Trésors de la bibliothèque diocésaine

Historiae congregationum de Auxiliis divinae gratiae sub summis pontificibus Clementae VIII. et Paulo V. libri quatuor / Jacques-Hyacinthe Serry.- Louvain : Gilles Denique, 1700 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, ANT IV-1 2 4)

Le mardi 12 novembre à 18h et le vendredi 15 novembre à 12h, est proposée  à la BU Michel Foucault une Heure du Livre ancien intitulée Trésors de la bibliothèque diocésaine. Quelques-uns des plus beaux ouvrages donnés par le diocèse de Poitiers à l’Université en 2019 seront présentés.

La bibliothèque diocésaine de Poitiers

La bibliothèque du Centre théologique de Poitiers (ou bibliothèque diocésaine, désormais attachée au Pôle Formation du diocèse), située dans la Maison de la Trinité (rue de la Trinité à Poitiers), conservait plus de 77 000 volumes et de nombreuses revues. Son histoire remonte à 1681, date de fondation du Grand Séminaire. Lire la suite

Le Feuilletoniste : répertoire de lectures du soir

Du 4 au 22 novembre 2019, à la bibliothèque Michel Foucault, le livre ancien du mois est consacré au Feuilletoniste.

Le Feuilletoniste.- Paris : P. Amic l’ainé, 1844 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, M 275915)

 

Histoire du roman-feuilleton

Le roman-feuilleton naît en Angleterre au 18e siècle grâce à Daniel Defoe (1660-1731) et son Robinson Crusoé.

En France, il se développe dans les années 1836-1842 avec l’apparition d’une presse populaire bon marché. Jusque-là, les journaux étaient principalement consacrés à la critique littéraire, théâtrale, musicale ou artistique. Ils coûtent encore très cher, l’abonnement annuel pour un grand quotidien parisien est de 80 francs (un employé de bureau gagne alors de 1000 à 2000 francs par an). La diffusion du roman-feuilleton permet d’abaisser le coût de l’abonnement en augmentant la clientèle. Lire la suite

Autour des archives d’Argenson

Du 1er au 3 octobre, l’Université de Poitiers (Laboratoires Forellis et Criham et Service commun de la documentation) organise un colloque intitulé Autour des archives d’Argenson : des femmes françaises et étrangères à leur écritoire de 1700 à 1840.

Au départ, les archives d’Argenson

Attestée dès 1244, la famille de Voyer de Paulmy d’Argenson appartient à la noblesse d’épée, mais, à partir du XVIIe siècle, certains membres de la famille occupent des fonctions de la noblesse de robe et nouent des alliances matrimoniales avec celle-ci.

Le Service commun de la documentation de l’Université de Poitiers conserve ses archives depuis 1976, alors qu’elles étaient jusque-là classées et mises à la disposition des chercheurs par la famille dans le château des Ormes (Vienne), qu’elle avait acquis en 1729. Elles forment un ensemble de 1145 cartons (correspondance, dossiers, terriers, livres de comptes, cahiers, agendas, parchemins, cartes, plans, affiches) et de 64 manuscrits, occupant environ 200 mètres linéaires. Lire la suite

Tri du fonds partition à la BU Michel Foucault

Partie du magasin où les partitions sont stockées

Partie du magasin où les partitions sont stockées

La bibliothèque universitaire Michel Foucault présente un fonds de partitions important. Celui-ci couvre une grande partie du répertoire classique. On peut noter sa richesse en ce qui concerne les répertoires Moyen Âge et Renaissance. On y trouve aussi une collection importante de musique de chambre, des compositeurs peu connus, un grand nombre d’éditions du XIXe siècle ainsi que des œuvres de compositeurs ayant enseigné en classe de musicologie, à Poitiers, comme Thierry Pallesco ou Michel Berthomier.

Le rapatriement des partitions présentes sur le campus, à la bibliothèque universitaire de sciences, et le déplacement d’une partie des partitions accessibles à l’espace étude, dans le magasin, ont été l’occasion de faire un peu de désherbage dans le fonds partitions.

Ce fonds partitions s’était formé grâce à plusieurs séries de dons, après la création du département de musicologie par Solange Corbin, en 1961.

