Le catalogue de l’exposition « Animal et imaginaires »

AfficheQuatre après l’exposition « Animal & imaginaires : du sphinx à la chimère », qui eut lieu durant l’hiver 2012 à la Bibliothèque universitaire Droit-Lettres, le catalogue est enfin en ligne !

Déjà, l’Antiquité décrit des animaux imaginaires, qu’elle considère toutefois comme bien réels. Le Moyen Âge fait de même. Au seuil de l’époque moderne, l’homme commence à étudier avec une approche critique les savoirs hérités des Anciens et réserve peu à peu au seul monde de la création littéraire et artistique la description et l’utilisation d’animaux imaginaires. Le monde contemporain procède de la même façon, mais, encore au XXIsiècle, les animaux créés de toutes pièces par l’ingénieur et le scientifique sont bien eux aussi des bêtes en partie nées de l’imagination des hommes.

Ce catalogue invite à découvrir l’histoire et les emplois d’animaux inventés : la licorne ; le Phénix, un oiseau immortel ; le borametz, mi-mouton, mi-courge ; de nombreux dragons, tels que la Grand’goule, l’hydre de Lerne ou la guivre ; des êtres hybrides mi-hommes, mi-animaux, comme Mélusine, familière du Poitou, ou les Cynocéphales, hommes à tête de chien qui vivent dans des contrées lointaines.

Les oeuvres / Jacques et Paul Contant.– Poitiers : Julian Thoreau & la veuve d’Antoine Mesnier, 1628 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, Méd. 3)

Mais le catalogue, qui présente une cinquantaine de livres anciens, permet aussi de redécouvrir des bêtes bien réelles auxquelles on a prêté des vertus particulières, aigle et renard, lion ou loup, en les utilisant dans des récits moraux ou en les choisissant pour représenter une personne, un lieu ou un groupe d’hommes ; d’autres animaux sont parés de vertus imaginaires car ils étaient mal connus, mal compris : il en est ainsi de la salamandre, mais également du tatou, du poisson volant et du paresseux, que les Européens ont découverts tardivement.

Biblia sacra cum glossa ordinaria. Tomas quartus. – Douai : Balthazar Bellère, 1617 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, Folio 805-4)

L’imagination joue un rôle différent suivant les animaux et les époques. La science a peu à peu, à partir du XVIsiècle, mis à la première place l’observation, tout en diminuant le crédit accordé aux descriptions données par les Anciens (« Animal & sciences »). La fiction, dans le conte et la fable, a, elle, utilisé l’animal pour donner des leçons de morale ou parler des hommes eux-mêmes et de leurs comportements (« Animal & fiction »). L’animal porte également une valeur emblématique : il est choisi par certaines personnes pour les représenter dans leurs armes ou leurs enseignes. Certains ont un nom qui évoque l’animal, d’autres non, ce qui ne les empêche pas de puiser abondamment dans la très riche symbolique animale, qui peut être ambivalente et permet de délivrer un message polysémique (« Animal & identité »). Enfin, certains êtres sont doubles ou inhabituels : ils sont monstres par leur taille, par leur forme, par leur hybridité, et permettent d’exprimer les rêves et espoirs des hommes comme leurs peurs ou les interdits (« Animal & monstres »).

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