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Mar 15 2017

Les perturbateurs endocriniens : un tour d’horizon

By Nathalie Ruaux (Own work) [CC BY-SA 4.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], via Wikimedia Commons

Le 28 février dernier, la Commission européenne renonçait pour la troisième fois à présenter devant le Parlement européen son projet de régulation des perturbateurs endocriniens, faute d’une majorité disposée à soutenir son texte. Quelques jours plus tôt, l’ONG Générations futures révélait que des traces de perturbateurs endocriniens étaient présentes dans les cheveux de sept personnalités écologistes testées, afin de démontrer l’omniprésence de ces substances dans notre environnement. Ces deux actualités s’inscrivent dans une longue liste d’informations pointant la dangerosité et le caractère invasif des perturbateurs endocriniens, la question étant devenue depuis maintenant plusieurs années un enjeu majeur à la croisée des questions environnementales, sanitaires, économiques, juridiques, éthiques et politiques.

Si ses effets potentiellement nocifs pour la santé humaine et les écosystèmes sont dénoncés depuis au moins les années 1970, le concept de « perturbateurs endocriniens » a émergé en 1991 suite à la conférence de Wingspread – réunie sous l’initiative de la scientifique états-unienne Theo Colborn – pour désigner les substances chimiques diffusées par l’homme dans son environnement et interagissant avec le système hormonal.

Un consensus existe désormais dans la communauté scientifique et chez les acteurs institutionnels en charge des questions environnementales et de santé publique pour appeler à réduire – voire interdire – l’utilisation de ces substances dans les activités humaines et à accroître la vigilance sur leur impact sur l’homme et l’environnement. En 2013, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUED) publiaient un rapport de synthèse sur les effets pour l’homme de l’exposition aux perturbateurs endocriniens chimiques, rapport soulignant les nombreux risques que font courir l’utilisation irraisonnée de ces substances. Plusieurs affaires ayant trait aux perturbateurs endocriniens ont surgi ces dernières années, qu’il s’agisse de l’interdiction du bisphénol A dans les biberons ou du scandale sanitaire du médicament Distilbène. Parallèlement, de nombreux intérêts économiques font pression pour rendre la régulation la moins contraignante possible ou s’en exonérer.

La courte sélection documentaire ci-dessous – loin d’être exhaustive – devrait vous permettre une première approche du sujet.

De nombreux organismes officiels ont produit dossiers et documents de synthèse sur la question, dont voici un petit aperçu :

  • Ministère de la Santé et des Affaires Sociales, Perturbateurs endocriniens, publié le 23/02/2015 et mis à jour le 20/06/2016 [en ligne – consulté le 08/03/2017]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale – INSERM. Les perturbateurs endocriniens, dossier d’information réalisé en collaboration avec Robert Barouki, octobre 2015 [en ligne – consulté le 08/03/2017]
  • ANSES – Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, Perturbateurs endocriniens, mis à jour le 22/05/2014 [en ligne – consulté le 08/03/2017]
  • OMS / PNUED. State of the science of endocrine disrupting chemicals – 2012, 2013, 296 p. [en ligne – consulté le 08/03/2017]

On pourra se reporter également avec profit aux conférences filmées lors du colloque « Les perturbateurs endocriniens » organisé conjointement par les Académies de Sciences et de Médecine le 29/11/2016. [en ligne – consulté le 08/03/2017]

La presse généraliste ou d’actualité scientifique propose régulièrement articles et dossiers sur le sujet. On relèvera par exemple :

De très nombreux articles de recherche sont consacrés au sujet et sont accessibles dans les revues en ligne et les bases de données auxquelles les BU vous donnent l’accès. Des interrogations de notre outil de recherche avec par exemple les termes « perturbateurs endocriniens », « endocrine disruptors »  ou « hormone disruptors » vous ramèneront ainsi de nombreux résultats. Plusieurs thèses ou mémoires soutenues à l’Université de Poitiers ont également étudié le sujet sous des aspects spécifiques comme par exemple :

Des revues et des manuels dédiés à l’endocrinologie peuvent également aborder la question régulièrement.

Vous trouverez également dans vos BU des ouvrages généralistes sur la question, visant à alerter sur les risques sur la santé et l’environnement que font peser ces substances et à enquêter sur le rôle des lobbies dans le traitement politique et réglementaire de ce dossier :

Sur l’apparition de la problématique des perturbateurs endocriniens et sa constitution en objet scientifique, on pourra lire l’article de Nathalie JAS et Jean-Paul GAUDILLIERE, « Les perturbateurs endocriniens en France. Une autre trajectoire » in Sciences sociales et santé, 2016/3, vol. 34, pp. 19-46 [en ligne – accès réservé à la communauté universitaire – consulté le 08/03/2017]. La revue Politis proposait par ailleurs un portrait de Theo Colborn, considérée comme la fondatrice du concept de « perturbateur endocrinien » au moment de son décès en 2014.

Vous pouvez également consulter le site du Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE) pour avoir une vue sur les actions de recherche financées, la liste des publications scientifiques tirées de ces recherches et une actualité sur les événements nationaux et internationaux sur les perturbateurs endocriniens.

 

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