW, ce dernier doit créer un identifiant de tunnel permettant ainsi de définir de bout en bout le bearer S5. Mais avant cela, il faut vérifier le droit d’accéder au réseau.

5-f) [P-GW] Allocating User IP Address [6]

Le P-GW invoque le serveur DHCP afin de fournir une adresse IP à l’UE pour le routage des données avec l’APN

5-g) [P-GW → PCRF] Notifying of EPS Session Setup [7]

Le P-GW et le  PCRF communique à travers l’interface Gx et utilisant le protocole Diameter pour valider si le service demandé par le client fait parti de l’offre de souscription du client. Le PCRF est en charge de contrôler les accès autorisés et le cas échéant d’appliquer les règles de QoS souscrites. Le P-GW envoie la requête DIAMETER CCR (CC-Request) : 


5-h) [PCRF → SPR] Requesting Access Profiles [8]

Le PCRF interroge le SPR pour connaître le profil d’accès du client et déterminer les règles de PCC à mettre en oeuvre.

5-i) [PCRF ← SPR] Returning Access Profiles  [9]

Le SPR renvoi le profil d’accès de l’utilisateur. Le profil peut contenir des informations sur les filtres de sessions de flux de données (SDF Filter) et les paramètres QCI, ARP, APN-AMBR (UL/DL), les méthodes de taxation (e.g. Offline), …

5-j) [PCRF] Determining Policies [10]

Le PCRF détermine la politique  PCC  à appliquer à la session EPS.

5-k) [P-GW ← PCRF] Acknowledging EPS Session Establishment [11]

Le PCRF founit les règles PCC au P-GW, dans sa réponse DIAMETER CCA (CC-Answer).

5-l) [P-GW] Policy Enforcement [12]

Le P-GW applique les règles PCC (le P-GW joue le rôle du PCEF) reçues par le PCRF. Comme les règles PCC sont définies pour chaque flux de sessions de données SDF, le P-GW fait un mapping entre le SDFs et le bearer EPS créée.

◇ 13) ~ 15) EPS Session Creation Response

Du 13ème au 15ème message, le P-GW informe le MME de son choix de QoS appliquée à la session EPS dans le message Create Session Response. Le PCRF peut avoir décidé de conserver la valeur de QoS demandé par le MME ou proposé une autre valeur.

5-m) [S-GW ← P-GW] EPS Session Creation Response [13]

Le P-GW alloue un identifiant S5 TEID (S5 P-GW TEID) pour établir le tunnel GTP sur l’interface S5 avec le  S-GW. Dans la réponse Create Session Response, le P-GW indique l’identifiant du tunnek P-GW TEID et la QoS à appliquer au bearer S5 (et par conséquent au bearer EPS par défaut).


5-n) [S5 Bearer: Uplink] S5 Bearer Established  [14]

La réponse est ensuite transmise au S-GW permettant ainsi de cérer le tunnel de bearer S5 via le protocole GTP-U .

5-o) [MME ← S-GW] EPS Session Creation Response [15]

Le SGW transfère ensuite le Create Session Response au MME en allouant un identifiant S1 TEID (S1 S-GW TEID) pour créer le tunnel S1 GTP associé au bearer S1 entre l’eNb et le SGW.

16) [MME] Le MME Conserve dans son contexte l’identifiant S5 P-GW TEID

Quand l’UE sera attaché au réseau, en cas de Handover vers un autre S-GW il faut construire le tunnel entre le nouveau SGW et le P-GW, point d’ancrage au PDN. Pour cette raison, le MME doit conserver l’identifant S5 P-GW TEID²²

5-p) [MME] Calcule le UE-AMBR [18]

Le MME envoie à l’UE le message  Attach Accept en réponse à la demande de l’UE  Attach Request.  Le MME prépare le support E-RAB (i.e. en allouant des ressources sur le lien radio et en créant le bearer S1). Pour cela, le MME calcule la valeur UE-AMBR qu’il va transmettre au eNB. Cela permet d’ajuster la valeur reçue du HSS avec la valeur réellement utilisée sur le default bearer..

