Le destin tragique de Stefan Zweig revisité en BD

Les derniers jours de Stefan Zweig : voici un titre suffisamment éloquent pour imaginer la trame de cette histoire.

Les derniers jours de Stefan Zweig : couverture. Ed. Casterman (source : Amazon.fr).

Les derniers jours de Stefan Zweig : couverture. Ed. Casterman (source : Amazon.fr).

Adapté de son propre roman, Laurent Seksik (re)prend les commandes scénaristiques de cette bande-dessinée pour évoquer la fin bouleversante de la vie d’un des plus grands écrivains du XXe siècle.

Sublimé par le dessin pictural de Guillaume Sorel, nous revivons ici les 6 derniers mois d’un écrivain profondément meurtri mais qui, accompagné de Lotte sa seconde épouse, tentera de trouver un ultime espoir de sérénité sur les terres brésiliennes de Petrópolis.

Une éphémère quiétude lui permettra d’étoffer un peu plus son œuvre avec le Joueur d’échecs (nouvelle qui sera publiée à titre posthume), mais malgré le formidable accueil que lui offre le Brésil, trop de souffrances morales gangrènent son esprit. Cet homme infiniment humaniste n’aura jamais supporté le déclin de l’Europe à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

En témoigne sa lettre d’adieu :

« Avant de quitter la vie de ma propre volonté et avec ma lucidité, j’éprouve le besoin de remplir un dernier devoir : adresser de profonds remerciements au Brésil, ce merveilleux pays qui m’a procuré, ainsi qu’à mon travail, un repos si amical et si hospitalier. De jour en jour, j’ai appris à l’aimer davantage et nulle part ailleurs je n’aurais préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a disparu et que ma patrie spirituelle, l’Europe, s’est détruite elle-même.

Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble. Et les miennes sont épuisées par les longues années d’errance. Aussi, je pense qu’il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde.

Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l’aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux.

Stefan Zweig, Petrópolis, 22-2-42 »

Ainsi, L. Seksik & G. Sorel nous font admirablement partager la mélancolie d’un homme dont le geste final paraissait inévitable.

Stefan & Lotte Zweig. Photo by University of Salford (credit: Acervo CSZ). Flickr.com.CC BY-SA 2.0

Stefan & Lotte Zweig. Photo by University of Salford (credit: Acervo CSZ). Flickr.com. CC BY-SA 2.0

La bibliothèque vous offre la possibilité de découvrir (ou de vous replonger) dans ses nombreux récits parmi lesquels :

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