Observations sur la physique, sur l’histoire naturelle et sur les arts : une revue scientifique au XVIIIᵉ siècle

Du 3 mai au 1er juillet 2016, les Petites Vitrines du Fonds Ancien sont consacrées à une revue scientifique du XVIIIe siècle, les Observations sur la physique, sur l’histoire naturelle et sur les arts

Naissance et multiplication des journaux savants et scientifiques, XVIIe-XVIIIe siècle

Au XVIIe siècle s’amorçait en Europe une période d’essor des publications périodiques savantes, notamment avec la parution en 1665 des deux premières revues savantes, le Journal des savants à Paris et les Philosophical transactions à Londres. Le XVIIIe siècle se caractérisa à la fois par une accélération croissante des parutions de nouveaux titres et par une spécialisation accrue. Les journaux scientifiques spécialisés firent leur apparition dans le dernier tiers du XVIIIe siècle. Les Observations sur la physique, sur l’histoire naturelle et sur les arts en furent le premier exemple.

Des Observations sur l’histoire naturelle, sur la physique… au Journal de physique

La revue parut, avec quelques interruptions, du milieu du XVIIIe siècle jusqu’au premier quart du XIXe siècle. Plusieurs auteurs, Gautier d’Agoty, Toussaint, Rozier et La Métherie, se sont succédés à la tête du journal dont le titre connut diverses variantes. En 1752, Gautier d’Agoty créa les Observations sur l’histoire naturelle, sur la physique et sur la peinture avec des planches imprimées en couleurs.
Sous la direction de l’abbé Rozier le titre, légèrement modifié, devint Observations sur la physique, sur l’histoire naturelle et sur les arts. Enfin à partir de 1794 et jusqu’à son arrêt définitif en 1823, la revue fut intitulée Journal de physique, de chimie, d’histoire naturelle et des arts

Observations sur l’histoire naturelle, sur la physique et sur la peinture avec des planches imprimées en couleurs / Gautier d’Agoty. – Paris : 1754 (BNF – Gallica)

La collection de l’université de Poitiers : le journal de l’abbé Rozier

Le Fonds ancien de l’université de Poitiers possède uniquement les volumes parus sous la direction de l’abbé François Rozier, soit de 1771 à 1779.
Fruit d’une initiative individuelle, distincte en cela des publications officielles et institutionnelles, les Observations sur la physique étaient conçues par l’abbé Rozier comme complémentaires de celles-ci.

Un périodique complémentaire des mémoires académiques

Observations sur la physique… Tome septième. – Paris : Ruault, 1776 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, Méd. 501-7)

Chaque mois paraissaient quelque 80 pages de texte accompagnées en moyenne de deux feuillets de planches gravées. Au terme d’une année les douze fascicules ainsi obtenus pouvaient être reliés en deux tomes in-quarto, format des mémoires de l’Académie royale des sciences.
Une périodicité plus élevée que celle, annuelle, des mémoires académiques, et une grande réactivité rendaient la revue plus apte à suivre l’actualité scientifique.
Quand les publications académiques mettaient plusieurs années à faire paraître les travaux des savants, le journal de Rozier les imprimait dès le mois suivant leur lecture à l’Académie.
Cette rapidité de parution était exemplaire pour l’époque et reste remarquable de nos jours.

 

 

Un journal scientifique spécialisé au service des savants européens

Les Observations sur la physique de l’abbé Rozier constituèrent la première publication périodique scientifique française spécialisée, notamment dans le domaine de la physique.
Mémoires, dissertations, observations, expériences ou encore lettres en formaient le contenu.
Les contributions, provenant de toute l’Europe, étaient traduites en français. Au XVIIIe siècle, en Europe, le français était la langue des milieux cultivés et savants. C’était en particulier la langue de communication scientifique et le journal de Rozier était conçu comme un outil d’échange, de partage, de mise en relation des membres de la communauté savante européenne.
En divulguant les travaux scientifiques en cours, le journal assurait en même temps un rôle d’enregistrement. Il était un moyen pour chacun de consigner ses travaux, de faire reconnaître la primeur d’une invention ou d’une découverte.
Parmi les contributeurs figuraient les célèbres Lavoisier, Franklin, Priestley et Montgolfier.

Observations sur la physique… Tome premier. – Paris : Hôtel de Thou, 1773 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, Méd. 501-1)

 

Pour en savoir plus

Dictionnaire des journaux : 1600-1789 / sous la dir. de Jean Sgard, Voltaire foundation

Histoire des sciences et des savoirs. 1, De la renaissance aux lumières / dir. Stéphane van Damme. – Paris : Seuil, 2015

La naissance de la science classique au XVIIe siècle / Michel Blay. – Paris : Nathan, 1999

 

 

 

 

 

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