Figure 8. Procedure for EPS Session Establishment (2)

19) Génération de paramètres pour l’E-RAB et le NAS Signaling

A la réception de la réponse du P-GW Create Session Response le MME est informé des ressources à mettre en oeuvre pour l’UE. Le MME à la charge de garantir la même QoS entre le S-GW et l’UE en construisant les bearer DATA et S1. La mise en place de l’E-RAB nécessite de la part du MME les informations suivantes :

  • Identitifcation de l’UE par la variable GUTI au lieu de l’IMSI
  • Détermination des paramètres pour définir la liste de TAI (TAI list allocation, TAU Timer value)
  • Calcul de l’UE-AMBR pour l’eNb
  • Définition d’un E-RAB ID

5-q) [UE ← MME] Attach Accept [20]

Les informations précédentes, l’adresse IP de l’UE, l’identification du bearer EPS (EPS Bearer ID), le débit maximum UE-AMBR et les paramètres de QoS reçus dans le message  Attach Accept de la part du S-GW est transféré jusqu’à l’UE permettant ainsi d’aboutir à la réponse de l’UE sur sa demande Attach Request .

Le message ATTACH REQUEST est encapsulé dans le message Initial Context Setup Request du protocole S1-AP et ensuite sur le lien radio via le protocole RRC  RRC Connection Reconfiguration.

[MME]  AS Security Setup : Creating KeNB  [21]

Les échanges sur la couche radio sont chiffrées selon la clé KeNB transmise par le MME à l’eNb sur la base du KASME. This is to ensure the eNB can generate AS security keys to be used for secured communication between the eNB and the UE over radio link (i.e. for AS security setup).

5-r) [eNB ← MME] Requesting E-RAB Setup [22]

Le MME commence par établir le bearer S1 via le message Initial Context Setup Request. Ce message permet de constuire le S1 bearer entre l’eNb et le S-GW, mais aussi le DRB avec kl’UE. Le message Initial Context Setup Request contient les informations suivantes :

5-s) [S1 Bearer: Uplink] [23]

A partir du message Initial Context Setup Request reçu de la part du MME, l’eNb peut construire le tunnel (identifiant TEID) et mettre en place le support E-RAB. Pour cela il envoi le message Attach Accept à l’UE et termine la mise en place du S1 bearer en incluant l’identifiant S1 TEID dans le message Initial Context Setup Response pour répondre au précédent message du MME. Le MME transfère ainsi le message vers le S-GW pour que ce dernier puisse connaitre le S1-TEID

5-t) [eNB] Generating AS Security Keys [24]

L’eNB choisit l’algorithme de chiffrement et d’intégrité à partir de la clé  KeNB afin d’assurer la confidentialité et l’intégrité des messages RRC A partir de KeNB, leNb calcule les clés KRRCint/KRRCenc,

5-u) [UE ← eNB] Helping UE to Generate AS Security Keys [25]

L’eNB informe l’UE du choix des algorithmes via la commande Security Mode Command (AS Security Algorithm, MAC-I).

5-v) [UE] Generating AS Security Keys [26]

A la réception du message Security Mode Command, l’UE génère les clés de sécurité AS  (KRRCint, KRRCenc et KUPenc)

5-w) [UE → eNB] AS Keys Generation Complete [27]

Le message  Security Mode Command permet de vérifier le chiffrement A partir de ce moment, l’ eNB établi le lien DRB sécurisé.

28) ~ 29) DRB Establishment

5-x) [UE ← eNB] Reconfiguring RRC Connection [28]

L’eNB alloue une identité DRB Id, et configure les paramètres de QoS pour pouvoir finaliser l’établissement du lien DRB. Pour ce faire, il transmet le message RRC Connection Reconfiguration à l’UE  via le connexion RRC sécurisée. Ce message RRC a pour but d’allouer les ressources radios comme cela a été négocié avec le P-GW. L’eNb transmet également dans le corps du message l’adresse IP de l’UE.

Enfin, le message  RRC Connection Reconfiguration encapsule la réponse Attach Accept

 [DRB Establishment: Uplink and Downlink] DRB Establishment Complete [29]

L’UE peut maintenant émettre et recevoir de la Data avec l’eNb

5_y) [eNB → S-GW] E-RAB Setup Response [30]

Le lien se construit entre l’eNb et le SGW. Pour ce faire, l’eNb transmet son identifiant de tynnel S1 TEID (S1 eNB TEID) pour la construction du bearer S1 et en informe le MME via le message Initial Context Setup Response, ce qui permet de répondre à la requête  Initial Context Setup Request

[eNB] Allocating a Downlink TEID for S1 Bearer [31]

Le S1 bearer, est ainsi établi via le protocole S1 GTP-U tunnel. Le S-GW attend la confirmation de la connexion de l’UE, ce dernier doit confirmer son attachement auprès du MME

5-z) [UE → MME] Sending Attach Complete Message [32]

L’UE envoi le message Attach Complete au MME, en réponse au message [20]

 [UE][MME] EMM State [33]

L’UE et le MME sont dans l’état EMM-Registered. SI le MME envoi le message Attach Reject (cela se ferai à l’étape 20) dans ce cas l’UE libère sa connexion eECM/RRC et se retrouverait dans l’état EMM-Deregistered.

