Non à la vie hors-sol !

neo-paysansLe monde moderne se cherche des niches, des refuges, des écarts loin du bruit, de l’affairisme et des big datas. Dans ce tapage insistant, la paix intérieure est devenue une sorte de pathos mythique. Cette quiétude, que recherchaient déjà il y a 900 ans les moines cisterciens quand ils faisaient le choix d’aller vivre au « désert », les néo-paysans la convoitent.

Les néo-paysans ? : des jeunes, ici un informaticien, là un chargé d’étude, directeur d’entreprise, directrice de musée d’art, DJ, ouvrier, ingénieur… ont quitté leur profession et un mode de vie « urbain » pour venir à la Terre, s’installer comme éleveurs ou maraîchers. Leur choix est avant tout dicté par une question existentielle : renouer avec le naturel, la simplicité, le débarras des superflus. Ce qu’ils veulent, c’est gagner de l’autonomie, ne jamais détacher leurs yeux des subterfuges de la sophistication, à savoir par exemple que la nourriture ne vient pas comme par magie des grandes surfaces. L’instabilité et le mouvant que nous propose la vie moderne, ils les rabattent comme ils peuvent sur la terre, leur terre.

Cette recherche d’autonomie doit être perçue au sens fort, politique du terme. Il ne s’agit pas pour les néo-paysans de se ménager un simple cadre de vie bucolique mais de tout faire pour faire correspondre leurs idées et leurs gestes, le sens et le concret. Aussi, nombreux sont-ils à privilégier la bio, les circuits courts, les cultures variées, pratiques non conventionnelles les plus à mêmes de respecter tant leurs convictions que nos assiettes et la nature. Voyons-les comme des défricheurs du monde de demain.

Bien des écueils s’opposent à l’installation de ces néo-paysans, ces urbains qui cherchent à prendre racine. Il y a le prix du foncier, des bâtiments, du matériel. Le manque de connaissances agricoles. Pourtant, il est dit que s’il se poursuit, ce mouvement de fond, peu publicisé, installera 1/3 des agriculteurs d’ici 2020. Voici quelques documents qui l’illustrent :

Livres :

Les néo-paysans, Gaspard d’Allens, Lucile Leclair, Seuil, 2016. Un exemplaire est disponible à la BU de lettres (campus) à la cote 913.2 ALL.

Retourner à la terre : l’utopie néo-rurale en Ardèche depuis les années 1960, Catherine Rouvière, Presses universitaires de Rennes, 2015. Un exemplaire est disponible à la BU Michel Foucault (centre-ville) à la cote 944.58 ROU. Compte-rendu accessible sur Revues.org.

Interview :

Interview de Gaspard d’Allen, co-auteur du livre « Les néo-paysans » (sur rmc.bfmtv).

Portraits :

 « Anaïs s’en va-t-en guerre » (2014) de Marion Gervais : Anaïs, 24 ans, veut devenir agricultrice contre vents et marées (administration, misogynie etc). Documentaire qui a ému les internautes avec plus de 700000 vues sur la Toile en 2014 (sur RuTube).

David &Soizic Cuisnier, uniques habitants de l’île Quéménès, Finistère (Youtube).

Emeline et Valère Agnes, chevriers de l’Ardèche (sur FranceTvinfo).

Ferme de la Chaudeau : culture de safran, difficultés d’accéder à la terre, aide de l’association Terre de Liens (Youtube).

Des bergers en Seine Saint Denis (Sur LeMonde.fr).

Documentaires vidéos :

 « Le retour à la terre », produit par le centre d’Histoire Sociale (CHS).

« Profils paysans » (2001-2005), Raymond Depardon. DVD présent à la BU de lettres à la cote : 791.6 DEPA 3 PR.

« La vie moderne » (2008), Raymond Depardon. Depardon. DVD présent à la BU de lettres à la cote : 791.6 DEPA 3 VI.

« Demain » (2015), Cyril Dion, Mélanie Laurent (Le livre est également disponible à la BU Droit-Economie-Gestion).

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