Le sacre de la bande dessinée : le Débat n° 195

La bande dessinée dans le Débat, « revue d’analyse et de discussion ouverte à toutes les réflexions qui permettent de mieux comprendre les évolutions du monde contemporain » ?

Le Débat n° 195 - Le sacre de la bande dessinée

« Pour qui avait, au début des années 80, le sentiment aigu d’un monde à tous égards nouveau, la tâche était claire : lutter sur deux fronts, contre la réduction médiatique d’un côté, la spécialisation universitaire de l’autre ».

Après des sujets tels que « l’histoire saisie par la fiction », « le difficile enseignement de l’histoire » ou « la culture du passé », le Débat s’intéresse à la bande dessinée, la BD, « enthousiasme d’enfance » (Le Clézio), « écriture spécifique » (Benoît Peeters), consacrée aujourd’hui comme le 9ème art et légitimée par le festival d’Angoulême. C’est précisément ce phénomène de consécration que la revue a voulu tenter de cerner, à travers l’analyse des moments forts de l’évolution de la bande dessinée.

On rencontrera entre autres dans ce numéro un historien de la culture (Pascal Ory), des historiens tout court (Pierre Assouline, Lucie Servin), des écrivains (Le Clézio, Tristan Garcia), un spécialiste des relations internationales (Hubert Védrine), des auteurs ou/et spécialistes de la BD (Benoît Mouchart, Jean-Pierre Mercier, Thierry Groensteen,Tardi ou David Vandermeulen).

De Tintin au manga en passant par Charlie, ce dossier aborde les origines de la BD, son histoire, mais aussi  la place de l’histoire et  sa représentation dans la BD, la BD comme outil pédagogique et vecteur de transmission du savoir, sa place sur le marché économique ou dans les bibliothèques, et bien sûr la BD comme écriture et forme narrative et artistique.

Deux regrets : un numéro qui manque un peu de bulles, malgré quelques illustrations tirées de Riad Sattouf, Claire Brétécher ou Art Spiegelman. Le Débat en appelle à l’indulgence de ses lecteurs en invoquant « les contraintes éditoriales d’une revue conçue en fonction de l’écrit ». Et par ailleurs, un dossier qui sacralise peut-être un peu trop la BD et oublie la création alternative d’aujourd’hui qui par définition échappera toujours aux revues sérieuses et à toutes les velléités de consécration.

 

 

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