5-aa) [MME → S-GW] Requesting S1 Bearer Modification [34]

Le MME transmet l’identifiant S1 TEID (S1 eNB TEID) reçu de la part de l’eNB vers le S-GW via e message Modify Bearer Request message.

5-ab) [MME ← S-GW] Responding to S1 Bearer Modification Request [35]

Le S-GW envoit un acquittement au MME ‘Modify Bearer Response’ indiquant que le S-GW est prêt pour délivrer le flux de données

5-ac) [S1 Bearer: Downlink] S1 Bearer Setup Complete [36]

La procédure de mise en place du bearer S1 est finie, l’eNb et le S-GW peuvent échanger des données sur el S1 bearer

Protocole RRC

Hérité de la 3G, le protocole RRC permet à l’UE et à l'(e)Nb d’échanger de la signalisation (messages RRC).

Au cours de l’article Protocoles NAS et Protocoles AS, je vous avais présenté le concept d’accès au réseau (NAS et AS). Dans cet article, j’avais présenté le  NAS (Non Access Stratum). Comme son nom l’indique les fonctionnalités du NAS sont indépendantes de la couches d’accès, donc de l’accès radio et par conséquent le NAS permet l’échange d’information de signalisation entre l’UE et le MME.

Le NAS a pour rôle de permettre :

  • l’enregistrement de l’UE au réseau
  • l’authentification de l’UE
  • la mise à jour de la localisation
  • la gestion des appels.

Cf. article  Protocoles NAS et Protocoles AS « La couche NAS a deux rôles essentiels (figure 2): »

  • Gestion des sessions (et des appels pour la 3G)
  • Gestion de la mobilité.

En fait, les protocoles EMM, ECM et ESM sont des protocoles de signalisation de la couche NAS, cela concerne l’UE et le MME.

lte_control_plane_RRC

L’AS regroupe les protocoles de signalisation propre au réseau d’accès (Access Stratum) c’est à dire entre l’UE-eNb et eNb-MME, eNb-SGW pour la 4G.

L’AS est transporté par les messages RRC sur l’interface LTE-Uu. Même si le NAS est indépendant de la couche d’accès, il est néanmoins transporté par la couche radio dans le cadre du LTE. Ainsi, le NAS est transporté par le protocole RRC (interface LTE-Uu) et le protocole S1-AP (interface SA-MME).

lte_protocol_layers

A titre d’exemple, pour l’EMM les messages ATTACH/DETACH REQUEST, TAU sont encapsulés dans le message RRC Connection Setup Complete, tout comme le SERVICE REQUEST de l’ECM (se référer à al’article correspondant : ECM – EPS Connection Management)

Pour la 3G, il faut rajouter le RNC comme le montre la figure ci-dessous

asnas3G

Le protocole RRC a pour but est de transférer les informations de signalisation entre l’UE et la station de base, nous allons pouvoir maintenant étudier les messages d’accès au réseau et de gestion d’appels, ainsi que les call flow dans les articles à venir.

Commentaires : Bien différencier les protocoles et les interfaces. L’interface S1-MME et le protocole S1-AP.

ECM – EPS Connection Management

La connexion ECM (EPS Connection Management) a pour but de mettre en oeuvre des ressources physique (SRB – Signaling Radio Bearer) et des ressources réseaux (S1 bearer) entre l’UE et le MME : La ressource physique génère des supports radios entre l’UE et l’eNb alors que les ressources réseaux génèrent des supports (bearer) entre l’eNb et le MME. Cela permet donc de créer une connexion entre l’UE et le MME (connexion NAS) comme le rappelle la figure ci-dessous (extrait article)

asnas4G

Les procédures de gestion de connexions sont réalisés lors des procédures suivantes :

  • Procédure d’accès aléatoire
  • Procédure d’enregistrement LTE
  • Procédure d’établissement de connexion pour le plan usage
  • Procédure de libération de connexion

L’état de l’ECM permet aussi de déterminer si l’UE est localisé à l’eNb près ou sur un zone nommée Tracking Area. Pour cela, l’ECM décrit l’existence ou non d’une connexion NAS, c’est à dire une connexion entre l’UE et l’EMM selon l’un des deux états suivants :

  • ECM-Idle
  • ECM-Connected.

