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Juin 10 2013

Connaissez-vous Charles-Claude Chenou ?

Rue Charles-Claude Chenou

Rue Charles-Claude Chenou

Une rue du campus porte son nom et mentionne une courte biographie : mathématicien, 1799-1897. Chargé de la création et de l’installation de la Faculté des Sciences de Poitiers (1854). Il y occupe comme Professeur, la chaire unique de Mathématiques (jusqu’en 1871) et administre la faculté en tant que doyen.

Pour en savoir plus sur le premier doyen de la Faculté des Sciences de Poitiers, nous avons retrouvé une biographie complète extraite des Actes de l’Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux.

Joseph-Charles-Claude Chenou est né à Anvers le 3 septembre 1799 et mort à St Georges de Didonne le 28 avril  1888* (Cette date est en contradiction avec ce qui est écrit sur la plaque de rue. Qui a raison ? Nous ne saurons trancher. La source de l’article est sur Gallica. Une autre source consultée donne comme date de décès le 27 avril 1888 et non le 28 avril). Élève de l’École Normale Supérieure, agrégé de physique, chimie et histoire naturelle (1821), il se consacra dès sa sortie à l’enseignement secondaire, et après avoir professé à Reims (1821-1824), à Douai (1824-1831), il se trouvait en 1838 proviseur du Collège royal de Metz. C’est de là qu’il fut appelé à Bordeaux (12 octobre 1838) avec le titre de Chargé de cours. Peu après (21 août 1840), il soutenait à Bordeaux ses thèses de doctorat avec deux mémoires, l’un sur le mouvement des planètes, l’autre sur les étoiles doubles, et devenait titulaire le 9 octobre 1840.
Le séjour de Chenou à Bordeaux fut d’ailleurs de courte durée, car, dès l’année qui suivit son doctorat, il quittait Bordeaux pour aller occuper, avec le titre de chargé de cours (25 septembre 1841), puis de professeur titulaire (9 mai 1842), la chaire d’analyse mathématique de la Faculté des sciences de Rennes. Chenou a professé à Rennes pendant dix ans. Le 12 octobre 1853, le ministre de l’instruction publique, H. Fortoul, le nommait recteur départemental à Angoulême. Le 29 novembre 1854, Charles-Claude Chenou rentrait dans l’enseignement supérieur avec le titre de doyen et de professeur de mathématiques à la Faculté des sciences de Poitiers. Chenou est resté à Poitiers jusqu’à sa mise à la retraite, le 16 novembre 1871.

Alors qu’il était doyen de la faculté de sciences depuis peu, son premier rapport sur l’état des études et sur les résultats des examens nous éclaire sur les débuts de l’enseignement supérieur en sciences à Poitiers. Ce document reproduit ici est également consultable au fonds ancien de la BU Droit-Lettres de Poitiers cote 3266, 8, pièce 19.

Le baccalauréat es sciences de création très récente (1852) est alors le premier grade universitaire. Pour cette première session à Poitiers en 1854-1855, le taux de réussite a été de 38%. L’auteur, hélas, déplore « la faiblesse de rédaction dans un grand nombre de compositions scientifiques ; des négligences graves en orthographe et dans la traduction française ; une prononciation par trop défectueuse, soit en anglais, soit en allemand »…

Au-delà des formules un peu désuètes comme « les largesses de l’autorité municipale », « la jeunesse studieuse du Poitou », ou  « tenir haut le drapeau des luttes pacifiques de l’intelligence », il est intéressant de noter le signe précurseur d’une idée reprise depuis à l’Université de Poitiers car les cours étaient ouverts aux auditeurs « bénévoles ». L’auteur commente ainsi :  « L’empressement de ce public d’élite, mêlé aux étudiants de nos écoles, et dont la  présence encourage l’assiduité de ces derniers, a été notre plus douce récompense ».

Catalogue des travaux de J.-C.-C- Chenou 

1. Notice sur les paratonnerres et les paragréles (Mémoires de la Société centrale d’Agriculture du Nord, 1826).

2. Notice sur les machines et sur l’industrie du département du Nord (Mémoires de l’Académie de Douai, 1826).

3. Cours publics professés a Douai de 1825 à 1831 (Douai, 1826 à 1831).

4. Mouvement des corps célestes dans le vide; leur mouvement dans un milieu résistant. Intégration des équations différentielles pour le cas des excentricités quelconques. Inégalités périodiques et séculaires du mouvement des planètes. Première thèse de doctorat ès sciences mathématiques (Bordeaux, 1840).

5. Mouvement des étoiles multiples et en particulier des étoiles doubles. Deuxième thèse de doctorat ès sciences mathématiques (Bordeaux, 1840).

6. Notice sur l’exposition des produits de l’industrie et des arts qui a eu lieu à Douai en 1827, par MM. Chenou et H. D. (Douai, 1827)

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