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Juin 19 2012

Le printemps des chercheurs

Timothy Gowers, 2000, Université de Toronto.

Depuis le début de l’année, on assiste à une fronde sans précédent du monde de la recherche contre le modèle actuel de l’édition scientifique commerciale, symbolisée par les pratiques d’une de ses figures les plus représentatives, la société Elsevier.

Tout commence par un article publié sur son blog par le mathématicien Timothy Gowers, médaille Fields en 1998, dans lequel il annonce qu’il refusera désormais de publier dans ou de participer à des activités de relecture d’articles pour les revues détenues par Elsevier. De cette façon, il entend protester à la fois contre les pratiques commerciales de cet éditeur (tarifs très élevés des abonnements, obligation de s’abonner à des bouquets de revues) et contre le soutien que ce dernier apporte alors à l’adoption aux USA d’un texte réglementaire – le Research Works Act – visant à limiter la possibilité pour les pouvoirs publics de soutenir la publication des travaux des chercheurs financés sur fonds publics dans des revues en open access, c’est-à-dire accessibles librement sur Internet.

Cet article semble avoir constitué le point de cristallisation d’années de colère du monde de la recherche contre les pratiques des éditeurs scientifiques, pratiques supportées et dénoncées depuis longtemps également par le monde des bibliothèques. Dès sa parution, le post de Gowers reçoit de nombreux soutiens et une pétition en ligne est lancée sous la forme d’un site, The cost of knowledge, via lequel des chercheurs du monde entier expriment eux aussi leur volonté de boycott des revues Elsevier. Au 18/06, le site avait recueilli pas moins de 12000 signatures de chercheurs.

La bataille pour permettre un accès libre aux résultats de la recherche financés sur fonds publics a depuis gagné en ampleur, différents événements et prises de position ayant depuis nourri le débat : de l’abandon du Research Works Act à l’annonce par l’Université de Harvard de son incapacité à assumer plus longtemps le coût croissant de ses abonnements en passant par la décision prise par le gouvernement britannique de développer une plate-forme d’accès libre aux articles de recherche publiés sur fonds publics, avec l’aide du fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales.

Pour en savoir plus sur ce passionnant débat :

Le SCD de Poitiers, à l’instar des autres bibliothèques académiques partout dans le monde, s’efforce également de valoriser des ressources en accès libre dans toutes les disciplines, de l’archive ouverte HAL du CNRS aux revues en sciences humaines de Persée ou bien encore le modèle spécifique développé par l’éditeur PLOS.

Le développement d’UPthèses, archive institutionnelle de dépôt et de consultation des thèses électroniques de l’Université de Poitiers, est également un élément allant dans le sens de la promotion de l’accès libre et ouvert aux résultats de la recherche.

 

 

 

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2 pings

  1. La science en crise ? » Biblio B.U.S.

    […] avons déjà mentionné dans ces pages le mouvement de fronde mené par de nombreux scientifiques contre les pratiques commerciales des grandes maisons […]

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