I) Les états ECM

ECM_idle : L’UE est dans l’état ECM_idle lorsqu’aucune connexion de signalisation NAS existent entre l’UE et le MME, c’est à dire pas de connexion sur l’interface S1_MME. Dans l’état ECM_idle, l’UE est localisé sur une Tracking Area.

Lorsque l’UE est dans l’état ECM_idle, sa mobilité est gouvernée par  la procédure de sélection/resélection de cellules comme indiquée dans la norme 3GPP TS36.304. Dans ce cas, l’UE peut toujours être enregistré et localisé au niveau du MME (donc l’UE est EMM_ENREGISTERED) mais la connexion de signalisation est perdue (ECM_idle).

ECM_Connected : Dans cet état, une connexion NAS est établie entre l’UE et le MME. L’UE est localisé au niveau de l’eNb.

Ainsi, quand l’UE doit transmettre des paquets, l’UE envoie au MME un Service Request pour passer dans l’état ECM_Connected.

II) Les états ECM et EMM

A priori les états ECM et EMM sont indépendants l’un de l’autre, par exemple la transition de l’état EMM-REGISTERED vers EMM-DEREGISTERED peut se réaliser quelque soit l’état ECM de l’UE ou du MME. Cela signifie que l’UE peut faire une demande de détachement dans le mode ECM_idle ou ECM_Connected.

Lorsque l’UE libère la signalisation, ce dernier va dans l’état ECM_idle, mais il reste dans l’état EMM_REGISTERED.

Cependant, certaines transitions nécessitent un état particulier de l’ECM. A titre d’exemple, la transition EMM-Deregistered vers l’EMM-registered se réalise soit pendant la demande d’enregistrement (LTE Attach) soit au cours de la procédure TAU. Dans ce cas, l’UE passe simultanément dans l’état ECM-Connected State..

En combinant maintenant l’état EMM de l’UE, on peut différencier trois premiers cas  :

  • EMM-REGISTERED et ECM_idle

L’UE est localisé dans un zone TA, l’UE étant enregistré possède l’identifiant S-TMSI mais n’a plus de connexion avec le réseau, dans ce cas, l’UE

1 – Peut réaliser une mise à jour de sa localisation.

1-1) Le TAU est déclenché lorsque le TA mesuré par le téléphone est différent du précédent TA ou déclenché périodiquement à la fin du timer T3412.

 1-2) Cela permet de maintenir l’enregistrement de l’UE et d’être toujours localisé par l’EPC (notamment en cas de paging). L’UE envoie ainsi une notification à l’EPC pour l’informer de sa présence.

2 – Est à l’écoute de Paging

  • EMM-DEREGISTERED et ECM_idle

L’UE n’est pas localisé par le réseau, et doit s’attacher avec l’identifiant IMSI.

  • EMM-REGISTERED et ECM_Connected

L’UE est localisé à la cellule près, il y a des échanges de signalisation entre l’UE et le MME et des échanges de données entre l’UE et le SGW.

Sur la figure suivante, on présente les états de transitions entre les états ECM et EMM.

ECM_EMM

Grâce au re-farming, Poitiers aura la 4G le 1er octobre 2013

Ré-utilisation de la bande de 1800 MHz – Poitiers est connecté

Le 14 mars 2013, l’ARCEP autorise Bouygues Télécom a utiliser la bandede 1800 MHz pour la 4G. Un avantage important pour Bouygues car :

  • Les smartphones fonctionnent dans cette gamme de fréquences (Rappellez vous que les premiers smartphones n’étaient pas compatible en France mais pouvaient être utilisés en Amérique, en Angleterre, …)
  • Les antennes 2G de Bouygues fonctionnant principalement à cette fréquence, Bouygues a un réseau en France très étendu.

Bouygues avait fait cette demande le 19 juillet 2012, SFR et Orange s’étaient alors insurgé contre cette demande, car d’une part la vente des Fréquences pour la 4G avait déjà été réalisée au plus offrant et que d’autre part, le réseau de Bouygues est le plus étendu en France pour le GSM à 1800 MHz.

Après consultation, l’ARCEP a donné son accord pour l’utilisation de la bande de 1800 MHz à partir d’octobre 2013. Mais Bouygues avait anticipé cette décision car 9 antennes 4G sont déjà installées sur Poitiers. Ces eNB fonctionnent à la fréquence de 1800 MHz.