Comme pour n’importe quel fonds, les dons ont des avantages et des inconvénients. Ils permettent d’enrichir les collections à moindre coût mais risquent aussi de les encombrer de documents non appropriés aux besoins de la bibliothèque, déjà présents ou en mauvais état. On peut souligner que, même si le bon état des documents est important, d’une manière générale, pour l’attractivité des collections, il l’est encore plus pour un certain nombre de partitions qui sont aussi destinées à la pratique. Les pages vont être tournées et retournées, parfois avec une certaine rapidité, et un document en mauvais état risque d’être pénible à l’usage voire (comme c’est le cas pour beaucoup de partitions du fonds) de s’effriter complètement et de perdre des pages.

Lors de la création du département de musicologie, le fonds partitions étant inexistant, tous les dons semblent avoir été acceptés sans aucun tri. On trouve ainsi beaucoup de documents peu appropriés comme des réductions d’œuvres célèbres, pour piano et voix ou piano et violon. De plus les partitions données étaient, au vu des dates d’édition de celles-ci, déjà anciennes et leur état s’est depuis dégradé.

Ce travail a consisté à trier environ 10 mètres linéaires de partitions et a mobilisé une personne à temps complet pendant deux mois. Il a abouti au désherbage de 1632 exemplaires qui seront donnés à des organismes ou des écoles de musiques. Près d’un tiers de ces partitions sont des doublons, de plus il est à noter que beaucoup de partitions présentent des parties séparées (par exemple, 4 parties pour un quatuor) et que, de par la manière dont elles sont enregistrées dans le catalogue, la plupart du temps, chaque partie compte comme un exemplaire. 129 autres partitions ont été retirées des collections. Étant incomplètes ou en très mauvais état, elles seront détruites.

Partitions proposées au don

Sous la table se trouvent les 16 cartons de partitions proposées au don. Sur la table, se trouve (de gauche à droite) : une boite d’isolement créée pour un livre comportant des traces de moisissures, en attente de traitement, une boîte contenant les éléments manuscrits retrouvés, le carton contenant les partitions pour le pilon, deux cartons et des partitions qui seront expertisés par l’équipe du fonds ancien.

Lors de ce désherbage, plusieurs dizaines de partitions relevant du fonds ancien ont été trouvées. Par exemple (photo ci-dessous) cette édition de 1820 de Don Giovanni, de W. A. Mozart.

Don Giovanni, W. A. Mozart, Édition : J. Frey

Don Giovanni, W. A. Mozart, Édition :  J. Frey

 

A également été trouvé dans un carton de partitions non enregistrées dans le catalogue et entreposées depuis des années à la bibliothèque universitaire de sciences, un opéra manuscrit, « Imzaë », le brouillon de l’un des actes glissé à l’intérieur. Cet opéra daté de 1854 et signé E. Bourdeau semble ne jamais avoir été publié. La BnF recense 26 œuvres, allant de 1866 à 1913, de ce compositeur peu connu. L’auteur ayant précisé « Op 1″ sur son manuscrit, il s’agit peut-être d’une œuvre de jeunesse, restée dans un placard, oubliée et finalement donnée ou récupérée. Le nom d’Émile Bourdeau se retrouve en effet sur une série de partitions qui paraissent avoir été dédicacées à une élève ou à une personne de sa famille (Jeanne) et qui portent la mention « Classe de musicologie de Poitiers Don de Mme Roziers en souvenir d’Hélène Bounyol Organiste 1888-1968 ». On retrouve aussi ce nom sur O salutaris, qui porte une dédicace de Théodore Dubois à l’intention de M. Bourdeau, maître de chapelle de Saint Philippe du Roule. Tout cela reste à étudier et la bibliothèque est ouverte à toutes informations complémentaires ou propositions concernant ce manuscrit.

Imzaë, opéra comique d’E. Bourdeau

Éléments trouvés en lien avec E. Bourdeau :
– dédicaces de T. Dubois d’O Salutaris (de la partition et manuscrite)
– partition données à Jeanne
– enveloppe faisant office de marque page dans une partition (six trio de B. Bruni)

Ce désherbage, réalisé par Julien Desforges, étudiant en Master 1 esDoc à l’université de Poitiers, sous la responsabilité de Laurence Ritter, responsable du fonds musicologie à la bibliothèque Michel Foucault, a permis de libérer de la place dans l’optique d’enrichir le fonds avec des documents en bon état et plus pertinents. Il permettra aussi de mettre en magasin les documents les moins consultés et en mauvais état pour mettre en valeur les documents intéressants de l’espace étude.

