Ambroise Paré, un chirurgien qui s’intéressait aux monstres

Œuvres / Ambroise Paré... - Paris : Gabriel Buon, 1585 (Poitiers, Bibliothèque universitaire, Fonds ancien, Méd. 22)

Œuvres / Ambroise Paré… – Paris : Gabriel Buon, 1585 (Poitiers, Bibliothèque universitaire, Fonds ancien, Méd. 22)

Ambroise Paré (1510-1590) devint chirurgien barbier en 1536. Ayant été au service de plusieurs nobles militaires, puis du Roi de France, il connut de très nombreux champs de bataille. Avec la multiplication des armes à feu, des blessures d’un type nouveau étaient apparues : elles étaient cautérisées au feu ou à l’huile bouillante, ce qui causait d’effroyables douleurs aux blessés. Emu par ces souffrances et ayant, sur les champs de bataille, la possibilité d’expérimenter une nouvelle technique, il proposa de ligaturer les artères. Soucieux de former les jeunes générations, Ambroise Paré publia en 1545 La Méthode pour traiter les plaies, dans laquelle il expliquait le procédé qu’il avait inventé.

Si Ambroise Paré est surtout connu pour ses recherches médicales, il a également publié d’autres livres, dont le Traité des monstres et des prodiges. La première édition datait de 1573 et fut reprise et augmentée par d’autres lectures et observations jusqu’en 1585. Ambroise Paré, dans ce traité, recensa les « merveilles » et les monstres de son temps, qui étaient vus à la fois comme des signes de malheur et comme des indices de la perfection de Dieu. Pour Paré, la définition du monstre était bien plus large que celle que nous en avons aujourd’hui. Elle regroupait le monstre au sens médical, c’est-à-dire toutes les créatures humaines qui échappent à la norme, mais il ajoutait également tous les prodiges animaux ou terrestres qu’il avait pu rencontrer.

Oeuvres / Ambroise Paré... - Paris : Gabriel Buon, 1585 (Poitiers, Bibliothèque universitaire, Fonds ancien, Méd. 22)

Oeuvres / Ambroise Paré… – Paris : Gabriel Buon, 1585 (Poitiers, Bibliothèque universitaire, Fonds ancien, Méd. 22)

Pour son recensement des monstres et merveilles, Paré s’appuya sur ses observations et sur de nombreuses lectures. Il ne citait pas toujours ses sources, qui pouvaient être médicales et scientifiques, mais aussi théologiques, philosophiques ou géographiques ; il déformait parfois le propos, handicapé qu’il était par sa mauvaise connaissance de la langue latine et des langues étrangères ; il bousculait également sans vergogne la chronologie. Son objectif était de montrer la grandeur de la Nature, vue comme la «chambrière», c’est-à-dire la servante, de Dieu. Il recourait donc à ses talents de conteur et de poète pour situer, tel Mérimée dans ses récits fantastiques, les «merveilles» dans un contexte précis qui authentifiait la découverte.

Une des grandes richesses de cette œuvre se trouve dans les images, que Paré a parfois empruntées au grand cosmographe Thevet. Nous vous invitons donc à venir consulter au Fonds ancien une des quatre éditions conservées de ses œuvres complètes !

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