L’ARCEP stipule, qu’au plus tard le 1er octobre 2013, le patrimoine de fréquences dans la bande 1800 MHz doit être réduit à un niveau inférieur ou égal à 23,8 MHz duplex, c’est-à-dire la quantité de fréquences dont disposent, à ce jour, les sociétés Orange France et SFR sur l’ensemble du territoire métropolitain afin de ne pas défavoriser Orange et SFR. Mais qu’en est il de Free? Je n’ai pas la réponse à ce jour.

Les redevances attachées au droit d’utiliser ces fréquences sans restriction à une technologie particulière seront précisées par un décret

Poitiers est déjà connecté en 4G, attendons maintenant le 1er octobre pour en profiter. Poitiers est la seule ville en France dont la 4G a fait l’apparition dans cette bande, et il s’agit d’un des derniers swap de Bouygues en début d’année 2013.

Huawei teste le LTE SON dans une galerie commerciale de Hong Kong

Avec l’évolution des différentes normes téléphonie mobiles, chaque téléphone doit être multi-standard et multi-fréquences. Ainsi, les derniers smartphones peuvent exploiter le réseau 4G en présence de ce dernier ou à défaut de couverture, les smartphones se replient sur la 3G ou la 2G.

Au niveau du réseau, l’opérateur cherche à optimiser la couverture c’est à dire permettre à l’utilisateur de capter le réseau sur la plus grande zone possible.  Cependant, en cas de forte influence, c’est la capacité du réseau qui va limiter le trafic, c’est à dire le nombre maximum de connexions simultanées et le débit de chaque sessions. Plus les sessions utilisateurs seront haut débits et moins grand sera le nombre de connexions simultanées.

Pour gérer au mieux le trafic, il peut être préférable d’utiliser le réseau 2G pour les appels téléphoniques en bord de cellule, et le réseau 3G ou 4G à 2,6 GHz pour les connexions haut débits proche de l’antenne et la 4G à 800 MHz pour la Data plus éloignées. De plus, afin de limiter les interférences entre cellules, le choix des fréquences utilisées par chaque cellule doit être contrôlées par l’eNb (ICIC).

Cette gestion automatique de l’accès radio et de manière équivalente une gestion automatique au niveau du cœur réseau permet d’améliorer les performances des équipements mobiles, il s’agit du SON Self Optimized Network.

Pour résumer, le LTE SON est une technique d’auto-adaptation des eNB qui permet d’accroitre le débit de 30% au bord des cellules et améliorer l’expérience des utilisateurs via une réduction des interférences ICIC. Ce sujet a déjà été traité dans l’article suivant « De l’ICIC à la radio cognitive ».

Le SINGLESON est une solution proposée par Huawei permettant de gérer plusieurs technologies différentes de transmission sans fils (la solution permet de choisir parmi différentes normes 2G, 3G et 4G, laquelle est la plus disponible vis à vis de la QoS demandée)

La 4G à Marseille sera lancée le 21 juin

Orange fêtera l’été en 4G à Marseille

Orange s’est installé sur Marseille pour lancer sa vitrine et ses expérimentations 4G. Comme nous l’avions évoqué dans l’article du 22 mars, Marseille et la Provence seront équipées de 150 (à 180) stations de base (eNB). On apprend aujourd’hui, et c’est le scoop que le tout sera activé le 21 juin pour un test réservé à seulements quelques priviligiés (FUT : Friendly User Test).

La 4G (LTE) est donc devenu enfin une réalité en France, certains auront la chance de tester ce réseau qui sera commercialisé pour tous le 1er janvier 2013. Enfin, je vous rappelle que peu de terminaux sont déjà compatible 4G en France, par contre vous pouvez déjà tester le H+.

Un petit rappel de la 3G, H+ et de la 4G via une vidéo commerciale tournée sur le site d’Orange à Marseille

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Les équipementiers retenus sont Alcatel Lucent et Ericsson, quelques équipements Huawei pour le coeur réseau devraient faire leur apparition. Sur le site de Marseille, il s’agit uniquement de eNb provenant d’Alcatel Lucent, pour le coeur de réseau, ce sera préférentiellement Ericsson.

Officiellement, Ericsson déploiera le réseau dans le sud-ouest et le nord-est du pays, tandis qu’Alcatel-Lucent fera de même dans le sud-est et le nord-ouest  et probablement en Ile-de-France.