Ce travail fini, de nouveaux chantiers concernant les collections de musicologie s’annoncent déjà. En effet, en vidant le magasin de la bibliothèque de sciences, des collections de photographies de manuscrits et plusieurs cartons de disques 78 tours et de vinyles ont été trouvés…

Le cosmographe Vincenzia Maria Coronelli

Memorie istoriografiche de' regni della Morea, Negroponte e littorali fin' a Salonichi / Vincenzo Maria Coronelli.- Venise : Libraria del Colosso, vers 1686 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, 72206)

Memorie istoriografiche de’ regni della Morea, Negroponte e littorali fin’ a Salonichi / Vincenzo Maria Coronelli.- Venise : Libraria del Colosso, vers 1686 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, 72206)

On connaît le cosmographe vénitien Vincenzo Coronelli pour ses globes, dont la Bibliothèque nationale de France s’enorgueillit de posséder deux exemplaires. Mais on sait moins que ce religieux a également beaucoup publié. L’un de ses ouvrages, intitulé Memorie istoriografiche de’ regni della Morea, Negroponte e littorali fin’ a Salonichi (Venise : Libraria del Colosso, vers 1686), est exposé à la BU Michel Foucault pendant tout le mois de de juin.

L’homme et ses globes

Né en 1650 à Venise, Vincenzo Coronelli devint franciscain. Outre la théologie, il étudia la gravure. Quand, à la fin des années 1670, le Cardinal d’Estrées lui commanda deux globes pour Louis XIV, il avait déjà publié quelques almanachs et réalisé les globes du duc de Parme, qui ne faisaient qu’1,75 mètre de diamètre (ceux de la BnF en mesurent près de 4 !). Ce fut la commande du Cardinal d’Estrées qui le fit connaître comme fabricant de globes et cosmographe. Il fonda en 1680 la première société géographique, l’Accademia cosmografica. Lire la suite

La secchia rapita d’Alessandro Tassoni : « l’Italie en feu pour la perte d’un seau »

Du 2 au 31 avril 2019, dans le cadre du Livre ancien du mois, la bibliothèque Michel Foucault accueille un document d’ordinaire conservé au Fonds ancien : La secchia rapita.

La secchia rapita (Le seau enlevé) est sans conteste l’ouvrage le plus connu de l’homme de cour et écrivain Alessandro Tassoni (1565-1635), originaire de Modène.

Un poème héroï-comique

Ainsi est caractérisée, grâce au sous-titre, La secchia rapita dès les premières éditions. Dans sa préface, Alessandro Tassoni dit avoir inventé un poème d’un genre nouveau, mêlant l’héroïque et le comique, le style grave et le burlesque.

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Le Gentilhomme cultivateur, ou Corps complet d’agriculture

Du 1er au 30 mars 2019, le livre ancien du mois consacré au Gentilhomme cultivateur de Jean-Baptiste Dupuy-Demportes, est présenté à la bibliothèque Michel Foucault.

Jean-Baptiste Dupuy-Demportes (17..-1770), critique littéraire et auteur dramatique, traduisit de l’anglais, en marge de sa production littéraire, un ouvrage sur l’art vétérinaire équin, Le Gentilhomme maréchal, et un traité d’agriculture, Le Gentilhomme cultivateur.

Paru en 1756, A compleat body of husbandry de l’agronome anglais Thomas Hale (17..-1763), avait rencontré un grand succès en Angleterre. Dès 1760, dans L’Ami des hommes, Mirabeau en publiait un extrait traduit des six premiers livres et louait l’intérêt de cet ouvrage « si utile dans son propre pays, qu’un grand nombre de paroisses en tiennent un exemplaire enchaîné sur un pupitre dans la sacristie pour l’usage des habitants ». Ceci donna l’idée à Dupuy-Demportes d’en faire une traduction intégrale et complétée par des extraits d’autres auteurs contemporains. Lire la suite

Restaurer un livre ancien

Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, XVI 1037

Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, XVI 1037

La prochaine Heure du Livre ancien, qui aura lieu le lundi 4 mars à 12h et à 17h30 à la BU Droit-Economie-Gestion, sera animée par Claude Benoist, restaurateur. A partir de quelques exemples tirés du Fonds ancien, Claude Benoist présentera les techniques et les matériaux de restauration des imprimés anciens.

L’entrée est libre, mais l’inscription est nécessaire (05 49 45 32 91 ou FondsAncien@univ-poitiers.fr).

Quels ouvrages restaure-t-on ?

  • les documents rares, avec des particularités d’exemplaire ou avec une valeur documentaire ou artistique importante,
  • des documents souvent consultés,
  • des documents sur le point d’être exposés,
  • des documents qui s’abîment ou sont abîmés.

Que contient un dossier de restauration ?

Semblables aux règles employées pour les monuments historiques, les recommandations relatives à la restauration rappellent que le travail doit être documenté. On réunit dans le dossier :

  • une note d’opportunité, qui explique pourquoi l’ouvrage a été choisi et donne les buts de cette restauration,
  • une notice bibliographique (titre, auteur, lieu et date d’impression, nom de l’imprimeur-libraire, nombre de pages, références bibliographiques, mentions de provenance, etc.),
  • une description écrite de la reliure avant la restauration (description générale du volume et description détaillée de l’état de conservation), accompagnée de photographies de l’ouvrage avant restauration et de la valeur d’assurance,
  • le projet du conservateur,
  • le devis du restaurateur, avec des fiches techniques,
  • le compte-rendu d’intervention du restaurateur, avec des photographies de l’ouvrage restauré,
  • un rapport d’évaluation du conservateur.

Quels principes suit-on ?

Pour toute intervention, les techniques employées sont réversibles. Le travail doit être visible, mais discret, de manière à ce que le lecteur puisse aisément repérer ce qui a été modifié, sans que l’esthétique du document soit bouleversée. Enfin, les matériaux employés par le restaurateur sont compatibles avec ceux du livre ancien.

Aujourd’hui il est recommandé d’intervenir le moins possible, dans le respect de l’histoire du document. Il ne s’agit pas de revenir à un état initial idéal, qui n’a peut-être jamais existé, mais de permettre à l’ouvrage d’être encore consulté ou exposé.

Pour en savoir plus…

Les archives de Colette et Michel Bloch, belle-fille et fils de Jean-Richard Bloch

Deux cartons d’invitation à des manifestations en l’honneur de Jean-Richard Bloch, le 12 novembre 1980 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Archives Bloch)

Pendant un mois, du 24 janvier au 23 février 2019, la Ville de Poitiers met à l’honneur Jean-Richard Bloch (1884-1947), intellectuel engagé et écrivain poitevin. Le Musée Sainte-Croix, la Médiathèque et l’Hôtel de Ville proposent chacun une exposition.

Si la Médiathèque conserve la bibliothèque de cet illustre poitevin, le Service commun de la documentation a reçu en don, en octobre 2006, une partie des archives de son fils, Michel Bloch, et de son épouse, Colette, née Sellier. Après la mort de son mari en 2000, Colette Bloch a décidé de donner leurs archives à l’Université, où son mari comme elle ont pris des cours et en ont donné. Dans celles-ci, se trouvent quelques pièces sur Jean-Richard Bloch. Lire la suite

Voyage pittoresque à travers la Russie et l’Asie

Du 1er au 28 février 2019, à la bibliothèque Michel Foucault, le livre ancien du mois est consacré aux Costumes civils de tous les peuples de Sylvain Maréchal (1750-1803).

Costumes civils de tous les peuples / Sylvain Maréchal.- Paris et Guigamp : B. Jollivet, 1838

Costumes civils de tous les peuples / Sylvain Maréchal.- Paris et Guingamp : B. Jollivet, 1838

 

L’auteur

Pierre Sylvain Maréchal (1750-1803) est un écrivain, poète et pamphlétaire français.

En 1771, à l’âge de 20 ans, il publie son premier ouvrage en vers, Bergeries, et obtient un poste à la Bibliothèque Mazarine à Paris.

Grand admirateur de Rousseau, Voltaire ou Diderot, Sylvain Maréchal aborde pour la première fois le problème de l’inégalité sociale dans son ouvrage Le Livre de tous les âges (1779).

En 1780, il publie anonymement un ouvrage athée, Fragmens d’un poème moral sur Dieu. Suite à la publication du Livre échappé au déluge (1784), où il expose son point de vue sur la religion, la morale et la société, il perd son poste à la Bibliothèque Mazarine. Lire la suite